La recherche de la paix intérieure (partie 1 de 4) : Les obstacles à la paix intérieure
|
   
Description: Regard sur la façon dont les gens définissent la paix intérieure et sur les moyens qu’ils prennent pour l’atteindre, de même que les obstacles qui les empêchent d’atteindre cette paix.
par Bilal Philips (transcription, par Aboo Uthmaan, d’une conférence donnée par Bilal Philips)
Publié le 03 Aug 2009 - Dernière mise à jour le 01 Jan 2012
Lus: 9041 (moyenne quotidienne: 10) - Évaluation: 5 de 5 - Évalué par: 8 Imprimés: 344 - Envoyés: 3 - Commentés: 0
Catégorie: Articles
> Les bienfaits de l'islam
> Le véritable bonheur et la paix intérieure
|
|
La paix intérieure est un besoin
universel. Il n’existe personne, sur cette terre, qui n’aspire à la paix
intérieure. Et il ne s’agit pas d’un phénomène moderne; cette paix, chacun y a
aspiré à travers les âges, indépendamment de sa couleur, ses croyances, sa
religion, sa race, sa nationalité, son âge, son sexe, ses richesses ou
l’avancement technologique de son peuple.
Les gens ont emprunté divers chemins
pour tenter de trouver la paix intérieure : certains ont cru la trouver
dans l’argent, dans les drogues, dans la musique ou la méditation, tandis que
d’autres l’ont cherchée dans leur tendre moitié, dans leur carrière
professionnelle ou à travers leurs enfants, etc.
Pourtant, chez la majorité des gens, cette
quête est perpétuelle. De nos jours, on nous a amené à croire que l’avancement
technologique et la modernisation peuvent nous apporter un confort physique à
travers lequel la paix intérieure est possible.
Cependant, si nous considérons la
nation la plus industrialisée et la plus avancée du monde, du point de vue
technologique (les États-Unis), ce raisonnement ne tient pas la route. Les
statistiques démontrent qu’aux États-Unis, près de 20 millions d’adultes
souffrent chaque année de dépression. Et qu’est-ce que la dépression, si ce
n’est une absence totale de paix intérieure? De plus, en l’an 2000, dans ce
pays, le nombre de personnes mortes par suicide était deux fois plus élevé que
le nombre de personnes mortes du sida. Mais les médias étant ce qu’ils sont,
nous entendons plus parler des décès dus au sida que des gens qui se suicident.
Par ailleurs, plus de personnes meurent par suicide que par homicide, aux
États-Unis, qui ont pourtant un taux d’homicides déjà très élevé.
Donc, l’avancement technologique et la
modernisation n’ont apporté ni la tranquillité ni la paix intérieure. Au
contraire, en dépit du confort que nous a apporté la modernisation, nous sommes
encore plus éloignés de cette paix que ne l’étaient nos ancêtres.
Pour la plupart d’entre nous, la paix
intérieure demeure une chose quasi insaisissable, difficilement atteignable.
Nous sommes nombreux à confondre les
plaisirs de cette vie avec la paix intérieure; nous tirons un plaisir de
nombreuses choses, que ce soit de l’argent, des relations sexuelles ou de
diverses activités quotidiennes. Mais ces plaisirs ne durent pas : ils
viennent et ils vont. Oui, nous éprouvons certains plaisirs, de temps à
autres, mais nous ne devons pas les confondre avec la paix intérieure. La
véritable paix intérieure peut être définie comme un sentiment de stabilité et
de contentement qui nous aide à passer au travers des difficultés et des
épreuves qui se présentent à nous, au cours de notre vie.
