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La biographie de Mohammed (partie 1 de 12) : La situation de l’Arabie avant la prophétie
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Description: Regard sur la situation politique et les conditions sociales de la Péninsule Arabe avant la naissance du prophète Mohammed.
par IslamReligion.com
Publié le 13 Oct 2008 - Dernière mise à jour le 17 Nov 2008
Lus: 3954 (moyenne quotidienne: 10) - Évaluation: 4 de 5 - Évalué par: 2 Imprimés: 308 - Envoyés: 0 - Commentés: 0
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> Le prophète Mohammed
> Sa biographie
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À cette époque, l’Arabie était divisée
en trois sphères d’influence. Le Nord vivait sous deux grands empires,
l’empire byzantin chrétien et l’empire persan zoroastrien. Ces deux empires
étaient engagés dans une guerre perpétuelle et se trouvaient constamment à
égalité, de sorte que ni l’un ni l’autre n’arrivait jamais à obtenir la
victoire sur son rival. À l’ombre de ces deux puissances vivaient les Arabes
du Nord, divisés par leurs allégeances qui variaient au gré des circonstances.
Le Sud du pays était la terre des
parfums arabes et était appelé « Arabie heureuse » par les Romains
(ce territoire est couvert, aujourd’hui, par le Yémen et le Sud de l’Arabie
Saoudite). Il s’agissait, à ce moment-là, d’un territoire convoité. La
conversion au christianisme de Négus, empereur d’Éthiopie, avait créé une
alliance entre Byzance et son pays et c’est avec l’approbation byzantine que
les Éthiopiens avaient pris possession de ce territoire fertile, au début du
sixième siècle. Avant leur chute aux mains d’un conquérant impitoyable,
cependant, les habitants du Sud avaient ouvert au commerce les déserts du
centre de l’Arabie en introduisant une certaine organisation dans la vie des
Bédouins qui servaient de guides à leurs caravanes et en établissant des
comptoirs dans les oasis.
Si le symbole de ce peuple sédentaire
était le boswellia sacra (arbre produisant une résine par la suite transformée
en encens), celui des zones arides était le dattier; d’un côté, un produit de
luxe et de l’autre, un produit de nécessité. Personne n’aurait considéré la
région du Hejaz – où nul oiseau ne chante et nulle herbe ne pousse, selon
un poète du Sud – comme une zone à convoiter. Les tribus du Hejaz n’avaient
jamais connu ni conquête ni oppression et n’avaient jamais été obligées
d’appeler aucun homme « Monsieur ».
La pauvreté constituait pour eux une
protection, même si eux-mêmes ne se considéraient pas comme pauvres. Car pour
se sentir pauvre, il faut envier le riche alors qu’eux, ils n’enviaient
personne. Leur richesse, c’était leur liberté, leur honneur, leur noble
descendance et l’unique art qu’ils connaissaient, c’est-à-dire la poésie. Tout
ce qu’aujourd’hui nous appelons « culture » se résumait, chez eux, à
cet art. À travers leur poésie, ils louaient le courage et la liberté, honoraient leurs amis et raillaient leurs adversaires, exaltaient la bravoure des hommes de leur
tribu et la beauté de leurs femmes. Ils psalmodiaient leurs poèmes autour d’un
feu ou dans l’infinie étendue du désert, sous un vaste ciel bleu, attestant de
la grandeur de cette minuscule créature humaine voyageant interminablement à
travers les espaces désertiques de la terre.
Pour les Bédouins, les mots étaient aussi
puissants que l’épée. Lorsque des tribus ennemies se rencontraient sur le
champ de bataille, il était d’usage, pour chacune, de faire venir son meilleur
poète, qui louait alors le courage et la noblesse des siens et couvrait de
mépris l’ignoble ennemi. Ces batailles, dont le point culminant était les
combats entre champions rivaux, relevaient plus du sport d’honneur que de la
guerre, au sens où nous l’entendons aujourd’hui; c’étaient des moments de
tumulte, de vantardise et de déploiements qui faisaient beaucoup moins de
victimes que les véritables guerres. Un des deux groupes finissait par
s’emparer du butin et jamais le vainqueur ne poussait trop loin son avantage,
car cela allait à l’encontre du concept d’honneur qui se devait d’être
respecté. Lorsqu’un des deux groupes reconnaissait la défaite, on comptait les
morts de chaque côté et les vainqueurs payaient le prix du sang aux vaincus, afin
de conserver un certain équilibre entre les forces relatives de chaque tribu.
Le contraste entre cette façon de faire et les pratiques de guerre
d’aujourd’hui est frappant.
La Mecque, cependant, était, et demeure
encore aujourd’hui, une cité importante pour une toute autre raison. Car elle
abrite la Ka’aba, la première Maison jamais construite pour que les hommes
puissent y adorer le seul et unique Dieu. L’ancienne Ka’aba avait longtemps
été le centre de cette petite société. Plus de 1000 ans avant que Salomon ne
fasse construire le temple de Jérusalem, son ancêtre, Abraham, aidé de son fils
aîné Ismaël, avait érigé les murs de la Ka’aba sur d’anciennes fondations. Un
certain Qousayy, chef de la puissante tribu de Qouraysh, avait établi une
colonie permanente à cet endroit; c’était la cité de la Mecque (ou Bakka, comme
on l’appelait). Non loin de la Ka’aba se trouvait le puits de Zam Zam dont les
origines remontaient également à l’époque d’Abraham. C’est ce puits qui avait
sauvé la vie du petit Ismaël. La Bible raconte :
« Dieu
entendit la voix du garçon et l'ange de Dieu appela Agar du haut du ciel et lui
dit: « Qu'as-tu, Agar? N'aie pas peur, car Dieu a entendu le garçon là où
tu l'as laissé. Lève-toi, relève le garçon et prends-le par la main, car je
ferai de lui une grande nation. » Dieu lui ouvrit les yeux, et elle
aperçut un puits. Elle alla remplir d'eau son outre et donna à boire au garçon.
Dieu fut avec lui. Il grandit et vécut dans le désert où il devint un habile
chasseur à l'arc. » (Genèse 21:17-20)
Et dans les Psaumes, on peut lire :
« Lorsqu'ils
traversent la vallée de Baca , ils la transforment en un lieu plein de sources,
et la pluie la couvre aussi de bénédictions. » (Psaumes 84:6)
Les circonstances et l’époque
favorisèrent le développement de la Mecque en centre commercial majeur. À
cause des guerres entre la Perse et Byzance, les routes commerciales du Nord entre
l’Est et l’Ouest avaient été fermées, tandis que l’influence et la prospérité
de l’Arabie du Sud avaient été réduites à néant par les Éthiopiens. Le fait d’être
un lieu de pèlerinage augmenta encore le prestige de la Mecque et celui des
gardiens de la Ka’aba, tous membres de Qouraysh. Leur noblesse – due à leur
descendance remontant à Abraham, par Ismaël – leurs richesses et leur autorité
spirituelle suffisaient à leur faire croire que comparer leur splendeur à celle
de tous les autres peuples de la terre revenait à comparer l’éclat du soleil au
scintillement des étoiles.
Mais les siècles qui les séparaient des
grands patriarches et prophètes, conjugués à leur isolement dans le désert de
la péninsule contribuèrent à l’apparition de l’idolâtrie parmi eux. Ils se
mirent à invoquer de petites divinités afin qu’elles intercèdent auprès de Dieu
en leur faveur, s’imaginant qu’elles avaient le pouvoir de Lui transmettre
leurs prières. Chaque région, chaque tribu et, en fait, chaque maison
possédait sa petite « divinité » personnelle. Trois cent soixante
idoles furent installées à l’intérieur même de la Ka’aba – la maison bâtie par
Abraham et son fils pour l’adoration exclusive de Dieu – et dans sa cour
extérieure. Non seulement les Arabes adoraient-ils les idoles sculptées dans
la pierre, mais ils vénéraient également tout ce qu’ils considéraient comme
surnaturel. Ils croyaient que les anges étaient les filles de Dieu. Ils
menaient des vies de débauche où l’ivrognerie et les jeux d’argent étaient
monnaie courante, et où l’infanticide féminin allait de soi, les filles
nouvellement nées étant régulièrement enterrées vivantes.
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La biographie de Mohammed (partie 2 de 12) : De sa naissance à sa vie adulte
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Description: Regard sur la vie du Prophète avant la révélation.
par IslamReligion.com
Publié le 13 Oct 2008 - Dernière mise à jour le 13 Oct 2008
Lus: 4399 (moyenne quotidienne: 11) - Évaluation: 2.5 de 5 - Évalué par: 2 Imprimés: 290 - Envoyés: 2 - Commentés: 0
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> Le prophète Mohammed
> Sa biographie
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La naissance du Prophète
C’est en l’an 570 de l’ère chrétienne
que naquit Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) à
la Mecque, ville d’Arabie Saoudite. Son père, Abdoullah, était l’arrière-arrière-petit-fils
de Qousayy, le fondateur de la Mecque, et appartenait à la famille hashimite de
Qouraysh. Sa mère, Amina, descendait du frère de Qousayy. Revenant, avec une
caravane, d’un voyage d’affaires en Syrie et en Palestine, Abdoullah s’arrêta
en chemin pour rendre visite à des membres de sa famille, dans une oasis située
au nord de la Mecque, lorsqu’il tomba malade et mourut plusieurs mois avant la
naissance de son fils.
C’était la coutume, à l’époque, d’envoyer
les fils de Qouraysh dans le désert, en dehors de la ville, pour les faire
allaiter par des nourrices et leur faire passer leur tendre enfance dans une
tribu bédouine. On considérait cela comme propice au développement d’une santé
solide, mais aussi comme un retour aux sources et une occasion de profiter de
la liberté que procure l’immensité du désert. Mohammed fut confié à Halima et
passa quatre ou cinq années avec cette famille bédouine, s’occupant des moutons
dès qu’il fut assez grand pour marcher et apprenant à vivre comme les gens du
désert.
À l’âge de six ans, peu de temps après
être retourné chez sa mère, cette dernière l’emmena avec elle à Yathrib, où son
père était décédé. Elle fut saisie d’une fièvre subite, courante dans les
oasis, et mourut durant le voyage de retour. C’est ainsi que Mohammed fut
confié à son grand-père, Abdoul-Mouttalib, chef du clan Hashimite. Mais
lorsque Mohammed avait huit ans, son grand-père mourut à son tour; il fut alors
confié au nouveau chef du clan Hashimite, son oncle Abou Talib. Mohammed
gardait les moutons et lorsqu’il eût neuf ans, son oncle l’emmena en Syrie avec
lui, au sein d’une caravane, afin de lui apprendre les rudiments du commerce.
