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Stephanie, ex-catholique, Afrique du Sud (partie 1 de 6)

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Description: Comment Stephanie entame sa quête de vérité.

  • par Stephanie
  • Publié le 02 Feb 2015
  • Dernière mise à jour le 02 Feb 2015
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Stephanie_01.jpgJe m’appelle Sadiqah Ismat (connue sous le nom de Stephanie par les membres de ma famille et mes amis chrétiens) et j’habite à Cape Town, en Afrique du Sud.  Mon cheminement vers l’islam fut assez complexe et si j’ai voulu le relater en détail, c’est dans l’espoir que mon témoignage aide d’autres personnes qui passent par les mêmes épreuves.  Par la grâce et la miséricorde de Dieu, j’ai trouvé l’islam.  Ce fut un long voyage, parsemé d’embûches, mais excitant et surprenant à la fois.  Si l’on m’avait dit, il y a trois ans, que je laisserais tomber le christianisme pour devenir musulmane, j’aurais pensé que mon interlocuteur était complètement fou, car j’étais très heureuse, en 2008, en tant que catholique.

Mes origines

Je suis issue d’une famille sud-africaine banlieusarde de classe moyenne et d’origine néerlandaise/afrikaans.  Ma famille est de religion protestante.  Je suis née en 1984 et j’ai grandi en solitaire, car j’étais dix ans plus jeune que ma sœur et mes deux frères.  Ma mère a toujours été une membre très active et très dévouée de l’église pentecôtiste, mais mon père, bien que bon chrétien, n’assistait jamais à la messe.  Il était très ouvert d’esprit et j’étais beaucoup plus à l’aise de parler de religion avec lui qu’avec ma mère.

J’ai été élevée selon des principes chrétiens assez fondamentalistes.  Cela signifie, entre autres, que l’on m’enseigna, à un assez jeune âge, que si je ne croyais pas en Jésus (que la paix soit sur lui) et que je ne l’acceptais pas comme mon sauveur, j’irais tout droit en Enfer.  Toutes les autres religions, le catholicisme y compris, étaient taboues.  L’âme de ceux qui en faisaient partie était considérée comme perdue et leur Dieu était considéré comme un Dieu autre que celui du protestantisme.  Sans surprise, je grandis dans une grande crainte de Dieu et de l’Enfer.  Je faisais chaque jour mes prières, afin de me protéger contre le diable.  J’entendais régulièrement ma mère et ses amies parler du diable et d’exorcisme contre les esprits démoniaques.  Ma mère faisait partie du ministère de guérison et elle était très versée dans la compréhension de la Bible.  C’est pourquoi, en tant que matriarche spirituelle, elle m’inspirait crainte et respect.  J’étais une enfant très timide et nerveuse et tout ce qu’elle disait, j’y croyais comme à la parole de Dieu et c’est pourquoi je m’y soumettais de plein gré.

À l’âge de 12 ans, j’acceptai Jésus « dans mon cœur, comme mon seigneur et sauveur », tel que le font tous les protestants, mais je ne me souviens plus très bien de la période qui suivit ce moment.  Je me souviens qu’à l’époque, j’avais une amie catholique que j’aimais beaucoup.  J’allais souvent chez elle et j’étais fascinée par les icônes, les statues et les chapelets qui ornaient les pièces de sa maison.  C’est chez elle que j’appris la pratique du carême.  J’aimais les traditions et je me demandais pourquoi ma famille ne m’avait jamais rien enseigné sur le carême et les saints.  Puis, un jour, elle m’invita à l’accompagner à l’église.  C’était très beau à l’intérieur, très différent des églises modernes, au décor dénudé, que j’avais jusqu’alors connues.  Mon cœur fut profondément touché par l’atmosphère qui y régnait et ce fut le début d’une longue fascination et d’un amour profond pour le catholicisme.  (Il me fallut dix ans pour rassembler le courage d’étudier cette religion, car j’étais suffoquée par la peur d’aller en Enfer si jamais je devenais catholique.)  C’est à cette même époque que mon amie me donna, un jour, un objet de dévotion catholique.  Lorsque je le ramenai à la maison, ma mère m’ordonna de le lui redonner.  Comme je craignais que Dieu soit en colère contre moi si je le gardais, j’obéis à ma mère.  Je m’inquiétais sans cesse de savoir si j’allais ou non être sauvée.  À partir de cette époque, et jusqu’à l’âge de 21 ans, j’allai très rarement à l’église.  Les églises que fréquentait ma mère organisaient des messes à caractère très émotif où des gens, en prière, se jetaient par terre, ce qui avait l’heur de me faire paniquer.  Alors je cessai d’y aller, occupant mes temps libres, à la maison, avec divers passe-temps comme l’astronomie et la peinture.  Je ne cessai cependant pas d’aller visiter mon amie chez elle.  Lorsque nous terminâmes l’école secondaire, nous partîmes chacune de notre côté.  Je déménageai dans une autre banlieue.  Durant près de trois ans, je souffris d’anxiété et de dépression sévère pour lesquelles je dus recevoir des soins psychiatriques.  J’étais confuse et j’avais l’impression de n’avoir aucun objectif, dans ma vie, ni de chemin clair à suivre.  Ce fut l’époque la plus sombre de ma vie et je dois remercier ma mère de m’avoir autant soutenue.

Ma quête commence

Ma mère m’avait dit, un jour, avoir toujours cru, depuis qu’elle était enceinte de moi, que Dieu m’avait réservé un avenir spécial.  En grandissant, on m’inculqua cette idée selon laquelle j’étais destinée à un fabuleux destin; et pourtant, j’avais une très faible estime de moi et tout ce que je voulais, c’était être comme tout le monde.  J’ai trouvai donc difficile de supporter ce poids dû à ma « différence ».  À l’école secondaire, j’étais très solitaire, ce qui me faisait passer pour étrange aux yeux des autres.  La plupart du temps, je vivais dans mon monde imaginaire.

En 2005, à l’âge de 21 ans, je me mis en quête d’une église à fréquenter.  Après avoir considéré l’église méthodiste, je finis par choisir l’église anglicane, où je reçus le baptême et la confirmation.  C’est à cette époque que je ressentis un désir pressant de devenir religieuse (sœur); j’aimais leur contre-culture, leur dévouement et leur vision résolument tournée vers l’au-delà.  J’y voyais, également, une concrétisation des espoirs que ma mère avait toujours entretenus quant à mon destin.  Alors, je m’engageai à aimer Jésus et à demeurer célibataire.  L’année suivante, en 2006, je me découvris un intérêt pour le port du voile, tel que le portaient les religieuses de l’église.  Je commençai avec un petit foulard rectangulaire, que je portais toute la journée, et, avec le temps, je portai des foulards de plus en plus grands.

