L’intérêt et son rôle au sein de l’économie et de la vie en général (partie 1 de 8) : Introduction
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Description: Point de vue islamique sur le rôle de l’intérêt dans la société d’aujourd’hui, suivi d’une étude historique et contemporaine de l’intérêt. Partie un : raison pour laquelle les musulmans interdisent l’intérêt en dépit du fait que les sécularistes juifs et chrétiens appellent à sa légalisation.
par Jamaal al-Din Zarabozo (© 2011 IslamReligion.com)
Publié le 14 Feb 2011 - Dernière mise à jour le 17 Mar 2011
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> Le système d'ordre dans l'islam
> L'économie
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Introduction
L’Oxford English Dictionary définit
l’intérêt comme suit : « Argent payé par le débiteur au créancier
pour l’usage de l’argent prêté, ou pour l’attente du remboursement d’une dette,
selon un taux fixe. »
La majorité des gens, de par le monde,
connaissent fort bien le fardeau que représente l’intérêt. Quiconque vit dans
une société capitaliste connaît le principe de l’intérêt. Il est devenu si
institutionnalisé et accepté au sein de l’économie moderne qu’il est difficile,
voire impossible, pour beaucoup de gens, de concevoir que certaines personnes s’y
opposent totalement et refusent toute transaction dans laquelle on retrouve de
l’intérêt, sous quelque forme que ce soit. Il existe pourtant de nombreux
musulmans qui refusent de participer à ce système.
La raison pour laquelle ces musulmans
refusent les transactions à intérêt est que l’intérêt est interdit par
l’islam. Les musulmans croient que les règles de Dieu sont basées sur Son
savoir infini, de même que sur Sa sagesse et Sa justice. En d’autres termes,
Dieu n’impose pas d’interdictions aux hommes sans qu’elles ne soient pleinement
justifiées. Il existe donc de sérieux motifs pour lesquels Dieu a interdit
cette pratique.
De nos jours, les musulmans sont souvent
bombardés d’arguments en faveur de l’intérêt. Et nombreux sont ceux qui ont
déjà succombé à cette pression et à ces soi-disant arguments logiques, jusqu’à
accepter le concept même de l’intérêt.
Cette série d’articles décrira le point de
vue islamique sur l’intérêt, basé sur les textes fondamentaux de l’islam, et
évaluera de façon rationnelle les différents arguments en faveur de l’intérêt.
Dieu, guide de l’humanité
L’islam enseigne que Dieu, dans Sa
miséricorde, a guidé les hommes dans toutes les sphères de leur vie, qui
comprennent, entre autres, le spirituel, l’économie, l’éthique des affaires, la
vie conjugale, les relations internationales et l’éthique de la guerre. Un des
traits qui, de nos jours, distinguent les musulmans du commun des mortels est
qu’ils croient toujours à ces règles établies par Dieu, tandis que la majorité
des gens ont depuis longtemps rejeté les enseignements de leur religion qui
entrent en conflit avec les questions « laïques ».
Plusieurs raisons expliquent qu’un grand
nombre de musulmans ait refusé de suivre la même voie que beaucoup de juifs et de
chrétiens, entre autres. L’une des raisons principales est que les musulmans
ne doutent pas un instant que la révélation qui forme le fondement de l’islam
n’a jamais été modifiée d’aucune manière depuis l’époque où elle fut transmise
à l’humanité. Autrement dit, il n’y a eu aucune intervention humaine dans
cette révélation. Les musulmans n’ont donc pas besoin, aujourd’hui, de tenter
de corriger des erreurs commises par des personnes du passé, comme aiment à le
suggérer les sécularistes juifs et chrétiens. Le seul résultat auquel
arriveraient les musulmans en cherchant à « réparer des erreurs du
passé » [qui, de toute façon, n’existent pas] serait de déformer la
révélation de Dieu.
Ensuite, la majorité des musulmans
considèrent que nul ne leur a apporté de preuve convaincante ou irréfutable
démontrant que leur religion est déconnectée de la réalité ou impossible à
appliquer à notre époque. Nombreux sont ceux qui reconnaissent, par exemple,
que l’islam n’a jamais été en conflit avec la science, alors qu’un tel conflit
entre la science et la religion a mené, chez les chrétiens, à une perte de
confiance généralisée envers l’Église et à une rébellion contre l’autorité de
la religion en Occident.
De nombreuses personnes, et parmi
elles quelques musulmans, ont réclamé des changements dans l’islam; mais les
arguments qu’elles ont avancés pour soutenir leur point de vue sont assez peu
solides, quand ils ne contiennent pas des informations carrément erronées. Le
cas qui nous intéresse, c’est-à-dire le sujet de cet article, est un parfait
exemple de cette nature.
Bien que ces derniers temps l’islam ait
été cité maintes fois, dans les médias, l’auteur de cet article s’étonne de
constater que la majorité des non-musulmans ne connaissent pas le point de vue
de l’islam sur l’intérêt. Cet article fait la lumière sur ce sujet important,
qui n’est pas un sujet « médiéval » dépassé, mais un sujet très
pertinent dans le monde d’aujourd’hui.
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L’intérêt et son rôle au sein de l’économie et de la vie en général (partie 2 de 8) : Le point de vue de l’islam
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Description: Point de vue islamique sur le rôle de l’intérêt dans la société d’aujourd’hui, suivi d’une étude historique et contemporaine de l’intérêt. Partie deux : coup d’œil sur certains textes tirés du Coran et de la sounnah, qui mettent sévèrement en garde contre l’intérêt.
par Jamaal al-Din Zarabozo (© 2011 IslamReligion.com)
Publié le 14 Feb 2011 - Dernière mise à jour le 14 Feb 2011
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> L'économie
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Les textes islamiques sur l’intérêt
Lorsqu’on lit les textes islamiques qui
traitent de l’intérêt, on est tout de suite frappé par la sévérité des mises en
garde contre cette forme de transaction financière. L’islam interdit un
certain nombre d’actes immoraux comme la fornication, l’adultère,
l’homosexualité, la consommation d’alcool et le meurtre. Mais le nombre de
discussions et la sévérité des mises en garde pour ces actes ne sont rien
comparativement à celles relatives à l’intérêt. Une telle constatation a
d’ailleurs poussé Sayyid Qutb à écrire : « Aucun autre acte n’a été
dénoncé et condamné, dans le Coran, aussi rigoureusement que l’intérêt. »
Dans le Coran, par exemple, on retrouve
les versets suivants, au sujet de l’intérêt:
« Ô vous qui croyez! Ne dévorez pas
d’intérêts usuraires en multipliant (la somme prêtée). Craignez Dieu; peut-être
réussirez-vous. Et craignez le Feu préparé pour les mécréants. » (Coran
3:130-131)
Cette mise en garde sévère servie aux
croyants laisse entrevoir une conséquence terrible : être jeté dans le feu
de l’Enfer, préparé pour les mécréants.
Dans le Coran, Dieu dit également :
« Ceux qui vivent de l’intérêt usuraire
seront ressuscités (au Jour dernier) comme des gens que le toucher de Satan a
rendus déments. Cela parce qu’ils disent : « Le commerce est comme
l’intérêt », alors que Dieu a permis le commerce mais interdit l’intérêt
usuraire. Celui qui, ayant reçu une exhortation de son Seigneur, cessera (par
obéissance) pourra conserver (les profits) qu’il a acquis par le passé; et son
affaire, dorénavant, est entre les mains de Dieu. Quant à celui qui
récidivera… les voilà les gens du Feu, dans lequel ils demeureront
éternellement. Dieu réduira à néant l’intérêt usuraire et fera fructifier les
aumônes. Et Dieu n’aime pas le pécheur qui se complaît dans
l’infidélité. » (Coran 2:275-276)
Plusieurs points sont à souligner, dans
ces versets. Commentant la première partie du verset ci-dessus, Maudoodi a
écrit :
Tout comme une personne folle, non retenue par
la raison, a recours à toutes sortes d’actes immodérés, de même celui qui prend
de l’intérêt. Il se livre entièrement à sa passion pour l’argent, comme s’il
était fou. Peu lui importe que l’intérêt tue les fondements même de l’amour
entre les hommes, de la fraternité et de la sympathie pour autrui, qu’il sape
le bien-être et le bonheur de la société dans son ensemble ou que son
enrichissement se fasse au détriment du bien-être d’autrui. Tel est l’état de
sa folie en ce monde. Et comme chacun ressuscitera, dans l’au-delà, dans le
même état où il était au moment de sa mort, il sera ressuscité en tant que
dément.