À son retour, il continua à travailler
comme marchand et se bâtit une excellente réputation. À l’époque, la Mecque
comptait parmi ses gens fortunés une femme nommée Khadija, deux fois veuve. Impressionnée
par les éloges qu’elle entendait au sujet de Mohammed, que les gens
surnommaient al-Amine (« le digne de confiance »), elle l’embaucha et
l’envoya vendre sa marchandise en Syrie. Lorsqu’il revint, elle fut encore
plus impressionnée par son excellent travail. Puis, succombant à son charme,
elle lui fit transmettre une demande en mariage. À ce moment-là, Mohammed
avait vingt-cinq ans et Khadija, quarante. Il accepta sa demande et la prit
pour épouse. Khadija offrit à son mari un jeune esclave, Zayd, à qui Mohammed rendit
sa liberté. Et lorsque la famille de Zayd vint voir Mohammed pour tenter de le
racheter, Zayd refusa de retourner avec eux, car il s’était pris d’une profonde
affection pour son bienfaiteur. Khadija et Mohammed eurent six enfants, dont
un garçon, Qasim, qui mourut avant son deuxième anniversaire.
Mohammed devint un homme respecté dans
sa communauté, admiré à la fois pour sa générosité et son discernement. Son
avenir semblait assuré. Plus tard, ayant rétabli la prospérité de son clan, peut-être
serait-il devenu un des aînés les plus influents de la cité et aurait-il
terminé sa vie comme son grand-père, assis à l’ombre de la Ka’aba à se
remémorer les bons moments de sa vie. Toutefois, son esprit était agité et
inquiet et le devint de plus en plus au fur et à mesure qu’il avançait en âge.
Les Hounafa
Les Mecquois descendaient d’Abraham et
d’Ismaël et leur temple, la Ka’aba, avait été construit par Abraham pour qu’y
soit adoré Dieu de façon exclusive. Les gens l’appelaient toujours la Maison
de Dieu, mais ils y adoraient, à la place de Dieu, un grand nombre d’idoles qu’ils
avaient disposées à l’intérieur, de même que des sculptures représentant des
divinités qu’ils croyaient être les filles de Dieu, auxquelles ils demandaient
d’intercéder auprès de Dieu en leur faveur. Un petit nombre de personnes,
cependant, dégoûtées par cette idolâtrie qui durait depuis des siècles, désiraient
ardemment le retour de la religion d’Abraham. Ces personnes, qui aspiraient à
la vérité, étaient appelées Hounafa, mot qui signifiait « ceux qui se
détournent » (de l’idolâtrie). Ces Hounafa ne formaient pas une
communauté mais cherchaient la vérité, chacun de son côté. Mohammed, fils
d’Abdoullah, était l’un d’eux.
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La biographie de Mohammed (partie 3 de 12) : Les premières révélations
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Description: Récit détaillé sur la façon dont le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) reçut les premières révélations de Dieu.
par IslamReligion.com
Publié le 20 Oct 2008 - Dernière mise à jour le 20 Oct 2008
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> Le prophète Mohammed
> Sa biographie
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C’est durant cette période de sa vie que
Mohammed commença à faire des rêves agréables, qu’il voyait ensuite se
réaliser. Il ressentait aussi un besoin grandissant de solitude et c’est
pourquoi il prit l’habitude de se retirer dans les montagnes rocheuses
entourant la Mecque pour aller y méditer. Il se retirait plusieurs jours à la
fois, emportant avec lui des provisions. Sous la lumière aveuglante du jour et
au cours des nuits claires du désert, quand le scintillement des étoiles est si
vif qu’il pénètre l’œil, entouré des « signes » de Dieu, sa retraite
le préparait, sans qu’il ne le sache encore, à recevoir une importante
révélation et à se voir confier une mission colossale : devenir prophète
et transmettre à son peuple et à l’humanité tout entière la vérité provenant de
Dieu.
Il reçut la première révélation au cours
d’une des dernières nuits du mois de ramadan, connue comme la « nuit du
destin » (laylat-oul-qadr) chez les musulmans.
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La grotte de Hira (vue aérienne). Le prophète
Mohammed y méditait souvent. C’est là qu’il reçut les premières révélations du
Coran.
Il était seul dans la grotte du Mont
Hira quand il fut soudain interpellé par l’ange de la révélation, Gabriel, le
même qui était allé voir Marie, la mère de Jésus. L’ange l’étreignit et lui
ordonna : « Iqra! » (Lis!). Il dit: « Je ne sais pas
lire! ». L’ange répéta deux fois son ordre et obtint chaque fois la même
réponse de la part de Mohammed. Alors il agrippa solidement ce dernier puis,
relâchant un peu son étreinte, il lui révéla :
« Lis : au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l’homme (à partir)
d’un caillot (de sang). Lis! Ton Seigneur est le Très Généreux, qui a
enseigné par la plume, a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas. »
(Coran 96:1-5)
C’est ainsi que débuta l’extraordinaire
histoire de l’ultime révélation de Dieu à l’humanité, révélation qui demeure en
vigueur jusqu’à la fin des temps. La rencontre d’un Arabe, il y a quatorze
siècles, avec un être sorti tout droit du domaine de l’invisible fut un événement
d’une importance si capitale qu’il allait bouleverser des peuples entiers à
travers le monde, affecter la vie de centaines de millions d’hommes et de
femmes, amener la construction de grandes cités et l’éclosion de grandes
civilisations, provoquer la défaite de puissantes armées et faire renaître de
leurs cendres des splendeurs insoupçonnées. Cet événement allait également amener
des foules aux portes du Paradis. Le mot iqra, se répercutant dans les
vallées du Hijaz, brisa le moule dans lequel était coulé le monde; et cet
homme, seul parmi les rochers, prit sur ses épaules un fardeau tel qu’il aurait
fait s’écrouler les montagnes s’il était descendu sur elles.
Le prophète Mohammed avait quarante ans
et avait donc atteint un âge mûr. Cette rencontre extraordinaire provoqua une
peur intense chez lui. Terrifié, l’homme qui dévala la montagne à toutes
jambes pour aller se réfugier dans les bras de sa femme Khadija n’était plus le
même que celui qui l’avait gravie pour aller méditer dans une grotte.
Alors qu’il dévalait la montagne comme
s’il était poursuivi, il entendit une puissante voix crier :
« Mohammed! Tu es le messager de Dieu et je suis Gabriel! ». Il
dirigea son regard vers le ciel et vit Gabriel, énorme, qui occupait tout l’horizon.
Dans toutes les directions, il ne voyait que lui. Il courut jusque chez lui,
entra en trombe et dit, haletant, à sa femme : « Couvre-moi!
Couvre-moi! ». Elle le fit s’allonger et le couvrit d’un manteau. Puis,
dès qu’il eut recouvré ses esprits, il lui raconta ce qu’il venait de vivre. Il
avait peur, il craignait pour sa vie. Mais elle le rassura :
« Jamais Dieu ne te
déshonorera. Tu entretiens de bonnes relations avec ta famille, tu aides les
pauvres, tu sers tes invités généreusement et tu portes secours aux victimes de
calamités. » (Sahih al-Boukhari)
Elle voyait en son mari un homme que
jamais Dieu n’humilierait car il était juste, honnête et altruiste. La toute
première personne à croire en lui fut donc sa propre épouse, Khadija. Elle
alla voir son oncle, Waraqa, un savant versé dans la Bible. Après l’avoir
écoutée raconter l’expérience de son mari, il reconnut en lui l’homme que la
Bible décrivait comme le prophète attendu, et il confirma que ce qui lui était
apparu dans la grotte était bel et bien l’ange Gabriel, l’ange de la
révélation :
« Il s’agit du Gardien des
secrets (Gabriel), apparu à Moïse. » (Sahih al-Boukhari)
Le Prophète continua de recevoir des
révélations jusqu’à sa mort, révélations que ses compagnons mémorisèrent et
mirent par écrit sur des peaux de mouton et autres supports.
Le Coran ou « récitation »
Les paroles transmises à Mohammed par
Gabriel sont considérées comme sacrées par les musulmans et ne sont jamais
confondues avec celles qu’il a lui-même émises. Les premières forment le Livre
sacré, le Coran, tandis que les secondes ont été recueillies sous forme de
hadiths. Comme Gabriel récitait oralement le Coran au Prophète, ce Livre sacré
est connu sous le nom d’Al-Qour’ane, i.e. « la récitation », la
récitation de l’homme qui ne savait pas lire.
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La biographie de Mohammed (partie 4 de 12) : Persécution à la Mecque
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Description: Les premiers temps de la mission prophétique de Mohammed et la persécution subie par les premiers musulmans.
par IslamReligion.com
Publié le 20 Oct 2008 - Dernière mise à jour le 20 Oct 2008
Lus: 3075 (moyenne quotidienne: 8) - Évaluation: aucun - Évalué par: 0 Imprimés: 279 - Envoyés: 0 - Commentés: 0
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> Le prophète Mohammed
> Sa biographie
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Premiers convertis
Durant les premières années de sa
mission, le Prophète prêcha aux membres de sa famille et à ses amis intimes.
La première femme à embrasser l’islam fut son épouse Khadija; le premier enfant
fut son cousin Ali, dont il avait la charge; et le premier serviteur fut Zayd,
cet ancien esclave auquel il avait rendu sa liberté. Son ami de longue date,
Abou Bakr, fut le premier homme libre à embrasser l’islam. Plusieurs années
plus tard, le Prophète dit, à son sujet : « Tous ceux que j’ai
appelés à l’islam ont d’abord hésité, à l’exception d’Abou Bakr. »
Plus tard, il reçut l’ordre divin de
commencer à prêcher ouvertement et de dénoncer l’idolâtrie. Au début, les notables
de Qouraysh ignorèrent cet étrange petit groupe, voyant Mohammed comme un cas
désespéré d’auto-illusion. Mais après un temps, ils vinrent à réaliser que ce
qu’il prêchait, et qui attirait de plus en plus de fidèles parmi les pauvres et
les indigents (ce qui était vu comme subversif), représentait une menace à leur
religion et à la prospérité de la Mecque. Une guerre ouverte, cependant,
n’aurait pas servi leurs intérêts. Leur pouvoir dépendait de leur unité et
l’exemple de Yathrib – qui était déchirée par des conflits tribaux – étant un sévère
avertissement de ce qui risquait d’arriver dans leur propre cité, ils
choisirent d’attendre le bon moment. De plus, le clan Hashim, indépendamment
de ce qu’il pensait réellement de son mouton noir, était tenu, par la coutume,
de le défendre s’il était attaqué.
