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Dans ce siècle de progrès
technologiques et de communications instantanées, il est devenu fréquent d’entendre
les gens parler de respect ou, plus précisément, du manque de respect. On
entend parler de respect pour l’environnement, de respect pour les autres
cultures et religions, de respect des uns envers les autres et, la grande mode
du 21e siècle : de respect envers soi-même. Nous n’avons plus
de respect envers les politiciens et les gouvernements, mais nous en gagnons
envers les grands sportifs et les acteurs. Nous tentons de respecter la planète
en fermant les robinets et en éteignant les lumières. Nous nous plaignons
amèrement de nos vies et du manque de respect que nous sentons à la maison et
au travail. Nous vivons dans un monde à l’envers où nous parlons avec
admiration et profond respect des acteurs qui donnent en charité aux pays
ravagés par la sécheresse, tandis que nous jetons notre nourriture aux
ordures. Nous versons quelques larmes lorsque nous apprenons que tel chanteur
a des problèmes de drogues, mais nous enjambons les itinérants qui nous
bloquent le passage, sur les trottoirs. Nous respectons les scientifiques qui
nous mettent en garde contre le réchauffement planétaire, mais nous ignorons
les commandements de notre Créateur. Nous comprenons la signification du
respect, mais sommes incapables de parvenir à ce respect. Car beaucoup d’entre
nous ne connaissent plus l’essence même du respect.
Comment retrouver ce respect qui
semble, pour plusieurs d’entre nous, inatteignable? Simplement en suivant les
commandements de Dieu et en L’adorant comme il se doit. Car Dieu dit, dans le
Coran (51:56), qu’Il n’a créé les hommes que pour qu’ils L’adorent. Adorer
Dieu équivaut à Le respecter comme Il le mérite et nous amène, par conséquent,
à traiter les êtres humains et l’environnement avec respect; et ce respect que
nous démontrons fait en sorte que les gens, à leur tour, nous respectent
également. De tous les êtres humains, ce sont les plus pieux et les plus
proches de Dieu qui méritent le plus notre respect. Dans l’article précédent,
nous avons parlé des dangers inhérents à la médisance et au commérage et
comment les gens qui se rendent coupables de ces péchés ont perdu tout respect
pour eux-mêmes et, surtout, pour Dieu.
En tant qu’êtres humains, nous devons
tous combattre nos envies et désirs profonds; et l’un des péchés auxquels il
est le plus difficile de résister est le commérage. Cependant, si nous
souhaitons vraiment adorer et aimer Dieu de manière appropriée, il est
impératif que nous fassions des efforts pour nous débarrasser de cette mauvaise
habitude. Et l’une des façons d’y parvenir est de nous rapprocher de Dieu en
méditant sur les versets du Coran et sur les paroles du prophète Mohammed, qui
nous rappellent le châtiment de Dieu et nous encouragent à nous repentir.
« Ou s’imaginent-ils que Nous ne pouvons
entendre leurs pensées secrètes ni leurs conseils privés? Mais si! Nos
envoyés, postés près d’eux, transcrivent tout. » (Coran 43:80)
Le prophète Mohammed (que la paix et
les bénédictions de Dieu soient sur lui) nous a recommandé de faire preuve de
retenue devant Dieu. Il a dit : « Faites preuve de retenue devant
Dieu, comme il se doit devant Lui. Prenez garde à votre tête et à ce qu’elle
contient, prenez garde à votre estomac et à ce que vous ingurgitez, et pensez à
la mort et au fait que vous redeviendrez poussière. » Chaque
fois que nous nous apprêtons à médire, nous devrions ressentir une honte, au
fond de nous, et songer à ce que nous perdons si nous nous laissons aller; nous
perdons l’essence même du respect.
Le manque de respect ne fait pas partie de
l’islam
Le Prophète rappelait constamment à ses
compagnons la gravité de la désobéissance envers Dieu. Dans plusieurs
narrations, il explique les graves conséquences de ne pas respecter les droits
des autres. Il a dit, entre autres : « Celui qui est ruiné, parmi
mes fidèles, est celui qui se présente, au Jour de la Résurrection, avec, à son
actif, des prières, des dons de charité et des jeûnes. Toutefois, il a insulté
une telle personne, en a frappé une autre et volé les richesses d’une autre.