Par ailleurs, il ressort clairement de ces
versets qu’il y a une différence entre les transactions financières légitimes
et l’intérêt. Cette différence est si évidente que le Coran ne prend même pas
la peine de l’expliquer. Ensuite, il est clairement mentionné que « Dieu réduira à néant l’intérêt
usuraire et fera fructifier les aumônes ». Il s’agit là d’une des lois de Dieu, que les
hommes ne comprennent pas toujours. Car les effets négatifs ultimes de
l’intérêt usuraire sur les individus, la société et l’humanité, à la fois dans
cette vie et dans l’au-delà, ne sont connus que de Dieu. Nous verrons tout de
même, plus loin, quelques-uns de ces effets négatifs confirmant la vérité de
ces versets. Pour souligner la signification de ces versets, le Prophète (que
la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit :
« L’intérêt – même s’il est d’un montant important – finira par ne
rapporter qu’une somme médiocre. »
Il ne fait aucun doute que, dans
l’au-delà, lorsque les hommes rencontreront leur Seigneur, tout ce qu’ils
auront amassé par de tels moyens illégaux sera la source de leur propre
destruction.
Peu après les versets cités ci-dessus,
Dieu ajoute :
« Ô vous qui croyez! Craignez Dieu et
laissez tomber ce qui vous est dû de l’intérêt usuraire, si vous êtes
(vraiment) croyants. Si vous ne le faites pas, soyez avertis d’une guerre que
vous déclareront Dieu et Son messager. Mais si vous vous repentez, il vous
restera vos capitaux (sans intérêts). Ne lésez personne et vous ne serez point
lésés. » (Coran 2:278-279)
Quelle personne saine d’esprit irait
s’exposer de son plein gré à une déclaration de guerre de la part de Dieu et de
Son messager? Car on ne peut imaginer de pire menace que celle-là. À la fin
du verset, Dieu nous fait comprendre pourquoi l’intérêt est interdit : il
s’agit d’un moyen par lequel les gens se causent du tort les uns aux autres.
Le terme arabe utilisé dans le verset est dhoulm, qui signifie une
personne qui en lèse une autre ou qui l’opprime, ou une personne qui cause du
tort à son âme. Ce verset démontre que l’interdiction de l’intérêt n’est pas
qu’une simple règle décidée par Dieu sans aucune raison logique. L’intérêt est
bel et bien nuisible et c’est pourquoi il a été interdit.
De son côté, le prophète Mohammed (que la
paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a fait plusieurs déclarations
au sujet de l’intérêt. Dans la déclaration suivante, il exprime clairement la
gravité d’un tel péché :
« Évitez les sept péchés qui
poussent l’homme à sa destruction : attribuer des associés à Dieu,
pratiquer la sorcellerie, tuer une personne que Dieu a interdit de tuer – sauf
lorsque permis par la loi – faire affaire avec les intérêts, dévorer les biens
de l’orphelin, fuir lorsque deux armées se rencontrent et calomnier des
croyantes chastes et innocentes. » (al-Boukhari et Mouslim)
Ces deux autres déclarations du Prophète
(que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) devraient suffire à
convaincre tout individu craignant Dieu de se tenir éloigné de l’intérêt sous
toutes ses formes. Le Prophète, donc, a dit :
« [L’équivalent] d’une seule
pièce [d’argent] en intérêt sciemment consommé par une personne est pire, aux
yeux de Dieu, que trente-six relations sexuelles illicites. » (at-Tabarani
et al-Hakim)
Jaabir a rapporté que le messager de
Dieu (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a maudit celui
qui reçoit de l’intérêt, celui qui paie de l’intérêt, ceux qui sont témoins [du
contrat à intérêts] et ceux qui mettent [ce contrat] par écrit. Puis, il a
ajouté : « Ils sont tous pareils. » (Mouslim)
C’est un principe de base, en islam :
si une chose est interdite, le musulman ne doit y participer ni l’appuyer
d’aucune façon. Comme l’intérêt est interdit, il est également interdit de
servir de témoin pour de tels contrats, de les mettre par écrit, etc. Le Prophète
a également dit très clairement qu’il n’y a aucune différence entre celui qui
paie de l’intérêt et celui qui en reçoit. Cela parce qu’ils sont tous deux
impliqués dans un acte méprisable et qu’ils sont donc, par conséquent, tous
deux coupables.
Le prophète Mohammed (que la paix et les
bénédictions de Dieu soient sur lui) a également dit :
« Si les relations sexuelles
illicites et l’intérêt deviennent ouvertement répandus dans une cité, les gens
qui s’y trouvent se sont eux-mêmes exposés au châtiment de Dieu. » (at-Tabarani,
al-Hakim)
Cette affirmation fait référence à l’une
des « lois sociétales » de Dieu. En effet, Son châtiment peut
prendre diverses formes, en ce monde comme dans l’au-delà.
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L’intérêt et son rôle au sein de l’économie et de la vie en général (partie 3 de 8) : La religion et les premiers penseurs
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Description: L’intérêt et l’usure dans la Bible (judaïsme et christianisme) et selon les premiers penseurs.
par Jamaal al-Din Zarabozo (© 2011 IslamReligion.com)
Publié le 21 Feb 2011 - Dernière mise à jour le 21 Feb 2011
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> L'économie
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Évidemment, l’islam n’est pas la seule
religion qui ait banni l’intérêt et qui le considère comme méprisable. L’interdiction
de l’intérêt – du moins jusqu’à un certain point – est une loi bien connue à la
fois dans l’Ancien et le Nouveau Testament de la Bible. Plusieurs passages de
l’Ancien Testament font référence à l’usure ou à l’intérêt. (Encore une fois,
les termes « usure » et « intérêt » avaient la même
signification, à l’époque, et ce n’est qu’avec le temps que le terme « usure »
a fini par faire référence à un montant d’intérêt exorbitant ou illégal. Tel
que nous le verrons plus loin, l’American Standard Version de la Bible
utilise le terme « intérêt » là où la King James Version
utilise le terme « usure ».)
Le Deutéronome 23:20-21 se lit comme
suit :
« 20 Lorsque tu prêteras de l'argent, des vivres ou toute autre
chose à un compatriote, vous n'exigerez pas d'intérêt de sa part.