Pour un temps, ils se contentèrent de
se moquer d’eux ouvertement, ce qui est probablement l’arme la plus efficace de
l’homme lorsqu’il cherche à rejeter la vérité, la moquerie ne comportant pas le
même degré d’implication que les actes de violence. Son oncle Abou Talib le
pria de laisser tomber son prêche afin de ne pas compromettre sa sécurité et
celle de son clan. Mais Mohammed lui dit : « Ô mon oncle, je jure
par Dieu que même s’ils déposaient le soleil dans ma main droite et la lune
dans main gauche pour me faire renoncer à cette affaire, je n’y renoncerais
jamais, jusqu’à ce que Dieu la fasse triompher ou que j’y perde la vie. »
Abou Talib répondit, en soupirant : « Ô fils de mon frère, je ne
t’abandonnerai pas. »
Mais la tension, dans la cité, augmenta
petit à petit, mois après mois, au fur et à mesure que son influence
spirituelle se répandait, ébranlant l’hégémonie des notables de Qouraysh et
créant la division au sein de leurs familles. Cette influence menaça encore
plus l’ordre établi lorsqu’à travers des révélations successives, Dieu se mit à
dénoncer l’insensibilité de la classe riche mecquoise, de même que sa cupidité
et son avarice. L’opposition, à ce moment-là, était menée par un certain Abou
Jahl, avec Abou Lahab et le beau-frère de celui-ci, un jeune homme plus fin et
plus doué que les deux autres, Abou Soufyan. Revenant un jour de la chasse, Hamza,
un autre oncle de Mohammed qui était jusqu’alors demeuré neutre, fut si irrité
lorsqu’on le mis au courant des insultes proférées à l’endroit de son neveu
qu’il alla trouver Abou Jahl, lui frappa la tête avec son arc et annonça
sur-le-champ sa conversion à l’islam.
Les persécutions commencent
Vers la fin de la troisième année, le
Prophète reçut l’ordre de se lever et de mettre les gens en garde. Il commença
donc à prêcher en public, dénonçant la folie insensée de l’idolâtrie face aux
merveilleuses lois du jour et de la nuit, de la vie et de la mort, de la
croissance et de la décrépitude, signes du pouvoir de Dieu attestant de Son
unicité. C’est à ce moment-là, lorsqu’il commença à parler contre leurs
idoles, que les membres de Qouraysh s’opposèrent activement à lui par des
moqueries et des insultes, puis par la persécution de ses disciples les plus
pauvres. La seule raison pour laquelle ils ne cherchèrent pas à le tuer était
la crainte de la vengeance du clan auquel appartenait sa famille. Mais fort de
l’inspiration divine, le Prophète continua de mettre les gens en garde et à les
implorer, tandis que Qouraysh faisait tout en son pouvoir pour ridiculiser ses
enseignements et démoraliser ses fidèles.
La fuite vers l’Abyssinie
Durant les quatre premières années, les
convertis provenaient surtout de milieux pauvres et ils étaient, pour la
plupart, incapables de se défendre contre l’oppression qu’ils subissaient. Les
persécutions qu’ils enduraient étaient si cruelles que le Prophète conseilla à
tous ceux qui le pouvaient d’émigrer, du moins temporairement, en Abyssinie (l’Éthiopie
d’aujourd’hui), où ils seraient bien reçus par le chrétien Négus, « un roi
juste et probe ». Près de quatre-vingts convertis quittèrent le pays, en
l’an 614.
Cette alliance avec une puissance
étrangère irrita encore plus les Mecquois; ils envoyèrent des émissaires
demander à Négus l’extradition des musulmans. Un important débat eut lieu à la
Cour et les musulmans l’emportèrent en démontrant, tout d’abord, qu’ils
adoraient le même Dieu que les chrétiens, puis en récitant quelques versets du
Coran relatifs à la vierge Marie, ce qui fit fondre Négus en larmes. Il
dit : « En vérité, cela provient de la même source que ce que Jésus a
apporté. »
Mais en dépit des persécutions et de
l’exil forcé, le nombre de musulmans augmenta encore, ce qui inquiéta Qouraysh
au plus haut point. L’adoration des idoles, à la Ka’aba, dont ils étaient
gardiens, était leur première préoccupation. Lors du pèlerinage, ils postèrent
des hommes sur tous les chemins pour mettre en garde les tribus contre le fou
qui prêchait parmi eux. Ils tentèrent ensuite d’amener le Prophète à accepter
un compromis : ils embrasseraient sa religion à condition qu’il la modifie
de telle sorte à y inclure leurs divinités pour intercéder auprès de Dieu. En
retour, ils lui offraient de faire de lui leur roi s’il renonçait à dénoncer
l’idolâtrie. Mais ils se virent opposer un refus catégorique de la part du
Prophète.
La conversion d’Omar
Puis, il y eut un ajout de poids, dans
les rangs des musulmans : Omar ibn al-Khattab, un des jeunes hommes les
plus en vue dans la cité, se convertit à l’islam. D’abord très irrité par la
popularité croissante de cette nouvelle religion – si contraire à tout ce qu’on
lui avait enseigné depuis son enfance – il avait juré de tuer Mohammed, sans
égard aux conséquences qui pouvaient s’ensuivre. Mais quelqu’un lui fit
remarquer qu’avant de poser un tel geste, il avait intérêt à s’occuper de sa
propre famille, puisque sa sœur et le mari de cette dernière s’étaient
convertis depuis peu. Faisant irruption dans leur maison, il les trouva en
train de lire la sourate Ta-Ha; et quand sa sœur reconnut qu’ils s’étaient bel
et bien convertis à l’islam, il la frappa violemment. Puis, terriblement
honteux de son geste, il demanda à voir ce qu’ils lisaient. Après avoir
insisté pour qu’il fasse d’abord ses ablutions, elle lui tendit le texte; et,
au fur et à mesure de sa lecture, une soudaine et complète transformation
s’opéra en lui. Le doux pouvoir des paroles de Dieu le transforma à jamais!
Il alla directement voir Mohammed et embrassa l’islam.
Un homme comme Omar était trop
important, dans la hiérarchie sociale, pour qu’on s’en prenne à lui, ce qui
n’était pas le cas de la majorité des nouveaux convertis, qui étaient soit
pauvres soit esclaves. Les pauvres étaient capturés et battus, tandis que les
esclaves étaient torturés par leurs maîtres, qui cherchaient à les faire
renoncer à leur nouvelle religion. Malheureusement, Mohammed avait peu de
pouvoir pour leur venir en aide.
Un esclave noir, Bilal, fut ligoté, nu,
sous le soleil brûlant, et ses tortionnaires déposèrent sur son torse une énorme
pierre. Ils le pressèrent de renoncer à l’islam s’il voulait que cessent les
tortures. Mais son unique réponse fut « Ahad! Ahad! (Dieu est unique!
Dieu est unique!). Alors qu’il était dans cet état, près de mourir, Abou Bakr
l’aperçut et le racheta à ses maîtres pour une somme exorbitante. Il fut
soigné chez Mohammed et devint l’un de ses plus proches et plus chers
compagnons. Quand, beaucoup plus tard, on chercha un moyen d’appeler les gens
à la prière, Bilal devint le premier mouezzine de l’islam (c’est-à-dire le
premier à monter dans un minaret et à appeler, à haute voix, les musulmans à la
prière). On parlait de lui comme d’un homme Noir, grand et mince, doté d’une
puissante voix, un visage de corbeau sous des cheveux gris, d’un homme chez qui
le soleil, durant son supplice, avait tout brûlé à l’exception de son amour
pour Dieu et pour Son messager.
Destruction du document
Frustrée de
toutes parts, l’oligarchie mecquoise, sous le leadership d’Abou Jahl, rédigea
un document officiel imposant un boycottage contre le clan Hashim tout entier.
Aucune transaction commerciale avec eux ne serait permise jusqu’à ce qu’ils
bannissent Mohammed et nul n’aurait le droit d’épouser une de leurs femmes ni
de donner leur fille à l’un de leurs hommes. Pendant trois ans, le Prophète et
les siens furent forcés de demeurer dans leur forteresse, située dans une des
gorges montagneuses descendant vers la Mecque.
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La biographie de Mohammed (partie 5 de 12) : Préparation à l’émigration
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Description: Les événements majeurs ayant mené à l’émigration des musulmans à Médine.
par IslamReligion.com
Publié le 27 Oct 2008 - Dernière mise à jour le 27 Oct 2008
Lus: 2780 (moyenne quotidienne: 7) - Évaluation: aucun - Évalué par: 0 Imprimés: 261 - Envoyés: 1 - Commentés: 0
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> Le prophète Mohammed
> Sa biographie
|
Des hommes venus de Yathrib
Ils étaient venus de Yathrib accomplir
le pèlerinage (Hajj). Yathrib (aujourd’hui connue sous le nom de Médine) était
une ville située à plus de 300 kilomètres de la Mecque. Elle était sise dans
une agréable oasis, reconnue de nos jours encore pour l’excellence de ses
dattes. Cette oasis, cependant, avait été la scène de conflits tribaux
incessants. Des juifs se battaient contre d’autres juifs, et des Arabes contre
d’autres Arabes; des Arabes s’alliaient parfois à des juifs contre d’autres
Arabes qui étaient alliés à d’autres juifs. Tandis que la Mecque prospérait,
Yathrib vivait dans la misère et elle avait grandement besoin d’un leader qui
arriverait à unir ses habitants.
À Yathrib, il y avait des tribus juives
dont les rabbins, versés dans les écritures, avaient souvent parlé aux païens
d’un prophète à venir, parmi les juifs, avec lequel les juifs allaient anéantir
les Arabes, tout comme les tribus de ‘Aad et de Thamoud avaient été détruites,
par le passé, à cause de leur idolâtrie.
Le prophète Mohammed (que la paix et
les bénédictions de Dieu soient sur lui), à ce stade de sa mission, allait, en
secret, visiter différentes tribus des environs de la Mecque afin de les
inviter à l’islam. Une fois, il entendit un groupe d’hommes discuter à Aqaba,
un lieu situé à l’extérieur de la Mecque; il demanda la permission de s’asseoir
avec eux et ils acceptèrent avec plaisir. Lorsque ces hommes, qui étaient de
la tribu de Khazraj (une tribu de Yathrib), entendirent les paroles de
Mohammed, ils reconnurent en lui le prophète que les juifs leur avaient décrit
et les six embrassèrent l’islam. Ils espéraient également que Mohammed, avec
sa nouvelle religion, serait l’homme qui allait enfin les réunir avec la tribu
de Aws, une tribu de Yathrib avec laquelle ils partageaient des ancêtres
communs mais qui s’était éloignée d’eux suite à des années de guerres et d’hostilités.
Ils retournèrent à Yathrib avec la ferme intention d’y prêcher la religion de
Mohammed. Ainsi, il n’y eut bientôt plus une seule maison, à Yathrib, qui
n’eût entendu parler de l’islam. L’année suivante, c’est-à-dire en 621, quand
vint le temps du pèlerinage, une délégation vint de Yathrib pour rencontrer le
Prophète.