L’histoire des musulmans, à Cape Town, remonte à loin, plus précisément avec les esclaves malais ramenés au pays au 17e siècle.  La plupart des musulmans locaux, qui forment environ 2% de la population, sont donc d’origine malaise.  Les chrétiens, quant à eux, forment environ 80% de la population.  J’étais attirée par le hijab, qui couvre le cou en plus de la tête, mais ma mère me fit remarquer qu’en le portant, je ressemblerais trop à une musulmane, ce qui me rebuta, même si j’éprouvais, sincèrement, beaucoup de respect pour les musulmanes.  (C’est drôle car, en dépit de ses remarques, ma mère – et toute ma famille – acceptait que je me couvre la tête d’un voile et personne n’avait honte de sortir avec moi.  Je crois qu’elle trouvait cela difficile, en son for intérieur, mais elle ne pouvait faire autrement que de m’accorder toute ma liberté après que j’eus atteint mes 21 ans.)  J’aimais aussi me vêtir de façon modeste, avec des jupes longues, que je commençai à confectionner moi-même (au début, avec l’aide de ma mère).  Cela parce que je n’arrivais pas à trouver de jupes suffisamment longues, dans les boutiques; je mesure 5 pieds 11!  C’est ainsi que mon désir de devenir religieuse me poussa vers une longue quête au cours de laquelle j’allais découvrir la dignité de mon statut de femme, les bienfaits de la modestie et l’amour du voile.  Cette quête allait également éveiller mon intérêt pour la confection de vêtements et le design de mode.

 

 

Stephanie, ex-catholique, Afrique du Sud (partie 2 de 6)

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Description: Sa vie en tant que catholique.

  • par Stephanie
  • Publié le 02 Feb 2015
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Ma vie en tant que catholique

En 2007, je me mis à fréquenter assidûment l’église catholique de mon quartier et entamai une longue initiation d’un an au catholicisme romain.  Le jour où je devins officiellement catholique, le 23 mars 2008, fut l’un des plus heureux de ma vie et j’en garde encore un excellent souvenir.

J’ignorais alors que ma quête ne s’arrêterait pas là…

En tant que nouvelle catholique, j’étais littéralement en amour avec ma nouvelle église et je m’y sentais comme chez moi.  L’année suivante (2009), je devins membre du ministère des sacristains (ceux qui préparent l’autel pour la messe avant chaque célébration), ce que j’aimais de tout mon cœur (j’avais déjà fait la même chose chez les anglicans).  Mais je fus bientôt insatisfaite de la façon dont les choses se déroulaient, à l’église, car j’avais cru, au départ, qu’il s’agissait d’un milieu strict et traditionnel.  J’en voulais particulièrement à la façon moderne et quelque peu désinvolte d’adorer le Seigneur, parmi les fidèles, en plus de me sentir à part, car j’étais la seule femme qui se couvrait la tête.  Je ne pouvais me résoudre à accepter l’explication moderne voulant que se couvrir la tête n’était désormais plus nécessaire.  Je croyais que les versets du 1 Corinthiens 11:3-16 demeuraient valides jusqu’à la fin des temps et au sein de toutes les cultures et sociétés.

Parce qu’il y avait eu un déclin marqué de la modestie, chez les femmes, après l’apparition du féminisme radical des années 60, j’en attribuai le blâme au féminisme, que je détestais profondément, car il avait dépouillé la femme de sa modestie et de sa dignité.  Je défendais la position de l’Église voulant que la femme soit soumise à son mari et qu’elle demeure silencieuse à l’église.  Fidèle à ces enseignements, je refusais d’accepter les rôles qui revenaient traditionnellement aux hommes.  Ce faisant, je me retrouvai en situation de conflit avec mes amies féministes; je me sentais très mal dans cette situation, car je passais pour une misogyne.  J’étais constamment en désaccord avec l’Église lorsqu’elle laissait les femmes occuper des rôles de leadership et tout ce qui sentait, même vaguement, le féminisme me poussait à écrire des lettres mal reçues au journal catholique local!  Puisque ces enseignements, sur les femmes, étaient dans la Bible, pourquoi n’étaient-ils pas suivis?  Après réflexion, je finis par reconnaître que c’était, en partie, parce que certains de ces enseignements n’étaient tout simplement pas raisonnables.  Aussi, si je défendais la modestie (qui est une chose raisonnable), j’étais constamment isolée, entourée de femmes, à l’église, qui étaient vêtue de manière quasi indécente.  Je ne comprenais pas pourquoi on ne nous enseignait rien, à l’église, sur la modestie.  Le catéchisme catholique était parfois très clair et parfois trop vague; il parlait de modestie d’une manière générale, mais sans fournir aucune ligne directrice, nous laissant agir selon notre jugement personnel.  Je me sentais malheureuse et amère à force de défendre une cause perdue d’avance.  Et je trouvais ironique d’avoir choisi le nom catholique « Dolores », qui signifie « chagrin »!

Chaque fois que je voyais une musulmane en hijab, je l’enviais et souhaitais être à sa place.  Je sentais, avec les musulmanes, une affinité que je n’avais jamais ressentie avec les femmes catholiques.  Chaque fois que j’en croisais une, je lui souriais.  Souvent, on me prenait moi-même pour une musulmane (à cause de mon foulard) et je préférais cela à être prise pour une religieuse.  Cela m’embarrassait quand des étrangers me disaient « bonjour ma sœur » et le prêtre de l’église que je fréquentais me réprimandait parce qu’il estimait que je m’habillais comme une personne que je n’étais pas.  C’est la raison pour laquelle je m’étais mise à attacher mon foulard selon le même style que les musulmanes, mais tout en portant un crucifix, afin d’éviter toute confusion.  Ce faisant, les gens ne me prenaient plus pour une musulmane, mais j’avais tout de même conscience de ressembler à l’une d’elles.  Cela ne me dérangeait pas, car je les admirais.  D’ailleurs, je ne ratais jamais une occasion de les défendre, lorsqu’on les critiquait, même si cela me faisait sentir un peu hypocrite.  Qui étais-je?  Une catholique?  Ou une musulmane?  Je lisais des romans dont l’histoire se déroulait au Moyen-Orient et dont les personnages étaient musulmans et j’écoutais les nouvelles sur Al-Jazeera, juste pour voir des femmes voilées et des musulmans se prosterner en prière, ce qui ne faisait qu’augmenter mon intérêt pour cette religion.