21 Vous
pouvez exiger des intérêts lorsque vous faites un prêt à un étranger, mais vous
ne prêterez pas à intérêt à vos compatriotes. Alors l'Eternel votre Dieu vous
bénira dans tout ce que vous entreprendrez dans le pays où vous allez entrer
pour en prendre possession. »
De même, on peut lire ce qui suit dans
Exode 22:24 :
« 24 Si tu
prêtes de l'argent à un membre de mon peuple, à un pauvre qui est avec toi, tu
n'agiras pas envers lui comme un usurier, tu n'en exigeras pas d'intérêts. »
Le Lévitique 25:37 se lit, quant à lui,
comme suit :
« 37 Si tu lui prêtes
de l'argent, tu n'en exigeras pas d'intérêt et si tu lui donnes de tes vivres,
tu n'en tireras pas de profit. »
Dans Jérémie 15 :10, le prophète se
plaint d’être maudit alors qu’il n’a jamais rien fait de mal comme prendre de
l’intérêt, laissant ainsi entendre qu’une malédiction contre lui serait
appropriée s’il était de ceux qui prennent de l’intérêt. Le verset sur
l’intérêt qui est probablement le plus sévère, dans la Bible, est Ézéchiel
18:13 :
« 13 Ou encore, il prête à un taux usuraire et retient des
intérêts. Ce fils-là vivrait-il? Non, vous dis-je, il ne vivra pas. Puisqu'il a
commis toutes ces choses abominables, il mourra et il sera seul responsable de
sa mort. »
En plus des versets susmentionnés, il en
existe plusieurs autres interdisant l’intérêt. L’Easton’s Bible Dictionary résume ainsi la loi de Moïse sur l’intérêt :
Selon la loi de Moïse, quand un Israélite
avait besoin d’emprunter, il demandait à ce que le prêt lui soit fait
gratuitement, c’est-à-dire sans que des intérêts lui soient chargés.
Cependant, des intérêts pouvaient être perçus d’un étranger (Exode 22:25; Deutéronome
23:19,20; Lévitique 25:35-38). Au bout de sept ans,
toute dette était oubliée, mais son remboursement pouvait être exigé s’il
s’agissait d’un étranger. À une époque ultérieure de la communauté hébraïque,
lorsque le commerce augmenta, la pratique d’exiger des intérêts sur les prêts
augmenta de même, tout comme celle des cautionnements, au sens commercial. Mais
le fait d’en exiger le remboursement à un Hébreu était considéré comme
déshonorant (Psaumes 15:5; Proverbes 6:1,4; 11:15; 17:18;
20:16;
27:13;
Jérémie
15:10).
Malheureusement, comme c’est souvent le
cas pour les questions pratiques, le Nouveau Testament demeure relativement
vague au sujet de l’intérêt. Selon l’Encyclopedia of Religion and Ethics,
« il n’existe pas de préceptes clairs [sur l’intérêt] pour guider la
conscience chrétienne. »
Cependant, dans les enseignements
attribués à Jésus, dans le Nouveau Testament, certains passages semblent prendre
clairement position contre l’intérêt. Dans l’un de ces passages, on rapporte
que Jésus aurait dit :
« Vous,
au contraire, aimez vos ennemis, faites-leur du bien et prêtez sans espoir de
retour. Alors votre récompense sera grande, vous serez les fils du Très-Haut,
parce qu'il est lui-même bon pour les ingrats et les méchants. » (Luc
6:35)
En fait, ce que dit ce passage, aux
chrétiens, c’est de prêter de l’argent sans espérer récupérer le montant
prêté. Cela fait peut-être partie de ce que l’on appelle les « paroles
dures » de Jésus et il est bien connu que les spécialistes de la Bible ne
s’entendent pas sur l’interprétation et l’application de tels passages.
Dans Matthieu 25:14-28, il y a une longue
parabole dans laquelle un homme donne diverses sommes d’argent (appelées
« lingots ») à différents serviteurs. Certains l’investissent et lui
ramènent plus que ce qu’il leur avait donné. Mais la personne à qui il ne
donne qu’un lingot est ainsi décrite dans le verset 18 :
« Quant à celui qui n'en avait
reçu qu'un, il s'en alla creuser un trou dans la terre pour y cacher l'argent
de son maître. »
Lorsque le maître de
ces serviteurs les rappelle, plus tard, et leur demande ce qu’ils ont fait de
l’argent, celui qui n’avait reçu qu’un lingot répond :
24 «Maître, je savais que tu es un homme dur: tu
moissonnes là où tu n'as rien semé, tu récoltes où tu n'as pas répandu de
semence. 25 Alors, j'ai pris peur et je suis allé cacher ton argent
dans la terre. Voilà: prends ce qui t'appartient.» (Matthieu
25:24-25).
Alors son maître
réplique durement :
26 «Vaurien! Fainéant! Tu savais que je moissonne là où je
n'ai rien semé et que je récolte là où je n'ai pas répandu de semence?! 27
Eh bien, tu aurais dû placer mon argent chez les banquiers et, à mon retour,
j'aurais récupéré le capital et les intérêts. 28 Qu'on lui retire
donc le lingot et qu'on le donne à celui qui en a déjà dix.» (Matthieu
25:26-28).
Commentant ce passage,
la Geneva Study Bible écrit :
Les banquiers qui installent leurs tables ou
leurs échoppes à l’étranger, où ils prêtent de l’argent à intérêt. L’usure ou
le prêt à intérêt est strictement interdit par la Bible (Exode 22:25-27; Deutéronome
23:19-20). Même à un taux aussi bas que un pourcent, l’intérêt est
interdit (Néhémie
5:11). Ce serviteur mentit à deux reprises. D’abord, il affirma
que son maître était dur et austère. C’est un mensonge, car le Seigneur est
miséricordieux et compatissant. Ensuite, il traita son maître de voleur car il
récoltait là où il n’avait pas répandu de semence. Son maître lui demanda
alors, avec sarcasme, pourquoi il n’avait pas ajouté l’insulte à l’injure en
prêtant l’argent à intérêt, de sorte qu’il aurait pu aussi accuser son maître
de tremper dans l’usure. Si le serviteur avait fait cela, son maître aurait
été tenu responsable des actions de ce dernier et coupable d’usure.
Sur la base des
Ancien et Nouveau testaments, les premiers conciles de l’Église interdirent
l’intérêt. Et, avec le temps, il fut interdit à tous les chrétiens, et non
seulement au clergé, de faire affaire avec des intérêts. Des pères chrétiens,
tels Saint-Thomas d’Aquin, traitèrent de la question de l’intérêt en détail. Le Décret de Gratien
comme, plus tard, le Troisième concile du Latran (1179), ordonna que « les
usuriers ne soient pas admis à la communion et ne soient pas enterrés selon les
rites chrétiens s’ils meurent en état de péché. »
Le Quatrième concile du Latran (1215) condamna l’usure, mais la permit pour les
juifs. Les catholiques continuèrent de s’y opposer fermement jusqu’au 19e
siècle. Martin Luther, leader protestant du 16e siècle, condamna
lui aussi l’usure, mais on prétend qu’il la permit en prétextant la faiblesse
humaine. Parmi les leaders chrétiens, Jean Calvin fut plus que tout autre le
précurseur d’une vision plus souple sur l’intérêt. Petit à petit, la
législation civile se libéra du droit canon et l’intérêt devint de plus en plus
institutionnalisé.
Il n’y a pas que les penseurs
judéo-chrétiens qui condamnèrent l’intérêt. Même les philosophes grecs le
voyaient d’un œil négatif. Aristote, de même que d’autres grands philosophes
grecs, le condamnèrent fermement. L’économiste autrichien Eugen bon Böhm bon
Bawerk (également connu sous le nom de Boehm-Bawerk) écrit, dans son important
ouvrage intitulé Capital and Interest :
L’hostilité du monde antique s’exprima de
maintes façons, dont un certain nombre de lois interdisant de prendre de
l’intérêt et les paroles parfois fortuites de philosophes tels que Platon,
Aristote, les deux Caton, Cicéron et Sénèque, entre autres. Les philosophes
grecs ne percevaient l’argent que comme un moyen d’échange et s’opposaient à la
productivité des prêts monétaires. Une pièce de monnaie ne peut en engendrer
une autre, telle était la doctrine d’Aristote. Sa conclusion évidente était
que l’intérêt était profondément injuste.
Au départ, l’Empire romain avait lui aussi
interdit de charger de l’intérêt. Avec la montée des classes commerciales, cet
interdit s’assouplit quelque peu, bien qu’il y eut toujours de sévères
restrictions sur les prêts à intérêt, de même que des lois pour protéger les
débiteurs.