Le premier pacte d’Aqaba
Cette délégation était composée de
douze hommes dont cinq faisaient partie du groupe de l’année précédente, et de
deux membres de la tribu de Aws. Ils rencontrèrent à nouveau le Prophète à
Aqaba et lui prêtèrent serment d’allégeance, d’abord en leur nom et celui de
leur épouse, promettant de ne rien associer à Dieu dans leur adoration, de ne
pas voler ni de commettre l’adultère ni de tuer leurs enfants, même dans la
pauvreté la plus extrême. Et ils promirent également d’obéir au Prophète dans
tout ce qu’il leur ordonnerait de juste et de bon. Ce serment est connu comme
le premier serment d’Aqaba. Lorsqu’ils retournèrent à Yathrib, le Prophète
envoya avec eux son premier ambassadeur, Mous’ab ibn ‘Omayr, pour enseigner aux
nouveaux convertis les rudiments de la religion et prêcher à ceux qui n’avaient
pas encore embrassé l’islam.
Mous’ab prêcha le message de l’islam
jusqu’à ce que presque toutes les familles de Yathrib comptent au moins un
musulman parmi leurs membres. Et, avant le Hajj de l’année suivante,
c’est-à-dire de l’année 622, Mous’ab retourna voir le Prophète et lui annonça
le succès de sa mission et lui parla de la bonté et de la force de caractère
des gens de Yathrib.
Le deuxième pacte d’Aqaba
En l’an 622, des pèlerins en provenance
de Yathrib, dont soixante-treize musulmans et deux musulmanes, vinrent à la
Mecque pour faire le Hajj. Une nuit, alors que tout le monde dormait, les
musulmans de Yathrib se rendirent en secret à un endroit convenu d’avance avec
le Prophète, près des rochers d’Aqaba, pour lui prêter serment d’allégeance et
l’inviter à venir s’installer dans leur ville. Le Prophète était accompagné de
son oncle, qui était toujours païen, mais qui défendait son neveu à cause des
liens familiaux qui les unissaient. Le Prophète s’adressa aux musulmans et les
mit en garde contre les dangers inhérents à leur mission et contre le fait de
ne pas respecter leur engagement. Une autre personne, parmi les pèlerins, qui
venait pour sa troisième saison de pèlerinage, les avertit des conséquences de
leur engagement et qu’ils feraient mieux d’être bien préparés à le respecter.
Dans leur fervente détermination et par amour pour le Prophète, ils jurèrent de
le défendre comme s’ils devaient défendre leur propre vie et celles de leurs
épouses et enfants. C’est à ce moment que la hijrah, c’est-à-dire l’émigration
à Yathrib, fut décidée.
Cet événement est connu comme le
Serment de guerre, car il impliquait la protection du Prophète, si nécessaire
par les armes. Et, peu de temps après l’émigration à Yathrib, les versets
coraniques permettant d’entrer en guerre pour défendre la religion furent
révélés. Ces versets revêtent une importance particulière dans l’histoire de
l’islam :
« Dieu autorise les gens à se défendre
s’ils sont agressés. Et Il est bien capable de donner la victoire à ceux qui
ont été injustement chassés de leur maison uniquement pour avoir dit :
« Notre Seigneur est Dieu. » Si Dieu ne repoussait pas certains
peuples par d’autres, les monastères, les églises, les synagogues et les
mosquées où le nom de Dieu est souvent prononcé auraient assurément été
démolis. » (Coran 22:39-40)
Cela constituait un tournant pour le
prophète Mohammed, pour les musulmans et pour le monde entier. Le destin du
Prophète se réalisait, et un des aspects de sa mission prophétique consistait,
pour lui, à présenter aux opprimés et aux victimes de persécution les
différentes alternatives qui s’offraient à eux : d’un côté, la patience et
l’indulgence; de l’autre, ce que les chrétiens appellent une « juste
guerre ». Le Coran dit :
« Et si Dieu ne freinait pas certains peuples par d’autres,
la terre serait certainement corrompue. » (Coran 2:251)
Durant presque treize ans, le Prophète
et ses fidèles avaient enduré insultes, menaces et persécutions sans jamais
lever le petit doigt pour se défendre. Ils avaient prouvé que cela était
humainement possible. Mais les circonstances avaient changé, maintenant, et
demandaient une réponse différente si l’islam devait survivre, dans le monde,
jusqu’à la fin des temps. Il y a des moments pour la paix, mais il y a aussi
des moments pour la guerre. Et les musulmans n’oublient jamais que toute personne
qui vient en ce monde y vient pour lutter d’une façon ou d’une autre, à des
degrés différents, sinon physiquement, du moins spirituellement. Ceux qui
ignorent sciemment ce fait finissent toujours, tôt ou tard, par être asservis.
Complot pour tuer le Prophète
Par petits groupes, les musulmans
sortirent discrètement de la Mecque et entreprirent le voyage jusqu’à Yathrib. La
hijrah (ou émigration) était commencée.
Pour Qouraysh, les limites de ce qu’ils
pouvaient endurer avaient été dépassées. Vivre entourés d’ennemis dans la cité
était déjà difficile à gérer, mais maintenant, ces ennemis étaient en train
d’établir un centre rival au nord. La mort d’Abou Talib, l’oncle du Prophète,
avait privé ce dernier de son principal protecteur parmi les hommes. Retenus
jusqu’alors par des considérations et des principes hérités de leurs ancêtres
bédouins et par la crainte de causer une pénible querelle sanglante, les
notables de la Mecque décidèrent finalement qu’il était préférable, pour eux,
de supprimer Mohammed. Abou Jahl proposa un plan fort simple. De jeunes
hommes, choisis parmi différents clans, lui porteraient chacun un coup mortel,
de sorte que son sang se retrouverait sur chacun d’entre eux. Ainsi, le clan
Hashim ne pourrait exiger le prix du sang de tous ces clans à la fois.
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La biographie de Mohammed (partie 6 de 12) : La hijrah du Prophète
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Description: Un récit détaillé de l’émigration du Prophète de la Mecque à Médine.
par IslamReligion.com
Publié le 27 Oct 2008 - Dernière mise à jour le 27 Oct 2008
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> Le prophète Mohammed
> Sa biographie
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La hijrah, en l’an 622
Pendant que les musulmans fuyaient la
Mecque par petits groupes, le Prophète, en compagnie de quelques proches,
attendait l’ordre divin qui lui permettrait d’aller rejoindre les autres à
Yathrib. Quand l’ordre descendit enfin, il donna son manteau à Ali et le fit
étendre sur son lit de sorte que quiconque aurait l’idée de regarder à
l’intérieur croirait le voir, lui. Les assassins devaient frapper au moment où
il sortirait de chez lui, durant la nuit ou tôt le matin. Il savait qu’ils ne
feraient aucun mal à Ali. Ils entouraient déjà sa maison lorsqu’il en sortit
en douce, sans être vu. Il se rendit chez Abou Bakr et ils allèrent tous deux
se réfugier dans une caverne située dans une montagne déserte; ils y restèrent
cachés jusqu’à ce que l’agitation et les clameurs s’estompent. À la tombée de
la nuit, le fils, la fille et le berger d’Abou Bakr leur apportaient de la
nourriture et les informaient des dernières nouvelles. Une fois, un groupe de
recherche ennemi passa si près de leur cachette qu’ils arrivaient à saisir
leurs paroles. Abou Bakr eut peur et dit : « Ô Messager de Dieu! Si
l’un d’eux vient à regarder vers le bas, il nous verra! » Mais le Prophète
répondit :
« Que penses-tu de deux personnes
dont le troisième compagnon est Dieu? Ne crains rien, car Dieu est avec
nous. » (Sahih al-Boukhari)
Lorsque le groupe de recherche
s’éloigna, Abou Bakr envoya demander qu’on apporte des chameaux et un guide à
la tombée du jour, puis ils entreprirent le voyage jusqu’à Yathrib.
Après avoir voyagé durant plusieurs
jours en empruntant des chemins peu fréquentés, ils atteignirent une banlieue
de Yathrib appelée Qoubaa. À cet endroit, comme les gens avaient entendu dire
que le Prophète avait quitté la Mecque, ils sortaient chaque matin, grimpaient
sur les collines pour guetter au loin sa venue, jusqu’à ce que la chaleur
insupportable les force à rentrer. Le Prophète et ses compagnons de voyage
arrivèrent en milieu de journée, après que les gens se soient retirés chez
eux. Un juif qui était à l’extérieur les vit approcher et informa les
musulmans que ceux qu’ils attendaient étaient enfin arrivés. Les musulmans
sortirent les accueillir.
Le Prophète resta quelques jours à
Qoubaa, où il établit les fondations de la première mosquée de l’histoire de
l’islam. Entre-temps, Ali, qui avait quitté la Mecque à pied trois jours après
le Prophète, était lui aussi arrivé. Le Prophète, ses compagnons de la Mecque
et les « alliés » de Qoubaa se rendirent avec lui à Médine, où les
gens attendaient leur arrivée avec impatience.
Les habitants de Médine (Yathrib)
n’avaient jamais connu un jour plus heureux que celui-là. Anas, un proche compagnon du Prophète, a raconté :
« J’étais présent le jour où le
Prophète arriva à Médine et je n’ai jamais connu un jour meilleur et plus
heureux que celui-là. J’étais présent, également, le jour où il quitta ce
monde et je n’ai jamais connu un jour plus sombre que celui-là. » (Ahmed)
Chaque famille de Médine espérait que
le Prophète viendrait s’installer chez elle et certaines personnes tentèrent
même de diriger sa chamelle vers leur maison. Mais il les arrêta et dit :
« Laissez-la, car elle est
guidée par Dieu. »
Elle dépassa plusieurs maisons, puis
elle s’arrêta et s’agenouilla sur la terre de Banou Najjaar. Le Prophète n’en
descendit pas tout de suite; elle se releva, marcha un peu, puis se retourna et
revint au même endroit et s’agenouilla de nouveau. Alors le Prophète en
descendit. Il était satisfait du choix de sa chamelle, car Banou Najjaar
comptait ses oncles maternels parmi ses membres et il souhaitait les honorer en
allant chez eux. Lorsque des membres de la famille commencèrent à sortir de leur
maison pour l’inviter à y entrer, un certain Abou Ayyoub s’avança vers sa monture
et la guida vers sa maison. Le Prophète dit :
« Un homme suit sa monture. »
(Sahih al-Boukhari, Sahih Mouslim)
La première tâche qu’il entreprit, à
Médine, fut la construction d’une mosquée. Il envoya chercher les deux garçons
qui possédaient la palmeraie qui occupait le terrain qu’il avait choisi pour sa
construction et leur en demanda le prix. Ils répondirent : « Nous
t’en faisons cadeau, ô prophète de Dieu! ». Le Prophète (que la paix et
les bénédictions de Dieu soient sur lui) refusa toutefois leur offre, les paya
et construisit une mosquée à cet endroit, participant lui-même aux travaux.
