|
Le Prophète (que la paix et les bénédictions de
Dieu soient sur lui) nous a dit qu’il était préférable, pour un croyant, d’être
fort plutôt que faible.
Il parlait en termes de foi et de caractère, mais aussi en termes de condition
physique, dans la mesure où Dieu nous permet d’atteindre une excellente forme.
Car Dieu peut décréter qu’une maladie ou une blessure survienne dans notre vie
et il nous faudra alors apprendre à l’accepter et même à être reconnaissants
pour les épreuves qui parsèment notre chemin.
Dans cet article, qui est le quatrième
sur la santé en islam, nous verrons ce que le Coran, le prophète Mohammed et
les érudits musulmans ont dit sur la forme physique et l’exercice.
Le musulman doit prendre soin de sa
santé spirituelle, émotionnelle et physique. Notre corps, une machine extrêmement
complexe, nous est confié par Dieu et nous ne devons ni en abuser ni le
négliger. Tel que mentionné dans l’article précédent, un régime alimentaire sain
est essentiel au maintien d’une bonne santé et l’exercice physique est tout
aussi nécessaire.
Pour arriver à respecter trois des cinq
piliers de l’islam, le musulman doit être en bonne forme physique.
L’accomplissement de cinq prières quotidiennes est en lui-même une forme
d’exercice, ses mouvements impliquant plusieurs muscles et articulations du
corps, tandis que la concentration nécessaire pour la prière fait diminuer le
stress émotionnel. Par ailleurs, une bonne santé est également requise pour
jeûner le mois de Ramadan, alors que l’accomplissement du Hajj (pèlerinage à la
Mecque) demande d’importants efforts physiques, de même qu’une grande
résistance, plusieurs jours d’affilée.
Le prophète Mohammed a conseillé à ses
fidèles de travailler et de commencer tôt leurs journées, ce qui nécessite,
encore une fois, une bonne forme physique (et qui l’entretien également). Il a
dit : « Ô Allah, bénis les premières heures du matin pour ma
nation. »
L’obésité due à un mauvais régime alimentaire, de même que la paresse et la
faiblesse qui en découlent, sont des problèmes sur lesquels nous auront à
rendre des comptes. Par ailleurs, le Prophète a dit : « Toute action
faite sans avoir Dieu à l’esprit est soit une distraction, soit de
l’insouciance, à l’exception de quatre actes : marcher d’une cible à
l’autre (lors de la pratique du tir à l’arc), s’entraîner à cheval, jouer avec
sa famille et apprendre à nager. »
Le Prophète et ses compagnons étaient
tous en excellente forme physique. La vie était dure, à cette époque, les gens
marchaient de longues distances, les hommes chassaient et cultivaient la terre
pour survivre et il n’existait pas de loisirs futiles susceptible d’engendrer
la paresse et de faire perdre leur temps aux gens. Le 21e siècle
est rempli de distractions de toutes sortes qui poussent à la paresse et à la
mauvaise santé physique et mentale.
Bien que la
technologie ait apporté plusieurs bienfaits à l’humanité, les gens doivent
prendre conscience du temps qu’ils perdent devant la télévision ou à jouer à
des jeux électroniques et ce, au détriment de leur santé. Toutes les études
démontrent que l’obésité, chez les enfants, augmente proportionnellement au
nombre d’heures passées devant la télévision. D’autres études démontrent que
cela est tout aussi vrai chez les adultes.
Nous pouvons pourtant tirer de nombreux
bienfaits de la pratique régulière d’activités physiques. Cela raffermit nos
muscles, améliore notre flexibilité, augmente notre endurance, apporte une meilleure
santé cardiaque et combat la dépression, en plus de nous faire perdre du poids.
Les exercices cardiovasculaires aident à prévenir et à combattre les maladies
du cœur et la haute tension artérielle, tout en diminuant les risques de
diabète, tandis que les exercices de musculation augmentent notre masse
musculaire tout en réduisant notre poids, augmente la densité osseuse, prévient
les maux de dos et l’arthrite, tout en contribuant à un mieux-être mental.
L’érudit musulman Ibn-al-Qayyim nous a
dit que l’exercice fortifie le système immunitaire et que chaque organe du
corps humain tire bénéfice d’un exercice particulier et que l’équitation, le
tir à l’arc, la lutte et la course sont des sports dont bénéficie le corps
humain tout entier.
L’exercice est censé faire partie
intégrante de la vie du musulman, mais cela ne doit pas se faire au détriment
de ses obligations religieuses et ne doit pas empiéter sur le temps qu’il passe
normalement avec les membres de sa famille. Comme dans tout, l’islam, ici encore,
prône la modération. L’islam est un mode de vie qui ne laisse aucune place aux
comportements extrêmes ou fanatiques. Laisser un sport devenir le centre de sa
vie va à l’encontre du principe de modération de l’islam. L’exercice ou le
sport devrait aussi, idéalement, se pratiquer entre membres du même sexe et en
restant vêtu de façon convenable.
L’islam permet ces activités qui revigorent
le corps et rafraîchissent l’esprit à la condition qu’elles n’impliquent pas
des actes répréhensibles, qu’elles ne causent pas de tort à soi-même ni à
autrui et qu’elles n’empiètent pas sur les obligations religieuses. La sounnah
du Prophète encourage la pratique d’activités sportives, de même que l’amour
fraternel et le sens de la famille.
Dans
un hadith recueilli par al-Boukhari, Salama rapporte que : « Le Prophète rejoignit un groupe (de
la tribu) des Aslam dont les membres participaient à une compétition de tir à
l’arc sur la place du marché, et leur dit : - Décochez (vos flèches)
descendants d’Ismaël, votre ancêtre était un excellent archer et moi je suis
avec les Benou Foulane (fils d’untel). Mais le groupe opposé s’arrêta de tirer
et le Prophète leur demanda : - Qu’avez-vous ? – Et comment,
répondirent-ils, ferions-nous pour concourir alors que tu as pris le parti des
Benou Foulane ? – Tirez, reprit le Prophète, j’ai pris le parti de tout le
monde ! » Dans un autre hadith, Aisha, l’épouse du Prophète, fait
mention de leur amour pour les jeux et les sports. Elle dit : « J’ai
fait la course avec le Prophète et je l’ai battu. Mais plus tard, alors que j’avais
pris du poids, nous avons à nouveau fait la course et j’ai perdu. Il me dit
alors : « Nous sommes quittes ».
Le croyant devrait apprendre à
apprécier la merveilleuse machine qu’est le corps humain et se montrer
reconnaissant envers son Créateur en prenant soin du corps qu’Il lui a confié
et en le maintenant le plus possible en bonne condition. La personne qui est
vraiment consciente de l’importance de sa santé saura faire en sorte de trouver
un équilibre entre les soins apportés à son corps et ses obligations
religieuses envers Dieu.
|