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Une brève histoire de l’islam (partie 1 de 5) : Le prophète de l’islam

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Description: La jeunesse du prophète Mohammed et un aperçu de sa mission à la Mecque.

  • par Ismail Nawwab, Peter Speers, et Paul Hoye (édité par IslamReligion.com)
  • Publié le 22 Feb 2010
  • Dernière mise à jour le 20 Jun 2010
  • Imprimés: 1043
  • Lus: 59954 (moyenne quotidienne: 17)
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Vers l’an 570, celui qu’on allait nommer Mohammed et qui allait devenir le prophète d’une des grandes religions du monde, l’islam, vit le jour dans une famille appartenant au clan de Qouraysh, la principale tribu de la Mecque, ville de la région du Hijaz, située dans le nord-ouest de l’Arabie.

D’abord connue comme le lieu abritant la Ka’aba, lieu de pèlerinage d’origine ancienne, la Mecque était devenue, avec le déclin de l’Arabie du Sud, au sixième siècle, un important centre d’échanges commerciaux auxquels participaient des puissances telles que les Sassaniens, les Byzantins et les Éthiopiens.  C’est pourquoi elle était dominée par de puissantes familles marchandes, parmi lesquelles se démarquaient les membres de Qouraysh.

Le père de Mohammed, Abdallah ibn Abd al-Mouttalib, mourut avant sa naissance.  Sa mère, Aminah, mourut à son tour lorsqu’il avait six ans.  Il fut confié à son grand-père, qui était chef du clan Hashim.  Après la mort de ce dernier, il fut élevé par son oncle, Abou Talib.  Comme c’était la coutume à l’époque, lorsqu’il était encore enfant (et du vivant de sa mère), on l’envoya vivre avec une famille de bédouins, hors de la ville, durant un an ou deux.  Cela eut un impact important sur la vie de Mohammed.  En plus d’endurer la vie rude du désert, il apprit à apprécier la richesse de la langue arabe, tant aimée des gens de l’Arabie, chez qui la poésie était l’art dont ils tiraient la plus grande fierté.  Il apprit la patience et la tolérance des gardiens de troupeaux; il s’habitua également à leur vie solitaire, ce qui allait lui faire apprécier la solitude, plus tard dans sa vie.

Dans la vingtaine, Mohammed entra au service d’une riche veuve qui s’appelait Khadijah; il allait vendre ses marchandises dans le Nord, à l’issue de longs voyages en caravane.  Il finit par l’épouser et eut d’elle deux fils dont aucun ne survécut, puis quatre filles.

Un jour, alors qu’il avait quarante ans, il se trouvait dans une grotte sise dans une fissure du mont Hira, à l’extérieur de la Mecque.  Il avait l’habitude de s’y retirer de façon régulière pour méditer et profiter de la solitude.  Ce jour-là, il entendit une voix (celle de l’ange Gabriel, mais il l’ignorait alors) qui lui ordonna :

« Lis : au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l’homme (à partir) d’un caillot (de sang). » (Coran 96:1-2)

Mohammed répéta à trois reprises qu’il ne savait pas lire, mais chaque fois, il entendit l’ordre de nouveau.  Enfin, il finit par répéter les mots que la voix lui avait récités, mots qui composent les cinq premiers versets de la sourate 96 du Coran, mots qui déclarent que Dieu est le Créateur de l’homme et la source du savoir.

Mohammed s’enfuit de la grotte à toutes jambes et alla se réfugier chez lui.  Il ne fit part de son expérience qu’à son épouse et à ses proches.  Mais au fur et à mesure que lui parvinrent d’autres révélations lui ordonnant de proclamer l’unicité de Dieu, il se mit à prêcher un peu plus ouvertement, attirant chaque jour de nouveaux fidèles.  Les premiers étaient surtout des pauvres et des esclaves qui avaient reconnu la vérité dans son message, puis, avec le temps, des nobles de la Mecque se convertirent à leur tour.  Les révélations qu’il reçut à cette époque et celles qu’il reçut plus tard ont toutes été colligées sous forme de livre, pour former le Coran.