Tout en travaillant, les gens l’entendirent prononcer les paroles
suivantes :
« Ô Dieu! La seule vie est
celle de l’au-delà. Pardonne aux alliés et aux émigrants. (Sahih
al-Boukhari)
La mosquée servait de lieu de prière
pour les musulmans. La prière, qui avait jusque-là été un acte individuel
accompli en secret, était maintenant accomplie ouvertement et elle était
devenue le symbole de la société musulmane. L’époque où les musulmans et
l’islam étaient opprimés et écrasés était révolue. Maintenant, le adhan,
c’est-à-dire l’appel à la prière, serait prononcé à voix haute et son appel
retentirait jusque dans chaque maison afin de rappeler à chaque musulman de
respecter ses obligations envers son Créateur. En plus d’être un lieu de
prière, la mosquée était une école où les musulmans apprenaient les divers
éléments de leur religion, un lieu de rencontre où les différends de divers
groupes étaient résolus et un lieu administratif à partir duquel on gérait les
affaires sociales; c’était un véritable symbole de la façon dont l’islam englobe
toutes les facettes de la vie quotidienne. On s’acquittait de toutes ces
tâches en ce lieu que l’on avait construit à partir des troncs des palmiers qui
y étaient déjà et dont le toit avait été fait à partir des branches de ces
mêmes palmiers.
Lorsque la construction de la mosquée
fut terminée, il construisit également des maisons de chaque côté de celle-ci
pour sa famille, encore une fois à partir des troncs de palmiers. La mosquée
et la maison du Prophète à Médine sont toujours là, de nos jours.
La hijrah était terminée. C’était le
23 septembre 622 et l’ère islamique (le calendrier musulman) commence à partir
de ce jour-là. C’est également ce jour-là que Yathrib fut rebaptisée :
on lui donna le nom de Madinat-oun-Nabi, c’est-à-dire la Cité du Prophète,
communément appelée Médine.
C’est ainsi que se déroula la hijrah,
l’émigration de la Mecque à Yathrib. Les treize années d’humiliation, de
persécution, de succès mitigé et d’une mission prophétique difficile à mener faisaient
maintenant partie du passé.
C’était le début de dix années de
succès à venir, du plus grand succès ayant jamais couronné les efforts d’un
homme. Jusque-là, il n’avait été qu’un prêcheur. Mais à partir de ce moment,
il devint le dirigeant d’un État, d’abord un tout petit État qui, en l’espace
de dix ans, allait devenir l’empire d’Arabie. La hijrah marque une division
claire dans l’histoire de la mission du Prophète, division que l’on retrouve
également dans le Coran. Les révélations de Dieu dont lui et ses fidèles
avaient besoin, maintenant, n’étaient pas du même genre que celles dont ils
avaient eu besoin lorsqu’ils étaient opprimés, à la Mecque. C’est pourquoi,
dans le Coran, les sourates révélées à la Mecque diffèrent de celles révélées à
Médine; les premières s’adressent aux individus et à leurs états d’âme, de même
qu’au Prophète en tant qu’avertisseur, tandis que les autres s’adressent
surtout aux musulmans en tant que communauté sociale et politique et au
Prophète en tant qu’exemple à suivre, législateur et réformateur.
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La biographie de Mohammed (partie 7 de 12) : Une nouvelle étape à Médine
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Description: Les défis liés à l’établissement d’une nouvelle cité-État à Médine.
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Publié le 03 Nov 2008 - Dernière mise à jour le 03 Nov 2008
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> Le prophète Mohammed
> Sa biographie
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La pauvreté était le lot quotidien du
prophète Mohammed. Son repas principal était habituellement composé de gruau,
de dattes et de lait, son seul autre repas de la journée étant composé de
dattes et d’eau. Mais il restait souvent sur sa faim, au point où il attachait
une pierre plate sur son estomac pour en soulager la douleur. Un jour, une
femme lui donna une cape – dont il avait cruellement besoin – mais cette même
journée, en soirée, quelqu’un la lui demanda pour en faire un linceul et il la
lui donna. Ceux qui avaient de petits surplus lui apportaient de la nourriture,
mais il était rare qu’il la garde assez longtemps pour avoir le temps d’y
goûter, car il trouvait toujours quelqu’un qui en avait encore plus besoin que
lui. Avec des forces physiques déclinantes – il avait maintenant
cinquante-deux ans – il lutta pour bâtir une nation basée sur l’islam avec les
personnes de tous genres dont Dieu l’avait entouré.
Doté d’une force
de caractère alliée à des talents diplomatiques extraordinaires, le Prophète
commença à réconcilier les différentes factions ennemies de Médine. Avec
l’arrivée continue de nouveaux émigrants, il devenait essentiel de créer un
réseau de soutien pour ces nouveaux arrivants. Afin que ces derniers
s’intègrent plus facilement, il imagina un système de jumelage où chaque allié
(ansar) prendrait un émigrant (mouhajiroun) comme frère, en ce
sens qu’il le traiterait comme tel en toutes circonstances, jusqu’à le faire
hériter de lui avec les autres membres de sa famille. À l’exception de
quelques-uns, les émigrants avaient tout perdu et étaient totalement dépendants
de leurs nouveaux frères. Certains Ansars allèrent même jusqu’à donner à leur
nouveau frère la moitié de ce qu’ils possédaient en biens immobiliers, en
actifs, en terres et en palmeraies. Tel était l’enthousiasme des Ansars à
l’égard de leurs frères en religion. Dans la plupart des cas, ils
s’efforcèrent de donner aux émigrants une part équitable de leurs biens.
On pourrait presque qualifier de
miraculeux le fait que cette situation n’ait engendré aucun ressentiment chez
ceux qui furent soudainement obligés d’accueillir chez eux de parfaits
étrangers. Ce lien fraternel remettait en question tous les liens ancestraux
ou les liens basés sur la couleur, la nationalité et d’autres facteurs sur
lesquels les Ansars fondaient leur honneur. Les seuls liens qui importaient,
désormais, étaient les liens basés sur la religion. Rarement a-t-on vu, dans
l’histoire, la force de la foi métamorphoser des hommes à ce point.
Les musulmans mecquois, cependant,
n’avaient rien oublié de leur savoir-faire. Un émigrant à qui son nouveau
frère demanda : « Ô toi qui es pauvre, comment puis-je t’aider? Ma maison
et mes biens sont à ta disposition! » lui répondit : « Ô mon bon
ami, montre-moi seulement le chemin pour me rendre au marché. Le reste se fera
tout seul. » On raconte que cet émigrant commença par vendre du fromage
et du beurre clarifié et eut bientôt suffisamment d’argent pour payer la dot
d’une fille du coin. Un peu plus tard, il fut même assez riche pour équiper
une caravane de 700 chameaux.
De telles initiatives étaient
évidemment encouragées, mais certains ne possédaient pas ce genre d’habiletés
et n’avaient ni famille ni biens. Ils passaient leurs journées dans la mosquée
et le soir, le Prophète leur faisait rencontrer des Ansars. Les gens les
surnommèrent Ahl-ous-Souffa. Certains mangeaient à la table du Prophète
– quand il y en avait suffisamment – ou se nourrissaient d’orge grillé fourni
par la communauté.
Durant la première année de son règne à
Yathrib, le Prophète exigea un engagement solennel d’obligation mutuelle entre
son peuple et les tribus juives de Médine et de ses environs, dans lequel
toutes les parties acceptaient que tous jouissent du même statut en tant que
citoyens, de même que d’une totale liberté religieuse, et que chacun défende
les autres s’ils étaient attaqués.
Mais l’idée que les juifs se faisaient
d’un Prophète était celle d’un homme qui les ferait régner sur les autres. De
plus, ils auraient voulu qu’il soit juif et non arabe. Par ailleurs, les juifs
avaient grandement profité des querelles entre les tribus arabes, car c’est à
travers cette instabilité, dans la région, qu’ils s’étaient hissés au-dessus
des autres dans le domaine du commerce. Ils voyaient donc la paix entre les
tribus de Médine comme une menace et non comme une bonne nouvelle.
Aussi, parmi les habitants de Médine,
certains éprouvaient du ressentiment envers les nouveaux émigrants mais
préféraient se taire pour un temps. Le plus puissant d’entre eux, Abdoullah
ibn Oubayy ibn Saloul, était fort mécontent de l’arrivée du Prophète, car il
avait été le leader de Yathrib jusqu’à son arrivée. Il avait accepté l’islam
pour la forme, mais allait plus tard trahir les musulmans et devenir le leader
de ceux qu’on appelait les « hypocrites ».
Leur haine commune du Prophète, des
musulmans et de la nouvelle situation sociale et politique de Yathrib amena
naturellement les juifs et les « hypocrites » à former une alliance. Ils
ne tarirent pas d’efforts pour éloigner les musulmans de l’islam, ourdirent
toutes sortes de plans et de complots contre eux. C’est pour cette raison
qu’il est fréquemment fait mention des juifs et des hypocrites dans les
sourates du Coran révélées à Médine.
La Qiblah
La Qiblah (i.e. la direction dans
laquelle prient les musulmans) avait jusqu’alors été Jérusalem. Les juifs
s’imaginaient que ce choix sous-entendait une inclination vers le judaïsme et que le Prophète, d’une certaine façon, attendait leurs instructions. Celui-ci, de
son côté, souhaitait voir la Qiblah changée pour la Ka’aba, le premier endroit
sur terre construit pour l’adoration de Dieu et reconstruit plus tard par
Abraham. Au cours de la seconde année après l’émigration, le Prophète reçut
l’ordre divin de changer la Qiblah pour la Ka’aba, située à la Mecque. Toute
une partie de la sourate al-Baqarah se rapporte à cette controverse.
Les premières expéditions
Les premières préoccupations du
Prophète, en tant que dirigeant, furent de permettre aux musulmans de prier
ouvertement et en public et d’établir une constitution, tout en gardant à
l’esprit la menace de Qouraysh, qui avait juré de mettre un terme à cette
nouvelle religion. Enragés que le Prophète ait réussi à émigrer à Médine, ils
s’acharnèrent davantage sur les musulmans restés à la Mecque, les persécutant
et les torturant sans relâche. Et leurs complots diaboliques ne s’arrêtèrent
pas là : ils tentèrent d’établir des alliances secrètes avec certains
polythéistes de Médine comme Abdoullah ibn Oubayy, lui ordonnant de tuer ou d’expulser
le Prophète. Ils envoyaient régulièrement des lettres de menaces aux musulmans
de Médine, leur annonçant leur destruction prochaine. Tant de personnes
rapportèrent au Prophète les complots des polythéistes qu’il demanda que des
gardes soient positionnés autour de chez lui. C’est à ce moment que Dieu donna
aux musulmans la permission de prendre les armes contre les mécréants.