Nous devons comprendre que la paix est
une chose qui n’existera jamais en ce monde, car si nous nous fions à la
définition du dictionnaire, la paix est l’absence de guerre ou de conflits
civils; a-t-il jamais existé une période de l’histoire dépourvue de tout
conflit? Il y a toujours une guerre ou un conflit civil en cours, en ce
monde. Si nous considérons la paix à un niveau national, alors nous pouvons la
définir comme l’absence de désordre public et comme un sentiment général de
sécurité; mais nommez-moi un seul endroit, en ce monde, où l’on trouve cela. Si
nous considérons la paix à un niveau social (famille, travail), alors la paix
est l’absence de désaccords et de disputes; mais un tel environnement
existe-t-il? Il existe bien certains endroits, en ce monde, que l’on peut
considérer comme calmes, paisibles et tranquilles, certaines îles, par exemple,
mais il s’agit d’une paix qui peut, à tout instant, être troublée par une
tempête ou un ouragan qui viendra tout détruire.
Dieu dit, dans le Coran :
« Nous avons certes créé l’homme pour une vie de lutte. » (Coran
90:4)
C’est là la nature même de nos vies,
qui sont faites de labeur et de luttes, de hauts et de bas, de moments
difficiles et d’autres moins difficiles.
Nos vies sont ponctuées d’épreuves de
toutes sortes, tel que Dieu l’affirme, dans le Coran :
« Et Nous vous éprouverons certainement
par un peu de peur, de faim, de pertes de biens, de gens et de récoltes. Mais
annonce la bonne nouvelle à ceux qui sont patients. » (Coran 2:155)
Pour passer au travers ces épreuves, au
travers cette vie de labeur et de luttes, la patience est essentielle. Et
cette patience ne peut se manifester que si nous possédons une véritable paix
intérieure.
En dépit des épreuves, du labeur et des
luttes quotidiennes, il nous est possible d’atteindre cette paix intérieure qui
nous amènera à vivre en paix avec notre entourage, avec notre environnement et
avec le monde dans lequel nous vivons.
Bien sûr, dans notre quête de paix
intérieure, des obstacles se dresseront sur notre route. Nous devons donc
identifier ces obstacles qui, dans nos vies, nous empêchent d’atteindre cette
paix et développer une stratégie pour les éloigner de nous. Ces obstacles ne
disparaîtront pas de nos vies simplement en le souhaitant très fort; nous
devons développer une stratégie par étapes pour nous en débarrasser. Comment?
La première étape consiste à identifier
ces obstacles. Nous devons être conscients de leur présence, car si nous n’arrivons
pas à les identifier, nous ne pourrons, évidemment, les éloigner ni les faire
disparaître.
La deuxième étape consiste à les
reconnaître et à accepter leur présence. Par exemple, la colère est l’un des
plus grands obstacles à la paix intérieure. Si une personne nourrit de la
colère au fond d’elle-même et qu’elle finit par exploser, comment peut-elle
posséder une paix intérieure dans ces circonstances? C’est impossible. La
personne doit donc être capable de reconnaître que cette colère, en elle, est
un obstacle à la paix intérieure.
Cependant, si une personne affirme que
« oui, je sais que c’est un obstacle; mais moi, je ne me mets pas en colère »,
cette personne a un problème car elle n’a pas été en mesure de reconnaître cet
obstacle et refuse d’admettre la réalité. Elle ne peut donc se débarrasser de
cet obstacle.
Ces obstacles qui font partie de nos
vies, nous pouvons les classer en diverses catégories : problèmes
personnels, familiaux et financiers, pressions au travail et incertitudes
spirituelles.
|
La recherche de la paix intérieure (partie2 de 4) : Savoir accepter le destin
|
   
Description: Ce deuxième article comprend des exemples et des récits qui démontrent à quel point il est important de réaliser que nous rencontrons tous des obstacles, dans nos vies, dont certains sur lesquels nous avons un contrôle et d’autres qui sont hors de notre contrôle. Et les obstacles en dehors de notre contrôle doivent être considérés comme faisant partie du destin de Dieu.
par Bilal Philips (transcription, par Aboo Uthmaan, d’une conférence donnée par Bilal Philips )
Publié le 10 Aug 2009 - Dernière mise à jour le 10 Aug 2009
Lus: 7209 (moyenne quotidienne: 8) - Évaluation: 4.4 de 5 - Évalué par: 8 Imprimés: 364 - Envoyés: 3 - Commentés: 0
Catégorie: Articles
> Les bienfaits de l'islam
> Le véritable bonheur et la paix intérieure
|
|
Nous avons tant de problèmes et d’obstacles
à affronter, dans nos vies, qu’ils sont comme des maladies. Si nous essayons
de nous en occuper en les prenant un à la fois, nous n’en viendrons jamais à
bout. Nous devons donc les identifier, les classer en diverses catégories et
nous occuper de toute une catégorie à la fois plutôt que de tenter de nous
occuper de chacun individuellement.