Le message de Dieu, transmis par Mohammed, ne fut bien reçu que d’un petit groupe de personnes.  Même dans son propre clan, plusieurs s’y opposèrent activement, dont un nombre important de marchands.  Cette opposition, toutefois, ne fit qu’encourager Mohammed dans sa mission et lui montra clairement de quelle façon l’islam se démarquait du paganisme.  La croyance en l’unicité de Dieu était d’une importance capitale et c’était d’elle que découlait tout le reste.  Les versets du Coran insistent beaucoup sur l’unicité de Dieu, mettent en garde ceux qui la rejettent contre un châtiment imminent et proclament Son infinie compassion envers ceux qui se soumettent à Sa volonté.  Ils rappellent également le Jugement dernier quand Dieu, le Juge, mettra dans la balance la foi et les actions de chaque personne, rétribuant les croyants et châtiant les transgresseurs.  Parce que le Coran rejetait avec véhémence le polythéisme et mettait l’accent sur la responsabilité morale de chaque personne et ce, en termes puissants, il posait un sérieux défi aux Mecquois.

 

 

Une brève histoire de l’islam (partie 2 de 5) : La hijrah

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Description: La hijrah (ou migration) des musulmans à Médine et un résumé des défis auxquels le Prophète dut faire face dès son arrivée.

  • par Ismail Nawwab, Peter Speers, et Paul Hoye (édité par IslamReligion.com)
  • Publié le 01 Nov 2010
  • Dernière mise à jour le 01 Nov 2010
  • Imprimés: 717
  • Lus: 32738 (moyenne quotidienne: 10)
  • Évaluation: 4 de 5
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Après que Mohammed eût prêché publiquement durant plus d’une décennie, l’opposition envers lui et ses fidèles atteignit une force telle que, craignant pour leur sécurité, il envoya un groupe d’entre eux en Éthiopie, où le dirigeant chrétien leur offrit sa protection (les musulmans apprécièrent tant ce geste qu’ils en caressent le souvenir aujourd’hui encore).  À la Mecque, pendant ce temps, la persécution atteignait un sommet.  Les fidèles de Mohammed étaient victimes de harcèlement, d’abus de toutes sortes et même de torture.  C’est alors que Mohammed envoya soixante-dix de ses fidèles à Yathrib (plus tard renommée Médine), une ville située au nord, dans l’espoir d’y établir une nouvelle communauté musulmane.  Plusieurs autres groupes de musulmans émigrèrent à la suite de ce premier groupe.  Puis, en l’an 622, Mohammed et son ami intime, Abou Bakr al-Siddiq, partirent à leur tour vers Yathrib.  Ce départ coïncidait avec un complot ourdi par les dirigeants de la Mecque pour assassiner Mohammed.

D’ailleurs, peu après le départ de Mohammed, ses ennemis firent irruption chez lui, où ils trouvèrent son cousin ‘Ali couché à sa place, dans son lit.  Enragés, ils partirent à sa poursuite, le cherchant partout.  Mohammed et Abou Bakr, de leur côté, avaient trouvé refuge dans une grotte, à l’abri de leurs poursuivants.  Protégés par Dieu, ils ne furent jamais découverts par leurs ennemis qui passèrent pourtant tout près de leur cachette.  Puis, le moment venu, ils quittèrent la grotte et partirent en direction de Médine où ils furent joyeusement accueillis par une foule enthousiaste composée de locaux et d’émigrants mecquois qui avaient atteint Médine avant eux.

Telle fut la hijrah (hégire, en français), qui marqua la première année de l’ère islamique.  La hijrah, parfois définie à tort comme une fuite, fut en réalité une migration minutieusement planifiée qui marqua non seulement le début de l’ère islamique, mais aussi, pour Mohammed et ses fidèles, le début d’un nouveau mode de vie.  Dès lors, ce qui allait unir les gens en communauté ne serait plus simplement le lien de parenté, mais une grande fraternité entre tous les musulmans.  Les gens qui émigrèrent à Médine avec Mohammed furent appelés les Mouhajirounes (i.e. « ceux ayant accompli la hijrah », ou « émigrants »), tandis que les natifs de Médine convertis à l’islam furent appelés les Ansars (i.e. « alliés » ou « auxiliaires »).