Durant treize ans, les musulmans
avaient été de purs pacifistes. Mais maintenant, ce n’était plus le cas; plusieurs
petites expéditions furent envoyées, menées soit par le Prophète soit par un
des émigrants de la Mecque, afin de reconnaître les routes menant à la Mecque
et aller former des alliances avec d’autres tribus. D’autres expéditions
furent envoyées pour intercepter des caravanes revenant de Syrie et se
dirigeant vers la Mecque, permettant ainsi aux musulmans d’exercer une pression
économique sur Qouraysh afin qu’ils cessent de persécuter les musulmans, tant à
la Mecque qu’à Médine. Seules quelques-unes de ces expéditions dégénérèrent en
batailles. De façon générale, c’est par elles que les musulmans arrivèrent à
établir leur nouveau statut dans la Péninsule Arabe; ils ne formaient plus un
peuple faible et opprimé, ils étaient devenus plus forts et étaient devenus une
puissance redoutable que leurs ennemis devaient se garder de sous-estimer.
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La biographie de Mohammed (partie 8 de 12) : La bataille de Badr
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Description: Elle fut l’une des batailles les plus décisives de l’histoire de l’humanité et elle modifia totalement l’équilibre politique de la Péninsule Arabe.
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Publié le 03 Nov 2008 - Dernière mise à jour le 03 Nov 2008
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> Le prophète Mohammed
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La campagne de Badr
Lors d’une expédition, une caravane de
Qouraysh, en route pour la Syrie, échappa aux musulmans. Alors ces derniers
attendirent son retour. Des éclaireurs musulmans l’aperçurent à son retour,
menée par Abou Soufyan lui-même. Ils coururent avertir le Prophète et lui donnèrent
des détails sur sa taille. Si cette caravane était interceptée, cela aurait un
impact économique majeur sur Qouraysh, impact qui se répercuterait sur toute la
société mecquoise. Les éclaireurs rapportèrent que la caravane ferait une
halte aux puits de Badr; les musulmans se préparèrent donc à l’intercepter.
Abou Soufyan eut vent des intentions
des musulmans; il envoya une missive urgente à la Mecque, demandant à ce qu’une
armée soit envoyée pour s’occuper d’eux. Comprenant à quel point les
conséquences seraient catastrophiques si la caravane était interceptée, ils rassemblèrent
le plus d’hommes possible et partirent à la rencontre des musulmans. En route
vers Badr, l’armée reçut la nouvelle qu’Abou Soufyan avait réussi à échapper
aux musulmans en détournant la caravane vers une autre route longeant la mer. L’armée
mecquoise, composée d’un millier d’hommes, poursuivi son chemin jusqu’à Badr
afin de donner une leçon aux musulmans et de les dissuader de jamais attaquer
une autre caravane dans le futur.
Quand les musulmans apprirent l’arrivée
imminente de l’armée mecquoise, ils comprirent qu’ils devaient prendre rapidement
une décision courageuse, voire audacieuse. Car s’ils n’allaient pas à leur
rencontre, à Badr, les Mecquois continueraient d’attaquer l’islam de toutes
parts et peut-être même viendraient-ils jusqu’à Médine prendre les vies, les
propriétés et les biens des musulmans. Le Prophète (que la paix et les
bénédictions de Dieu soient sur lui) tint une réunion consultative afin
d’établir un plan d’action. Il ne voulait pas prendre la tête des musulmans,
et plus particulièrement des Ansars qui composaient la majeure partie de
l’armée et qui n’étaient même pas tenus, par le serment d’Aqaba, de combattre
au-delà de leurs territoires et de participer à une bataille avec laquelle ils
n’étaient pas nécessairement d’accord.
Un homme parmi les Ansars, Sa’d ibn
Mou’aadh, se leva et réaffirma leur dévouement au Prophète et à la cause de
l’islam. Il dit :
« Ô prophète de Dieu! Nous
croyons en toi et nous sommes témoins de ce dont tu nous as gratifiés. Et nous
déclarons, en termes non équivoques, que ce que tu nous as transmis est la
Vérité. Nous te prêtons un serment d’obéissance et de sacrifice ferme et
énergique. Nous t’obéissons de notre plein gré en tout ce que tu nous ordonnes
et, par Dieu qui t’a envoyé avec la Vérité, si tu nous demandais de plonger
dans la mer, nous le ferions sans hésiter et aucun de nous ne resterait derrière.
L’idée d’affronter l’ennemi ne nous fait pas reculer. Nous avons l’expérience
de la guerre et on peut compter sur nous pour combattre. Nous espérons que
Dieu te fera voir, par nos propres mains, ces actes de bravoure qui te feront
plaisir. Cela dit, nous te prions, au nom de Dieu, de bien vouloir nous mener
au champ de bataille. »
Après cette démonstration de soutien et
d’amour inconditionnels envers le Prophète et l’islam, à la fois des émigrants
et des Ansars, les musulmans, au nombre d’environ 300, prirent le chemin de
Badr. Comme ils n’avaient que soixante-dix chameaux et trois chevaux, ils les
montèrent à tour de rôle. Ils avancèrent pour aller à la rencontre de ce qui
allait plus tard être appelé al-Yawm al-Fourqan, c’est-à-dire le Jour du
discernement; discernement entre la lumière et l’obscurité, entre le bien et le
mal, entre le vrai et le faux.
La nuit précédent l’affrontement, le
Prophète la passa en prières et en invocations. La bataille eut lieu le 17 du
mois de Ramadan de la deuxième année de la Hijrah (correspondant à l’an 624).
Les Arabes avaient l’habitude de commencer les batailles par des duels. Les
musulmans prirent le dessus lors de ces préliminaires, au cours desquels
certains notables de Qouraysh perdirent la vie. Enragés, les membres de
Qouraysh foncèrent sur les musulmans, déterminés à les éliminer une fois pour
toutes. Les musulmans gardèrent une position de défense stratégique, ce qui
provoqua de lourdes pertes chez les Mecquois. Le Prophète suppliait son
Seigneur de toutes ses forces, tendant les bras si haut que sa cape tomba de
ses épaules. C’est à ce moment qu’il reçut une révélation lui promettant
l’aide de Dieu :
« Je vais vous aider (en vous envoyant)
un millier d’anges déferlant les uns à la suite des autres. » (Coran 8:9)
Apprenant cette bonne nouvelle, le
Prophète ordonna aux musulmans de passer à l’offensive. L’imposante armée de
Qouraysh fut complètement décontenancée par le zèle, la bravoure et la foi
déterminée des musulmans. Et, après avoir essuyé de lourdes pertes, elle ne put
faire autrement que de fuir. Les musulmans se retrouvèrent seuls sur le champ
de bataille avec les corps de quelques Mecquois, dont le plus grand ennemi de l’islam,
Abou Jahl. Qouraysh venait d’être défaite et Abou Jahl, tué. La promesse de
Dieu s’était réalisée :
« Ils seront bientôt mis en déroute et
fuiront. » (Coran 54:45)
À l’issue de
cette bataille, qui fut l’une des plus décisives de l’histoire de l’islam, on
ne compta qu’entre soixante-dix et quatre-vingts victimes.
La Mecque
chancela sous le choc de la nouvelle. Abou Soufyan devint la figure dominante
de la cité et il savait mieux que quiconque que cette affaire ne pouvait en
rester là. Le succès engendre le succès et les tribus bédouines, comprenant
rapidement de quel côté se trouvait le pouvoir, furent de plus en plus tentées
de s’allier aux musulmans. C’est ainsi que l’islam gagna de nombreux nouveaux
convertis à Médine.
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La biographie de Mohammed (partie 9 de 12) : La trahison d’anciens alliés
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Description: Des erreurs commises lors de la bataille d’Ouhoud provoquent de lourdes pertes chez les musulmans. Puis, à la dernière minute, une nouvelle stratégie leur apporte la victoire.
par IslamReligion.com
Publié le 10 Nov 2008 - Dernière mise à jour le 10 Nov 2008
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> Le prophète Mohammed
> Sa biographie
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La bataille du Mont Ouhoud
Au cours de l’année suivante, une armée
composée de trois mille hommes partit de la Mecque pour venir détruire
Yathrib. La première idée du Prophète, au départ, fut de simplement défendre
la ville, un plan qu’Ibn Oubayy, leader des « hypocrites », approuva
fortement. Mais les hommes qui s’étaient battus à Badr, croyant que Dieu les
aiderait en toutes circonstances, virent comme une honte le fait d’attendre
derrière des murs.
Devant leur foi et leur ferveur, le
Prophète céda et partit avec une armée de mille hommes vers le Mont Ouhoud, où
les attendait l’ennemi. Pour se venger, Ibn Oubayy et ses hommes, qui
composaient le tiers de l’armée, se retirèrent. En dépit des lourdes pertes,
la bataille d’Ouhoud se serait soldée par une victoire encore plus grande que
celle de Badr, pour les musulmans, si ce n’avait été de la désobéissance d’un
groupe de cinquante archers auquel le Prophète avait demandé de monter la garde
devant un passage que pouvait emprunter la cavalerie ennemie. Croyant que leur
armée avait remporté la bataille, ils quittèrent leur position, craignant de
voir leur part du butin leur échapper. C’est à ce moment que la cavalerie
ennemie s’engouffra par le passage ainsi libéré et fonça sur les musulmans. Le
Prophète lui-même fut blessé et la rumeur de sa mort commença à courir parmi
les combattants jusqu’à ce que quelqu’un le reconnaisse et clame à tue-tête
qu’il était encore vivant. Les musulmans, se regroupant autour du Prophète,
battirent en retraite, laissant de nombreux morts sur le coteau. Ce territoire
appartenait aux Mecquois; les femmes de Qouraysh commencèrent à circuler parmi
les corps, se lamentant auprès de ceux appartenant aux leurs et mutilant ceux
des musulmans. Le corps de Hamzah, le jeune oncle et ami d’enfance du Prophète,
était du nombre, et l’abominable Hind, épouse d’Abou Soufyan qui en voulait
particulièrement à Hamzah et qui avait donné une récompense à l’homme qui
l’avait tué, ouvrit son corps, en sortit le foie et en mâchouilla une partie.
Le jour suivant, le Prophète sortit à nouveau avec son armée afin que Qouraysh
l’apprenne et soit dissuadé d’attaquer Médine. Le stratagème fonctionna grâce
à un bédouin qui croisa les musulmans et discuta avec eux. Puis, il poursuivit
son chemin et croisa l’armée de Qouraysh. Interrogé par Abou Soufyan, il lui
dit que Mohammed, plus fort que jamais et assoiffé de vengeance, les attendait
sur le champ de bataille avec son armée. Apprenant cela, Abou Soufyan décida
de retourner à la Mecque.