Nous devons être capables de distinguer
les obstacles sur lesquels nous avons un contrôle de ceux qui échappent à notre
contrôle. Bien que nous percevions ceux qui échappent à notre contrôle comme
des obstacles, en réalité, ils ne le sont pas. Ces « obstacles »
sont des choses que Dieu nous a destinées et que nous interprétons peut-être de
façon erronée. Par exemple, une personne qui naît avec la peau noire dans un
monde qui favorise largement les Blancs, ou qui naît pauvre dans un monde qui
favorise les riches, ou encore qui a une petite taille, qui naît infirme ou qui
naît avec tout problème physique qui peut être considéré comme un handicap.
Ce sont là des choses qui échappent
totalement à notre contrôle. Nous n’avons pas choisi la famille dans laquelle
nous sommes nés, nous n’avons pas choisi notre corps, nous n’avons pas
participé à ces décisions. Même si nous considérons ces choses comme des
obstacles, nous devons nous armer de patience et comprendre qu’au fond, elles ne
sont pas vraiment des obstacles. Dieu dit, dans le Coran :
« Mais il se peut que vous détestiez une
chose alors qu’elle est bonne pour vous, et il se peut que vous aimiez une
chose alors qu’elle est mauvaise pour vous. Dieu sait, tandis que vous ne
savez pas. » (Coran 2:216)
Il est possible, donc, que les
obstacles qui échappent à notre contrôle nous déplaisent et que nous
souhaitions les faire disparaître de notre vie. D’ailleurs, certaines
personnes dépensent de folles sommes d’argent pour tenter d’y parvenir.
Michael Jackson en est un bon exemple. Il est né avec la peau noire dans un
monde qui favorise les Blancs; pour tenter d’échapper à son sort, il a dépensé
de grosses sommes d’argent en chirurgies esthétiques de toutes sortes avec pour
seul résultat un désastre total.
La paix intérieure ne peut être
atteinte que si nous arrivons à accepter et à endurer avec patience ces
obstacles qui échappent à notre contrôle et à reconnaître qu’ils font partie du
destin que Dieu a décidé pour nous.
Il faut comprendre que ce qui nous
arrive malgré nous, Dieu y a mis quelque chose de bien, que nous arrivions ou
non à en saisir l’aspect positif. Nous devons donc l’accepter.
Je me souviens d’un article, dans un
journal, qu’accompagnait la photo d’un Égyptien qui souriait. Il arborait un très
large sourire; ses bras étaient écartés et ses pouces tournés vers le haut; son
père l’embrassait sur une joue, tandis que sa sœur l’embrassait sur l’autre.
Sous la photo, il y avait une légende.
Cet homme avait failli embarquer sur un vol d’Air Gulf, la veille, qui assurait
la liaison entre le Caire et Bahreïn. Il s’était précipité à l’aéroport pour
ne pas rater son vol, mais n’avait pu monter à bord, car selon les autorités,
il manquait un cachet sur son passeport (au Caire, on exige souvent de nombreux
cachets sur un même document). Comme il était enseignant à Bahreïn et que ce
vol était le dernier de la journée à assurer la liaison entre les deux villes,
il craignait, s’il le ratait, ne pouvoir justifier son absence et perdre son
emploi. Alors il insista beaucoup pour qu’on le laisse monter à bord, allant même
jusqu’à faire une véritable scène, mais en vain; on ne le laissa pas monter et
l’avion partit sans lui. Il retourna chez lui (au Caire) désespéré, convaincu qu’il
serait renvoyé dès le lendemain. Sa famille le consola du mieux qu’elle put et
lui dit de ne pas s’en faire. Le lendemain, il apprit, aux nouvelles, que
l’avion à bord duquel il avait tant voulu monter s’était écrasé et qu’il n’y
avait aucun survivant. Et voilà pourquoi, sur cette photo, il était dans une
telle extase : la veille, le fait de ne pas arriver à monter à bord avait
été pour lui une véritable tragédie et il avait eu le sentiment que sa carrière
était finie. Et maintenant, il comprenait qu’il l’avait échappé belle.