Mohammed connaissait bien la situation de Médine.   Avant la hijrah, certains de ses habitants étaient venus accomplir le pèlerinage annuel à la Mecque.  Et comme le Prophète avait saisi l’occasion du pèlerinage pour prêcher l’islam aux pèlerins, le groupe qui était venu de Médine avait répondu à son invitation et accepté l’islam, puis l’avait invité, lui, à venir s’installer à Médine.  Après la hijrah, les qualités exceptionnelles de Mohammed impressionnèrent tant les Médinois que les tribus rivales et leurs alliés serrèrent les rangs temporairement.  Puis, au mois de mars de l’an 624, Mohammed et ses fidèles durent se battre contre les païens de la Mecque.

La première bataille, qui eut lieu près de Badr, une petite ville située au sud-ouest de Médine, eut d’importantes conséquences pour tous.  L’armée musulmane, trois fois moins importante que l’armée mecquoise, parvint à mettre cette dernière en déroute.  La discipline dont firent montre les musulmans fit découvrir aux Mecquois toute l’adresse et la capacité de ceux qu’ils avaient chassés de leur cité.  Une des tribus alliées qui s’était engagée à soutenir les musulmans durant la bataille de Badr pour ensuite se désister dès le début de l’affrontement fut expulsée de Médine un mois après la bataille.  Ceux qui prétendaient être alliés des musulmans tout en s’opposant à eux en secret virent en cela un avertissement : l’appartenance à la communauté obligeait à un soutien inconditionnel.

Un an plus tard, les Mecquois attaquèrent de nouveau.  Ayant rassemblé une armée de trois milles hommes, ils affrontèrent les musulmans à Ouhoud, un mont situé à l’extérieur de Médine.  Prenant le dessus dès le départ, les musulmans furent par la suite repoussés et le Prophète lui-même fut blessé. 

Deux ans plus tard, les Mecquois marchèrent sur Médine avec une armée de dix milles hommes, mais l’issue de l’affrontement fut bien différente.  Au cours de ce qui est maintenant connu sous le nom de « la bataille des tranchées » ou « la bataille des confédérés », les musulmans vinrent à bout de leurs ennemis en utilisant un nouveau type de défense.  Du côté de Médine par lequel ils s’attendaient à voir arriver l’ennemi, ils creusèrent une tranchée impossible à franchir par la cavalerie mecquoise qui essuya, à chaque tentative, une pluie de flèches de la part d’archers dissimulés derrières des contreforts.  Après un siège interminable et infructueux, les Mecquois furent forcés de se retirer, suite à quoi Médine revint entièrement aux mains des musulmans.

 

 

Une brève histoire de l’islam (partie 3 de 5) : La conquête de la Mecque

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Description: Les dernières années du Prophète à Médine, du traité de Houdaybiyyah en passant par la conquête de la Mecque, jusqu’à sa mort.

  • par Ismail Nawwab, Peter Speers, et Paul Hoye (édité par IslamReligion.com)
  • Publié le 01 Nov 2010
  • Dernière mise à jour le 01 Nov 2010
  • Imprimés: 690
  • Lus: 28257 (moyenne quotidienne: 9)
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La constitution de Médine (traité de Houdaybiyya) – sous laquelle les clans ayant accepté Mohammed comme prophète de Dieu formaient une alliance, ou fédération – date de cette période.  Par elle, on voyait que la conscience politique de la communauté musulmane avait atteint un niveau important; ses membres se définissaient comme une communauté distincte de toutes les autres.  La constitution définissait également le rôle des non-musulmans vivant au sein de la communauté musulmane.  Les juifs, par exemple, faisaient partie de la communauté; ils étaient dhimmis, c’est-à-dire qu’ils jouissaient d’une protection particulière tant qu’ils se conformaient aux lois.  Cela établit un précédent sur la façon de traiter les peuples conquis lors d’affrontements ultérieurs.  On permettait aux chrétiens et aux juifs qui payaient une taxe symbolique de vivre pleinement leur religion; et, tout en maintenant leur statut de non-musulmans, ils étaient considérés comme membres-associés de l’État musulman.  Ce statut n’était pas accordé aux polythéistes, qui ne pouvaient être tolérés au sein d’une communauté qui adorait un Dieu unique.