Massacres de musulmans
Le revers qu’ils avaient subi sur le
Mont Ouhoud avait réduit le prestige des musulmans aux yeux des tribus arabes
et des juifs de Yathrib. Des tribus qui avaient jusque-là penché en faveur des
musulmans penchaient maintenant en faveur de Qouraysh. Des compagnons du
Prophète se faisaient désormais attaquer et même tuer lorsqu’ils voyageaient en
petits groupes. Khoubayb, un de ses messagers, fut capturé par une tribu du
désert et vendu à Qouraysh, qui le tortura à mort, sur la place publique, à la
Mecque.
Expulsion de Bani Nadhir
En dépit du traité conclu avec les
musulmans, les juifs, désormais, cachaient difficilement leur hostilité envers
eux. Ils se mirent à négocier des alliances avec Qouraysh et les
« hypocrites », et tentèrent même d’assassiner le Prophète. Ce
dernier se vit dans l’obligation de prendre des mesures punitives contre
certains d’entre eux. La tribu de Bani Nadhir fut assiégée dans ses
forteresses, sa résistance se trouva affaiblie et elle fut forcée d’émigrer.
Bataille des tranchées
Abou Soufyan avait probablement compris
que les représailles « œil pour œil, dent pour dent » étaient
devenues inutiles. Soit il faisait tomber les musulmans une fois pour toutes,
soit il perdait la guerre de façon définitive. Usant de ses talents
diplomatiques, il planifia de former une confédération de tribus bédouines dont
certaines étaient violemment opposées aux musulmans et les autres uniquement
intéressées par un éventuel butin. En même temps, il commença à sonder
secrètement les juifs de Médine au sujet d’une possible alliance. Au cours de
la cinquième année de la Hijrah (i.e. au début de l’an 627), il partit avec 10
000 hommes en direction de Médine, ce qui constituait la plus imposante armée
jamais vue dans le Hijaz (la partie occidentale de la Péninsule arabe). Médine,
de son côté, ne pouvait en rassembler plus de 3000 pour leur résister.
Le Prophète tint un conseil de guerre
et cette fois, personne ne suggéra d’aller à la rencontre de l’ennemi. Leur
principale préoccupation concernait la meilleure façon de protéger la cité. C’est
à ce moment que Salman le Persan, un ancien esclave qui était devenu l’un des
plus proches compagnons du Prophète, suggéra de creuser de profondes tranchées tout
autour de la cité entre les champs de lave et les forteresses. Il s’agissait
d’une tactique sans précédent dans les guerres entre peuples arabes, mais elle
plut immédiatement au Prophète et ils se mirent tous au travail, lui y compris.
Le travail était à peine terminé lorsque
l’armée des confédérés apparut à l’horizon. Tandis que les musulmans
attendaient l’assaut, ils apprirent que Bani Qouraydhah, une tribu juive de
Yathrib qui avait jusque-là été loyale, était passée à l’ennemi. L’affaire
semblait désespérée. Le Prophète fit venir chaque homme disponible près des
tranchées, laissant la cité aux commandes d’un musulman aveugle, et l’ennemi
fut accueilli par une pluie de flèches alors qu’il s’approchait de l’obstacle
inattendu. Abou Soufyan et ses hommes ne purent jamais le traverser, mais
demeurèrent en position durant trois ou quatre semaines, échangeant des flèches
et des insultes avec les défenseurs de la cité. La température changea, des
vents glaciaux se mirent à balayer l’endroit, accompagnés de pluies torrentielles;
c’était plus que ce que les bédouins confédérés pouvaient supporter. Ils
avaient suivi l’armée de Qouraysh en croyant obtenir facilement un butin et ils
savaient qu’ils n’avaient rien à gagner à attendre près d’une tranchée boueuse,
sous une pluie battante, à regarder leurs bêtes mourir à cause du manque de
fourrage. Ils disparurent les uns après les autres sans même saluer Abou
Soufyan. L’armée de désintégra et il se vit lui-même forcé de se retirer. Le
jeu était terminé. Et il avait perdu.
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La biographie de Mohammed (partie 10 de 12) : Le traité de Houdaybiyyah
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Description: La victoire secrète d’un traité de non-agression entre les musulmans et les Mecquois.
par IslamReligion.com
Publié le 10 Nov 2008 - Dernière mise à jour le 10 Nov 2008
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> Le prophète Mohammed
> Sa biographie
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Représailles contre Bani Qouraydhah
Rien n’est pire, aux yeux des Arabes,
que de trahir la confiance et violer un serment fait de façon solennelle. Il
était donc temps, maintenant, de s’occuper de Bani Qouraydhah. Le jour où les
musulmans revinrent des tranchées, le Prophète déclara la guerre contre la
traître Bani Qouraydhah qui, consciente de sa culpabilité, s’était déjà
réfugiée dans ses forteresses. Après un siège qui dura près d’un mois, ils
durent se rendre sans conditions. Tout au plus supplièrent-ils d’être jugés
par un membre d’une tribu arabe de laquelle ils étaient partisans. Ils
choisirent le chef du clan avec lequel ils avaient une alliance de longue date,
Sa’d ibn Mou’adh, de Aws. Ce dernier, suite aux blessures qu’il avait subies durant
la bataille d’Ouhoud, était mourant et dut être porté pour pouvoir prononcer
son jugement. Sans hésiter, il condamna à mort les hommes de la tribu.
Houdaybiyyah
Au cours de la même année, le Prophète
eut une vision dans laquelle il se vit entrer à la Mecque sans rencontrer de résistance;
c’est alors qu’il prit la décision d’accomplir le pèlerinage. En plus d’un
certain nombre de musulmans de Médine, il offrit aux tribus arabes alliées,
dont le nombre avait passablement augmenté après la déconfiture de Qouraysh
lors de la bataille des tranchées, de l’accompagner. Cependant, la plupart refusèrent
son offre. Ce sont donc mille quatre cents homme, vêtus en pèlerins et amenant
avec eux les bêtes à sacrifier, qui entreprirent le voyage jusqu’à la Mecque.
Comme il s’en approchaient, un ami de la cité vint à leur rencontre et avertit
le Prophète que Qouraysh avait juré de les empêcher d’entrer dans le sanctuaire
et que leur cavalerie était déjà en route. Alors le Prophète ordonna à ses
hommes de faire un détour par les gorges des montagnes. Ces derniers étaient
donc épuisés lorsqu’ils descendirent finalement dans la vallée de la Mecque. Ils
campèrent dans un endroit appelé Houdaybiyyah. Là, le Prophète tenta de
parvenir à une entente avec Qouraysh, expliquant qu’ils ne venaient qu’en tant
que pèlerins. Le premier messager qu’il envoya fut maltraité et son chameau
blessé aux jarrets. Il revint donc sans avoir pu transmettre son message. Qouraysh,
de son côté, envoya un messager qui s’avéra fort arrogant et menaçant dans ses
paroles. Un autre de leurs envoyés s’adressa au Prophète de façon si familière
qu’on dût lui rappeler sévèrement le respect qu’il devait manifester envers ce
dernier. C’est lui qui, en revenant à la Mecque, dit : « J’ai vu César
et Khosro dans leur splendeur, mais jamais je n’ai vu d’homme plus honoré par
ses compagnons que ne l’est Mohammed. »
Le Prophète voulut alors envoyer un
messager qu’il imposerait le respect. Il choisit Outhman à cause de son lien
de parenté avec la puissante famille Oumayyad. Tandis que les musulmans
attendaient son retour, quelqu’un vint leur annoncer qu’Outhman avait été
assassiné. C’est à ce moment que le Prophète, assis sous un arbre, à
Houdaybiyyah, fit prêter serment à tous ses compagnons qu’ils résisteraient
tous ensemble ou tomberaient tous ensemble. Mais par la suite, ils apprirent
qu’en réalité, Outhman n’avait pas été assassiné. Puis, une troupe sortie de
la Mecque pour venir attaquer les musulmans fut capturée et amenée devant le
Prophète, qui leur pardonna suite à leur promesse de renoncer à toute
hostilité.
Trêve de Houdaybiyyah
Qouraysh envoya par la suite de
meilleurs messagers. Après quelques négociations, la trêve de Houdaybiyyah fut
signée. Elle stipulait qu’il n’y aurait plus d’hostilités entre les deux
parties pour une période de dix ans. Que le Prophète devait retourner à Médine
sans avoir visité la Ka’aba, mais qu’on le laisserait accomplir le pèlerinage
avec ses compagnons l’année suivante. Qouraysh promit d'évacuer la Mecque pour
leur permettre de le faire. Durant la période de la trêve, les déserteurs de
Qouraysh venus rejoindre les musulmans seraient retournés chez eux, mais les
déserteurs musulmans allés rejoindre la Mecque ne le seraient pas. Toute tribu
ou clan souhaitant faire partie du traité en tant qu’allié(e) de Qouraysh
pourrait le faire. Les musulmans furent consternés en apprenant les clauses du
traité. Ils se demandèrent, entre eux : « À quand cette victoire qui
nous a été promise? »
Comme ils revenaient chez eux, en
provenance de Houdaybiyyah, la sourate intitulée « la victoire » fut
révélée. En réalité, cette trêve s’avéra être la plus grande victoire obtenue
par les musulmans jusque-là. La guerre avait constitué une barrière entre eux
et les idolâtres, mais maintenant, les deux parties s’étaient rencontrées et
avaient discuté, et à partir de là, l’islam se répandit plus vite que jamais.
Au cours des deux années qui s’écoulèrent entre la signature du traité et la
chute de la Mecque, le nombre de convertis fut plus important que le nombre
total de convertis depuis les débuts de l’islam. Le Prophète s’était déplacé
jusqu’à Houdaybiyyah avec 1400 hommes. Deux ans plus tard, lorsque les
Mecquois violèrent la trêve, il alla les affronter avec une armée de 10 000
hommes.
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La biographie de Mohammed (partie 11 de 12) : Le retour à la Mecque
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Description: Les événements qui menèrent à la conquête de la Mecque et, plus tard, à la fin de l’idolâtrie en Arabie.
par IslamReligion.com
Publié le 17 Nov 2008 - Dernière mise à jour le 17 Nov 2008
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> Le prophète Mohammed
> Sa biographie
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La campagne de Khyber
Au cours de la septième année de la Hijrah, le Prophète (que la paix
et les bénédictions de Dieu soient sur lui) mena une campagne contre Khyber, bastion
des tribus juives dans le Nord de l’Arabie qui était devenu un véritable
guêpier pour ses ennemis. C’est à Khyber qu’une juive avait servi de la viande
empoisonnée au Prophète, viande dont il n’avait prit qu’une seule bouchée. À
peine la viande avait-elle touchée ses lèvres qu’il s’était rendu compte
qu’elle était empoisonnée. Sans l’avaler, il avait mis en garde ses
compagnons, mais un des musulmans en avait déjà avalé un morceau et il en était
mort. La femme qui avait préparé et servi cette viande fut condamnée à mort.
