L’élévation du statut de la femme (partie 1 de 5) : Le statut de la femme dans le monde
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Description: Tiré d’une conférence prononcée à l’Université McGill, au Canada, sur l’élévation du statut de la femme, en islam. Partie 1 : explication sur la différence fondamentale entre la vision de l’Occident et celle de l’islam, sur la femme, et un survol des positions grecque et chrétienne sur la femme.
par Ali Al-Timimi
Publié le 02 May 2011 - Dernière mise à jour le 22 Jan 2012
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L’islam a grandement contribué à élever le
statut de la femme. Plusieurs d’entre vous, en entendant cela, penserons qu’il
s’agit d’un oxymoron, car l’idée qui prévaut, en Occident, est non seulement
que l’islam n’a jamais apporté une telle contribution, mais qu’il a plutôt
opprimé la femme. À cet égard, il faut dire que de nos jours, il existe deux
visions du monde, qui sont souvent en conflit – non seulement au niveau
personnel, i.e. au niveau des choix que font les individus, mais aussi au
niveau international, où il existe un débat sur l’authenticité et la justesse
de ces deux visions.
La première vision est la vision libérale
de l’Occident. Une vision qui affirme tirer sa source de la tradition
judéo-chrétienne, mais qui semble plutôt fondée sur les idées qui apparurent
après la réforme, sur celles basées sur la laïcité et sur la vision du monde
qui apparût au cours du « Siècle des Lumières ».
La seconde vision est celle du monde
musulman, qui tire sa source dans les révélations de Dieu (ou Allah, en arabe)
au prophète Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui).
Les tenants de cette vision du monde affirment qu’elle est applicable à toutes
les époques et que sa pertinence et les bienfaits que l’on peut en tirer ne
sont pas restreints à une époque, à une région géographique ou à une certaine
race ou nationalité. Quant aux tenants de la première vision, celle de la
laïcité occidentale et de la tradition libérale, ils croient que leur vision,
leurs opinions, leur culture et leur civilisation sont les meilleurs qui soient
pour l’humanité. Un auteur américain d’origine japonaise, Francis Fukumaya, a
écrit un livre intitulé « The End of Time » (La fin du monde). Dans
ce livre, il propose une théorie selon laquelle le développement des idées,
chez l’être humain, s’arrête à la présente période de pensée libérale laïque et
qu’aucune autre vision du monde n’apparaîtra plus. Mais il ajoute, dans son
livre, que la seule partie du monde qui n’a pas (encore) adopté le mode de vie
laïque si cher à l’Occident est le monde musulman, et que cela mènera à un
conflit d’idéologies dans cette même partie du monde.
L’un des sujets de discorde entre ces deux
visions du monde concerne les femmes et le statut qu’elles occupent. Les
femmes jouissent-elles d’un statut élevé dans une culture et sont-elles
opprimées dans l’autre?
Selon le point de vue occidental, on
n’accorderait d’importance aux femmes qu’en Occident, où elles obtiendraient de
plus en plus de droits, tandis que leurs sœurs – comme ils disent – vivant dans
le monde musulman seraient toujours opprimées. Mais les musulmans croient que
c’est le système islamique qui apporte une véritable liberté aux femmes comme
aux hommes et qu’on a vendu aux femmes et aux hommes occidentaux une idée de la
liberté qui n’existe pas dans la réalité.
La façon dont sont perçues les femmes, en
islam, ne peut être bien comprise que si l’on comprend parfaitement le
fondement philosophique ou l’idéologie derrière cette perception – car au fond,
on parle, ici, d’un concept théologique.
Afin de comparer les points de vue, voyons
d’abord comment les femmes ont été perçues, à travers les siècles, dans la
tradition occidentale. Nous savons que la tradition occidentale se voit comme
l’héritière de la tradition grecque qui existait avant la venue du prophète
Jésus (que la paix soit sur lui); c’est pourquoi on retrouve plusieurs des traditions
intellectuelles occidentales dans les écrits des premiers philosophes grecs
comme Aristote, Platon, etc.
Comment Aristote et Platon percevaient-ils
les femmes? On découvre, en étudiant leurs travaux, que ces philosophes
considéraient les femmes avec beaucoup de mépris. Dans ses écrits, Aristote
affirmait que les femmes n’étaient pas des êtres humains à part entière et que
leur nature n’était pas celle d’un être humain à part entière. Les femmes
étaient donc, selon lui, faibles d’intelligence; on ne pouvait leur faire
confiance et l’on se devait de les regarder de haut. En fait, ses écrits
révèlent que les femmes libres, au sein de la société grecque – à l’exception d’un
tout petit nombre de femmes faisant partie de l’élite – occupaient un statut à
peine supérieur à celui des animaux ou des esclaves.