Shylock, le personnage créé par
Shakespeare, dans le Marchand de Venise (pièce rédigée peu avant 1600),
démontre à quel point les prêteurs à intérêt étaient méprisés. La question qui
nous monte évidemment aux lèvres est comment l’intérêt est-il passé de chose
méprisable et interdite à une pratique socialement acceptée et institutionnalisée?
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L’intérêt et son rôle au sein de l’économie et de la vie en général (partie 4 de 8) : De l’interdiction à la justification
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Description: Comment une chose aussi méprisée que l’intérêt peut-elle être justifiée, et même devenir une norme en étant institutionnalisée .
par Jamaal al-Din Zarabozo (© 2011 IslamReligion.com)
Publié le 21 Feb 2011 - Dernière mise à jour le 21 Feb 2011
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> Le système d'ordre dans l'islam
> L'économie
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Avec le temps, on finit par considérer que
l’interdiction de l’intérêt n’était rien d’autre qu’un dogme religieux qui
devait être aboli. On ne pouvait plus laisser la religion mener l’économie.
C’est en tout cas le sentiment exprimé, entre autres, par le célèbre économiste
Richard Tawney, lorsqu’il dit : « C’est toute la pensée médiévale qui
cherchait à inclure les affaires économiques dans une hiérarchie de valeurs
englobant tous les intérêts et toutes les activités, dont le sommet était la
religion. » Mais
il semble, cependant, que le changement d’attitude et de perception qui
s’imposa petit à petit n’était pas fondé uniquement sur des raisons
économiques. Lawrence Dennis écrit :
Aristote, les canonistes catholiques romains,
la Torah juive... ont tous interdit les prêts à intérêt et dénoncé l’intérêt
comme équivalent à l’usure. Le prêt à intérêt a connu un essor lors de
l’époque médiévale, d’abord et avant tout pour accommoder des princes qui
avaient besoin d’argent pour les guerres et autres projets publics, et qui
n’arrivaient pas à collecter suffisamment de fonds. Contrairement à une idée
reçue, le système de prêts ne fut pas développé, à l’origine, pour financer le
commerce. Les Vénitiens, les Allemands, les Britanniques et la Ligue
Hanséatique finançaient leurs opérations, jusqu’au 17e siècle, avec
les dotations en capital de leurs partenaires.
Plus loin, Dennis écrit :
Les canonistes catholiques ne s’opposèrent pas
aux profits sur les opérations commerciales, à la location de terres ou aux
ventes des produits de la terre. Mais ils s’opposèrent aux intérêts perçus sur
les prêts monétaires. Durant la Réforme, l’intérêt fut justifié par les
protestants pour échapper aux objections des canonistes. L’Église catholique
ne changea jamais d’avis sur l’usure, mais elle toléra les prêts sur la base de
certaines suppositions. Ce consentement moral, par l’Église catholique, et
l’approbation par les commerçants calvinistes finirent par être incorporés dans
la loi, dans la pensée et dans le comportement des sociétés modernes.
Les justifications auxquelles Dennis fait
référence se trouvent dans plusieurs commentaires de la Bible. Même si les
textes de l’Ancien Testament condamnent clairement l’intérêt, cela n’a pas
empêché certains érudits, plus tard, d’ignorer ou de déformer le sens de cette
interdiction.
Par exemple, le Henry’s Concise Commentary commente ainsi le Lévitique 25:37 :
Jusqu’ici, nous devons nous conformer à cette
loi; mais on ne peut nous l’imposer lorsque l’argent est emprunté pour acheter
des terres, pour faire du commerce ou pour d’autres projets majeurs; car dans
ces cas, il est raisonnable que le prêteur partage les profits de celui qui
emprunte. Cette loi a clairement été prévue pour les pauvres, à qui prêter
sans intérêt est un acte de grande charité.
D’emblée, cette
explication est réfutable, car l’intérêt n’a jamais été un système dans lequel
le prêteur partage les profits avec l’emprunteur. Si tel était le cas, bien
des maux associés à l’intérêt n’existeraient pas. De même, le commentaire
biblique de Jameison-Fausset-Brown affirme :
« L’usure est sévèrement condamnée [dans
la Bible] (Psaumes 15:5, Ézéchiel 18:8,17), mais on ne doit pas
considérer cette interdiction comme applicable à la pratique moderne du
commerce, où l’on emprunte et prête à des taux d’intérêt jugés légaux. »
Comment cet acte
est-il passé de « sévèrement condamné » à « impossible à
appliquer à la pratique moderne du commerce »? Aucune preuve ni aucune
logique n’explique un tel bond dans le raisonnement. De même, dans leur
commentaire du Deutéronome 23:19-20, Jameison-Fausset-Brown écrivent :
« Lorsque vous prêterez de l'argent, des vivres ou
toute autre chose à un compatriote, vous n'exigerez pas d'intérêt de sa part. » Les Israélites vivaient dans une société
relativement simple et étaient encouragés à se prêter de l’argent, entre eux,
de manière amicale et sans espérer de gain en retour. Mais la situation était
différente avec les étrangers qui, impliqués dans des affaires commerciales,
empruntaient pour augmenter leur capital. Il était donc raisonnable d’attendre
d’eux qu’ils paient des intérêts sur les prêts qui leur étaient
consentis. »
Encore une fois, ils n’apportent aucune
preuve pour étayer leur explication. (Ils semblent toutefois laisser entendre
que les textes sacrés manquent de clarté et ne sont pas formulés
correctement. ) En fait, même un célèbre économiste a cherché à expliquer
certains passages bibliques. Paul Samuelson écrit, dans son manuel bien connu
sur l’économie : « Les passages bibliques s’opposant aux intérêts et
à l’usure font clairement référence aux prêts consentis pour la
consommation plutôt qu’aux prêts destinés à l’investissement. »
Avec la disparition des objections
« scolastiques », le rôle de justifier le paiement d’intérêts fut
repris par la science naissante de l’économie. Mais cela s’avéra beaucoup plus
difficile que prévu. Haberler avait certainement raison lorsqu’il
affirma :
La théorie de l’intérêt a longtemps été le
point faible de l’économie. Et l’explication et la détermination des taux
d’intérêt continue de faire naître plus de désaccords entre les économistes que
toute autre branche de l’économie en général.
En réalité, parmi les économistes,
« il n’y a pas une seule théorie de l’intérêt généralement acceptée qui
soit en mesure de fournir une explication claire sur l’origine de
l’intérêt. »
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L’intérêt et son rôle au sein de l’économie et de la vie en général (partie 5 de 8) : Explications et théories
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Description: Les penseurs du passé ont tenté d’expliquer de diverses façons la permissivité par rapport à l’intérêt.
par Jamaal al-Din Zarabozo (© 2011 IslamReligion.com)
Publié le 28 Feb 2011 - Dernière mise à jour le 28 Feb 2011
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Le nombre important d’opinions et
d’arguments divers cherchant à expliquer la permissivité par rapport à
l’intérêt et à justifier ce dernier – de même que les critiques de ces opinions
par des économistes connus et respectés
– devrait être le signe, pour quiconque ouvre les yeux, qu’il y a quelque chose
qui cloche. Dans l’histoire de la pensée économique, on retrouve, entre
autres, les théories suivantes pour justifier l’intérêt :
(1) Les théories « sans
couleur » (comme les appelle Boehm-Bawerk) : elles furent mises de l’avant
par Adam Smith, Ricardo et d’autres économistes de la première heure. Ces
théories contiennent plusieurs failles, comme le fait de confondre l’intérêt
avec le bénéfice brut sur le capital. De plus, Ricardo fait remonter l’origine
de toute la valeur du capital au travail, mais oublie de souligner que jamais ce
ne fut le travail qui reçut de paiement pour cette valeur.