Pèlerinage à la Mecque
Au cours de la même année, la vision
que le Prophète avait eue au sujet du pèlerinage à la Mecque se réalisa :
il entra à la Mecque sans trouver de résistance. Respectant les clauses de la
trêve, les idolâtres évacuèrent la cité et, à partir des hauteurs
environnantes, regardèrent les musulmans accomplir leur pèlerinage.
La trêve violée par Qouraysh
Un peu plus tard, une tribu alliée à
Qouraysh viola la trêve en attaquant une tribu alliée au Prophète et en
massacrant ses membres jusque dans le sanctuaire de la Mecque. Par la suite,
terrifiés à l’idée des conséquences que pourrait avoir leur geste, ses membres
envoyèrent Abou Soufyan à Médine pour demander à ce que le traité soit
renouvelé et que ses clauses soient prolongées. Ils espéraient qu’il y
arriverait avant que les nouvelles du massacre n’atteignent Médine. Mais un
messager de la tribu qui avait été attaquée avait devancé Abou Soufyan et ce
dernier ne put entamer aucunes négociations.
La conquête de la Mecque
Le Prophète rassembla tous les
musulmans en âge de porter les armes et marcha sur la Mecque. Qouraysh en fut
terriblement effrayé. Sa cavalerie se mit en position de défense devant la
cité mais fut rapidement mise en déroute sans effusion de sang. C’est ainsi
que le Prophète entra dans sa ville natale en conquérant.
Ses habitants craignaient qu’il cherche
à se venger d’eux, mais le Prophète proclama une amnistie générale. Surprise
et soulagée, la plus grande partie de la population s’empressa de lui prêter
serment d’allégeance. Le Prophète ordonna la destruction de toutes les idoles
se trouvant dans le sanctuaire et ajouta : « La vérité est venue
et les ténèbres se sont dissipées ». Puis, on entendit l’appel à la
prière résonner dans toute la Mecque.
La bataille de Hounayn
Au cours de la même année, il y eut un
rassemblement de tribus païennes en colère qui souhaitaient reprendre le
contrôle de la Ka’aba. Le Prophète les affronta avec une armée de douze milles
hommes. À Hounayn, dans un profond ravin, ses troupes furent prises dans une
embuscade et passèrent près d’être mises en déroute. C’est avec beaucoup de
difficulté qu’elles parvinrent à rejoindre le Prophète et ses fidèles compagnons
qui, seuls, faisaient face à l’ennemi. Mais la victoire, lorsqu’elle vint, fut
éclatante et ils récoltèrent un important butin, car plusieurs des tribus
ennemies avaient apporté avec elles tout ce qu’elles possédaient.
La conquête de Taïf
La tribu de Thaqif faisait partie des
ennemis qu’ils affrontèrent à Hounayn. Après cette victoire, la ville de Taïf
fut assiégée par les musulmans et finit par rendre les armes. Par la suite, le
Prophète nomma un gouverneur à la Mecque et, de son côté, retourna à Médine à
la plus grande joie des Ansars qui avaient craint qu’en retrouvant sa ville
natale il ne décide de les abandonner et de faire de la Mecque la capitale.
L’expédition de Tabook
Au cours de la neuvième année de la
Hijrah, apprenant que des troupes ennemies étaient en train de se rassembler en
Syrie, le Prophète appela tous les musulmans à participer avec lui à une
importante campagne. Malgré quelques ennuis de santé, il dirigea son armée
jusqu’à la frontière syrienne en plein été. La grande distance, la chaleur
accablante, le prestige de l’ennemi et le fait que c’était la saison des
récoltes poussèrent certains musulmans à s’excuser et plusieurs autres à rester
chez eux sans même s’excuser. Ce soir-là, à la frontière, ils campèrent sans
eau ni nourriture, s’abritant derrière leurs chameaux.
Par la suite, ils atteignirent l’oasis
de Tabook, puis retournèrent à la Mecque après avoir converti plusieurs
tribus. La campagne prit fin dans le plus grand calme.
Déclaration d’immunité
Bien que la Mecque fût conquise et que
la majorité de ses habitants fussent désormais musulmans, les règles
officielles du pèlerinage n’avaient pas été modifiées : les païens le
faisaient toujours à leur manière et les musulmans, à la leur. Ce n’est qu’après
que la caravane musulmane eût quitté Médine pour aller faire le Hajj, au cours
de la neuvième année de la Hijrah et alors que l’islam était devenu prédominant
dans le Nord de l’Arabie, que la déclaration d’immunité fut révélée. Selon
cette déclaration, seuls les musulmans auraient droit d’accomplir le pèlerinage
après cette année, à l’exception des idolâtres qui avaient conclu un traité
encore en vigueur avec les musulmans, qui n’avaient jamais violé aucun de leurs
traités et n’avaient jamais soutenu quelque tribu que ce soit contre ceux avec
qui ils avaient conclu des traités. Ceux-là pourraient continuer de jouir des
privilèges que leur accordait leur traité jusqu’à son terme. Cependant, à
l’expiration du traité, ils redeviendraient comme tous les autres idolâtres et
seraient assujettis aux mêmes lois. Cette proclamation marqua la fin de
l’idolâtrie en Arabie.
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La biographie de Mohammed (partie 12 de 12) : Les adieux
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Description: Le pèlerinage du Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) et sa mort.
par IslamReligion.com
Publié le 17 Nov 2008 - Dernière mise à jour le 17 Nov 2008
Lus: 2610 (moyenne quotidienne: 7) - Évaluation: 5 de 5 - Évalué par: 3 Imprimés: 242 - Envoyés: 3 - Commentés: 0
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> Le prophète Mohammed
> Sa biographie
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Le pèlerinage d’adieu
La fin, cependant, se rapprochait; et,
au cours de la dixième année de la Hijrah, il quitta Médine avec 90 000
musulmans venus des quatre coins de l’Arabie pour accomplir le Hajj,
c’est-à-dire le pèlerinage. Ce voyage triomphal d’un homme vieillissant, usé
par des années de persécution et de luttes incessantes, fut entouré d’une aura
de splendeur, comme si un grand cercle de lumière s’éteignait petit à petit,
embrassant le monde des mortels de son éclat apaisant.
Il se rendit à la Mecque pour la
dernière fois, en tant que pèlerin, afin d’accomplir ce qu’il est convenu
d’appeler le « pèlerinage d’adieu ». Durant ce pèlerinage, il grimpa
sur le mont Arafat et prononça son dernier sermon public devant une foule
immense. Il rappela aux musulmans leurs devoirs religieux, le fait qu’ils
auraient à rencontrer leur Seigneur, un jour, et que chacun serait jugé en
fonction de ses œuvres. À la fin de son sermon, il demanda : « Ne
vous ai-je pas transmis le message? ». Et, de cette multitude d’hommes et
de femmes qui, quelques mois ou quelques années auparavant avaient été de
grands idolâtres, une clameur monta : « Oui! Par Dieu! ». Le
Prophète dit alors : « Ô Dieu! Tu es mon Témoin! ». L’islam
était maintenant fermement établi et dans les années à venir, il allait croître
comme un grand arbre procurant une ombre bienfaisante à des foules encore plus
nombreuses. Le Prophète avait accompli sa mission et il était maintenant prêt
à déposer son fardeau et partir.
Maladie et mort du Prophète
Il retourna à Médine. Il restait du
travail à accomplir. Mais un jour, il fut saisi d’un douloureux malaise. Il
se rendit à la mosquée enveloppé d’une lourde couverture et certains reconnurent
les signes précurseurs de la mort sur son visage.
Il
dit :
« S’il y en a, parmi vous,
qui par ma faute ont été fouettés injustement, voici mon dos; frappez-le à
votre tour. Et si j’ai porté atteinte à la réputation de qui que ce soit,
qu’il me rende la pareille. »
Dans le passé, il avait dit :
« Qu’ai-je à faire de ce
monde? Moi et ce monde sommes comme un cavalier et un arbre sous lequel il s’abrite.
Ensuite, il repart et laisse l’arbre derrière lui. »
Et maintenant il disait :
« Il y a un serviteur parmi les
serviteurs de Dieu à qui on a offert le choix entre ce monde et ce qui est auprès
de Dieu; et le serviteur a choisi ce qui est auprès de Dieu. »
Le 12 du mois de Rabi oul-Awwal de la
onzième année de la Hijrah, qui équivaut au 8 juin 632 du calendrier chrétien,
il entra dans la mosquée pour la dernière fois. Abou Bakr était en train de
mener la prière et il lui fit signe d’approcher pour prendre sa place. En
observant les gens, le visage du Prophète devint radieux. « Je n’ai
jamais vu le visage du Prophète plus rayonnant qu’à ce moment-là », a
raconté son compagnon Anas. De retour chez son épouse Aisha, il s’allongea près
d’elle, sa tête sur ses cuisses. Il ouvrit ses yeux et elle l’entendit
murmurer : « Avec les plus grands compagnons, au Paradis... ».
Ce furent ses dernières paroles. Quand, plus tard dans la journée, la rumeur
de sa mort se répandit, Omar menaça ceux qui la faisaient circuler d’un sévère
châtiment, déclarant que c’était un crime que de penser que le Messager de Dieu
pouvait mourir. Il tempêtait ainsi quand Abou Bakr entra dans la mosquée et l’entendit.
Il se rendit alors chez sa fille Aisha, où le Prophète était allongé. Le
voyant mort de ses propres yeux, il l’embrassa sur le front et retourna dans la
mosquée. Des gens écoutaient Omar, qui disait que cette rumeur était un pur
mensonge, que le Prophète, qui était leur force vitale, ne pouvait être mort.
Abou Bakr se dirigea vers lui et essaya de le faire taire en lui chuchotant
quelques mots. Puis, voyant qu’Omar ne lui prêtait aucune attention, il s’adressa
à tous à voix haute et les gens se tournèrent vers lui. Il commença par louer
Dieu et prononça ces paroles qui sont le symbole de la croyance en islam :
« Ô mes frères! S’il en est qui adoraient Mohammed, qu’ils sachent que
Mohammed est mort. Quant à ceux qui avaient pour habitude d’adorer Dieu,
qu’ils sachent que Dieu est vivant et qu’Il ne peut mourir. » Puis il
récita le verset coranique suivant :
« Mohammed n’est qu’un messager. Avant
sa venue, des messagers (comme lui) sont passés. S’il mourait, donc, ou s’il
était tué, feriez-vous marche arrière? Celui qui se détourne (de l’islam) ne
nuit point à Dieu. Et Dieu récompensera ceux qui sont reconnaissants. » (Coran
3:144)
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