À l’époque où je m’étais convertie au catholicisme, j’avais eu un avant-goût de la vie de religieuse à cinq reprises, dans quatre couvents différents.  Les quatre premières fois furent en septembre 2006, dans un couvent anglican, en novembre et décembre 2008, dans un couvent carmélite, en janvier 2009, dans un autre couvent catholique et, à nouveau dans un couvent carmélite, d’octobre 2009 à janvier 2010 – mais sans succès.

Je me souviens d’un incident au couvent carmélite.  On m’avait installée dans les quartiers réservés aux invitées.  On était en novembre ou décembre 2009 et l’on m’avait interdit de porter mon foulard à l’intérieur du couvent, ce qui m’avait beaucoup attristée.  Le couvent était situé dans une banlieue où se trouvait également une mosquée.  C’est ainsi que j’entendis l’émouvant appel à la prière (adhan) à plusieurs reprises, surtout lorsque j’étais dans la salle de bain et que la fenêtre était ouverte.  Lorsque je l’entendais, je me tenais devant le miroir et, sortant un foulard de ma poche, je le mettais sur ma tête, m’imaginant être une musulmane!  Et je me demandais comment ce serait d’être musulmane.

Une autre de mes entreprises, en tant que catholique, fut mon aspiration à devenir penseur et écrivain.  Après que j’eus développé une vie spirituelle riche, en 2007, je vécus certaines expériences spirituelles et décidai d’écrire sur les sujets de l’eucharistie, la trinité et l’incarnation (de même que sur le statut de la femme, la modestie et le voile).  J’étais très absorbée par ces mystères chrétiens et, même si la trinité fut d’abord difficile à saisir, pour moi, je sentais qu’elle avait du sens si on l’abordait de façon spirituelle, sans qu’elle soit nécessairement compréhensible pour l’esprit.  (Je me disais qu’il y avait deux types de logique – la logique de la raison et la logique de la foi.  La première relevait de l’intellect humain, tandis que la seconde relevait d’un intellect plus élevé, plus spirituel et n’avait de sens que si l’on croyait aveuglément.  Le problème était que la « foi aveugle » pouvait facilement se transformer en opinions personnelles…)  La doctrine voulant que Marie (que la paix soit sur elle) soit la mère de Dieu m’apparaissait également étrange, tout en possédant une certaine logique dans la mesure où Jésus était considéré comme Dieu.  En dehors de ces doctrines, je développai la notion de Dieu en tant « qu’état de suprême bonheur ».  À la longue, ces réflexions m’emplirent de crainte, vis-à-vis de Dieu, car je réalisai à quel point je limitais Dieu à de simples concepts.  Cela pouvait facilement amener à penser que nous, êtres humains, avions un certain pouvoir sur Dieu.

      J’acceptais les doctrines chrétiennes sans jamais les remettre en question (jusqu’à récemment, lorsque je me suis sentie obligée de les remettre en question parce que je n’étais plus heureuse de ma situation).  À cause de mes écrits, je sentais que j’avais été privilégiée, au niveau du savoir, et que, par conséquent, je serais encore plus redevable de mes actions au Jour du Jugement si jamais j’abandonnais le catholicisme.  Et c’est la raison pour laquelle, en dépit de mon insatisfaction avec cette religion, je n’osais pas l’abandonner; je me voyais déjà brûler en Enfer.  Je ne pouvais, non plus, renoncer à croire à Jésus en tant que Dieu.  J’étais convaincue que je demeurerais catholique malgré tout, car ma foi était ferme.  Par ailleurs, je ne voulais même pas penser à ce que dirait ma mère si je tournais le dos à ma religion.  Je tremblais à la seule idée de laisser tomber Jésus.  Et pourtant, je ne pouvais plus me mentir à moi-même et nier mon intérêt croissant pour l’islam, même si je tentais de repousser cette idée de mes pensées.

En août 2010, je découvris un autre couvent catholique abritant des sœurs cloîtrées dominicaines, très éloigné de chez moi, qui répondait à toutes mes attentes et même au-delà.  Leur spiritualité correspondait à la mienne – elles se concentraient surtout sur la Vérité et la Pureté, les deux valeurs que j’estimais le plus.  Après une visite de deux mois, je demeurai parmi elles et fit mon entrée officielle dans leur ordre le 7 novembre 2010.  Je croyais vraiment avoir enfin trouvé mon chez-moi, mais mon insatisfaction profonde ne me quittait pas.  J’avais de la difficulté avec le fait d’être totalement coupée du monde qui m’entourait, tout en ne me sentant pas libre.  Deux mois plus tard, je décidai de quitter le couvent et je retournai chez moi sans aucun regret.  À ce moment-là, mon désir d’être religieuse, qui m’avait habitée durant cinq ans, avait définitivement disparu.  Nous étions alors en janvier 2011.

 

 

Stephanie, ex-catholique, Afrique du Sud (partie 3 de 6)

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Description: Sa lutte intérieure.

  • par Stephanie
  • Publié le 09 Feb 2015
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La lutte intérieure

Stephanie_02.jpgPour illustrer mes luttes intérieures, je vous reproduis, ci-dessous, des extraits de divers emails envoyés à des amis au cours des deux dernières années.

2 juillet 2009 : En fait, j’aime les musulmans.  Je les aime pour leurs opinions arrêtées et il m’arrive de regarder une émission sur l’islam, à la télé, juste pour admirer leur beauté.  Leur  pratique de la modestie s’appelle « hijab ».  Ils ont beaucoup à nous rappeler, à nous chrétiens!

1er février 2010: Pour être honnête, je crois que je traverse une crise, au niveau de ma foi, de mon identité et de ma vocation.  Et cette crise vient du fait que je suis musulmane en apparence, mais catholique dans mes croyances!  Je ne peux m’imaginer abandonner Jésus, mais je ne peux m’empêcher d’aimer le mode de vie islamique.  J’aime les deux et à cause de cela, je me retrouve comme dans une marge entre le christianisme et l’islam.

16 février 2010: Depuis un an, je me sens de plus en plus attirée par la culture moyen-orientale et musulmane.  Je peux affirmer, sans détour, que si j’avais à choisir, à l’instant même, ma religion sur la base de ce que je ressens actuellement, je me convertirais à l’islam!

2 mars 2010: Je suis devenue irritée et désillusionnée devant les choses du monde d’ici-bas qui se sont immiscées dans l’Église et qui ont assombri sa lumière…  Parfois, je regarde les musulmans et souhaite ardemment faire partie d’eux, car j’éprouve, depuis un an ou deux, une véritable fascination pour l’islam.  Mais je sais que je ne peux être musulmane, car je suis trop attachée à Jésus.

