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Salman le Persan (partie 2 de 2) : Du christianisme à l’islam

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Description: La longue quête de Salman prend fin avec sa rencontre avec le prophète Mohammed, duquel il devient l’un des plus proches compagnons.

  • par Salman le Persan
  • Publié le 20 Aug 2012
  • Dernière mise à jour le 20 Aug 2012
  • Imprimés: 158
  • Lus: 10909 (moyenne quotidienne: 4)
  • Évaluation: 5 de 5
  • Évalué par: 2
  • Envoyés: 4
  • Commentés: 0

L’homme mourut et Salman demeura un temps à Amuria.  Un jour, « des marchands de la tribu de Kalb[1]  passèrent près de moi.  Je leur dis : « Emmenez-moi en Arabie et je vous donnerai mes vaches et le seul mouton que je possède. » 

Ils acceptèrent.  Mais lorsqu’ils arrivèrent à Waadi al-Qoura (près de Médine), ils le vendirent comme esclave à un juif.  Salman fut donc obligé de rester avec le juif et il remarqua aussitôt les palmiers qui les entouraient et qui correspondaient à la description faite par son dernier coreligionnaire.

 « J’espérai, tout au fond de moi, qu’il s’agissait là de l’endroit décrit par mon ami. »

Un jour, un homme qui était en fait le cousin du « maître » de Salman et qui venait de la tribu de Bani Qouraydha, à Médine, vint leur rendre visite.  Après discussion, il acheta Salman et l’emmena avec lui.

 « Il m’emmena à Médine.  Par Dieu, lorsque je vis l’endroit, je sus immédiatement qu’il s’agissait du lieu décrit par mon ami.  Puis, Dieu envoya Son messager (i.e. Mohammed).[2]    Il demeura à la Mecque le temps qu’il y demeura.[3]  Je n’entendis pas parler de lui, car j’étais constamment occupé par les travaux auxquels on m’astreignait.  Puis, il décida d’émigrer à Médine.

Un jour, j’étais perché au sommet d’un palmier, au-dessus d’une grappe de dattes.  Un des cousins du juif pour qui j’œuvrais s’approcha et se tint devant lui, qui était assis, et dit : « Malheur à Bani Qilah [i.e. aux gens de la tribu de Qilah]!  Ils sont réunis à Qibaa[4]  autour d’un homme qui est arrivé aujourd’hui, de la Mecque, et qui prétend être prophète! »

En entendant cela, je me mis à trembler si violemment que je craignis un instant de tomber sur celui qui était assis au pied de l’arbre.  Je descendis à toute vitesse et m’exclamai : « Qu’est-ce que tu dis?  Qu’est-ce que tu dis? »

Celui pour qui j’œuvrais s’empourpra de colère et me donna un puissant coup de poing en disant : « Qu’as-tu à fourrer ton nez dans cette affaire?  Va-t’en et occupe-toi de ce qui te regarde! »

Je répondis : « Je ne voulais que m’assurer de ce qu’il avait dit. »

Ce soir-là, j’allai voir le Messager de Dieu alors qu’il se trouvait toujours à Qibaa.  Et j’emportai avec moi un peu de nourriture que j’avais gardée de côté.  Je me présentai à lui et lui dis : « On m’a dit que vous étiez un homme vertueux et que les gens qui vous accompagnent, et qui sont étrangers, ici, sont dans le besoin.  J’aimerais vous offrir un peu de nourriture en charité, car je considère que vous le méritez plus que quiconque. »

Je la lui offris.  Il dit à ses compagnons : « Mangez », mais il s’abstint lui-même d’y toucher.  Je me dis en moi-même : « C’est là l’un des signes de prophétie. »

Suite à cette rencontre avec le Prophète, Salman se retira et alla préparer son test suivant!  La fois suivante, donc, il apporta un cadeau au Prophète.