Cette vision aristotélicienne des femmes
fut plus tard reprise par la tradition chrétienne de l’Église catholique. Dans
ses écrits, Saint Thomas d’Aquin suggéra que la femme était un piège du
diable. La version chrétienne de l’histoire d’Adam et Ève apporta une autre
dimension aux idées d’Aristote : maintenant, la femme était responsable de
la chute de l’homme et il fallait donc s’en méfier et la considérer avec dégoût,
car le mal venait d’elle. Cette façon de penser se retrouva, sous diverses
formes, et avec persistance, dans pratiquement tous les écrits des pères de
l’Église, à travers tout le Moyen Âge. Mais plus tard, après la réforme protestante,
l’Europe décida de se libérer du carcan de l’Église catholique.
Les nouvelles idées qui furent à l’origine
de ce qu’on appela le Siècle des Lumières leur firent ressentir le besoin de se
dissocier des anciennes idées de l’Église. Certaines de ces nouvelles idées
étaient de nature scientifique (on comprit, par exemple, que la Terre tournait
autour du soleil et non l’inverse), de nature théologique (comme celles que l’on
retrouvait dans les écrits de Martin Luther) ou encore de nature sociale (comme
le statut de la femme au sein de la société). Mais il demeure que les
écrivains du Siècle des Lumières ne s’étaient pas tout à fait détachés de
l’idée que la femme n’était pas un être humain à part entière. Durant la
révolution, des écrivains français tels que Rousseau ou Voltaire décrivirent la
femme comme un fardeau duquel il fallait s’occuper comme d’une enfant. Sur la
base de cette perception, Rousseau, dans son ouvrage intitulé
« Émile », suggéra même qu’une éducation différente soit donnée aux
femmes, car ces dernières, selon lui, étaient incapables de comprendre la
plupart des choses que pouvaient comprendre les hommes.
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L’élévation du statut de la femme (partie 2 de 5) : Entre deux extrêmes
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Description: Tiré d’une conférence prononcée à l’Université McGill, au Canada, sur l’élévation du statut de la femme, en islam. Partie deux : la position actuelle adoptée par l’Occident, en réponse à celle adoptée par le passé, et le point de vue islamique sur les femmes.
par Ali Al-Timimi
Publié le 02 May 2011 - Dernière mise à jour le 02 May 2011
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Tel est l’héritage de l’Occident. Ce n’est
qu’au 19e siècle qu’apparurent les premiers écrits, féminins et
masculins, encourageant l’évolution de ces idées. C’est là que se trouve la
source des premiers mouvements féministes. L’un des premiers ouvrages du genre
était intitulé « Vindication for the Rights of Women » et rédigé par
Mary Walsencraft. Suite à cela, les femmes commencèrent, timidement, à voir
certains de leurs droits reconnus. C’est un fait connu que, jusqu’au 19e
siècle, les femmes ne pouvaient posséder aucune propriété et ne pouvaient
disposer de leurs avoirs avec la même liberté que les hommes. Les premières
lois permettant aux femmes de posséder des biens, aux États-Unis et en Europe, n’apparurent
qu’au cours des deux dernières décennies du 19e siècle.
La révolution industrielle donna un autre
élan à ce mouvement féministe. Au cours de cette période, les femmes, surtout
en Angleterre, furent forcées de travailler de nombreuses heures d’affilée dans
des mines de charbon et autres endroits similaires et ce, pour un salaire
dérisoire comparé à celui des hommes. Alors, la première revendication du
mouvement fut pour qu’un salaire égal soit versé pour un travail égal.
Puis, au cours du 20e siècle,
il y eut une cassure par rapport à la tradition occidentale telle qu’elle avait
été jusqu’alors. Les mouvements féministes, qui apparurent aux lendemains de
la Seconde Guerre Mondiale, appelèrent à l’émancipation de la femme non
seulement au niveau de ses droits légaux, mais au niveau de sa sexualité.
Selon eux, le mariage et la famille étaient à la source de nombreux problèmes
de société et c’est pourquoi il fallait s’en dissocier et s’en libérer.
Enfin, dans les années 90, apparut l’idée
selon laquelle il ne fallait plus parler de sexes, mais de genres. Cette idée
fut, entre autres, débattue dans un ouvrage intitulé « The Age of
Extremes », dans lequel l’auteur affirme qu’il n’y a pas de différence
entre les hommes et les femmes et que le genre de chacun ne s’explique que par
l’environnement dans lequel il évolue. Ainsi, on pourrait modifier cet
environnement en modifiant, par exemple, l’éducation, afin que les hommes
puissent assumer le rôle des femmes et vice versa. Voilà où nous en sommes.
Dans cette tradition occidentale vieille de 2500 ans, nous partons d’un extrême
– le point de vue grec – où les femmes n’étaient pas même considérées comme des
êtres humains à part entière, et aboutissons à un autre extrême – celui
d’aujourd’hui – où l’on cherche à effacer toute distinction entre les sexes.
Je viens de présenter, il va de soi, un très bref résumé de cette vision du
monde. Je ne lui rends certes pas justice en si peu de mots, mais j’en
présente tout de même une idée générale.