Ce sont là des signes clairs, et l’on
retrouve des signes similaires dans l’histoire de Moïse et Khidr (que nous
retrouvons dans la sourate al-Kahf). Lorsque Khidr fit un trou dans le bateau
de ces gens qui avaient été assez gentils pour les prendre à leur bord, Moïse
et lui, afin de les aider à traverser la rivière, Moïse demanda à Khidr
pourquoi il avait fait cela.
Lorsque les propriétaires du bateau
virent le trou qui avait été fait, ils se demandèrent qui l’avait fait et se
dirent que c’était un acte particulièrement méchant. Peu de temps après, le
roi vint au bord de la rivière et réquisitionna tous les bateaux qui s’y
trouvaient, sauf celui qui était troué. Alors les propriétaires du bateau
louèrent Dieu d’avoir fait en sorte que leur bateau soit troué, ce qui
l’empêcha d’être pris par le roi.
Il existe également d’autres choses que
nous percevons comme des obstacles dans nos vies. Ce sont ces choses que nous
n’arrivons pas à expliquer, lorsqu’elles se produisent. Pour certains, la
frustration ressentie face à cette incompréhension peut même les amener
jusqu’au rejet de la foi. Quand on écoute parler l’athée, qui a rejeté Dieu,
on réalise vite qu’il ne possède aucune paix intérieure. Pourquoi est-il
devenu athée? Il n’est pas normal de ne pas croire en Dieu et il est tout
naturel d’y croire, car c’est Lui qui nous a créés, avec une inclination
naturelle à croire en Lui.
Dieu dit, dans le Coran :
« Dirige tout ton être, (ô Mohammed),
exclusivement vers la religion, selon la nature innée dont Dieu a pourvu les
hommes à leur création. Ce que Dieu a créé ne saurait être modifié. Telle est
la religion droite, mais la plupart des hommes ne savent pas. » (Coran
30:30)
Le prophète Mohammed (que la paix et
les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit :
« Chaque enfant naît avec une
saine nature (i.e. il naît musulman, avec une inclination naturelle à croire en
Dieu)... » (Sahih Al-Boukhari, Sahih Mouslim)
Telle est la nature véritable de l’être
humain; mais la personne qui devient athée sans que personne ne lui ait parlé
d’athéisme dans son enfance ou sa jeunesse le devient souvent suite à un
traumatisme ou une tragédie qu’elle n’est pas parvenue à expliquer.
Par exemple, un athée peut raconter qu’il
avait une tante qu’il aimait beaucoup, qui était une très bonne personne aimée
de tous. Puis, un jour, alors qu’elle traversait la rue, une voiture sortie de
nulle part la frappa et elle en mourut. Pourquoi cet accident lui est-il
arrivé à elle plutôt qu’à n’importe qui d’autre? Pourquoi? La personne ne
trouve aucune explication. Ou encore, un athée peut raconter avoir perdu un
enfant en bas âge et demander pourquoi c’est arrivé à son enfant et pas à celui
d’un autre. Pourquoi mon enfant est-il mort? Encore une fois, il ne trouve
aucune explication. Et c’est suite à ce genre de tragédies que la personne
vient à penser que Dieu ne peut exister, car Il ne permettrait pas que de
telles choses se produisent.
|
La recherche de la paix intérieure (partie 3 de 4) : La patience et les objectifs de la vie
|
   
Description: Dans le monde mouvementé dans lequel nous vivons, la patience et le fait de ne pas faire de cette vie un but en soi constituent des solutions pour passer au travers ces obstacles sur lesquels nous avons un certain contrôle.