 « J’ai remarqué que vous ne mangez pas de ce qu’on vous donne en charité, alors voici un cadeau par lequel je souhaite vous rendre hommage. »  Le Prophète mangea alors de ce que je lui avais donné et partagea le reste avec ses compagnons.  Je me dis en moi-même : « Voici un deuxième signe de prophétie. »

À leur troisième rencontre, Salman se rendit à Baqi-oul-Gharqad (un cimetière à Médine), où le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) assistait aux funérailles de l’un de ses compagnons.  Salman raconte :

 « Je le saluai et j’allai m’installer derrière lui dans l’espoir d’apercevoir le sceau de la prophétie, entre ses épaules, comme me l’avait décrit mon défunt ami.  Lorsqu’il me vit aller derrière lui, il comprit que je tentais de confirmer une chose que l’on m’avait décrite; il descendit alors son vêtement afin que je puisse voir le sceau, que je reconnus aussitôt.  Je ne pus m’empêcher de m’élancer vers ce sceau, de l’embrasser et de pleurer tout à la fois.  Le Messager de Dieu me dit de venir devant lui et me demanda de lui raconter mon histoire, ce que je fis comme je le fais en ce moment avec toi, Ibn Abbas [rappelez-vous que Salman est en train de raconter son histoire à Ibn Abbas].  Le Prophète aima tant mon récit qu’il me demanda de le raconter à ses compagnons.

Salman était toujours officiellement un esclave.  Le Prophète lui dit : « Tente d’établir un contrat avec ton maître pour racheter ta liberté, ô Salman. »  Salman s’exécuta et parvint à une entente avec son maître, selon laquelle il (Salman) devait lui payer quarante onces d’or en plus de lui planter et de mener à maturité trois cents nouveaux dattiers.  Le Prophète dit alors à ses compagnons : « Aidez votre frère. »

Ils l’aidèrent avec les arbres et se cotisèrent pour payer la somme demandée.  Le Prophète demanda à Salman de creuser les trous pour recevoir les jeunes arbres et il planta chacun de ses propres mains.  Salman raconte : « Par Celui qui tient mon âme entre Ses mains, aucun des arbres ne mourut. »

Les arbres plantés, le Prophète donna à Salman une pièce d’or de la taille d’un œuf et dit : « Prends cela, ô Salman, et paie à ton maître ce que tu lui dois. »

Salman dit : « Que cela vaut-il en comparaison du montant que je lui dois! »

Mais le Prophète dit : « Prends-la.  Dieu le rendra égal à ce que tu dois. »[5]

Salman raconte : « Je la pris et j’allai la peser; elle pesait quarante onces. »  Il alla donc payer sa dette et il fut libéré.

À partir de ce jour, Salman devint l’un des compagnons les plus proches du Prophète.

La quête de vérité

Abou Hourayrah, un des compagnons du Prophète les plus connus, a dit :

 « Nous étions assis en compagnie du Messager de Dieu lorsque la sourate al-Joumouah (62) fut révélée.  Il récita ces mots :

 « Et [Dieu a également envoyé Mohammed à] d’autres personnes qui ne sont pas encore jointes à eux, mais qui viendront… »  (Coran 62:3)

Quelqu’un parmi nous demanda : « Ô Messager de Dieu, qui sont ceux qui ne se sont pas encore joints à nous? »

Le Messager de Dieu ne répondit pas.  Salman le Persan était parmi nous.  Le Messager de Dieu posa sa main sur Salman et dit : « Par Celui qui tient mon âme entre Ses mains, même si la foi se trouvait près des Pléiades (les sept étoiles), des hommes comme ceux-là [i.e. du peuple de Salman] l’atteindraient certainement. » (at-Tirmidhi)

Beaucoup de gens, en ce monde, sont comme Salman, c’est-à-dire en quête de vérité.  L’histoire de Salman est similaire aux histoires de nombreuses personnes de notre époque.  La quête de certaines personnes les a menées d’une église à une autre, du christianisme au bouddhisme, du judaïsme à l’agnostisme, de la religion à la méditation, etc.  Certaines passent d’une philosophie à une autre, d’une religion à une autre, mais pour toutes sortes de raisons, passent par-dessus l’islam.  Puis, un jour, elles rencontrent un ou des musulmans qui leur donnent envie d’en connaître plus sur cette religion.  L’histoire de Salman est celle d’une très longue quête.  Vous pourriez abréger la vôtre en considérant la sienne.



Footnotes:

[1] Une tribu arabe

[2] Salman était arrivé à Médine avant même que Dieu n’investisse Mohammed de sa mission prophétique.

[3] Treize ans après avoir reçu la révélation de Dieu.

[4] En banlieue de Médine.

[5] Un miracle de Dieu.

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