L’autre vision, dont je voudrais parler
plus longuement, est celle de l’islam. Quelle est la position de l’islam sur
les femmes? Tout d’abord, il est important de préciser que les musulmans,
contrairement aux philosophes grecs ou aux écrivains français d’après la
révolution, n’ont pas adopté des idées, des concepts ou des croyances avancés
par d’autres hommes. Ils croient plutôt que ce qu’ils ont reçu comme
enseignement et qu’ils mettent en pratique, et tout ce qui est relié à cela,
fait partie de la révélation que Dieu leur a transmise. Et, par conséquent,
que ce n’est pas matière à discussion ni à contestation. Car Dieu connaît
mieux que quiconque ce qu’Il a créé. Il a créé les êtres humains; c’est un
Dieu de sagesse, Il est Omniscient et sait donc ce qu’il y a de mieux pour les
humains. Et Il décrète ce qu’il y a de meilleur pour l’humanité, pour Ses
créatures. Les musulmans s’efforcent donc, au quotidien, de vivre en
conformité avec un code légal qui est le reflet de cette croyance.
Maintenant, je n’ai pas l’intention de
discuter en détail de ce code légal, car je ne crois pas que ce soit pertinent
dans ce contexte-ci. (Peut-être des questions, à ce sujet, seront-elles posées
lors de la période de questions/réponses et je me ferai un plaisir d’y
répondre.) Mais ce dont j’aimerais discuter est la perception des femmes, en
islam. Les musulmans croient-ils, comme les premiers écrivains grecs ou les
premiers pères de l’Église, que les femmes ne sont pas des êtres humains à part
entière? Croient-ils que les femmes sont des pièges du diable et qu’à cause de
cela, elles doivent être ostracisées, méprisées et perçues comme mauvaises et
dangereuses? Quelle est leur perception des femmes? Lorsque nous étudions l’histoire
de l’islam, qui est, comme je l’ai dit, fondé sur la révélation (Coran et
sounnah), nous découvrons que, du point de vue des musulmans, les hommes et les
femmes font partie d’une seule et même humanité, qu’ils y sont égaux et que
leur nature humaine est la même. Évidemment, de nos jours, nous prenons cette
idée pour acquis; mais, comme je l’ai expliqué, la civilisation occidentale a
longtemps cru que la femme n’était pas un être humain à part entière.
Dans ce contexte, le fait que l’islam
enseignait déjà, il y a 1400 ans, que les hommes et les femmes étaient égaux au
niveau de leur humanité était révolutionnaire en soi.
Décrivant les origines de l’être humain,
le Coran dit :
« Ô hommes! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous
avons fait de vous des nations et des tribus, afin que vous fassiez
connaissance entre vous. Certes, le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu,
est celui qui a la meilleure conduite. Certes, Dieu est Omniscient et très
bien informé. » (Coran 49:13)
Ce verset nous enseigne que les êtres
humains ont été créés à partir d’un seul homme et d’une seule femme, ce qui
revient à dire qu’au niveau de leur nature humaine, l’homme et la femme sont à
égalité. De même, le chapitre du Coran intitulé « Les femmes » commence
par le verset suivant :
« Ô hommes! Craignez votre Seigneur, qui vous a créés d’un seul être et
qui a créé, à partir de celui-ci, sa compagne... »
... ce qui est une référence à Adam et
Ève,
« puis de [l’union de] ces deux-là, Il a fait proliférer de tous côtés une
multitude d’hommes et de femmes. » (Coran 4:1)
Ici encore, on affirme que tous les êtres
humains proviennent de la même source, de la même famille et des mêmes parents,
à l’origine. Cela démontre on ne peut plus clairement que l’homme et la femme
partagent une même humanité.
De même, dans les hadiths du prophète
Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui), qui
constituent la seconde référence, en islam, on trouve que celui-ci a affirmé
que la femme est la moitié jumelle de l’homme. Le mot arabe shaqaa’iq,
que l’on traduit par « moitié jumelle », signifie prendre une chose
et la partager en deux parties égales. Il faut donc comprendre qu’il existe
une humanité et une seule essence, qui est partagée, et qu’il y a des
« moitiés jumelles », dont l’une est l’homme et l’autre, la femme.
Cela est rappelé à plus d’une reprise, dans le Coran, et les paroles du
prophète Mohammed insistent sur son importance. Il est très important de bien
comprendre ce concept à la lumière de ce que nous avons dit au sujet de la
civilisation occidentale et de sa perception de la femme jusqu’à récemment.
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L’élévation du statut de la femme (partie 3 de 5) : Une différence fondamentale
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Description: Tiré d’une conférence prononcée à l’Université McGill, au Canada, sur l’élévation du statut de la femme, en islam. Partie trois : la différence entre les visions du monde islamique et occidentale, et un survol de quelques-uns des droits octroyés aux femmes, par l’islam, il y a 1400 ans.
par Ali Al-Timimi
Publié le 09 May 2011 - Dernière mise à jour le 09 May 2011
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Posons-nous maintenant la
question : quel est le but de la création? Pour quelle raison l’être
humain existe-t-il, sur terre, et quel but cherche-il à atteindre? Que lui
arrivera-t-il s’il s’efforce d’atteindre ce but et que lui arrivera-t-il s’il
ne fait point d’efforts pour l’atteindre?