par Bilal Philips (transcription, par Aboo Uthmaan, d’une conférence donnée par Bilal Philips)
Publié le 10 Aug 2009 - Dernière mise à jour le 10 Aug 2009
Lus: 6415 (moyenne quotidienne: 7) - Évaluation: 5 de 5 - Évalué par: 3 Imprimés: 298 - Envoyés: 4 - Commentés: 0
Catégorie: Articles
> Les bienfaits de l'islam
> Le véritable bonheur et la paix intérieure
|
|
Revenons sur l’histoire de Moïse. Après
avoir traversé la rivière, ils croisèrent un jeune garçon, que Khidr tua de
façon volontaire. Moïse demanda à Khidr pourquoi il avait fait une telle
chose. Cet enfant était innocent et Khidr l’avait tué! Khidr expliqua à Moïse
que les parents de cet enfant étaient des gens pieux et que si l’enfant avait
encore grandi (et Dieu le savait), il aurait fini par être si terrible et serait
devenu une telle calamité, pour ses parents, que ceux-ci en auraient perdu la
foi. Alors Dieu ordonna la mort de cet enfant.
Bien sûr, les parents eurent du chagrin
en trouvant leur enfant mort. Cependant, Dieu le remplaça par un autre enfant
qui fut, celui-là, vertueux et bon envers eux. Dans leur cœur, la peine
d’avoir perdu leur premier enfant demeura; mais au Jour du Jugement, lorsqu’ils
se tiendront devant Dieu et qu’Il leur révélera la raison de la mort de leur
premier enfant, ils comprendront alors et Le loueront.
Telle est la nature de nos vies.
Certaines choses arrivent, qui nous apparaissent comme négatives, et nous les
voyons comme des obstacles à notre paix intérieure parce que nous ne les
comprenons pas ou ne saisissons pas la raison pour laquelle elles nous sont
arrivées à nous. Mais nous devons apprendre à les accepter et à ne pas les
ressasser sans arrêt. Car ces choses viennent de Dieu et nous devons croire
qu’au bout du compte, il y a du bon en elles, que nous soyons en mesure de le
voir ou non. Puis, sans trop nous attarder à elles, nous devons nous tourner vers
ces choses sur lesquelles nous avons un contrôle et que nous pouvons changer.
Nous devons d’abord les identifier, puis passer à l’étape suivante, qui
consiste à faire disparaître ces obstacles en utilisant diverses solutions.
Pour faire disparaître ces obstacles, nous devons surtout nous concentrer sur
les modifications que nous pouvons apporter en nous-mêmes, car Dieu dit, dans
le Coran :
« En vérité, tant que les gens ne
changent pas ce qui se trouve dans leur cœur, Dieu ne modifie en rien leur
condition. » (Coran 13:11)
Voilà un domaine sur lequel nous avons
un contrôle. Nous pouvons aussi développer notre patience, même si nous avons
tendance à croire, en général, que certaines personnes naissent avec une
disposition à la patience et d’autres pas.
« Un homme vint voir le
Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) et lui
demanda ce qu’il devait faire pour pouvoir entrer au Paradis. Le Prophète lui
répondit : « Ne te mets pas en colère. » (Sahih al-Boukhari)
Cet homme était connu pour se mettre
facilement en colère, alors le Prophète (que la paix et les bénédictions de
Dieu soient sur lui) lui fit comprendre qu’il devait faire des efforts pour
modifier son comportement colérique. Donc, modifier son comportement et
améliorer son caractère sont des choses possibles.
Dans un autre hadith, le Prophète (que
la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit :
« Quiconque désire vraiment
devenir patient, Dieu lui donnera de la patience. » (Sahih al-Boukhari)
Cela signifie que même si certains
individus semblent nés plus patients que d’autres, il ne nous est pas
impossible de développer notre patience.