Ibn Ishaq, l’un des premiers biographes du Prophète, raconte que c’est à peu près à cette période que Mohammed envoya des lettres aux grands dirigeants de l’époque – le roi de Perse, l’empereur de Byzance, Négus d’Abyssinie et le gouverneur d’Égypte, entre autres – pour les inviter à embrasser l’islam.  Rien n’illustre mieux la confiance et l’assurance de cette petite communauté, car son pouvoir militaire était alors négligeable.  Mais son assurance n’était pas déplacée.  Mohammed parvint à créer des alliances entre les tribus de façon si efficace qu’en 628, accompagné de mille cinq cents fidèles, il put revendiquer l’accès à la Ka’aba.  Cela fut une étape très importante dans l’histoire de l’islam.  À peine quelques années auparavant, Mohammed avait quitté la Mecque pour s’exiler à Médine et y établir un État islamique.  Maintenant, ses anciens ennemis l’accueillaient comme un leader à part entière.

Un an plus tard, en 629, il revint à la Mecque et en fit la conquête définitive sans effusion de sang aucune et dans un esprit de tolérance et d’ouverture.  Il détruisit toutes les idoles qu’il trouva à l’intérieur de la Ka’aba afin de mettre fin pour de bon aux pratiques païennes.  C’est durant cette même période que ‘Amr ibn al-‘As, le futur conquérant d’Égypte, et Khalid ibn al-Walid, le futur « Sabre d’Allah », embrassèrent l’islam et prêtèrent serment d’allégeance à Mohammed.  Leur conversion avait cela de remarquable que ces deux hommes avaient été parmi les ennemis les plus acharnés de Mohammed peu de temps auparavant.

D’une certaine façon, le retour de Mohammed à la Mecque fut le point culminant de sa mission.  En l’an 632, c’est-à-dire trois ans plus tard, il tomba subitement malade et, une journée de juin, il mourut sur l’heure du midi, sa femme ‘Aisha à ses côtés.

La mort de Mohammed fut une très grande perte pour la communauté musulmane.  Pour ses fidèles, cet homme simple originaire de la Mecque avait été bien plus qu’un grand ami, qu’un habile administrateur, qu’un leader vénéré qui avait formé un nouvel État à partir de petites tribus en conflits perpétuels.  Il avait aussi été l’exemple même des enseignements de Dieu qu’il leur avait transmis, des enseignements du Coran qui, depuis des siècles, guident la pensée, les actions, la foi et la conduite d’innombrables hommes et femmes, et qui ont marqué une nouvelle ère dans l’histoire de l’humanité.  Sa mort, néanmoins, eut peu de répercussions sur la société dynamique qu’il avait fondée en Arabie et aucune répercussion sur sa mission, qui avait été de transmettre le Coran au monde entier.  Comme le dit alors Abou Bakr, son plus proche compagnon : « Ceux qui adoraient Mohammed, qu’ils sachent que Mohammed est mort.  Et ceux qui adoraient Dieu, qu’ils sachent que Dieu est vivant et ne meurt pas. »

 

 

Une brève histoire de l’islam (partie 4 de 5) : Les califats d’Abou Bakr et de ‘Omar

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Description: Les califats d’Abou Bakr et de ‘Omar, deux des plus éminents compagnons du Prophète.  L’expansion de l’islam et la politique étrangère islamique vis-à-vis des habitants des terres conquises.