Comme l’islam est une religion basée
sur la révélation de Dieu et qu’elle constitue donc la vérité venant de Sa
part, les musulmans croient que les êtres humains existent dans un but bien
précis, sur terre, et qu’il y a de la sagesse dans tous les éléments de la
création de Dieu. Rien de ce que Dieu a créé ne l’a été sans sagesse. Dieu
n’a pas créé cet univers en vain; la vie humaine a une raison d’être et cette
raison d’être est clairement expliquée dans les enseignements de l’islam. Les
êtres humains ont été créés pour adorer Dieu. Dans un verset du Coran, Dieu
affirme n’avoir créé les humains que pour qu’ils L’adorent. L’essence de l’humanité
est donc la même chez l’homme et la femme, car ils ont la même raison d’être,
qui est d’adorer Dieu. Et il s’agit là de la chose la plus importante dans la
culture et la civilisation islamiques.
La culture et la civilisation
islamiques prennent racine dans la croyance religieuse. Mais dans quoi la
civilisation américaine prend-elle racine? Dans les écrits des pères
fondateurs des États-Unis. Elle prend racine dans la Déclaration d’Indépendance
et dans les idéaux qu’elle contient. Elle prend racine dans la Constitution
des États-Unis et dans les arguments pour la monarchie ou la démocratie qui
furent rédigés par certains écrivains ou pères fondateurs. Elle prend donc
racine dans la pensée politique. Oui, on y trouve quelques traditions qui
remontent plus loin et qui proviennent du christianisme, mais elle demeure
essentiellement une pensée politique, tandis que l’islam est, essentiellement,
une religion.
La civilisation islamique – une civilisation
vieille de 1400 ans – est enracinée dans la religion. Pour le musulman, l’objectif
ultime est de servir Dieu et de L’adorer de façon exclusive; c’est d’ailleurs
ce que signifie le mot « musulman ».
Être musulman ne signifie pas faire
partie d’une race ou d’une ethnie. Être musulman signifie être soumis.
L’islam signifie la soumission, de plein gré, à la volonté de Dieu. L’islam
est donc une religion de soumission. L’un des aspects importants de l’islam
est que les hommes et les femmes partagent la même raison d’être, le même
objectif et les mêmes responsabilités, car ils doivent tous attester que rien
ni personne ne mérite d’être adoré à part Dieu et que Mohammed est Son
messager. Les hommes et les femmes sont tous obligés d’accomplir cinq prières
quotidiennes, la prière constituant le deuxième pilier de l’islam (après
l’attestation de foi). Ils sont tous obligés de jeûner le mois de Ramadan,
d’accomplir le pèlerinage, à la Mecque, au moins une fois dans leur vie (s’ils
en ont les moyens), de donner en charité, d’avoir les mêmes croyances, la même
moralité et le même code de conduite.
Les hommes, comme les femmes, affichent
le même type de comportement islamique, lequel distingue le musulman du
non-musulman. Et cela est très important, car cela représente une rupture avec
les traditions religieuses un peu partout dans le monde. Par exemple,
cinquante ans avant la naissance du prophète Mohammed (que la paix et les
bénédictions de Dieu soient sur lui), qui est né vers l’an 560 de notre ère, il
y eut un débat entre archevêques, en France, à savoir si la femme possédait ou
non une âme et si oui, quelle était alors sa raison d’être, sur terre?
Était-ce d’adorer Dieu? Et si oui, irait-elle au Paradis? À la fin, on décida
que oui, la femme possédait une âme – décision qui se démarquait des traditions
antérieures – mais que sa raison d’être n’était pas uniquement d’adorer Dieu,
mais aussi de servir l’homme.
Mais, en islam, la soumission ne
signifie pas que la femme doive se soumettre à l’homme, mais que les hommes et
les femmes se soumettent tous à Dieu. À la lecture du Coran, on comprend
clairement que les croyants et les croyantes auront accès au Paradis, qui est l’objectif
ultime du musulman et qui est à la base de la civilisation islamique. De même,
ceux qui sont désobéissants et rebelles et qui refusent de se soumettre à Dieu
recevront tous le même châtiment, qu’ils soient hommes ou femmes. C’est pourquoi
le Coran s’adresse autant aux femmes qu’aux hommes. Dans la langue arabe, il
existe deux types de verbes, l’un masculin et l’autre, féminin. Alors le Coran
utilise les deux types de verbes et s’adresse donc aux deux sexes. Je ne
réciterai pas toutes les sourates où l’on retrouve les deux types de verbes,
mais elles sont là et n’importe qui peut les lire.