Il est intéressant de noter qu’en
psychologie et en psychiatrie occidentales, on nous disait, il n’y a encore pas
si longtemps, de ne pas réprimer notre colère mais de l’exprimer, car si nous
retenions tout à l’intérieur, nous risquions d’exploser, alors il était
préférable de déballer ce que nous avions sur le cœur.
Plus tard, ils ont découvert que
lorsque les gens laissent libre cours à leur colère, de petits vaisseaux
sanguins éclatent dans leur cerveau, à cause de la pression. Ils ont ainsi
compris que la colère pouvait être dangereuse, et même fatale, dans certains
cas. Alors maintenant, ils ont changé d’avis et recommandent de ne pas tout
déballer et d’éviter les emportements violents.
Le Prophète (que la paix et les
bénédictions de Dieu soient sur lui) nous a encouragés à faire preuve de
patience; il est donc recommandé de faire preuve de patience en toutes
circonstances. Et même si nous bouillons à l’intérieur, il vaut toujours mieux
se montrer patients devant les autres, non pas par hypocrisie, mais pour nous y
exercer et la développer, petit à petit. Si nous affichons une patience de
façon constante, cette image extérieure que nous projetons finira par se
refléter intérieurement et nous finirons par devenir patients pour de bon.
C’est non seulement possible, mais le hadith cité plus haut le confirme.
Il est bon de considérer comment les
choses matérielles, dans nos vies, jouent un rôle majeur dans le développement
de notre patience.
Le Prophète (que la paix et les
bénédictions de Dieu soient sur lui) nous a conseillés sur la façon d’aborder
cette réalité en ces termes :
« Ne regardez pas [i.e. ne
vous comparez pas à] ceux au-dessus de vous, qui sont plus riches que vous;
regardez plutôt ceux qui sont au-dessous de vous, ceux qui sont plus pauvres
que vous. »
Peu importe dans quelle situation on se
trouve, il y aura toujours plus malheureux que nous. C’est donc de cette façon
que nous devons aborder notre situation matérielle en cette vie. De nos jours,
nous accordons de plus en plus d’importance aux choses matérielles, jusqu’à
être obsédés par elles. Amasser le plus de biens possibles, en cette vie,
semble être le but que s’est donné chacun d’entre nous et vers lequel nous
canalisons toutes nos énergies. Mais le fait d’assurer notre subsistance ne
devrait pas prendre le dessus sur notre paix intérieure ni l’affecter de façon
négative.
Nous devons cesser de toujours
considérer ceux qui sont plus riches que nous, sinon nous ne serons jamais
satisfaits de ce que nous avons. Le Prophète (que la paix et les bénédictions
de Dieu soient sur lui) a dit :
« Si vous donnez au fils
d’Adam une vallée remplie d’or, il en voudra une deuxième. » (sahih
Mouslim)
On dit souvent que l’herbe semble plus
verte chez le voisin; et plus une personne possède de biens, plus elle en
veut. Nous ne serons jamais satisfaits de notre situation matérielle si nous
considérons l’acquisition des biens comme un but en soi. En considérant ceux
qui possèdent moins que nous, nous serons plus reconnaissants envers Dieu pour
les bienfaits dont Il nous comble.
Il y a un
autre hadith du prophète Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu
soient sur lui) qui nous aide à mettre en perspective notre situation
matérielle. Le Prophète a établi ce principe, pour les croyants, il y a de
cela 1400 ans :
« Quiconque fait de ce monde
son objectif, Dieu embrouillera ses affaires, lui fera voir la pauvreté et il
n’obtiendra rien de ce monde, à l’exception de ce que Dieu a déjà écrit pour
lui. » (Ibn Maajah, Ibn Hibbaan)
Donc si une personne fait de ce monde
son objectif, elle perdra vite la tête et ne saura plus dans quelle direction
se tourner. Dieu lui fera voir la pauvreté, car peu importe le montant d’argent
qu’elle possédera, elle aura toujours l’impression d’être pauvre. Chaque fois
que quelqu’un se montrera gentil avec elle ou lui sourira, elle s’imaginera
qu’il ne le fait que parce qu’il convoite son argent. Elle ne fera confiance à
personne et ne sera jamais heureuse.