Par curiosité et intérêt, je regarde, chaque semaine, deux émissions de télé sur l’islam.  Lors d’un épisode, il y avait un homme qui s’était converti à l’islam.  Il disait que ce qu’il aimait le plus, dans l’islam, était sa simplicité et la façon dont les musulmans ne craignent pas de montrer leur foi dans leur mode de vie et leur tenue vestimentaire.  C’est une des raisons pour lesquelles je suis aussi fascinée par cette religion.  J’ai discuté avec une musulmane au magasin de matériel de couture que je fréquente régulièrement.  Le magasin appartient à des musulmans et j’avais déjà parlé à cette dame, car une fois, elle m’avait demandé pourquoi je portais le voile.  Je lui avais répondu que, bien que non-musulmane, j’étais l’amie des musulmans.  Et, l’an dernier, le jeune homme derrière le comptoir m’a dit que je paraissais bien avec le voile, compliment qui me fit réellement plaisir.  Enfin des gens qui me comprenaient!  C’était réjouissant!

Une fois, il y a longtemps, alors que je faisais des courses avec ma mère (et que je portais mon voile, comme d’habitude), ma mère me dit, de but en blanc : « Tu aurais dû naître musulmane! »  Je lui répondis, avec un sourire : « Je sais! ».  Je ne pensais pas me convertir, à l’époque; mais comme mon intérêt pour l’islam grandit de jour en jour, je crains de perdre ma foi chrétienne malgré tout…  Mes croyances au sujet du statut de la femme (et même du mariage) sont les mêmes que celles de l’islam et je sens, parfois, que j’appartiens plus à l’islam qu’au catholicisme.  Et c’est surtout lorsque je me trouve en présence de musulmanes que mon sentiment d’appartenance est le plus fort.

3 mars 2010:  Elle me dit que je devrais essayer de comprendre la raison pour laquelle j’aime autant le voile et je me sentis un peu agacée quand elle aborda ce sujet.  Je me sentis vexée quand elle me dit qu’à l’évidence, le « voile catholique » n’est pas suffisant, pour moi, et c’est pourquoi je me sens forcée d’adopter la « forme extrême du voile islamique ».  Qu’est-ce que le « voile catholique » de toute façon?  Même si j’utilise une mantille, pour la messe, je ne peux sortir en public avec et c’est pourquoi je n’en fais pas un usage quotidien!  Dois-je absolument être musulmane pour aimer le voile?

5 juin 2010: J’ai d’autres confessions à faire: j’éprouve un très grand intérêt pour l’islam et je considère que le christianisme renferme trop d’options.  L’islam semble si intemporel et imperméable au changement, tandis que le christianisme a tant changé qu’il est devenu méconnaissable.

18 janvier 2011: Je t’ai déjà dit que j’éprouvais, pour l’islam, une fascination qui s’est accrue au point où j’ai dû m’efforcer d’y mettre un terme, car je craignais qu’elle me fasse emprunter la mauvaise voie.  Peu de temps après, je me rendis au couvent.  Lorsque je le quittai, cet intérêt refit surface, tant et si bien que je me décidai enfin à étudier l’islam de manière plus approfondie.

Cette religion m’attire beaucoup, car je me rends compte que mon comportement s’apparente plus à celui d’une musulmane qu’à celui d’une chrétienne.  C’est comme si mes vues personnelles sur un bon nombre de choses (et surtout sur la modestie et le voile) étaient reflétées dans l’islam.  J’ai l’impression de revivre ce que j’ai vécu par rapport au catholicisme : au départ, je craignais de l’avouer à ma mère et j’avais peur d’étudier le catholicisme car je craignais être damnée à jamais.  Au début, je l’avais étudié en secret et je l’avais pratiqué un temps avant de considérer une conversion éventuelle.

En tant que chrétienne, je me sens de plus en plus isolée, car personne d’autre ne partage certaines de mes convictions, tandis que si j’étais musulmane, je serais une croyante parmi de nombreuses autres et je trouverais, dans cette communauté, solidarité et soutien.  L’aspect de l’islam qui m’a attirée vers cette religion est le même que celui qui m’a attirée vers le catholicisme : l’unicité de Dieu (qui se manifeste de manière plus évidente dans la pratique de l’islam).  Cet intérêt que je ressens, pour l’islam, m’inquiète, car je crains (comme je craignais, avant de devenir catholique) d’être condamné à l’Enfer si je change de religion.  Par ailleurs, je ne vois pas pourquoi Dieu condamnerait les fidèles des autres religions à l’Enfer uniquement parce qu’ils ne suivent pas la voie de Jésus.  Mais, en tant que chrétienne, on me dit que si j’abandonne Jésus, je serai damnée.  Je n’envisage pas une conversion dans l’immédiat, mais si mon intérêt s’intensifie, cela deviendra sans doute non seulement faisable, mais inévitable.  Cela m’effraie, mais d’un autre côté, qu’y puis-je?  Dois-je nier cette attirance envers l’islam?

11 février 2011: Je traverse à nouveau une crise au niveau de ma foi…  Et c’est encore plus intense que la dernière fois.  Je me sens totalement désillusionnée par rapport au christianisme.  Mon cœur est instable à cet égard.  Je suis terrifiée à l’idée d’être condamnée à l’Enfer.  Mais, en même temps, j’en ai assez de me faire dire que j’irai en Enfer si je choisis une autre religion.

13 février 2011: [en réponse à des amies qui se disaient inquiètes pour moi] : Il m’est difficile de trouver ma place parmi les chrétiens quand je me sens plus d’affinités avec les musulmans.  Et ce n’est pas uniquement à cause de ma façon de me vêtir ou de mes croyances au sujet de la modestie.  J’aime la façon dont prient les musulmans, en s’inclinant et en se prosternant; j’aime le fait qu’ils enlèvent leurs chaussures, qu’ils prient à l’unisson, que les femmes soient séparées des hommes.  J’aime leur mode de vie simple et terre-à-terre et leur extraordinaire pèlerinage, qui n’a son égal dans aucune autre religion.  Même la façon dont ils enterrent leurs morts est la façon dont je souhaite être moi-même enterrée.  J’ai même trouvé un nom musulman que j’aimerais adopter si je me convertissais!  Il s’agit de Saadiqah (qui signifie celle qui aime la vérité et la modestie).  « Que se passe-t-il avec moi?  Comment puis-je même penser à emprunter cette voie? »  Telles sont les questions que je me pose à moi-même.

Quand j’assiste à la messe, je me sens bizarre et à part des autres et je ne peux m’empêcher de ressentir une envie intense d’être entourée de musulmans.  Je n’arrive pas à établir de véritable connexion avec la plupart des chrétiens qui m’entourent, et plus particulièrement avec les femmes.  Et cette réalité m’est douloureuse. 

Qu’est-ce qui serait préférable? 