Pour résumer : les hommes et les
femmes partagent la même humanité, ont la même raison d’être, sur terre, et
espèrent la même rétribution ultime, qui est l’objectif pour lequel ils
travaillent, collectivement, en tant qu’êtres humains. Et cela, comme je l’ai
dit plus tôt, s’inscrit en rupture avec les autres traditions religieuses et avec
la pensée politique et sociale qui prévalait, chez les philosophes, avant la
venue de l’islam. Et suite à cela, l’islam a octroyé aux femmes des droits
qu’elles prennent, certes, pour acquis, de nos jours, mais qui ne l’étaient
point il y a 1400 ans. Ces droits, comme le droit de posséder des biens et
d’en disposer à sa guise (dans le respect des lois de l’islam) et les droits
politiques, comme signer un traité avec des ennemis, sont des droits
relativement récents, en Occident.
L’un des droits
accordés par l’islam, à l’époque du prophète Mohammed, était que si une femme
accordait sa protection à un combattant faisant partie d’une armée de
non-musulmans, cette protection devait être respectée. Ce fut d’ailleurs le
cas d’une femme faisant partie des compagnons du Prophète. Chez les chrétiens,
on appelle ces compagnons « disciples ». Mais les disciples, ou
compagnons, de Mohammed se comptaient par centaines et même par milliers et ne
se limitaient pas à douze, comme ce fut le cas pour Jésus (que la paix soit sur
lui). Et il y avait, parmi ces compagnons, des hommes comme des femmes.
Lorsque le prophète Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient
sur lui) se rendit à la Mecque, une des femmes qui faisaient partie des
compagnons, et qui s’appelait Oumm Hani, accorda sa protection à des membres de
sa famille. Son frère, Ali ibn Abi Talib, qui était l’un des proches
compagnons de Mohammed et qui avait épousé la fille de ce dernier, voulut exécuter
deux des hommes sous sa protection, car ils étaient connus pour nuire aux
musulmans et les combattre. Alors Oumm Hani alla voir le prophète Mohammed
pour lui expliquer la situation et celui-ci reconnût la protection qu’elle leur
avait accordée.
C’est ce que nous pouvons appeler, dans
la terminologie d’aujourd’hui, un droit politique. Accorder une protection à
une personne en période de guerre est une notion relativement récente, en
Occident, mais elle existait déjà, il y a 1400 ans, dans le monde musulman.
Par ailleurs, dans ce que nous pouvons
appeler la participation à la vie publique, il y a certains actes d’adoration
qui se font publiquement, en islam, et d’autres actes qui se font en privé.
L’un des actes publics est le pèlerinage, qui est un des piliers de l’islam, et
auquel participent autant les femmes que les hommes. Il y a également les deux
prières de l’Aïd, deux fois l’an, l’une à la fin du pèlerinage et l’autre, à la
fin du Ramadan, auxquelles participent les hommes et les femmes. Dans le même
esprit, un verset du Coran nous apprend que le comportement social des hommes
et des femmes est le même, en islam :
« Et les croyants, hommes et femmes,
sont les alliés (et protecteurs) les uns des autres; ils enjoignent le bien et
interdisent le blâmable, ils accomplissent assidûment la prière, acquittent la
zakat et obéissent à Dieu et à Son messager. » (Coran: 9:71)
Puis, Dieu Se montre miséricordieux
envers eux, car Il est Puissant et Sage.
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L’élévation du statut de la femme (partie 4 de 5) : Égaux, mais différents
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Description: Tiré d’une conférence prononcée à l’Université McGill, au Canada, sur l’élévation du statut de la femme, en islam. Partie quatre: bien que les hommes et les femmes jouissent du même statut, aux niveaux humain et spirituel, l’islam enseigne qu’ils jouent des rôles différents.
par Ali Al-Timimi
Publié le 09 May 2011 - Dernière mise à jour le 09 May 2011
Lus: 1282 (moyenne quotidienne: 3) - Évaluation: 5 de 5 - Évalué par: 1 Imprimés: 100 - Envoyés: 0 - Commentés: 0
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Alors, dans ce verset, nous comprenons
qu’en tant qu’individus, au sein de la société, les hommes et les femmes
jouissent du même statut; ils doivent tous enjoindre le bien et interdire le
mal, de même qu’accomplir leurs prières et donner en charité. Ils partagent
les mêmes croyances et la même obéissance envers Dieu et envers le prophète
Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) et reçoivent
la même rétribution, qui est la miséricorde de Dieu. Il s’agit là d’un concept
très important, car il s’inscrit en opposition totale à la tradition
occidentale actuelle, qui est le résultat, ou qui constitue plutôt un rejet de
la position extrême adoptée par les philosophes grecs, qui affirmaient que la
femme n’était pas un être humain à part entière. Et en réaction à cette
position extrême, l’Occident a adopté une autre position extrême selon laquelle
il n’y aurait aucune différence entre l’homme et la femme.