Lors d’un krach boursier, vous entendez
presque toujours parler de gens qui se suicident après avoir tout perdu. Un
homme qui avait, par exemple, 8 millions de dollars et qui en perd 5 se
retrouve avec 3 millions et s’imagine que sa vie est finie. Il sent qu’il a
perdu sa raison de vivre, car il s’imagine plus pauvre que jamais.
|
La recherche de la paix intérieure (partie 4 de 4) : La paix intérieure passe par la soumission à Dieu
|
   
Description: La véritable paix intérieure passe par la soumission à Dieu, c’est-à-dire en vivant sa vie en fonction de Sa volonté, en ayant conscience de Sa présence à chaque instant et en faisant de l’au-delà notre principal objectif.
par Bilal Philips (transcription, par Aboo Uthmaan, d’une conférence donnée par Bilal Philips)
Publié le 17 Aug 2009 - Dernière mise à jour le 17 Aug 2009
Lus: 6230 (moyenne quotidienne: 7) - Évaluation: 4.8 de 5 - Évalué par: 10 Imprimés: 316 - Envoyés: 11 - Commentés: 0
Catégorie: Articles
> Les bienfaits de l'islam
> Le véritable bonheur et la paix intérieure
|
|
Nous devons garder à l’esprit que nul
n’obtiendra de ce monde plus que ce que Dieu a déjà écrit pour lui. Même si elle
déploie des trésors d’énergie et d’imagination, qu’elle reste éveillée jusqu’aux
petites heures du matin et qu’elle devient un véritable bourreau de travail,
une personne n’obtiendra que ce que Dieu a destiné pour elle. Le Prophète (que
la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit :
« Quiconque fait de l’au-delà
son objectif ultime, Dieu lui facilite ses affaires, lui accorde la richesse du
cœur [i.e. la foi] et les choses de ce monde viendront à lui en toute soumission. »
(Ibn Maajah, Ibn Hibbaan)
Une telle personne acquiert une
véritable richesse dans son cœur. La richesse, ce n’est pas de posséder des
biens en abondance; c’est de posséder un grand cœur. Et qu’est-ce qu’un grand cœur?
C’est un cœur qui sait se satisfaire de ce qui lui a été destiné, et c’est de
cela que découle la paix intérieure. Ce contentement n’est possible que par la
soumission à Dieu; c’est ce qui s’appelle l’islam.
La paix intérieure, c’est accepter
l’islam dans notre cœur et vivre notre vie sur la base de ses principes. Lorsque
Dieu enrichit le cœur d’une personne, les choses de ce monde viennent à elle en
toute soumission et en toute humilité. Une telle personne n’aura pas à courir
après ces choses, pas plus qu’elle n’en aura envie.
Telle est la promesse du Prophète (que
la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) à ceux qui savent mettre
leurs priorités aux bonne places et qui font de l’au-delà leur priorité
première. Si c’est le Paradis que nous voulons, alors ce désir doit se
manifester dans notre vie quotidienne, constituer notre objectif principal, qui
passe avant tous les autres.
Comment déterminer si l’au-delà est
vraiment notre objectif principal? Et bien si, lorsque nous discutons avec les
gens, nos seuls sujets de conversation sont les derniers modèles de voitures,
l’immobilier, les voyages, les vacances et l’argent, bref, si la majeure partie
de notre conversation porte sur les choses d’ici-bas ou, pire encore, si elle
est constituée de racontars et de médisance, cela signifie que l’au-delà est
loin d’être notre première priorité. Car si c’était le cas, cela se refléterait
dans nos conversations. Ce dont nous parlons le plus souvent est un bon point
de référence pour nous juger nous-mêmes. Nous devons donc nous arrêter et nous
poser clairement la question : « Quels sont les sujets dont je parle le
plus souvent? »
Si nous découvrons que notre priorité
semble être la vie d’ici-bas, alors nous devons faire un examen de conscience
et remettre les vraies priorités devant toutes les autres, c’est-à-dire l’au-delà
et le Paradis avant la vie d’ici-bas et les biens matériels. C’est de cette
façon que nous atteindrons la véritable paix intérieure. Dans le Coran, Dieu
nous rappelle un moyen simple d’atteindre la paix intérieure :
« N’est-ce point par l’évocation de Dieu que se tranquillisent les cœurs? »
(Coran 13:28)
C’est donc par l’évocation de Dieu que
le cœur trouve la tranquillité. Voilà ce qu’est la paix intérieure.