Que j’endure un martyre en continuant dans cette voie, en continuant d’être une étrangère qui n’arrive pas à s’intégrer dans son milieu, sous prétexte d’ouvrir les yeux des autres, tout en demeurant amère et constamment seule?

Ou

Trouver ma voie, une communauté à laquelle je pourrais facilement m’intégrer, où je n’aiderais peut-être pas autant les autres (bien que je puisse coudre), mais où je me sentirais heureuse et en paix?

Qu’y a-t-il de plus important que d’éviter la voie du péché pour ma propre âme?  Je ne peux contribuer positivement à l’épanouissement des autres âmes si je ne suis pas moi-même heureuse.

Je vous assure que je prie Dieu constamment.  Je suis sûre qu’Il veut que je reste moi-même et que je m’épanouisse au sein d’une communauté à laquelle j’appartiendrais.  Je ne peux m’imaginer Dieu être en colère contre moi uniquement parce que je fais des recherches et que j’explore d’autres possibilités.  Je ne fais qu’émettre des suppositions; rien n’est décidé, mais je me sens particulièrement déchirée.

 

 

Stephanie, ex-catholique, Afrique du Sud (partie 4 de 6)

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Description: Elle embrasse finalement l’islam.

  • par Stephanie
  • Publié le 09 Feb 2015
  • Dernière mise à jour le 09 Feb 2015
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13 février 2011: J’ai été élevée et j’ai vécu si longtemps dans cette mentalité chrétienne fondamentaliste qui craint les autres religions que j’ai toujours eu peur de provoquer la colère de Dieu en explorant d’autres horizons.  Je suis terrifiée à l’idée de ce qu’en penserait ma mère.  Même si elle m’avait fait la remarque, il y a quelques années, au centre commercial, que j’aurais dû naître au sein de l’islam, il n’empêche qu’elle m’a dit, l’autre jour, lorsque je lui parlais de mon intérêt pour la prière orientale : « Tant que tu ne deviens pas « mahométane »! »  Je pensai, à part moi : « Si tu savais, maman, à quel point j’aime l’islam! ».  Je finis tout de même par lui dire que mon choix de religion était personnel.

L’islam est sans doute la religion qui est la plus proche de mes divers points de vue sur la vie.  Je dois absolument l’étudier plus en profondeur; autrement, cette idée reviendra me hanter, inévitablement.  Je me dis que si je l’étudie, il perdra peut-être cette aura mystérieuse qui me fascine tant et je pourrai ensuite retourner, en paix, au christianisme.  Une partie de moi souhaite se convertir, mais l’autre partie est TERRIFIÉE.  « Et si j’allais en Enfer? »  Telle est la question qui me hante.  Et pourtant, j’avais ressenti cette même peur intense lorsque je m’étais intéressée au catholicisme, au départ.  Ce soir, j’ai éclaté en sanglots à force d’être torturée, intérieurement, à ce sujet.  J’ai fait beaucoup de recherches sur l’islam, récemment, j’ai lu des histoires de convertis et j’ai même syntonisé ma radio sur la station musulmane.  J’ai confié à Dieu qu’une partie de moi-même déteste le fait que l’islam soit aussi attirant (car j’ai bel et bien un rapport d’amour-haine avec cette religion).  Mais je dois apprendre à vivre avec cet intérêt, alors même que je crains d’encourir la colère de Dieu.  Et que dire de Jésus, dans tout cela?  Qu’en pense-t-il, lui?  Lorsque j’assiste à la messe, je me sens comme une hypocrite.  Pourtant, je continue d’y aller.

14 février 2011: Je crains d’avouer à mes proches chrétiens mon intérêt pour l’islam, car je sais qu’ils vont me dire que j’emprunte la mauvaise voie, que je m’éloigne de la vérité et que je fais du tort à mon âme.  Je trouve que l’islam est une religion très épurée, forte et austère, contrairement au catholicisme, qui est plus complexe et trop sentimental, par moments.

J’admire plusieurs choses chez les musulmans : leurs prières à heures régulières, au cours desquelles ils se prosternent, leur simplicité, la séparation entre les hommes et les femmes au moment de la prière, le fait qu’ils se déchaussent pour prier, l’accent qu’ils mettent sur la modestie et le voile, leur vision du rôle de la femme (je me considère comme une farouche anti-féministe, mais quand je considère le féminisme du point de vue de l’islam, j’arrive à faire la paix avec, car les musulmanes ne font pas de compromis sur leur modestie et leur féminité).  J’aime également leur jeûne du Ramadan, leur pèlerinage, leurs ablutions rituelles, le fait qu’ils s’abstiennent de boire de l’alcool et de sortir avec une personne du sexe opposé avant le mariage, etc.

Lorsque je repense à ma vie, depuis le début, j’ai l’impression d’avoir toujours été musulmane.  J’ai à peine fréquenté des garçons; les deux seuls que j’ai brièvement fréquentés, je les voyais chez moi ou chez leurs parents, ou alors nous sortions toujours accompagnés d’autres amis ou de mes parents.  Dès l’âge de 17 ans, j’ai commencé à m’habiller de façon plus modeste.  J’aimais me couvrir la tête et je n’ai jamais eu de faible pour l’alcool.  J’aimais le défi que représentait le jeûne et les prières à heures régulières (d’où mon amour, naguère, pour la vie cloîtrée).

Il ne s’agit pas tant d’un rejet du christianisme que du fait d’avoir trouvé une communauté à laquelle je m’identifie beaucoup plus et à laquelle je me vois parfaitement appartenir.

Un pas de plus vers l’islam

À la longue, j’ai fini par ne plus pouvoir résister.  J’ai fait de nombreuses recherches, lu plusieurs histoires de femmes converties et commencé à croire qu’il m’était possible de lâcher prise et de laisser Dieu me guider.  Comme l’islam avait déjà gagné mon cœur depuis longtemps, il ne me restait plus qu’à convaincre ma raison…  Alors je lus de nombreux articles sur internet, de même que la traduction anglaise du Coran.  Je me mis à prier comme je voyais les musulmans faire.  Je commençai par la prière du Isha, que je faisais sur un petit tapis de prière, après avoir fait mes ablutions de la manière prescrite.  Ce fut difficile d’arriver à me convaincre moi-même, mais je priai Dieu, le Tout Clément, le Tout Miséricordieux, de me guider.  Je Lui demandai de provoquer, dans ma vie, un événement décisif et le lendemain, je lus d’autres articles sur l’islam.