Et de là découle le concept des
« genres », un terme qui n’est pas utilisé au sens biologique car, de
nos jours, on croit que les caractéristiques définissant la masculinité ou la
féminité, les caractéristiques sociales, etc, sont déterminées par l’éducation,
la culture et l’environnement, et qu’il n’existe pas de différence entre la
façon de penser d’un homme et d’une femme ou dans leur composition, etc. Et
c’est pourquoi on utilise maintenant le terme « genre ».
L’islam, quant
à lui, tout en reconnaissant que l’homme et la femme partagent la même essence,
la même humanité, reconnaît également qu’ils sont fondamentalement différents.
Cette différence signifie-t-elle que l’homme soit bon de nature et la femme,
mauvaise? Non, bien sûr. Et c’est pourquoi lorsqu’on lit un des versets du
Coran qui fait la lumière sur ce sujet, Dieu dit, en mentionnant Sa création,
qu’Il est Celui qui a créé la nuit enveloppante – si vous regardez, à
l’horizon, vous remarquez que la nuit apparaît comme un drap enveloppant l’horizon
– et qu’Il est Celui qui a créé le jour éclatant – comme se lève le soleil – et
qu’Il est Celui qui a créé le mâle et la femelle. Puis, le verset suivant
dit : en vérité, ce pour quoi vous travaillez – les êtres humains
s’efforcent tous d’atteindre divers objectifs – certains s’efforcent d’obtenir
la satisfaction de Dieu, d’autres œuvrent à Lui désobéir, d’autres encore
s’efforcent de venir en aide aux êtres humains et d’autres, à leur causer du
tort. Mais pourquoi est-ce que je parle de ce verset? Parce que Dieu
mentionne la nuit et le jour, puis mentionne le mâle et la femelle. Ce que
nous pouvons comprendre de ce verset est que la nuit a une raison d’être et le
Coran nous dit qu’il y a une sagesse derrière la création de la nuit. Et il
dit aux hommes que s’il n’y avait eu que la nuit, sans que jamais ne se lève le
jour, les êtres humains n’auraient pu vivre sur terre. Et il est aujourd’hui
prouvé scientifiquement que si le jour n’existait pas, certaines hormones du
corps humain seraient incapables de se reproduire, ce qui rendrait impossible
la survie de la race humaine. Par ailleurs, il y a également une sagesse
derrière la création du jour. Mais peut-on prétendre que la nuit est bonne,
tandis que le jour est mauvais? Non, évidemment. Et le contraire serait tout
aussi faux. Alors de même, l’homme et la femme ont chacun leur rôle à jouer,
sans qu’un rôle soit plus important que l’autre ou moins bon que l’autre.
C’est là le principal point de discorde
entre la pensée occidentale et la croyance islamique. La pensée occidentale a
accepté, à l’exception de quelques personnes, peut-être, l’idée selon laquelle
les hommes et les femmes partagent la même humanité. Les musulmans y croient
depuis 1400 ans. Mais la différence, c’est que dans la pensée occidentale, en
réaction aux croyances lointaines qui voulaient que la femme ne soit pas tout à
fait un être humain, on a introduit l’idée voulant que le rôle de l’homme et de
la femme, au sein de la société, ne soit défini que par la culture,
l’environnement et l’éducation, et qu’il n’existe donc pas de rôle défini pour
chacun d’eux, car ces rôles sont interchangeables en fonction de l’éducation,
etc. En islam, cependant, il existe bel et bien un rôle défini pour l’homme et
un rôle défini pour la femme. Et qui définit ces rôles? Le Créateur. Il s’agit
là de la différence philosophique (ou idéologique ou théologique) majeure entre
les deux visions du monde. Cela dit, il est important de comprendre que
lorsque Dieu a attribué ces rôles à l’homme et à la femme, Il leur a donné à
chacun des responsabilités équivalentes à leurs obligations. Par exemple,
l’islam reconnaît que la femme a une prédisposition innée pour être mère, que
cette prédisposition ne vient pas de la culture, de la tradition ou de facteurs
sociologiques. Les femmes sont, de nature, plus à même de s’occuper de leurs
enfants, de créer un lien affectif et maternel, psychologique et physique, qui
va au-delà des simples traditions. C’est pourquoi en islam, les femmes ont
plus de responsabilités envers leurs enfants que les hommes.
Parallèlement, les obligations des
enfants envers leur mère, en islam, sont plus importantes que celles qu’ils ont
envers leur père. C’est pourquoi lorsqu’un compagnon du prophète Mohammed lui
demanda :
« Qui mérite le plus que je
lui tienne compagnie? »
Le
Prophète lui répondit : « Ta mère. »
L’homme
posa encore sa question deux fois, en demandant « qui d’autre? », et
il obtint la même réponse. Lorsqu’il la posa une quatrième fois, le Prophète
lui répondit enfin : « Ton père. »
Dans le Coran, Dieu dit à l’homme que sa
mère l’a porté en endurant peine par-dessus peine, faisant allusions aux
épreuves de la grossesse, du travail et de l’accouchement, puis qu’elle l’a
allaité deux ans durant. Il ajoute qu’il faut se montrer bon envers ses
parents, en mentionnant la mère avant le père.