(2) Les théories de
l’abstinence : ces théories sont apparues à intervalles réguliers. Les
économistes comprirent qu’« abstinence » n’est peut-être pas le
meilleur terme à utiliser et l’on souvent remplacé par d’autres termes, dont
« attente ». Essentiellement, l’intérêt serait le salaire reçu pour
avoir « attendu » ou s’être « abstenu » de consommer
immédiatement. Cette théorie ne tient pas la route car elle semble dire que
les économies ne seraient qu’une fonction de l’intérêt, ce qui est évidemment
faux.
(3) Les théories de la
productivité : les partisans de cette théorie voient la productivité comme
inhérente au capital et l’intérêt comme le simple paiement pour cette
productivité. Cette théorie, telle qu’avancée par Say, présume que le capital produit
une plus-value, mais il n’existe aucune preuve pour étayer cette affirmation.
Tout au plus peut-on concéder qu’une certaine valeur a été créée, qui est un
paiement sur capital, mais nul ne peut démontrer qu’une valeur additionnelle a
été créée, idée qu’ils utilisent pour justifier l’intérêt. Évidemment, ces
théories font totalement abstraction des facteurs monétaires.
(4) Les théories de
l’utilisation : « Boehm rejette la validité de l’hypothèse selon
laquelle il y aurait, parallèlement à chaque bien de production, une
« utilisation » qui serait un bien économique indépendant possédant
une valeur indépendante. Il souligne également que « en premier lieu, une
utilisation indépendante du capital, cela n’existe tout simplement pas. Par
conséquent, elle ne peut avoir de valeur indépendante ni faire naître de
surplus. Prétendre qu’une telle utilisation existe revient à créer une fiction
injustifiable qui va à l’encontre de tous les faits. »
(5) Les théories de la
rémunération : les économistes qui croient à ces théories voient l’intérêt
comme une rémunération pour un « travail accompli » par le
capitaliste. Soutenue par des économistes anglais, français et allemands,
cette façon de voir se passe probablement de commentaire.
(6) Les théories éclectiques (fusion
de théories antérieures, telles celles de la productivité et de l’abstinence).
Afzal-our-Rahman écrit :
Ce mode de pensée révèle un symptôme
d’insatisfaction par rapport à la doctrine de l’intérêt telle que présentée et
discutée par les économistes passés et présents. Et, comme il n’y a aucune
théorie, sur le sujet, qui soit considérée comme satisfaisante, les gens ont
tenté de trouver une combinaison d’éléments tirés de diverses théories afin
d’arriver à une solution acceptable au problème.
(7) La théorie moderne de la
fructification : c’est Henry George qui développa cette théorie, mais elle
n’eut jamais suffisamment d’impact pour que quiconque s’en fasse le défenseur.
(8) Théorie de l’abstinence
revue : une autre théorie unique, proposée par Schellwien, qui n’eut aucun
impact.
(9) La théorie autrichienne
(l’Agio, ou théorie du temps) : c’est celle que Boehm-Bawerk lui-même
appuie. Selon cette théorie, l’intérêt naît « d’une différence de valeur
entre les biens présents et les biens futurs ». Cassel a critiqué cette
théorie en détail, qui se résume à être une théorie fantaisiste de « l’attente ».
(10) Les théories monétaires
(celles des fonds empruntables, de la préférence pour la liquidité, la théorie
du flux-stock, l’approche de la préférence pour les actifs) : Plus
récemment, des économistes ont tenté de souligner l’influence de certains
facteurs monétaires sur l’intérêt. Mais en réalité, ils font subtilement
passer la question de « pourquoi de l’intérêt doit-il être payé » à
« quel devrait être le taux en vigueur ». « Selon Robertson,
dans la théorie de la préférence pour la liquidité, l’intérêt est réduit à une
simple prime de risque contre les fluctuations incertaines. Cela laisse
l’intérêt en suspens, comme dans un vide, où il n’y a de l’intérêt que parce
qu’il y a de l’intérêt. »
Des critiques similaires ont été faites au sujet des autres théories de ce
groupe.
(11) La théorie de
l’exploitation : Les économistes socialistes ont toujours considéré l’intérêt
comme rien d’autre que de l’exploitation. Rappelons-nous que les pères
fondateurs de la théorie capitaliste, Adam Smith et Ricardo, croyaient que la
source de toute valeur de capital n’est autre que le labeur. Si cela est vrai,
alors tous les paiements devraient être faits au labeur et l’intérêt n’est rien
d’autre que de l’exploitation.
Afzar-our-Rahman apporte d’excellentes
conclusions sur ces différentes théories de l’intérêt. Il écrit :
Une étude critique du développement historique du phénomène de
l’intérêt a démontré que l’intérêt est payé à un facteur de production
indépendant, appelé soit « attente », « renvoi à plus tard »,
« abstinence », « utilisation », etc. Mais toutes ces
théories ont échoué à répondre à la question à savoir pourquoi on doit payer de
l’intérêt ou à démontrer la pertinence d’un tel système. Certains parlent de
la nécessité d’attendre ; d’autres de la nécessité de l’abstinence ou du renvoi
à plus tard; mais aucune de ces tentatives d’explication ne répond à la
question. Ni la nécessité d’attendre ni le renvoi à plus tard ni l’abstinence,
pas plus que l’utilisation ou la productivité du capital ne suffisent à
démontrer que l’intérêt est un paiement nécessaire pour l’utilisation du
capital dans la production. De plus, ces théories n’expliquent pas non plus de
quelle façon un facteur variable peut déterminer un facteur fixe comme le taux
d’intérêt. Comment une telle théorie peut-elle être considérée comme valide ou
défendable?
Il écrit également :
Les théories monétaires, comme les théories de productivité
marginale, n’ont aucunement tenté de répondre à la question : pourquoi
devrait-on payer de l’intérêt? Ou pourquoi les gens paient-ils de l’intérêt?
Elles ont toutes ignoré cette question et se sont réfugiées dans la théorie de
la valeur. Elles avancent que, comme pour le reste, le coût du capital est
déterminé par la demande et les réserves d’argent. Mais elles semblent oublier
la différence essentielle entre les deux problèmes : la théorie de la
valeur est un problème d’échange, tandis que la théorie de l’intérêt est une
problème de distribution. Les théories des fonds empruntables et de la
préférence pour la liquidité sont des théories de réserves et de demande et
elles s’expliquent avec des références aux réserves de fonds empruntables et
aux demandes d’argent. Mais elles n’apportent aucune justification à
l’intérêt. Même si le capital a droit à une compensation pour sa contribution
à la création de richesse, « il ne peut tirer sa part de l’augmentation de
la richesse nationale qu’à un degré ne dépassant pas sa contribution. »
Il ne lui est pas permis de partir avec son dû, déterminé d’avance
et sans lien avec la réalité de la production. » Selon Boehm Bawerk, l’étude de
toutes ces théories « montre le développement de trois types de
compréhensions essentiellement divergentes du problème de l’intérêt. » Un
groupe, représentant la théorie de la productivité, traite le problème de
l’intérêt comme un problème de production. Les défenseurs socialistes des
théories de l’exploitation traitent le problème de l’intérêt comme un simple
problème de distribution. Enfin, le troisième groupe, composé des défenseurs
des théories monétaires, voit dans la théorie de l’intérêt un problème de
valeur. Il ne fait aucun doute que tous ces théoriciens, ayant été aveuglés
par la magnanimité et l’omniprésence du phénomène de l’intérêt, ont évité de se
risquer à répondre à la question – à savoir pourquoi doit-on payer de
l’intérêt? Ils ont dépensé toute leur énergie à parler soit de l’attente, soit
de l’abstinence, ou encore de la productivité, de la valeur du travail ou de la
détermination de la valeur, mais ils n’ont pas dit un mot sur l’origine ou la
raison d’être de l’institution de l’intérêt.