  • par Ismail Nawwab, Peter Speers et Paul Hoye (édité par IslamReligion.com)
  • Publié le 08 Nov 2010
  • Dernière mise à jour le 08 Nov 2010
  • Imprimés: 708
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Avec la mort de Mohammed, la communauté musulmane dut régler le problème de sa succession.  Qui deviendrait son prochain leader?  Quatre personnes venaient immédiatement à l’esprit : Abou Bakr al-Siddiq, qui non seulement avait émigré avec le Prophète dix ans auparavant, mais avait également été désigné pour mener la prière en congrégation, à la place du Prophète, quelques jours avant le décès de ce dernier; ‘Omar ibn al-Khattab, un homme compétent qui avait été un très fidèle compagnon de Mohammed; Outhman ibn ‘Affan, un des tous premiers convertis, très respecté; et ‘Ali ibn Abi Talib, le cousin et gendre de Mohammed.  Leur piété et leur capacité à gouverner les affaires de la nation musulmane faisaient l’unanimité.  Lors d’une réunion organisée en vue de choisir un nouveau leader, ‘Omar saisit la main d’Abou Bakr et lui prêta serment d’allégeance, signe traditionnel soulignant la reconnaissance d’un nouveau leader.  Dès la tombée du jour, tout le monde avait donné son accord et Abou Bakr devint le premier calife (« successeur ») de Mohammed, ce qui signifiait qu’il allait dès lors gouverner conformément à la loi du Coran et à l’héritage laissé par le Prophète.

Le califat d’Abou Bakr fut bref, mais eut un impact important.  Leader exemplaire, il vécut très simplement, remplit ses obligations religieuses avec assiduité, fut accessible en tout temps et très sympathique avec les gens.  Mais il sut aussi se montrer très ferme quand certaines tribus, qui n’avaient accepté l’islam que pour la forme, s’en détournèrent après la mort du Prophète.  Il réussit à les discipliner promptement.  Plus tard, il réussit à obtenir le soutien des tribus de la Péninsule arabe et à canaliser leur énergie contre les puissants empires d’Orient : les Sassaniens en Perse et les Byzantins en Syrie, en Palestine et en Égypte.  Bref, il parvint à faire la démonstration de la viabilité de l’État musulman.

Le second calife, ‘Omar – nommé par Abou Bakr – continua de démontrer cette viabilité.  Adoptant le surnom d’Amir al-Mou’minine – ou commandant des croyants – ‘Omar étendit l’autorité temporelle de l’islam jusqu’en Syrie, en Égypte, en Irak et en Perse où il connut, d’un point de vue purement militaire, de surprenantes victoires.  Dans les quatre années qui suivirent le décès du Prophète, l’État musulman étendit son influence sur toute la Syrie et arriva même, au cours d’une bataille menée lors d’une tempête de sable près de la rivière Yarmouk, à affaiblir la puissance des Byzantins, dont le dirigeant, Héraclius, avait peu de temps auparavant refusé une invitation à embrasser l’islam.

Encore plus surprenant fut le fait que l’État musulman administra les territoires conquis avec une tolérance jamais vue à cette époque.  À Damas, par exemple, le leader musulman, Khalid ibn al-Walid, signa un traité qui se lisait comme suit :

Voici ce que Khalid ibn al-Walid accordera aux habitants de Damas s’il y est admis : il leur promet que leur vie, leurs biens et leurs églises seront en sécurité.  Leurs cités ne seront pas détruites et aucun musulman ne sera logé dans leurs maisons.  Nous venons vers eux avec le pacte de Dieu et la protection de Son prophète, des califes et des croyants.  Tant qu’ils paieront leurs impôts locaux, il ne peut leur arriver que du bien.

Cette tolérance était typique de l’islam.  Un an après la bataille menée près de la rivière Yarmouk, ‘Omar, qui était au camp militaire d’al-Jabiyah, sur le plateau du Golan, apprit que les Byzantins étaient prêts à rendre Jérusalem.  Il s’y rendit donc pour accepter la reddition en personne.  Selon ce qu’en a rapporté une source, il entra dans la ville seul, vêtu d’une simple cape, à la stupéfaction d’une population habituée aux costumes somptueux et aux cérémonies des Byzantins et des Persans.  Il les étonna encore plus en apaisant leurs craintes par la négociation d’un traité généreux dans lequel il écrivit, entre autres : « Au nom de Dieu...  Vous jouissez d’une totale sécurité en ce qui concerne vos églises, qui ne seront point occupées par des musulmans ni détruites. »

