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Aaminah Hernandez, ex-chrétienne, États-Unis (partie 1 de 2)

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Description: Réflexions d’une Américaine.  Partie 1.

  • par Aaminah Hernandez
  • Publié le 12 May 2014
  • Dernière mise à jour le 12 May 2014
  • Imprimés: 34
  • Lus: 4878 (moyenne quotidienne: 2)
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J’ai grandi aux États-Unis, dans les années 80, et à l’époque, mes connaissances sur l’islam étaient à peu près nulles.  Mon père nous apprit, à mon frère et à moi, à nous intéresser à ce qui se passait dans le monde, aux autres cultures et aux autres nations, et nous inculqua l'amour de la lecture.  À cette époque, les médias nous faisaient de l’islam un portrait basé sur la révolution iranienne et sur le conflit palestinien.  Tout ce que nous savions des femmes musulmanes se résumait à « Jamais sans ma fille » et autres ouvrages ou documentaires à sensation du même genre.  Bien que je ne lus jamais ce livre, j’en tirai des conclusions sur ce qu’en disaient les gens autour de moi : les musulmanes étaient esclaves de leur mari, ces derniers pouvaient avoir un nombre illimité d’épouses, les battre comme bon leur semblait et même les tuer si elles donnaient naissance à une fille ou les rejeter si elles ne mettaient pas de garçon au monde dans un certain délai.  L’image de femmes recouvertes de noir, dont les vêtements très lourds étaient superposés, incluant un voile recouvrant le visage –  une telle image était terrifiante pour une jeune fille élevée à l’ère de Madonna et de Cindy Lauper.  De plus, on nous apprenait, à l’école, que les femmes du Moyen-Orient n’étaient pas autorisées à quitter leur maison et vivaient, pour la plupart, dans une grande pauvreté; elles étaient obligées de partager leurs lieux de vie avec leurs co-épouses et tous les enfants de celles-ci et voyaient rarement leur mari.  Bref, dans les rares informations qui nous parvenaient sur l’islam, jamais de distinction n’était faite entre les diverses cultures du Moyen-Orient et les diverses façons de vivre l’islam.  Pour moi, seuls les Arabes et quelques Afro-américains étaient musulmans et j’ignorais que tous les Arabes n’étaient pas musulmans.

Parce que mon père m’avait appris que la meilleure éducation que je pouvais recevoir était celle que je me donnerais à moi-même en lisant, je devins une lectrice assidue.  Je passais plus de temps à la bibliothèque que n’importe où ailleurs et je lisais tant que lorsque mes parents souhaitaient me punir, ils m’enlevaient mes livres.  Alhamdoulillah (gloire à Dieu), cet amour des livres ne m’a jamais quittée et, bien que je ne l’aurais jamais imaginé, c’est cet amour qui m’amena à découvrir l’islam.  J’avais lu l’autobiographie de Malcolm X lorsque j’étais en cinquième année du primaire et, même si cette lecture ne m’avait pas attirée vers l’islam, j’avais décidé, par la suite, de ne plus consommer de porc.  Même si cela ne m’avait pas amenée à changer radicalement ma façon de penser, je réalisai, des années plus tard, que cela avait semé quelque chose de particulier dans mon cœur et mon esprit.  Mais à un âge aussi jeune, je n’étais simplement pas prête à l’accepter ou à le prendre au sérieux.

Au fil des ans, on abusa de moi; je fus agressée sexuellement et manipulée par plusieurs personnes faisant partie de mon entourage.  Cela m’amena à quitter le domicile familial alors que j’avais à peine 16 ans.  Mon frère resta à la maison et dû composer avec ses propres problèmes, incluant des activités au sein des gangs de rue.  Je réussis à terminer mes études secondaires et poursuivis mon chemin toute seule, fière d’avoir réussi à m’en sortir par moi-même.  À cette époque, je ne pensais pas souvent à Dieu.  Je m’intéressai temporairement à la magie blanche, sans grand sérieux, et aujourd’hui, avec du recul, je suis soulagée de ne pas m’être impliquée davantage dans ce genre d’activité.  Je m’intéressai également aux spiritualités celte et amérindienne, à l’hindouisme et au bouddhisme, mais sans réellement les comprendre.

Je menai, pour un temps, une vie désordonnée faite de sexe, de drogues et de fêtes continuelles.  J’ « aimais » tout le monde et prenais part à tous les plaisirs de la vie, sans jamais me soucier de mon avenir, fût-ce sur cette terre ou dans l’au-delà.  Malgré cela, je finis par sombrer dans la dépression à plus d’une reprise.  En fait, mes cycles de dépression avaient commencé quand j’étais toute jeune, en partie à cause des restrictions que m’imposaient mes parents.  Je devins également suicidaire et c’est seulement par la grâce d’Allah que mes tentatives de suicide ne laissèrent aucune séquelle, chez moi.

Même si j’avais une conscience sociale très développée et que j’étais toujours la première à épouser toutes sortes de causes, il n’en demeurait pas moins que je vivais ma vie de manière totalement irresponsable.  J’étais incapable de garder un emploi, vivais au jour le jour et m’arrangeais pour avoir le moins de responsabilités possible.  Même si j’avais très peu de moyens, je n’en étais pas moins matérialiste et égocentrique.  Au fond, je ne faisais rien dont la société aurait pu profiter positivement et j’étais un fardeau pour mes amis et les membres de ma famille.

C’est durant cette période que je fis la rencontre d’un membre du gang de mon frère et que je tombai éperdument amoureuse de lui.  Même si, à cause de notre relation, mon frère et mon nouveau copain quittèrent le gang, nous ne fûmes pas au bout de nos peines.  Mon nouveau copain était aux prises avec un sérieux problème de consommation de drogue et je n’étais pas du tout outillée pour composer avec cette situation.  Nous eûmes toutes sortes de problèmes avec la justice et finîmes par fuir vers un autre état du pays pour éviter d’être poursuivis.  À ce moment, je sentis que j’avais touché le fond; nous vivions dans des parcs, nous n’avions rien à manger, je subis plus d’une fausse couche et, pour avoir un peu d’argent, je finis par faire des choses que je ne me serais jamais cru capable de faire.

Nous retournâmes au bercail et mon copain fut arrêté par la police.  C’est alors que je découvris que j’étais à nouveau enceinte.  Par je ne sais quel miracle d’Allah, le bébé était en santé et je le menai à terme.  Par ailleurs, durant mon absence, mon frère se retrouva en prison, où il se convertit à l’islam.  Mais lorsqu’il fut libéré, il quitta la ville sans dire où il allait.  Après la naissance de mon fils, il revint nous visiter.  Il me parla longuement de ce qu’il avait appris, sur l’islam, et je ne pus m’empêcher d’être impressionnée par le changement dans sa personnalité et dans ses manières.  Manifestement, l’islam avait un effet positif sur lui.  Il avait été diagnostiqué avec un désordre schizo-affectif (schizophrénie accompagnée d’hallucinations et de dépression sévère), mais depuis sa conversion, il n’éprouvait plus aucun symptômes et ne prenait plus de médicaments.  Mon frère était devenu un jeune homme doux et calme, habillé à la manière traditionnelle des musulmans et se tenant avec beaucoup de dignité.  Il me parla des fondements de l’islam et, même si j’étais très heureuse qu’il ait trouvé une voie dans laquelle il se sentait bien, je n’avais aucune envie de bouleverser ma vie pour une religion.

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