L’évocation de Dieu passe par toutes les actions que nous faisons, en tant que
musulmans. L’islam, c’est vivre sa vie en ayant constamment Dieu à l’esprit.
Dieu dit également :
« Adore-Moi donc et accomplis la prière pour M’avoir présent en ta
pensée. » (Coran 20:14)
Tout ce que nous faisons, en islam,
nous rappelle Dieu à chaque instant. Dieu dit :
« Dis : « En vérité, mes prières, mes actes de dévotion, ma vie
et ma mort appartiennent à Dieu, Seigneur des mondes. » (Coran
6:162)
Telle est donc la façon d’atteindre la
paix intérieure et d’avoir Dieu constamment à l’esprit, quoi que nous fassions.
Ce fait de se rappeler constamment de
Dieu (dhikr) ne consiste pas, comme certains semblent le croire, à
s’asseoir dans un coin d’une pièce sombre et répéter « Allah, Allah, Allah... »
des heures durant. Ce n’est pas de cette façon que l’on développe une
conscience de Dieu. Si vous vous appelez Mohammed et qu’une personne vient
vous voir et ne cesse de répéter « Mohammed, Mohammed, Mohammed... »,
vous vous demanderez ce qui ne va pas avec elle. Vous vous demanderez si elle
veut quelque chose ou si elle a besoin de quelque chose. Sinon, pourquoi
répéter ainsi votre nom sans rien dire d’autre?
Le Prophète (que la paix et les
bénédictions de Dieu soient sur lui) n’a jamais invoqué Dieu de cette manière
et aucun hadith ne rapporte une telle action de sa part. Certains croient que
nous devons invoquer Dieu en dansant et en tournant sur nous-mêmes ou en nous
balançant de gauche à droite ou d’avant en arrière. Mais encore une fois, le
Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) n’a jamais
invoqué Dieu de cette manière et pourtant, c’est son exemple que nous devons
suivre en matière d’adoration.
Le Prophète (que la paix et les
bénédictions de Dieu soient sur lui) se rappelait Dieu dans toutes les actions
de sa vie quotidienne. Il avait une constante conscience de Dieu et agissait à
chaque instant en fonction de Lui, dans ses prières, dans son adoration, dans
son quotidien et jusque dans ses pensées.
Bref, la paix intérieure passe par le
fait de reconnaître les problèmes, dans nos vies, qui constituent des obstacles
à cette paix, comprendre que cette paix ne viendra que si nous apprenons à
composer avec certains de ces obstacles et si nous arrivons à faire disparaître
ceux sur lesquels nous avons un certain contrôle.
Si nous faisons des efforts pour
changer nos habitudes, notre comportement et notre perspective sur ce qui nous
entoure, Dieu apportera des changements positifs à notre vie et nous donnera
les moyens de composer avec le monde qui nous entoure. Et même si le monde qui
nous entoure est agité, Dieu nous donnera les moyens de vivre en paix avec lui.
Quoi qu’il nous arrive, nous savons que
cela relève du destin de Dieu, des épreuves qu’Il choisit de mettre sur notre
chemin et qu’au bout du compte, c’est pour notre bien que ces choses arrivent,
car il y a toujours du bon en elles. Dieu nous a créés et Il a créé ce monde
comme moyen, pour nous, d’atteindre le Paradis. Les épreuves de cette vie sont
donc là pour nous aider à grandir spirituellement. Si nous arrivons à accepter
cela et à accueillir Dieu dans notre cœur, alors nous connaîtrons la véritable
paix intérieure.
|
|