Cette politique connut un réel succès partout où elle fut appliquée.  En Syrie, par exemple, de nombreux chrétiens qui avaient été impliqués dans de vives disputes théologiques avec les autorités byzantines (et qui avaient même été persécutés par elles), virent en l’établissement de l’islam sur leur territoire la fin de la tyrannie.  Et en Égypte, pays qu’Amr ibn al-‘As ravit aux Byzantins après une marche audacieuse à travers le Sinaï, non seulement les chrétiens coptes accueillirent-ils les Arabes à bras ouverts, mais ils les assistèrent avec enthousiasme.

Les mêmes réactions se produisirent à travers l’empire byzantin.  Les conflits chez les Grecs orthodoxes et chez les chrétiens syriens monophysites, coptes et nestoriens avaient contribué à l’incapacité des Byzantins – toujours perçus comme des intrus – à obtenir le soutien populaire, tandis que la tolérance que les musulmans démontrèrent envers les chrétiens et les juifs fit en sorte que ces derniers ne s’opposèrent pas à eux.

 ‘Omar adopta la même attitude dans les affaires administratives.  Même s’il désignait un gouverneur musulman à chaque nouvelle province, les administrations byzantines et persanes déjà en place étaient maintenues chaque fois que c’était possible.  Il est à souligner, aussi, que durant cinquante ans, le grec demeura la langue de chancellerie de pays comme la Syrie, l’Égypte et la Palestine, tandis que le pehlevi, langue de chancellerie des Sassaniens, continua d’être utilisée en Mésopotamie et en Perse.

 ‘Omar, qui fut calife pendant dix ans, termina son règne avec une importante victoire sur l’empire persan.  La lutte contre le royaume sassanide avait débuté en 687 à al-Qadisiyah, près de Ctesiphon, en Irak, où la cavalerie musulmane avait réussi à mettre en déroute des éléphants que les Persans utilisaient pour l’assaut.  Puis, avec la bataille de Nahavand, appelée la « conquête des conquêtes », ‘Omar scella le sort de la Perse : elle allait devenir l’une des plus importantes provinces de l’Empire musulman.

Le califat de ‘Omar fut un point marquant des débuts de l’islam.  Il fut remarqué pour son sens de la justice, ses idéaux sociaux, son administration et ses qualités de leader et d’homme d’État.  Par ses initiatives, il laissa un héritage durable sur le bien-être de son peuple, sur son système d’impôts et sur la structure financière et administrative de l’empire musulman grandissant.

 

 

Une brève histoire de l’islam (partie 5 de 5): Le califat d’Outhman ibn Affan

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Description: L’élection, l’administration et le caractère du troisième calife de l’islam.

  • par Amatullah Abdullah (édité par IslamReligion.com)
  • Publié le 08 Nov 2010
  • Dernière mise à jour le 08 Nov 2010
  • Imprimés: 678
  • Lus: 26672 (moyenne quotidienne: 8)
  • Évaluation: 3.3 de 5
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L’élection d’Outhman

 ‘Omar ibn al-Khattab, le deuxième calife de l’islam, fut poignardé par un esclave persan zoroastre, Abou Lou’lou’ah, alors qu’il menait la prière du fajr.  Tandis qu’il gisait sur son lit de mort, à l’agonie, ceux qui l’entouraient lui demandèrent de nommer un successeur.  ‘Omar nomma plutôt six personnes et leur demanda de se consulter entre elles afin de choisir l’une d’elles comme prochain calife.

Ce comité était composé d’Ali ibn Abi Talib, Outhman ibn Affan, Abderrahman ibn Awf, Sad ibn Abi Waqqas, Az-Zoubayr ibn al-Awam et Talhah ibn Oubayd Allah, qui étaient parmi les plus éminents compagnons du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) et qui avaient reçu, de leur vivant, l’assurance qu’ils entreraient au Paradis.