Rien, dans ce que je lisais, ne semblait me frapper au point de vouloir me convertir sur-le-champ.  Rien, jusqu’à ce que je lise un article, sur www.defending-islam.com , intitulé « Le miracle du Coran », de Khalid Baig.  Dans cet article, il écrivait, entre autres :

 « L’érudit musulman Hamidullah a parlé d’un effort concerté des érudits chrétiens, en Allemagne, pour colliger tous les manuscrits grecs de la Bible, car la Bible originale, en araméen, n’existe plus depuis longtemps.  Ils ont ainsi colligé tous les manuscrits disponibles dans le monde et, après les avoir étudiés attentivement, ont trouvé « près de deux cent mille narrations contradictoires, dont un huitième sont de nature importante ».  Lorsque leur rapport fut publié, des musulmans mirent sur pied un institut de recherche coranique, à Munich, dans le but d’étudier, de la même façon, les manuscrits du Coran.  En 1933, ils avaient réussi à colliger près de 43 000 photocopies de manuscrits coraniques de partout dans le monde.  Bien qu’ils y trouvèrent quelques fautes mineures de calligraphie, aucune différence ou contradiction ne furent trouvées dans le texte. »

Wow, wow, WOW!!!…  Il s’agit vraiment d’un miracle!  Comment expliquer cela autrement?  Je fus si impressionnée d’apprendre qu’il n’existait qu’une seule et unique version du Coran.  En tant que chrétienne protestante, j’avais longtemps cherché la version de la Bible la plus authentique et j’avais fini par choisir la King James Version, car elle était « autorisée ».  Puis, quand je suis devenue catholique, j’ai réalisé que ce n’était pas la version la plus originale.  J’achetai la version standard révisée, mais je considérais que la version Douay-Rheims était la plus authentique, car elle était basée sur la vulgate de Saint-Jérôme – le texte le plus proche de la Bible originale.  Mais elle était malheureusement trop dispendieuse.  J’aimais aussi la Bible de Jérusalem, utilisée en liturgie, mais il y en avait deux versions et cela finissait par prêter à confusion.  Mais le Coran, à part le fait qu’il soit traduit dans plusieurs langues, n’a qu’une seule et unique version – la version originale en arabe.  Et comme les arabophones sont nombreux, la version originale est accessible à un grand nombre de personnes.  Nous sommes loin de l’histoire chrétienne où, à une certaine époque, la Bible n’était accessible qu’à une poignée de personnes, surtout des prêtres et des érudits, qui faisaient croire tout ce qu’ils voulaient aux fidèles illettrés.

C’est alors que je décidai de me soumettre à Dieu.  Quel bonheur je ressentis à ce moment-là!   Non seulement cela, mais le statut de la femme, au sein de l’islam, mit définitivement fin à mes luttes intérieures en tant que catholique.  J’arrivai à réconcilier les bons côtés du féminisme avec la modestie préconisée par l’islam.  J’avais enfin trouvé ma place!  Mon amertume disparut alors comme neige au soleil.

Cela se passait peu de temps après un autre événement : après des années passées à chercher une vocation au sein d’un couvent, je décidai qu’il était temps, pour moi, de trouver un vrai travail afin de pouvoir quitter la maison familiale et devenir indépendante.  Et comme je savais que j’allais bientôt me convertir à l’islam, ce déménagement devenait essentiel!  J’ai mentionné, dans un des extraits précédents (2 mars 2010) que j’allais régulièrement dans un magasin de tissus et que j’y connaissais bien les propriétaires musulmans.  Je pensai leur demander s’ils avaient besoin d’un employé à mi-temps.  Alors la semaine suivante, j’allai acheter des ornements pour une robe avec l’intention de leur parler de l’emploi et partager avec eux mon intérêt pour l’islam.  Après avoir fait mon achat, j’engageai une conversation sur l’islam avec la dame qui travaillait, ce jour-là, et elle me donna le numéro de téléphone de sa sœur, car cette dernière connaissait quelqu’un qui travaillait dans une école musulmane (madrassah) et qui pourrait m’enseigner la religion.  Je fus également heureuse d’obtenir un poste, chez eux (bien qu’ils durent réduire leurs effectifs peu de temps après et je dus me trouver un autre emploi).  Mais durant le temps où je travaillai pour eux, la propriétaire du commerce fit une chose qui me toucha profondément : elle dit aux clients musulmans qu’ils ne devaient plus me saluer en me disant « bonjour », mais plutôt « assalam’alaikoum » (paix sur toi).  Et je leur répondais « wa ‘alaikoum salam » (paix sur vous également)!

 

 

Stephanie, ex-catholique, Afrique du Sud (partie 5 de 6)

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Description: Son « jihad » personnel et sa joie.

  • par Stephanie
  • Publié le 16 Feb 2015
  • Dernière mise à jour le 16 Feb 2015
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Stephanie_05.jpgJe retournai chez moi en pleurant de joie.  J’appelai la sœur de la dame à qui j’avais parlé (nerveusement et en catimini, pour que ma mère ne m’entende pas!); elle accepta de m’aider et me dit qu’elle me rappellerait dans le courant de la semaine suivante.  Nous étions vendredi et, le jour suivant, je me sentis suffisamment en confiance pour prononcer la shahada dès que j’en aurais l’occasion.  Comme je ne voulais pas me défiler à la dernière minute, je priai Dieu de me donner la force et le courage de le faire lorsque viendrait le moment.

Ce fut très difficile, ce dimanche-là, lorsque je me rendis à la messe; je me sentais à la fois coupable et craintive et, comme tous ceux qui m’entouraient étaient, évidemment, chrétiens, je ne pouvais m’attendre à recevoir du soutien d’eux.  La plupart d’entre eux croient que le Dieu des musulmans diffère de celui des chrétiens.  Il y a même une personne de ma famille qui croyait que les musulmans adressent leurs prières directement à Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui)!  Pas étonnant, alors, que je craignais à ce point de leur avouer mes réelles pensées.  Heureusement, Dieu raffermit mon cœur.

Après ce jour béni où je décidai de m’en remettre à Dieu, je me sentis particulièrement tendue et agitée, car je savais que j’allais franchir une étape cruciale et je craignais la réaction de mes parents.  Mais j’avais aussi très hâte de devenir musulmane.  Pourquoi attendre?, me disais-je.  Que m’arriverait-il si je mourais subitement, avant de m’être convertie?  C’est alors que j’appelai le propriétaire du magasin de tissus et lui demandai s’il pouvait, avec un autre musulman, me servir de témoin pour que je prononce la shahadah.  Après deux rendez-vous reportés (Dieu testait ma patience!), je finis par aller le rencontrer, avec sa femme et leur jeune fils, dans une voiture stationnée près d’un centre commercial local.  La raison de ce lieu insolite pour prononcer la shahadah était que je pouvais m’y rendre seule, sans l’aide de mes parents (car je n’avais pas de permis de conduire).  Je restai un moment, avec eux, dans leur voiture; ils m’expliquèrent certaines choses, sur l’islam, et me prêtèrent des livres sur le sujet.  Lorsque vint le moment de prononcer la shahadah, j’avais l’impression d’avoir la langue nouée!  Aujourd’hui encore, quand je repense au lieu où je me suis convertie, je ris à la pensée que j’ai prononcé la shahadah dans un stationnement!  Et quelle métaphore!  J’avais enfin trouvé un endroit où je pouvais me stationner pour de bon!  C’était le 22 février 2011, le 18e jour du mois de Rabi-al-Awwal 1432.  Et quel jour magnifique!