Dieu a donné à la femme un rôle
différent de celui du père, auprès de ses enfants, et en même temps, Il fait en
sorte que la femme reçoive un plus grand honneur et un plus grand respect que
l’homme, de la part de ses enfants. Le père, bien sûr, reçoit également respect
et honneur; mais la mère crée habituellement un lien plus fort avec ses
enfants, du fait de sa prédisposition naturelle à materner. Elle est plus
honorée par ses enfants, mais ses obligations envers eux sont aussi plus
importantes.
J’ai choisi cet exemple pour démontrer
que tandis que l’islam reconnaît les différences entre les sexes, il ne reconnaît
pas le concept voulant que le genre des personnes soit uniquement influencé par
l’éducation ou l’environnement culturel, car il existe des différences profondes
entre l’homme et la femme, liées à leur nature même. Et c’est pourquoi les
obligations et responsabilités de chacun diffèrent.
Un autre point important à comprendre
est que même si l’homme et la femme sont différents, ils ne sont pas en
opposition l’un à l’autre, idée qui se trouve à la base de la pensée
occidentale, sur le sujet, et plus particulièrement de la pensée féministe. Selon
cette pensée, il existerait une lutte incessante entre l’homme et la femme, une
« guerre des sexes », pour reprendre l’expression populaire. Un tel
concept n’existe pas, en islam. L’homme et la femme œuvrent ensemble, chacun
ayant son importance, comme le jour et la nuit qui se succèdent et qui ne
peuvent exister l’un sans l’autre. On ne peut vivre que de nuit, pas plus qu’on
ne peut vivre que de jour. De même, l’homme et la femme ne sont pas en
opposition l’un à l’autre, mais partagent un même objectif, la même raison d’être,
la même humanité. Ils jouent des rôles différents, qui se complètent l’un
l’autre et qui dépendent l’un de l’autre pour assurer la salut de l’humanité,
non seulement en ce monde, mais également dans l’au-delà, ce qui représente
l’objectif ultime du musulman.
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L’élévation du statut de la femme (partie 5 de 5) : Conclusion
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Description: Tiré d’une conférence prononcée à l’Université McGill, au Canada, sur l’élévation du statut de la femme, en islam. Partie cinq : comment l’islam a contribué à l’élévation du statut de la femme.
par Ali Al-Timimi
Publié le 16 May 2011 - Dernière mise à jour le 16 May 2011
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Catégorie: Articles
> Sujets actuels
> Femmes
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J’aimerais maintenant faire un dernier
commentaire, puis nous pourrons passer à la période de questions. Considérons l’applicabilité
de ces deux visions. Nous avons mentionné plusieurs idées, pensées, croyances
et concepts historiques, mais quand vient le temps de les mettre en pratique,
lequel réussi le mieux, en société? Lequel apporte le plus de bonheur à
l’humanité? Est-ce le point de vue occidental laïque? Ou le point de vue
islamique?
J’aimerais partager avec vous un
exemple que j’ai vécu. J’étais à Beijing, l’été dernier, pour la quatrième
conférence de l’ONU sur les femmes et il y avait un forum pour l’action où
discutaient diverses nations et organisations. L’objectif de ce forum était
d’élever et d’améliorer le statut de la femme à travers le monde, ce qui est,
évidemment, très noble.
Ce forum était divisé en plusieurs
sujets comme la pauvreté, la santé, les finances, les conflits, la violence,
etc, et l’un d’eux, le douzième de douze, en fait, était le statut des jeunes
filles – et donc, des futures femmes – dans le monde d’aujourd’hui. Le pays
qui accueillait cette conférence, la Chine, et connu pour sa pratique
consistant à tuer les filles, avant ou après leur naissance. Comme les couples
chinois n’ont droit qu’à un enfant et que, dans la culture chinoise, on voit
les garçons d’un meilleur œil, ils éliminent les filles dans l’espoir de voir
ensuite la femme donner naissance à un garçon.