Et à cause de cela, ses bonnes actions seront utilisées pour dédommager les
personnes lésées. Si, à la fin, il ne lui reste plus de bonnes actions, les
péchés de ceux qu’il a lésés seront ajoutés aux siens et il sera alors jeté en
Enfer. »
Le véritable croyant s’efforce d’améliorer son comportement et comprend qu’il
est responsable de protéger les autres plutôt que de leur manquer de respect.
En islam, les croyants ne se manquent pas mutuellement de respect, pas plus
qu’ils ne tolèrent que l’on manque de respect à leurs frères et sœurs en
religion.
Une
autre façon de se protéger des maux engendrés par le commérage et la médisance
est de se tenir à l’écart de ceux qui en sont adeptes. Dieu dit, dans le
Coran :
« Et quand ils entendent des futilités,
ils s’en détournent en disant : « À nous nos actions et à vous les
vôtres. Que la paix soit sur vous! » (Puis en eux-mêmes se disent) :
« Nous n’allons pas débattre avec des ignorants! » (Coran
28:55)
Le Prophète a insisté sur l’importance
de fréquenter des personnes vertueuses plutôt que des personnes qui occupent
leur temps à des activités futiles et à du commérage inutile. Il a dit :
« La similitude entre un bon compagnon et un mauvais compagnon est comme
celui qui vend du musc et celui qui travaille dans une forge. Celui qui vend
du musc vous en donnera peut-être un peu ou, à tout le moins, vous profiterez
de sa bonne odeur. Tandis que celui qui travaille dans une forge roussira
peut-être vos vêtements [par inadvertance] ou, à tout le moins, vous fera
endurer la mauvaise odeur qui se dégage de lui. »
Fréquenter des personnes pieuses nous
aide à éviter la médisance et le commérage, car des amis qui veulent notre bien
nous rappelleront les maux et les châtiments associés à un tel comportement.
Il est bon, également, de réfléchir à nos propres défauts et points faibles
plutôt que de nous concentrer sur ceux des autres. L’érudit musulman Hasan
al-Basri a dit : « Nous avions l’habitude de nous rappeler les uns
les autres que quiconque expose un péché de son frère [en religion] pour lequel
son frère s’était déjà repenti, Dieu le châtiera en lui faisant commettre le
même péché. »
Nous savons maintenant que la médisance
et le commérage sont de graves péchés. Toutefois, les érudits musulmans ont
expliqué que, dans certaines situations, il peut être permis de mentionner les
fautes ou les défauts des autres. Il est permis, par exemple, à une personne
opprimée, d’informer les autorités des torts qu’elle subit aux mains
d’oppresseurs. Il est permis à ceux qui voient des choses immorales d’en
informer ceux qui ont les capacités d’y mettre un terme. Il est permis de
mentionner les fautes et défauts des gens lorsque l’on cherche conseil auprès
de savants religieux. Il est permis de parler d’une personne en la décrivant
(aveugle, sourde, handicapée, etc) dans la mesure où ce n’est pas fait avec
mépris ou pour se moquer. Enfin, il est interdit de taire les défauts d’une
personne que l’on connaît lorsqu’une tierce personne nous demande notre avis
sur elle, soit dans le but d’un mariage ou dans le cadre de transactions commerciales.
Mais même dans ces situations, le
respect (ou son absence) demeure présent. Opprimer une personne revient à lui
manquer de respect. Se comporter de façon immorale revient à manquer de
respect à la société. Et tromper une personne qui vient nous demander conseil,
c’est aussi manquer de respect. Si nous sentons que les gens nous manquent de
respect, nous devons nous pencher sur nos propres péchés et nous tourner vers
Dieu, repentants. Si l’essence même du respect est absente de nos vies, nous
pouvons la regagner en adorant Dieu comme il se doit. L’islam nous enjoint de
faire preuve de respect envers Dieu en Lui obéissant; et en Lui obéissant, on
ne peut que respecter les autres et se respecter soi-même.
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