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L’intérêt et son rôle au sein de l’économie et de la vie en général (partie 6 de 8) : Les maux liés à l’intérêt I
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Description: Les différentes façons par lesquelles l’intérêt a nui à la société.
par Jamaal al-Din Zarabozo (© 2011 IslamReligion.com)
Publié le 28 Feb 2011 - Dernière mise à jour le 28 Feb 2011
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Les maux liés à l’intérêt
Les économistes peuvent bien tenter de
justifier l’intérêt de mille et une façons, le véritable test consiste à étudier
les effets de l’intérêt. Il est important de souligner que lorsqu’une chose
est interdite par Dieu, cela ne signifie pas qu’il n’y a absolument rien de bon
dans cette chose. En effet, il est possible de trouver certains bénéfices aux
choses interdites. Par exemple, dans le Coran, Dieu parle ainsi de l’alcool :
« Ils t’interrogent sur les boissons alcoolisées et les jeux de hasard.
Dis : « Dans les deux, il y a un grand péché et quelques avantages
pour les gens ; mais dans les deux, le péché est plus grand que le profit
qu’on en tire. » (Coran 2:219)
Donc, le point essentiel n’est pas de
déterminer s’il se trouve quelque bienfait dans une chose, mais plutôt si le
mal qui lui est associé l’emporte sur son ou ses bienfaits. Par conséquent,
même si les économistes justifient l’intérêt par quelque bienfait, ce bienfait
ne sera jamais plus important que les torts causés par l’intérêt, ce dont nous
discuterons ci-dessous.
Même si l’intérêt est considéré comme
une forme de paiement à un facteur de production, il possède certaines
caractéristiques uniques qui le distinguent des paiements versés à tous les
autres facteurs de production. De par sa nature unique, il mène à des
résultats parfois troublants.
Premièrement, l’intérêt entraîne une
distribution inéquitable de revenus. Prenons pour exemple trois personnes.
Supposons que ces trois personnes dépensent tout leur salaire dans une année,
mais que la première commence l’année avec 1000$ d’économies, la deuxième avec
100$ d’économies et la troisième sans économies. À un taux d’intérêt de 10%
par an, à la fin de l’année, la première personne possédera 1100$, la deuxième
110$, et la troisième n’aura toujours pas d’économies. Si le même scénario se
poursuit l’année suivante, la première personne aura alors 1210$, la deuxième
121$ et la troisième n’aura toujours rien. On comprend déjà comment se fait la
distribution, entre eux, année après année. Et si la plus riche des trois
personnes arrive à rajouter de l’argent à ses économies, par exemple mille
dollars à la fin de chaque année, cette iniquité grandira encore plus. Cette personne
aura 1100$ à la fin de la première année, ajoutera 1000$, toujours à 10% d’intérêt,
et récoltera 2310$ à la fin de la deuxième année, etc. Ce serait une chose si
cet argent provenait d’un facteur de production positif; mais en réalité, on ne
peut avancer cet argument, dans ce cas-ci. L’argent que les gens font à
travers l’intérêt a peut-être été mal utilisé, perdu ou même volé par les gens
qui l’ont emprunté, mais l’intérêt doit tout de même être payé. Il a peut-être
été investi dans un mauvais projet et ne produit donc rien du tout. Mais tout
cela importe peu dans la mesure où l’intérêt doit être payé de toute façon, que
le « facteur de production » ait produit quelque chose ou non. Et cela
n’est qu’une seule des caractéristiques uniques de l’argent et des paiements à
l’argent. Personne ne peut prétendre qu’une telle chose soit juste, car il
n’en résulte qu’une distribution d’argent inéquitable.
De plus, la distribution de revenus
devient de plus en plus biaisée avec le temps. Pensons aux individus qui
investissent des millions, tandis que d’autres n’investissent que des milliers
ou des centaines. La disparité entre leurs revenus d’intérêts sera importante
et l’écart grandira chaque année. En d’autres termes, cela mènera à une
situation où le riche continuera de s’enrichir, tandis que le pauvre restera
pauvre. Soulignons que ceux qui sont endettés et qui paient des intérêts
augmentant chaque année n’ont pas été inclus dans cette équation. Dans leur
cas, comme les intérêts continuent d’augmenter, une part de plus en plus élevée
de leur salaire est dévorée par l’intérêt, creusant l’écart dans la
distribution de revenus.
Certains
demanderont si une distribution de revenus inéquitable devrait être considérée
comme un problème majeur. Mis à part les effets psychologiques sur les
pauvres, qui subissent les campagnes publicitaires mettant l’accent sur le
confort matériel et la nécessité de consommer, cela a bel et bien des effets
sur l’ensemble du marché. Dans une économie de marché, la production s’adresse
tout particulièrement à ceux qui ont de l’argent, indépendamment du fait que
les biens achetés soient nécessaires ou non à la société. Si les riches
exigent et désirent payer plus pour des véhicules utilitaires sportifs et
autres véhicules énergivores, ceux-ci seront produits et ce, malgré les
protestations des défenseurs de l’environnement. Et, au fur et à mesure que la
distribution des revenus devient de plus en plus biaisée, de plus en plus de
ressources sont consacrées aux demandes des classes supérieures. Comme les
ressources sont en quelque sorte « fixes », cela signifie que de
moins en moins seront consacrées aux besoins des classes plus pauvres. De
plus, les ressources moindres consacrées aux biens consommés par les pauvres
réduisent les stocks et font augmenter les prix de ces biens, aggravant la
situation économique des pauvres. Par exemple, il existe de nombreuses
cliniques médicales destinées aux riches (qui peuvent se permettre les
traitements offerts), même si elles sont loin d’être nécessaires (comme les
cliniques de chirurgie esthétique, entre autres). Parallèlement, le pauvre
arrive difficilement à trouver une clinique pouvant prendre soin de lui et
répondant à ses besoins de base. S’il avait les moyens de payer plus pour ces
services essentiels, dans une économie de marché, il y aurait plus de cliniques
de ce genre, plus de ressources consacrées aux services essentiels et des prix
moins élevés, à plus ou moins moyen terme. (De plus, cette distribution
biaisée a des effets non négligeables sur la santé de la démocratie. Mais tel
n’est pas le sujet du présent article.)
Par ailleurs, le fardeau de l’intérêt,
sur les pauvres qui se retrouvent endettés, les place dans une situation où ils
ne peuvent plus avancer, socialement et économiquement, creusant, encore une
fois, l’écart entre les riches et les pauvres. L’endettement est en lui-même
une situation difficile à vivre pour tout individu. Et l’intérêt dû sur les
dettes fait de celles-ci une cible en constant mouvement dont l’individu
n’arrive tout simplement pas à suivre le rythme. Encore une fois, il s’agit
d’un faux facteur de production, qui n’existe que pour permettre aux riches de
s’enrichir davantage tout en plaçant un insupportable fardeau sur les pauvres
qui sont endettés. Les lecteurs savent tous à quel point les États-Unis,
pourtant le pays le plus riche de la planète, sont devenus une nation
endettée. Et cet endettement n’affecte pas que les classes pauvres, mais la
classe moyenne également. Certains individus ne semblent pas réaliser que
s’ils persistent à ne payer que le montant mensuel minimal, sur leur carte de
crédit, ils n’arriveront jamais à tout rembourser. Et bien entendu, ce sont les
plus pauvres qui sont les plus touchés. En fait, le système est entièrement
contre eux, car plus un individu est pauvre, pire est sa cote de crédit et plus
élevés seront les taux d’intérêt qu’il sera forcé de payer.
