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Charles Le Gai Eaton, ancien diplomate britannique (partie 4 de 6)

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Description: La quête de vérité d’un philosophe et écrivain confronté à une constante lutte intérieure visant à harmoniser ses croyances avec ses actions.  Partie 4: T. S. Eliot et le premier livre de Charles Le Gai Eaton.

  • par Gai Eaton
  • Publié le 21 Dec 2009
  • Dernière mise à jour le 21 Dec 2009
  • Imprimés: 558
  • Lus: 10778 (moyenne quotidienne: 3)
  • Évaluation: pas encore évalué
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Lorsque je quittai l’armée, je me mis à écrire, ressentant le besoin d’exprimer mes pensées pour pouvoir y mettre de l’ordre.  J’écrivis sur le Védanta, sur le taoïsme et sur le bouddhisme zen, mais aussi sur certains écrivains occidentaux (incluant Leo Myers) qui avaient été influencés par ces doctrines.  Une rencontre avec le poète T.S. Eliot, qui, à cette époque, était à la tête d’une maison d’édition, me permit de publier ces essais sous le titre de « The Richest Vein » (le filon le plus riche), titre que m’avait inspiré une citation de Thoreau : « Mon instinct me dit que ma tête est un organe servant à creuser, acte pour lequel certaines créatures utilisent leur museau ou leurs pattes antérieures; et avec ma tête, je creuserai mon chemin à travers ces collines.  Je crois que le filon le plus riche se trouve quelque part par ici... ».  J’avais désormais trouvé une nouvelle personne pour me guider à travers les collines.  En effet, j’avais découvert René Guenon, un Français qui avait vécu la majeure partie de sa vie au Caire sous le nom de Sheikh Abdoul Wahid.

Avec une entière rigueur intellectuelle, Guenon avait ébranlé, puis démoli toutes les hypothèses prises pour acquis par l’homme moderne – c’est-à-dire l’homme occidental, ou occidentalisé.  Bien d’autres avaient critiqué la voie empruntée par la civilisation européenne depuis la soi-disant « Renaissance »; mais nul n’avait osé se montrer aussi radical que lui ou réaffirmer avec une telle force les principes et valeurs que la culture occidentale avait pourtant expédiés au dépotoir de l’histoire.  Son thème était la « tradition primordiale » (ou sofia perennis) exprimée, selon lui, à la fois dans les anciennes mythologies et dans la doctrine métaphysique se trouvant à la base des grandes religions.  Le langage de cette tradition était celui du symbolisme, et nul n’égalait Guenon dans l’interprétation de ce symbolisme.  De plus, il renversa l’idée du progrès humain, la remplaçant par cette croyance quasi universelle, avant l’époque moderne, selon laquelle l’humanité perd de son excellence spirituelle avec le temps et que nous nous trouvons présentement dans l’âge des ténèbres qui précède la Fin, un âge dans lequel toutes les possibilités et les hypothèses rejetées par les premières cultures ont été déversées dans le monde, la quantité remplaçant la qualité et la décadence approchant de ses limites ultimes.  Quiconque le lisait et comprenait ses idées ne pouvait plus jamais être le même.

Comme plusieurs, dont la vision des choses fut transformée après avoir lu Guenon, je me sentais maintenant comme un étranger dans le monde du vingtième siècle.  Par la logique de ses convictions, il avait été amené à embrasser l’islam, la révélation finale résumant tout ce qui a été révélé avant elle.  Je n’étais personnellement pas prêt à suivre la même voie, mais j’appris bientôt à garder pour moi mes opinions, ou du moins à les voiler partiellement.  Nul ne peut vivre heureux s’il est en constant désaccord avec les gens qui l’entourent, pas plus qu’il ne peut argumenter avec eux, car il ne partage pas les hypothèses de base qui sont les leurs.  Les discussions et les débats présupposent une base commune, partagée par les interlocuteurs.  Lorsqu’il n’y a pas de base commune, l’incompréhension et la confusion deviennent inévitables, quand ce n’est pas carrément la colère.  Les croyances à la base de la culture contemporaine sont mises au même niveau que les croyances religieuses incontestables, comme on a pu le voir lors du conflit entourant la publication du roman de Salman Rushdie, les Versets Sataniques.

Il m’est parfois arrivé d’oublier ma résolution de ne point participer à des débats futiles.  Il y a de cela quelques années, j’étais invité à un dîner diplomatique à Trinidad.  La jeune femme assise à côté de moi discutait avec un ministre du culte chrétien, un Anglais, assis en face d’elle.  Je n’écoutais leur conversation que d’une oreille distraite lorsque j’entendis la jeune femme affirmer qu’elle n’était pas sûre de croire au progrès humain.  L’Anglais lui répondit avec tant de rudesse et de mépris que je ne pus résister à l’envie de répliquer : « Elle a parfaitement raison : le progrès n’existe tout simplement pas! ».  Il tourna vers moi un visage déformé par la colère et dit : « Jamais je n’aurais cru que je me suiciderais ce soir même! ».  Comme le suicide est un aussi grand péché pour les chrétiens que pour les musulmans, je compris pour la première fois à quel point la foi dans le progrès, dans un « avenir meilleur » et, par conséquent, dans la possibilité d’un paradis sur terre, avait remplacé la foi en Dieu et dans l’au-delà.  Dans les écrits du prêtre renégat Teilhard de Chardin, le christianisme lui-même est réduit à une religion de progrès.  Privez l’Occidental moderne de cette foi et il devient aussi perdu que s’il se trouvait en un lieu sauvage dépourvu de tous repères ou de panneaux indicateurs.

Au moment où mon ouvrage « The Richest Vein » fut publié, j’avais déjà quitté l’Angleterre pour la Jamaïque, où un ami d’enfance allait me trouver, j’en étais sûr, un boulot quelconque.  La couverture du livre me décrivait comme un « penseur mature ».  L’adjectif « mature » était particulièrement inapproprié.  En tant qu’homme et personnalité, je sortais à peine de l’adolescence; et la Jamaïque était l’endroit idéal pour exploiter mes rêves d’adolescent.  Seuls ceux qui ont connu la vie antillaise dans les années d’après-guerre savent quels plaisirs et tentations elle offrait à ceux qui étaient en quête d’expériences de toutes sortes.  À l’instar de Myers, je ne possédais point de valeurs morales qui m’auraient permis de modérer mes ardeurs.  Je me sentis gêné lorsque je commençai à recevoir des lettres de gens qui avaient lu mon livre et qui s’imaginaient que j’étais un homme d’âge mûr – « avec une longue barbe blanche », comme m’écrivit l’un d’entre eux – plein de sagesse et de compassion.  J’aurais voulu pouvoir les détromper au plus vite et me débarrasser de la responsabilité qu’ils m’imposaient.  Un jour, un prêtre catholique arriva dans l’île pour séjourner chez des amis.  Il venait tout juste, leur dit-il, de terminer la lecture d’un « livre fascinant » rédigé par un homme du nom de Gai Eaton.  Il fut stupéfait d’apprendre que l’homme en question séjournait lui aussi en Jamaïque et demanda à me rencontrer.  Ses amis le conduisirent à une fête où on leur avait dit qu’ils me trouveraient sans doute.  On me le présenta et, voyant devant lui un jeune homme aussi frivole, il me lança un long et dur regard.  Puis, il secoua la tête en signe d’incompréhension et me dit, à voix basse : « Il est impossible que vous ayez écrit ce livre! ».

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