Jihad et joie

De retour chez moi, je n’avais pas encore tout à fait pris conscience de la réalité de ma conversion.  Et je faillis avoir des ennuis avec mes parents, car je m’étais absentée plus longtemps que prévu et le soleil était déjà couché.  Je m’excusai profusément, tentant de cacher ma crainte d’être démasquée.  Je savais que j’allais devoir leur avouer la vérité tôt ou tard, mais je voulais le faire graduellement.  Et c’est ce que je fis – le soir même.

Je parlai d’abord à ma mère.  Je ne lui dis pas tout de suite que je m’étais déjà convertie; je lui dis seulement que j’étudiais sérieusement l’islam et que je ne lui en avais pas encore parlé parce que je craignais sa réaction.  Elle réagit de la même façon qu’elle avait réagi lorsque j’étais devenue catholique : elle désapprouva mon choix, mais ajouta qu’à mon âge, j’étais libre de faire mes propres choix.  Elle ne put s’empêcher, toutefois, de me conseiller d’être « prudente ».  Au début, quand j’avais commencé à parler, elle avait répliqué « oh non, Stéphanie, non, non, non… ».  Mais après que je lui eus expliqué certaines choses et déconstruis certains préjugés et idées reçues sur l’islam, elle voulut bien m’écouter.  Elle voyait bien que j’étais sérieuse à ce sujet.  Malgré tout, je me sentais désolée pour elle, car je comprenais que c’était trop d’informations nouvelles à absorber d’un seul coup et qu’elle peinait à réaliser ce que je lui disais.  Mon père se montra un peu plus contrarié.  Il me dit : « Tu peux t’habiller comme eux, si tu veux; mais de là à changer de religion! »  Je trouvai difficile de le voir réagir ainsi, car je l’avais toujours considéré comme ouvert d’esprit.

Six jours après ma conversion, je me rendis à la mosquée pour la première fois.  J’y fus chaleureusement accueillie par l’imam, qui me souhaita la bienvenue au sein de la grande famille musulmane.  Prier pour la première auprès de mes sœurs en islam et être menée en prière par l’imam fut une expérience incroyable, même si j’étais relativement nerveuse pour cette première fois.

Dans les jours et les semaines qui suivirent, j’eus des moments de doute sur la justesse de mon jugement.  Une semaine après ma conversion, quand je débutai mes leçons à la madrassah, je me sentis un peu submergée par la quantité de choses à apprendre et par ce changement soudain dans ma vie.  C’est alors que ce sentiment de dépression, que je connaissais si bien, refit surface.  Comment allais-je réussir à vraiment devenir musulmane?  L’islam était si différent de tout ce que j’avais connu!  Et comment expliquer à mes parents que je ne pourrais plus manger de jambon, de bacon et de porc?  Que je devrais laver les ustensiles et les plats avant de les utiliser?  Et que notre chien était « impur » et ne serait donc plus admis dans ma chambre?  Un sentiment d’isolement grandissant menaçait de m’assaillir.  Je me faisais du souci au sujet de ma vie spirituelle.  Comment pouvais-je établir une vraie connexion avec Dieu si je ne comprenais rien de ce que je disais en récitant les prières en arabe?  Le Dieu « musulman » m’apparaissait si distant et si vague, tout à coup, comparativement au Dieu « chrétien » dépeint sur les icones, qui m’était beaucoup plus personnel, familier et accessible, même si, en réalité, il s’agissait du même Dieu.  J’étais habituée d’être entourée de crucifix et d’icônes de Jésus, de Marie et des saints catholiques, icones auxquelles j’avais l’habitude de m’adresser.  Et maintenant, les murs de ma chambre étaient totalement dénudés – et cela m’effrayait.

Je dus affronter divers problèmes avec les membres de ma famille.  Entre autres, je reçus un appel téléphonique de celle qui était ma marraine.  Puis, je reçus des emails d’anciennes connaissances que j’avais connues par l’intermédiaire d’un groupe chrétien sur internet, et de mon ancien prêtre, qui m’écrivait pour me dire qu’un certificat de sacristain diplômé m’attendait à l’église!  La supérieure d’un couvent où j’avais fait un séjour écrivit à ma mère pour lui dire qu’elle priait pour que je ne perde pas ma foi catholique!  Lorsque j’avouai à une de mes connaissances chrétiennes que je m’étais convertie à l’islam, elle tenta de me faire changer d’avis en me disant que Jésus avait été blessé sur la croix et que mon geste le blessait encore davantage…  Ce genre de discours ne m’étonna guère, car je l’avais entendu d’autres personnes également.  Malgré tout, toute cette pression que j’endurais finit par sabrer mon moral.  Il me fallut deux jours pour rassembler le courage de répondre à l’email de mon ex-prêtre.  Il me répondit qu’il appréciait mon courage, tout en m’avouant qu’il lui était difficile, en tant que fervent catholique, de comprendre les raisons qui m’avaient poussée à embrasser l’islam.  J’étais heureuse de voir que nous pouvions nous séparer en bon termes.  Ma sœur apprit ma conversion par ma mère.  Elle se montra étonnée, mais respecta mon choix une fois que je lui en expliquai les raisons par email.  (Je réalisai, par le fait même, que ma mère avait parfaitement compris que j’avais quitté l’église catholique, ce qui me soulagea, car j’allais maintenant pouvoir cesser de me cacher et vivre ma foi ouvertement devant elle!)  En me convertissant, j’avais décidé de ne pas parler de religion aux membres de ma famille, mais de seulement tenter d’être la meilleure sœur/fille/tante pour eux.  Et c’est ce que je conseille à tous les nouveaux convertis : qu’ils demeurent eux-mêmes et se montrent bons envers les membres de leur famille.

 

 

Stephanie, ex-catholique, Afrique du Sud (partie 6 de 6)

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Description: Sa joie de vivre revient.