Le document de Mirza Shahjahan intitulé
Income, Debt and the Quest for Rich America: The Economic Tale of Small and
Mid-Sized US Cities (Revenus, dettes et la quête de l’Amérique riche :
le récit économique de petites et moyennes villes américaines) est une étude
sur la façon dont les dettes et le fardeau des intérêts, qui y est associé, ont
affligé une grande partie de « l’Amérique moyenne ». La détresse des petits
fermiers forcés d’emprunter à cause de la chute des prix de leurs produits est
bien documentée. Nombre d’entre eux ont été obligés de donner en gage leurs
précieux avoirs ou bien ont perdu leur ferme, qui appartenait à leur famille
depuis des générations, parce qu’ils n’arrivaient plus à payer les intérêts sur
leurs dettes. Shahjahan a découvert que certains pauvres dépensent jusqu’à 15%
de leur revenu annuel en intérêts seulement (la plupart dépensant entre 8% et
12%). Et cela, sans compter les appels répétés et les menaces des créditeurs
que le pauvre doit endurer. Dans sa conclusion, Shahjahan écrit :
Le fardeau économique et le fardeau réel de
l’endettement font en sorte que de nombreux débiteurs se retrouvent à payer
leurs dettes toute leur vie durant. La dette moyenne des ménages pour la
période de 1990 à 1993 était de 32 493$, ce qui équivalait à presque 100% de
leur revenu annuel. Notre estimation de la dette moyenne des ménages per
capita, pour la même période, est de 12 571$. Une dette d’un tel montant,
combinée à un emploi précaire et à un faible revenu est souvent source de
dépression et a des répercussions psychologiques non négligeables.
Les paiements d’intérêts de certains
ménages excèdent 15% de leur revenu total. Ces intérêts élevés grugent de façon
significative le revenu de ces ménages.
La plupart des ménages – des millions, en
fait – dans certaines villes moyennes des États-Unis peinent quotidiennement à combler
leurs besoins de base. Des centaines de milliers d’entre eux n’arrivent pas à
offrir une vie décente à leur famille ni à offrir à leurs enfants une éducation
supérieure. Ils sont endettés et, pour la majorité, meurent endettés. À cause
de cette situation, ils ont l’impression de ne pas du tout profiter de la
vie...
Ces ménages sont pris dans une servitude
économique où toutes les routes d’évasion sont bloquées par les autorités
institutionnelles. Acquérir des compétences ou faire des études supérieures
pourraient les aider à s’en sortir; mais les études supérieures sont très
onéreuses et bien au-dessus des moyens des ménages de ces villes. Les
personnes faisant partie de ces ménages ont peu d’occasions de se perfectionner
et arrivent rarement à obtenir les postes qu’elles rêvent d’occuper. Telle est
la nature de la détresse dans laquelle se trouvent les familles de la classe
ouvrière dans les petites et moyennes villes de notre pays.
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L’intérêt et son rôle au sein de l’économie et de la vie en général (partie 7 de 8) : Les maux liés à l’intérêt II
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Description: Les différentes façons par lesquelles l’intérêt a nui à la société. Partie 2 : les maux dévastateurs de l’intérêt au niveau international.
par Jamaal al-Din Zarabozo (© 2011 IslamReligion.com)
Publié le 07 Mar 2011 - Dernière mise à jour le 07 Mar 2011
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Au niveau international, la situation
est encore plus dangereuse et dévastatrice. Considéré d’un point de vue
international, il ne fait aucun doute que l’intérêt tue des gens. Le service
de la dette des pays sous-développés est si important qu’ils n’ont d’autre
choix que de sacrifier des services essentiels aux niveaux de la santé et de la
nutrition. Il est stupéfiant de penser qu’un nombre incalculable d’enfants
meurent chaque jour, dans ces pays, à cause d’un « outil » du
capitalisme moderne : l’intérêt. Certains gouvernements africains sont
forcés de dépenser plus pour le service de la dette que pour la santé et
l’éducation.
Dans ce contexte, le Programme des
Nations Unies pour de développement (PNUD) a prédit, en 1998, que si la dette
extérieure des 20 pays les plus pauvres de la planète était effacée, cela
sauverait la vie de 20 millions de personnes avant l’an 2000. Autrement dit,
cette dette, qui n’a finalement pas été annulée, a été responsable de la mort
de 130 000 enfants par semaine, entre 1998 et 2000.
Ken Livingston, maire de Londres, a
déjà affirmé que le capitalisme global tue plus de gens, chaque année, qu’Adolf
Hitler en tua au cours de son règne. Il a d’ailleurs blâmé le FMI et la Banque
Mondiale pour la mort de millions de personnes à cause de leur refus d’alléger
la dette des pays sous-développés. Susan George, écrivaine et militante
altermondialiste, a affirmé, quant à elle, que chaque année, depuis 1981, entre
15 et 20 millions de personnes sont mortes à cause du fardeau de la dette,
« parce que les gouvernements des pays du Tiers-Monde ont dû couper dans
les ressources pour l’eau potable et dans les programmes de santé pour arriver
à respecter leurs paiements. »
La dette, à laquelle sont ajoutés des
intérêts de plus en plus élevés, est dangereuse pour n’importe quelle nation,
car elle signifie une perte de souveraineté et de contrôle. Et cette conséquence n’est pas
du tout le fruit du hasard. Les pays sous-développés – et plus particulièrement
leurs élites et leurs dirigeants corrompus – ne sont pas sans reproches au
sujet de la dette qu’ils ont accumulée. Mais, parallèlement, s’ils n’empruntaient
pas, ils subiraient de la pression pour le faire. Catherine Caufield
écrit :
« C’est ainsi qu’il en est avec la Banque Mondiale : les
opérations de refinancement équivalent de plus en plus au total du prêt. Avec
pour résultat une accumulation de dettes par les emprunteurs de la Banque, et
une perte graduelle de souveraineté. Aucun créditeur n’est prêt à refinancer
sans cesse s’il ne possède pas un certain contrôle sur la façon dont le
débiteur mène ses affaires. À une autre époque, les grandes puissances
n’hésitaient pas à user de la force militaire pour faire plier les débiteurs
récalcitrants. Dans son essai classique intitulé « Public Debts »
(Dettes publiques), publié en 1887, l’économiste américain Henry Carter Adams
écrit que « l’octroi de crédits étrangers est le premier pas vers
l’établissement d’une politique étrangère agressive et, dans certaines
circonstances, cela mène inévitablement à la conquête et à l’occupation. »
L’approche de la Banque envers ses
débiteurs n’est pas aussi directe. Plutôt que d’envoyer les Marines, elle
offre des services-conseils aux pays pour leur apprendre à gérer leurs
finances, légiférer, fournir des services à leur peuple et faire face au marché
international. Elle possède un grand pouvoir de persuasion, puisqu’il existe
une conviction universelle voulant que si la Banque décide d’ostraciser un
emprunteur, tous les autres grands pouvoirs nationaux et internationaux
suivront son exemple. C’est ainsi qu’en consentant des prêts excessifs, la
Banque s’est assuré un surplus de pouvoir tout en réduisant celui de ses
emprunteurs.
Le célèbre
ouvrage de John Perkin, intitulé Confessions of an Economic Hit Man
(Confessions d’un tueur à gages économique)
, discute en détail d’intrigues économiques contemporaines. Décrivant son
travail d’évaluateur de projets, il écrit :
L’aspect tacite de chacun de ces
projets était qu’ils étaient conçus de façon à rapporter d’importants profits
aux contracteurs et à satisfaire une poignée de familles riches et influentes
dans les pays accueillant le projet, tout en s’assurant de créer une dépendance
financière à long terme se traduisant par une loyauté politique de divers
gouvernements à travers le monde. Plus important était le prêt, mieux
c’était. Le fait que le fardeau de la dette, sur ces pays, allait priver leurs
citoyens pauvres de services de santé, d’éducation et de divers services
sociaux durant des décennies n’était jamais pris en considération.
Perkin a fait suivre son ouvrage de
deux autres titres : A Game as Old as Empire: The Secret World of
Economic Hit Men (Un jeu aussi vieux que l’Empire : le Monde secret
des tueurs à gages économiques) et The Web of Global Corruption (La
Toile de la corruption globale), édités par Steven Hiatt.
