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La biographie de Mohammed (partie 1 de 12) : La situation de l’Arabie avant la prophétie

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Description: Regard sur la situation politique et les conditions sociales de la Péninsule Arabe avant la naissance du prophète Mohammed.

  • par IslamReligion.com
  • Publié le 13 Oct 2008
  • Dernière mise à jour le 09 Apr 2018
  • Imprimés: 1013
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  • Évaluation: 4.3 de 5
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À cette époque, l’Arabie était divisée en trois sphères d’influence.  Le Nord vivait sous deux grands empires, l’empire byzantin chrétien et l’empire persan zoroastrien.  Ces deux empires étaient engagés dans une guerre perpétuelle et se trouvaient constamment à égalité, de sorte que ni l’un ni l’autre n’arrivait jamais à obtenir la victoire sur son rival.  À l’ombre de ces deux puissances vivaient les Arabes du Nord, divisés par leurs allégeances qui variaient au gré des circonstances.

Le Sud du pays était la terre des parfums arabes et était appelé « Arabie heureuse » par les Romains (ce territoire est couvert, aujourd’hui, par le Yémen et le Sud de l’Arabie Saoudite).  Il s’agissait, à ce moment-là, d’un territoire convoité.  La conversion au christianisme de Négus, empereur d’Éthiopie, avait créé une alliance entre Byzance et son pays et c’est avec l’approbation byzantine que les Éthiopiens avaient pris possession de ce territoire fertile, au début du sixième siècle.  Avant leur chute aux mains d’un conquérant impitoyable, cependant, les habitants du Sud avaient ouvert au commerce les déserts du centre de l’Arabie en introduisant une certaine organisation dans la vie des Bédouins qui servaient de guides à leurs caravanes et en établissant des comptoirs dans les oasis.

Si le symbole de ce peuple sédentaire était le boswellia sacra (arbre produisant une résine par la suite transformée en encens), celui des zones arides était le dattier; d’un côté, un produit de luxe et de l’autre, un produit de nécessité.  Personne n’aurait considéré la région du Hejaz – où nul oiseau ne chante et nulle herbe ne pousse, selon un poète du Sud – comme une zone à convoiter.  Les tribus du Hejaz n’avaient jamais connu ni conquête ni oppression et n’avaient jamais été obligées d’appeler aucun homme « Monsieur ».

La pauvreté constituait pour eux une protection, même si eux-mêmes ne se considéraient pas comme pauvres.  Car pour se sentir pauvre, il faut envier le riche alors qu’eux, ils n’enviaient personne.  Leur richesse, c’était leur liberté, leur honneur, leur noble descendance et l’unique art qu’ils connaissaient, c’est-à-dire la poésie.  Tout ce qu’aujourd’hui nous appelons « culture » se résumait, chez eux, à cet art.  À travers leur poésie, ils louaient le courage et la liberté, honoraient leurs amis et raillaient leurs adversaires, exaltaient la bravoure des hommes de leur tribu et la beauté de leurs femmes.  Ils psalmodiaient leurs poèmes autour d’un feu ou dans l’infinie étendue du désert, sous un vaste ciel bleu, attestant de la grandeur de cette minuscule créature humaine voyageant interminablement à travers les espaces désertiques de la terre.

Pour les Bédouins, les mots étaient aussi puissants que l’épée.  Lorsque des tribus ennemies se rencontraient sur le champ de bataille, il était d’usage, pour chacune, de faire venir son meilleur poète, qui louait alors le courage et la noblesse des siens et couvrait de mépris l’ignoble ennemi.  Ces batailles, dont le point culminant était les combats entre champions rivaux, relevaient plus du sport d’honneur que de la guerre, au sens où nous l’entendons aujourd’hui; c’étaient des moments de tumulte, de vantardise et de déploiements qui faisaient beaucoup moins de victimes que les véritables guerres.  Un des deux groupes finissait par s’emparer du butin et jamais le vainqueur ne poussait trop loin son avantage, car cela allait à l’encontre du concept d’honneur qui se devait d’être respecté.  Lorsqu’un des deux groupes reconnaissait la défaite, on comptait les morts de chaque côté et les vainqueurs payaient le prix du sang aux vaincus, afin de conserver un certain équilibre entre les forces relatives de chaque tribu.  Le contraste entre cette façon de faire et les pratiques de guerre d’aujourd’hui est frappant.