 ‘Omar demanda à ce que le comité choisisse un successeur en moins de trois jours et que ce dernier entre en fonction dès le quatrième jour.  Mais après deux jours, aucune décision n’avait encore été prise et les membres du comité s’inquiétaient de voir le temps passer sans qu’ils aient pu parvenir à un consensus.  Abderrahman ibn Awf offrit alors de renoncer à sa candidature si tous les autres se conformaient à sa décision.  Ils acceptèrent tous sa proposition et le laissèrent choisir seul le nouveau calife.  Abderrahman fit passer un entretien à chaque candidat et alla par les rues de Médine consulter le peuple sur leur préférence.  Il finit par choisir Outhman, que la majorité des gens avait dit préférer.

Le califat d’Outhman

Même après sa nomination comme calife, Outhman continua de mener une vie simple.  Il aurait pourtant été facile à cet homme d’affaires prospère de mener une vie luxueuse, mais cela ne lui disait rien.  Son unique but était de goûter aux plaisirs de l’au-delà, car il savait très bien que ce monde-ci n’est que temporaire et constitue une épreuve pour les hommes.  Après sa nomination, il demeura donc aussi généreux qu’il l’avait toujours été.

Les califes étaient normalement payés à partir du trésor public, mais Outhman ne prit jamais aucun salaire pour son travail.  De plus, il prit l’habitude de libérer des esclaves chaque vendredi, de voir aux besoins des veuves et des orphelins et de donner en charité sans compter.  Sa patience et son endurance firent de lui un leader très apprécié.

Outhman accomplit beaucoup de choses durant son règne.  Il encouragea la pacification de la Perse, continua de défendre l’État musulman contre les Byzantins, conquit la Lybie et l’annexa à l’empire musulman et subjugua la quasi totalité de l’Arménie.  Par ailleurs, avec l’aide de son cousin Mou’awiyah ibn Abi Soufyan, qui était gouverneur de Syrie, il mit sur pied une armée navale qui réussit à obtenir plusieurs engagements importants de la part des Byzantins.

Mais le geste pour lequel il est le plus connu et qui eut la plus grande importance pour l’islam est sans contredit sa fameuse compilation des textes composant le Coran.  Réalisant que le message divin original risquait, par inadvertance, d’être altéré par diverses variantes textuelles, il forma un comité qu’il chargea de colliger les versets originaux et de détruire tout texte comportant une variante.  Le livre qui en résulta est celui qui est accepté aujourd’hui encore à travers tout le monde musulman.

Outhman face à l’opposition et face à la mort

Au cours de son califat, Outhman eut à composer avec l’opposition des nouveaux musulmans de nom seulement qui se trouvaient dans les nouvelles terres conquises et qui l’accusaient de ne pas suivre l’exemple du Prophète et des califes précédents dans sa façon de gouverner.  Mais les compagnons du Prophète prirent chaque fois sa défense et ces accusations ne le poussèrent pas à modifier sa façon de faire; au contraire, il persista à gouverner avec miséricorde et compassion envers les gens.  Même lorsque ses ennemis l’attaquèrent, il n’utilisa pas les fonds publics pour se protéger ou protéger sa maison.  Tel que prédit par le prophète Mohammed, les ennemis d’Outhman firent tout en leur pouvoir pour lui rendre la tâche difficile en s’opposant constamment à lui et en l’accusant de tous les maux.  Ils complotèrent même contre lui, entourèrent sa maison et s’encouragèrent les uns les autres à aller le tuer.

Plusieurs de ses conseillers lui recommandèrent de faire arrêter ses assaillants, mais il n’en fit rien.  Il finit par être assassiné pendant qu’il récitait le Coran, exactement comme l’avait prédit le Prophète.  Il mourut en martyr.

Anas ibn Malik a rapporté ce qui suit :

« Un jour, le Prophète grimpa sur le mont Ouhoud avec Abou Bakr, ‘Omar et Outhman.  Le mont trembla.  Le Prophète dit alors (à la montagne) : « Calme-toi, Ouhoud!  Il n’y a sur toi qu’un prophète, un fidèle compagnon et deux martyrs. »  (sahih al-Boukhari)

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