Hiatt écrit :
Les dettes gardent les pays du Tiers-Monde sous contrôle. Comme ils
dépendent de l’aide, du rééchelonnement et des renversements de la dette pour
survivre – sans pouvoir même penser à développer – ils ont été forcés de
restructurer leur économie et de réécrire leurs lois pour répondre aux
exigences établies par les programmes d’ajustements structurels du FMI et les conditionnalités
de la Banque Mondiale.
L’endettement actuel, combiné au rôle
majeur que joue l’intérêt, est potentiellement dévastateur pour l’humanité
entière. Dans Global Trends 2015, la CIA reconnaît que :
Le flot montant de l’économie globale va créer de nombreux gagnants
économiques, mais il ne soulèvera pas tous les navires. Il engendrera des
conflits chez nous et à l’étranger, creusant un écart encore plus important que
celui d’aujourd’hui entre les gagnants et les perdants régionaux. L’évolution
[de la globalisation] sera difficile, marquée par une volatilité financière
chronique et une division économique s’élargissant de plus en plus. Les
régions, pays et groupes se sentant laissés pour compte devront faire face à
une stagnation économique, une instabilité politique et une aliénation
culturelle de plus en plus profondes, ce qui encouragera des extrémismes de
toutes sortes, politiques, ethniques, idéologiques et religieux, de même que la
violence qui les accompagne souvent.
Dans son ouvrage intitulé The Debt
Threat: How debt is destroying the developing world… and threatening us all
(La menace de la dette : comment la dette détruit le monde en
développement... et nous menace tous), Noreena Hertz décrit plusieurs des
dangers que représentent les dettes écrasantes – et qui, encore une fois, ne
seraient pas aussi écrasantes sans l’ajout constant d’intérêts – pour le monde
d’aujourd’hui. Elle décrit les dangers de l’extrémisme, du terrorisme, de la
baisse des ressources naturelles mondiales, etc. Elle écrit, entre autres :
Les conséquences hideuses de l’endettement – pauvreté, inégalité et
injustice – sont souvent utilisées pour justifier, et même légitimiser, des
actes de grande violence. À peine quelques semaines après les attaques contre le
World Trade Center, un éminent journaliste africain, Michael Fortin, a
écrit : « Nous devons reconnaître que ce déplorable acte d’agression
a peut-être été, du moins en partie, un acte de vengeance de la part de gens
humiliés et désespérés, écrasés par le poids de l’oppression économique de la
part des nations de l’Occident. » Les termes employés par Fortin –
« écrasés », « oppression », « humiliés »,
« désespérés » – sont délibérément évocateurs. Et il est clair qu’il
existe un auditoire pour qui ces mots font puissamment vibrer une corde
sensible.
Il existe d’autres maux liés à
l’intérêt dont nous pourrions discuter, ici, mais ce qui précède suffit à
remplir le but de cet article.
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L’intérêt et son rôle au sein de l’économie et de la vie en général (partie 8 de 8) : La solution islamique
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Description: Une alternative islamique au système d’intérêt et comment l’économie peut continuer de se développer sans intérêt.
par Jamaal al-Din Zarabozo (© 2011 IslamReligion.com)
Publié le 07 Mar 2011 - Dernière mise à jour le 07 Mar 2011
Lus: 1274 (moyenne quotidienne: 3) - Évaluation: aucun - Évalué par: 0 Imprimés: 67 - Envoyés: 0 - Commentés: 0
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> Le système d'ordre dans l'islam
> L'économie
|
La solution islamique
La solution islamique au problème de
l’intérêt repose sur deux principes de base :
(1) Si un individu souhaite
prêter de l’argent à quelqu’un pour l’aider, cet acte doit être fondé sur des
principes de fraternité et il est totalement inacceptable de charger de l’intérêt
sur un tel prêt. Car ce n’est pas aider quelqu’un que de l’entraîner dans un
cycle d’endettement où il devra payer plus qu’il n’a emprunté. Ce même
principe s’applique aux relations islamiques internationales. Si cet important
principe était appliqué, de nos jours, des pays aideraient réellement d’autres
pays, plutôt que de les entraîner dans une situation de dépendance et
d’endettement lourd.
(2) Si un individu souhaite
utiliser son argent pour faire plus d’argent, alors il doit être disposé à
exposer son argent au risque. En d’autres termes, il n’a pas le droit de
s’assurer un revenu fixe (dont le montant continue d’augmenter avec le temps)
sans égard aux résultats de l’investissement pour lequel son argent est
utilisé. S’il expose son argent au risque, il a alors droit à une part des
profits. Mais cela signifie qu’il doit aussi accepter les pertes, si elles
surviennent. Voilà un système basé sur la justice, auquel il y a de nombreux
bénéfices. Celui qui investit se préoccupe des résultats de son investissement
et ne peut exiger son dû sans égard à la situation du débiteur.
La solution islamique est applicable
tant aux individus qu’à la société en général. Les banques servent
essentiellement d’intermédiaires. Elles prennent l’argent déposé chez elles et
le prêtent à ceux qui ont besoin d’argent pour investir. Et pour qu’un tel
système fonctionne, nul besoin d’intérêt. La banque et ses déposants
(actionnaires) investissent leurs avoirs plutôt que de simplement les prêter.
L’argent est exposé au risque et le rendement, aux actionnaires, sera basé sur
la somme des profits obtenus par les investissements. Dans des circonstances
normales de croissance économique, et si la banque est assez importante et possède
un portefeuille bien diversifié, elle peut pratiquement s’assurer un rendement
positif. Ainsi, ceux qui auront investi leur argent dans cette banque
recevront eux aussi un rendement positif sur leur argent, mais sans qu’il n’ait
été « garanti » ou fixé d’avance.
De nombreuses institutions financières
islamiques sont établies, de nos jours, à travers le monde. Elles ont été
fondées sans système d’intérêt et certaines d’entre elles sont devenues très
prospères.
Conclusion
Dans l’ensemble, la « civilisation
moderne » a décidé de tourner le dos aux lois divines (surtout à cause de
l’expérience de l’Occident avec le christianisme) et a tenté de bâtir ses
propres systèmes économiques et politiques, ses propres lois internationales,
etc. Ce faisant, elle s’est attaquée à quelque chose de trop grand pour elle.
Les sciences sociales sont bien différentes des sciences physiques. Il
n’existe pas de laboratoires dans lesquels on peut enfermer des êtres humains
pour déterminer quels seront les meilleurs résultats sous divers scénarios (et
même si c’était possible, ce serait présumer que les êtres humains réagissent
toujours de la même façon dans les mêmes circonstances).
Dans le domaine de l’économie, la
première chose qui vient à l’esprit est l’échec du socialisme et du
communisme. Il serait bon, pourtant, de regarder le capitalisme de plus près
afin de déterminer à quel point il est éloigné, en réalité, de ce qu’il était
censé être, au départ. Les premiers théoriciens capitalistes imaginaient un
système menant « au meilleur des mondes ». Mais leurs théories
étaient fondées sur des hypothèses qui ne se réalisèrent jamais et qui n’ont
aucune chance de se réaliser. Ils s’imaginaient une compétition parfaite, un
parfait savoir, le libre-échange, etc, qui n’eurent jamais lieu et qui cédèrent
leur place à une réalité ne menant certainement pas au « meilleur des
mondes », mais à un monde d’exploitation où les riches s’enrichissent
constamment et où les pauvres s’appauvrissent désespérément. Et l’une des forces
motrices derrière ce système est l’institutionnalisation de l’intérêt.
Dieu a béni les êtres humains en leur
révélant le Coran, un livre qui sert de guide à l’humanité et qui fut
minutieusement préservé depuis sa révélation. Ce livre contient tout ce dont
l’humanité a besoin pour mener une vie remplie de succès, à la fois dans ce
monde et dans l’au-delà. Il n’est donc pas étonnant que ce livre interdit et
condamne aussi vigoureusement l’intérêt.
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