Tout le monde
est au courant de cette pratique, mais comme le pays qui accueillait la
conférence était la Chine, les Nations Unies voulurent éviter le sujet ou en
parler le moins possible, car il n’était pas politiquement correct de le
soulever alors qu’ils se trouvaient en Chine. De toute façon, les engagements
pris lors de ces forums sont rarement suivis ou s’échelonnent souvent sur près d’un
demi-siècle, ce qui a très peu d’effet sur le terrain. L’une des principales
raisons pour lesquelles l’ONU fut créée, après la Seconde Guerre Mondiale, est
le meurtre de millions d’êtres humains, dont six millions de juifs, en Europe,
et pourtant, cinquante ans plus tard, l’année où l’on célébrait les cinquante
ans de l’ONU, un génocide eut lieu en Bosnie. Malgré la Déclaration des Droits
de l’Homme et toutes les déclarations des cinquante dernières années, un
massacre est tout de même survenu. Maintenant, lorsque le prophète Mohammed
(que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) fut envoyé aux Arabes,
ceux-ci étaient connus pour tuer leurs filles en les enterrant vivantes. Ils le
faisaient pour toutes sortes de raisons, mais la plupart du temps, c’était par
pauvreté. Ce fait est mentionné dans le Coran : Dieu condamne fermement
le meurtre des fillettes et le fait de les enterrer vivantes, de même que
l’attitude des Arabes envers les filles en général. Un verset du Coran
dit :
« Et lorsqu’on annonce à l’un d’eux la naissance d’une fille, son visage
s’assombrit et une colère profonde l’envahit. Il se cache des gens à cause
du malheur qu’on lui a annoncé, (et il se demande) s’il doit la garder, malgré
la honte, ou s’il doit l’ensevelir sous terre! » (Coran 16:58-59)
Plusieurs des compagnons du Prophète
(que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) avaient tué leurs
filles, avant d’embrasser l’islam. Un jour, un homme vint voir le Prophète et
lui dit : « J’ai tué dix de mes filles, au cours de ma vie; irai-je
tout de même au Paradis? Dieu acceptera-t-Il mon repentir, pour ce péché,
maintenant que j’ai laissé tomber la religion païenne, que j’ai cessé d’adorer
des idoles et de tuer des filles? » En l’espace d’une génération, en 23
ans (le nombre d’années durant lesquelles le Prophète prêcha aux Arabes), cette
pratique disparut complètement d’Arabie. Non seulement cela, mais un
changement d’attitude, envers les femmes, apparut petit à petit.
Dans l’au-delà, les gens ne reçoivent
pas d’autre récompense que le Paradis. C’est l’objectif ultime du musulman,
c’est ce qui le motive, dans sa vie, ici-bas. Non seulement l’islam a-t-il
amené les gens à cesser de tuer leurs filles, mais il a également encouragé
l’éducation des filles et a promis une belle rétribution à ceux qui prennent la
peine de les élever convenablement. Ce qui m’amène à mon dernier point. Si l’on
considère les déclarations des droits de l’homme qui ont été faites, par le
passé, on se rend compte qu’aucune n’a atteint les objectifs qu’elle s’était
fixés, comme le démontrent les génocides et les droits humains bafoués, à
travers le monde.
Pour conclure, contrairement aux autres
civilisations, la civilisation islamique est fondée, bien sûr, sur la
révélation, mais elle fut aussi, essentiellement, fondée et soutenue par des
femmes. La première personne à croire à la mission de Mohammed (que la paix et
les bénédictions de Dieu soient sur lui) fut son épouse, Khadijah. Et c’est
grâce à sa fortune, à son soutien et à ses encouragements qu’il arriva à
prêcher le message de l’islam au cours de la première année de sa prophétie.
Le concept de liberté de culte n’existait pas chez les païens; ils virent cette
mission prophétique comme une insurrection, à laquelle ils tentèrent de faire
obstacle en ayant recours à la torture, au meurtre et à d’autres moyens
violents. Et ils mirent tout en œuvre pour faire cesser la révélation lorsque
Mohammed intensifia son prêche. Pourtant, le message de Mohammed suivit son
cours, de sorte qu’aujourd’hui, plus d’un milliards de personnes, sur terre,
sont musulmanes. Il y a des musulmans partout, même à Beijing, où j’ai vu une
mosquée qui datait de plus de mille ans. Cela démontre que l’islam n’est pas
qu’un phénomène moyen-oriental ou arabe, mais qu’il s’étend à toutes les races
et à toutes les nations du monde.
Après la mort du prophète Mohammed (que
la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui), l’islam se répandit à
l’extérieur de l’Arabie et cela se fit surtout par l’entremise de quatre ou
cinq individus, qui avaient été très proches du prophète. L’un d’eux était son
épouse ‘Aisha. Elle fait partie de ceux qui ont rapporté le plus de narrations
du prophète et qui ont le plus prononcé de verdicts religieux, expliqué de
versets coraniques et de paroles du prophète.
De toutes les civilisations de
l’histoire de l’humanité, très rares sont celles où des femmes ont joué un rôle
de premier plan dans leur établissement. Les Grecs célèbres – dont les grands
philosophes – étaient tous des hommes. Les pères fondateurs de l’Église
étaient, évidemment, tous des hommes; et de nos jours encore, la place des
femmes, au sein de cette même Église, est loin d’être acquise. Les écrivains
français de la révolution étaient des hommes, de même que les grands écrivains
russes. Les pères fondateurs des États-Unis étaient des hommes. L’islam est
l’une des très rares civilisations dont l’établissement s’est fait, en grande
partie, grâce aux efforts des femmes. Et il s’agit là d’un fait historique qui
ne supporte aucune interprétation; c’est un fait que ce sont des femmes qui, en
grande partie, transmirent les enseignements du prophète Mohammed.
Ce n’étaient là que quelques idées et
impressions concernant la façon dont l’islam a élevé le statut de la femme.
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