  • par Stephanie
  • Publié le 16 Feb 2015
  • Dernière mise à jour le 16 Feb 2015
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Prise dans une succession d’épreuves difficiles à vivre, je retournai une deuxième fois à la mosquée et, après une semaine passée à pratiquer mes prières, elles devinrent plus faciles à accomplir.  Un soir, je me sentis si forte, spirituellement, que je dis à Dieu que je me soumettais à Lui en tant que musulmane et que je souhaitais demeurer sur cette voie.  Depuis, je me sens plus forte que jamais.  J’avais besoin de cette force intérieure, car une grande épreuve m’attendait, si éprouvante qu’elle allait presque me déchirer le cœur.

Je venais juste de regarder une émission sur le dhikr qui m’avait beaucoup remonté le moral.  Je me rendis dans la chambre de ma mère et elle me dit qu’une femme, qu’elle ne connaissait pas, était venue la voir après le service, à l’église, pour lui dire qu’elle avait rêvé à moi.  Elle raconta que, dans son rêve, elle avait reçu une mise en garde, me concernant, afin que je cesse de pratiquer l’islam.  Comme j’avais grandi dans la mentalité pentecôtiste et que j’avais été surprotégée, j’étais terrifiée à l’idée de faire quoi que ce fut que ma mère – ou son église – n’approuvait pas.  Le récit du rêve de cette femme me troubla beaucoup, car cela venait me chercher là où j’étais la plus vulnérable, c’est-à-dire ma crainte de l’Enfer.

Malgré moi, je ressentis une certaine colère envers ma mère (qui n’était pourtant pas à blâmer), mais elle me dit qu’elle s’était sentie obligée de m’en faire part, de crainte que Dieu ne lui tienne rigueur si elle se taisait.  Cela m’effraya encore plus : l’islam était-il si mauvais que cela?  Comment pouvait-il l’être, alors que je me sentais si heureuse et pleine de vie?  Je fis part de ces questions à ma mère et elle me conseilla d’en parler à Dieu.  Alors je retournai dans ma chambre, j’envoyai des messages textes à deux amies musulmanes afin qu’elles fassent des dou’as (invocations) pour moi et qu’elles demandent à Dieu de m’aider.  Je leur dis que s’Il souhaitait me voir retourner au christianisme, j’y retournerais s’Il mettait ce désir dans mon cœur; mais que s’Il souhaitait me voir poursuivre sur la voie de l’islam, alors qu’Il imprègne ce désir dans mon cœur.  Je me soumis totalement à Lui, en larmes, le cœur déchiré à l’idée d’abandonner l’islam, tout en éprouvant du ressentiment envers les pentecôtistes, car je me sentais émotionnellement manipulée par eux.  Cette réalité avait toujours été un problème, pour moi, et c’est pourquoi, du temps où j’étais encore avec eux, je n’avais jamais eu confiance en ma capacité de prendre des décisions, car il me fallait toujours obtenir leur accord.  Je croyais que tout ce qu’ils me disaient provenait de Dieu et il m’était difficile d’imaginer que le diable puisse les utiliser pour m’attaquer.  Pourtant, j’avais désormais la conviction que tel était le cas.  Je récitai la Fatiha, la shahadah et d’autres invocations, encore et encore, jusqu’à ce que je me sente plus calme.

Le lendemain, me sentant toujours déprimée, j’appelai une amie, qui vint me chercher pour m’amener voir l’imam, à la mosquée.  Sur place, il y avait également un érudit musulman.  Lui et l’imam m’écoutèrent, lorsque je leur racontai ce que je vivais avec ma famille, puis me prodiguèrent quelques conseils.  Ils me remontèrent le moral et je me sentis à nouveau plus légère.  Voilà ce dont ont besoin les convertis – beaucoup de soutien!   Si ça n’avait été de ces merveilleux frères et sœurs en islam, il m’aurait été très difficile de continuer seule.  D’autres épreuves croiseront sans doute mon chemin.  Mais, au fur et à mesure que ma foi se raffermira et que je serai de plus en plus à l’aise, dans l’islam, il me sera plus facile d’y faire face.

Je m’étonne de tout ce que j’avais pris pour acquis, dans ma vie, ou que je n’avais même pas remarqué.  De petits détails, comme me demander si ce que je mange est halal (permis) ou non ou si mes vêtements sont assez propres pour prier, comme le fait de me laver selon un certain rituel ou d’empêcher mon chien d’entrer dans ma chambre, etc.  L’islam nous fait vivre un nouveau genre de vie et nous amène à faire attention aux détails de notre quotidien.  Embrasser l’islam, c’est comme naître à nouveau dans un monde nouveau.  Et même si je me sens relativement seule, en ce moment, je remercie quand même mes parents de me laisser la liberté de vivre ma vie comme je l’entends.  Même s’ils refusent de me conduire à certains endroits « islamiques », ils ne m’empêchent toutefois pas de m’y rendre avec des amies.  Dieu les bénisse pour cela, car je m’estime chanceuse de les avoir.

J’aimerais que les chrétiens se posent ces questions : si le christianisme était vraiment la révélation ultime, pourquoi une révélation divine et une grande religion sont-elles apparues après lui?  Et pourquoi le Coran fut-il transmis et préservé contre toute corruption si la Bible était réellement la parole finale de Dieu?  Et, enfin, pourquoi Dieu nous demanderait-Il de croire aveuglément en une chose plutôt que de nous encourager à utiliser notre raison?  Quand les croyances sont raisonnables et logiques, les gens ne peuvent les nier ou les réfuter. 

Je suis devenue musulmane parce que je sentais que l’islam correspondait à tout ce vers quoi tendait mon cœur.  Si, un jour, je dois élever une famille dans ce monde chaotique qui est le nôtre, je ne voudrais l’élever au sein d’aucune autre religion.  En fait, si je ne pouvais élever mes enfants dans l’islam, je préfèrerais ne pas en avoir.  L’islam m’a libérée et m’a permis d’appartenir à une grande communauté.  Il m’a libérée de mon attachement aux icones, qui a gangrené mon existence quinze années durant, et il m’a simplifié la vie.  Il m’a donné de nouvelles amies, qui m’ont soutenue et qui se sont montrées très généreuses envers moi.  Il m’a fait oublier mon amertume envers le féminisme en me le faisant voir sous un autre jour, car il encourage la modestie et la dignité, tout en laissant les femmes prendre leur place auprès des hommes.  Il m’a rendue plus aimante et plus indulgente.  Il m’a apporté une nouvelle vision de Dieu, plus saine et plus pure.  Et même si mon cheminement, au sein de l’islam, ne fait que commencer, je sens que j’ai enfin trouvé ma voie.

Je porte désormais le hijab tout en étant musulmane.  Il n’y aura plus jamais erreur sur la personne.  Je suis musulmane.  Alhamdoulillah (gloire à Dieu)!

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