La Mecque, cependant, était, et demeure encore aujourd’hui, une cité importante pour une toute autre raison.  Car elle abrite la Ka’aba, la première Maison jamais construite pour que les hommes puissent y adorer le seul et unique Dieu.  L’ancienne Ka’aba avait longtemps été le centre de cette petite société.  Plus de 1000 ans avant que Salomon ne fasse construire le temple de Jérusalem, son ancêtre, Abraham, aidé de son fils aîné Ismaël, avait érigé les murs de la Ka’aba sur d’anciennes fondations.  Un certain Qousayy, chef de la puissante tribu de Qouraysh, avait établi une colonie permanente à cet endroit; c’était la cité de la Mecque (ou Bakka, comme on l’appelait).  Non loin de la Ka’aba se trouvait le puits de Zam Zam dont les origines remontaient également à l’époque d’Abraham.  C’est ce puits qui avait sauvé la vie du petit Ismaël.  La Bible raconte :

« Dieu entendit la voix du garçon et l'ange de Dieu appela Agar du haut du ciel et lui dit: « Qu'as-tu, Agar? N'aie pas peur, car Dieu a entendu le garçon là où tu l'as laissé.  Lève-toi, relève le garçon et prends-le par la main, car je ferai de lui une grande nation. »  Dieu lui ouvrit les yeux, et elle aperçut un puits. Elle alla remplir d'eau son outre et donna à boire au garçon. Dieu fut avec lui. Il grandit et vécut dans le désert où il devint un habile chasseur à l'arc. »  (Genèse 21:17-20)

Et dans les Psaumes, on peut lire :

« Lorsqu'ils traversent la vallée de Baca , ils la transforment en un lieu plein de sources, et la pluie la couvre aussi de bénédictions. » (Psaumes 84:6)

Les circonstances et l’époque favorisèrent le développement de la Mecque en centre commercial majeur.  À cause des guerres entre la Perse et Byzance, les routes commerciales du Nord entre l’Est et l’Ouest avaient été fermées, tandis que l’influence et la prospérité de l’Arabie du Sud avaient été réduites à néant par les Éthiopiens.  Le fait d’être un lieu de pèlerinage augmenta encore le prestige de la Mecque et celui des gardiens de la Ka’aba, tous membres de Qouraysh.  Leur noblesse – due à leur descendance remontant à Abraham, par Ismaël – leurs richesses et leur autorité spirituelle suffisaient à leur faire croire que comparer leur splendeur à celle de tous les autres peuples de la terre revenait à comparer l’éclat du soleil au scintillement des étoiles.

Mais les siècles qui les séparaient des grands patriarches et prophètes, conjugués à leur isolement dans le désert de la péninsule contribuèrent à l’apparition de l’idolâtrie parmi eux.  Ils se mirent à invoquer de petites divinités afin qu’elles intercèdent auprès de Dieu en leur faveur, s’imaginant qu’elles avaient le pouvoir de Lui transmettre leurs prières.  Chaque région, chaque tribu et, en fait, chaque maison possédait sa petite « divinité » personnelle.  Trois cent soixante idoles furent installées à l’intérieur même de la Ka’aba – la maison bâtie par Abraham et son fils pour l’adoration exclusive de Dieu – et dans sa cour extérieure.  Non seulement les Arabes adoraient-ils les idoles sculptées dans la pierre, mais ils vénéraient également tout ce qu’ils considéraient comme surnaturel.  Ils croyaient que les anges étaient les filles de Dieu.  Ils menaient des vies de débauche où l’ivrognerie et les jeux d’argent étaient monnaie courante, et où l’infanticide féminin allait de soi, les filles nouvellement nées étant régulièrement enterrées vivantes.

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