La cohésion sociale en islam (partie 1 de 3) : Les liens de la foi
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Description: Établir les bases de la cohésion au sein d’une société.
par Jamaal al-Din Zarabozo (© 2010 IslamReligion.com)
Publié le 13 Dec 2010 - Dernière mise à jour le 14 Feb 2011
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Les sociétés sont composées de personnes
différentes dont la race, l’ethnie et la religion varient. De nos jours, on
parle beaucoup des sociétés pluralistes et de la façon dont on peut arriver à
établir une cohésion sociale au sein de telles sociétés. L’approche de
l’islam, à ce niveau, est unique, car elle crée les liens les plus forts qui
soient.
Avant de parler de ces liens, il est
important de souligner que l’islam s’attaque à la source même du manque
d’unité, au sein des sociétés, soit les préjugés et le racisme. Les
gouvernements peuvent voter autant de lois qu’ils le veulent, si ces maux sont
enracinés dans le cœur des gens, il n’y aura jamais de cohésion sociale. Rien
n’illustre mieux ce fait que les débats qui ont cours, en Europe et aux
États-Unis, sur l’immigration. La haine des « étrangers », même ceux
qui sont pleinement citoyens d’une société, rendra toujours la cohésion sociale
impossible.
L’islam s’attaque à ce mal. Dans un
verset du Coran, Dieu nous apprend la véritable valeur d’une personne :
« Ô hommes! Nous vous avons créés d’un
mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus,
afin que vous fassiez connaissance entre vous. Certes, le plus noble d’entre
vous, auprès de Dieu, est celui qui a la meilleure conduite. Certes, Dieu est
Omniscient et très bien informé. » (Coran 49:13)
Ainsi, aux yeux d’un musulman, la race
et l’ethnie ne devraient jouer aucun rôle négatif relativement à la cohésion
sociale. La seule différence dont l’islam tient compte est la différence de
religion et de niveau de foi. Alors cette discussion sur la cohésion sociale se
concentrera surtout sur la cohésion sociale du point de vue religieux dans le contexte
d’une société pluraliste.
Les liens de la foi
Si l’on posait la question à savoir
quel est le lien le plus fort qui unit les gens, la plupart des gens, de nos
jours, répondraient probablement les liens du sang, les liens raciaux, les
liens de nationalité, etc. Mais le Coran nous apprend que ces liens ne sont
pas si forts quand ce qui les soutient, à la base, est faible. Dans le Coran, Dieu
donne comme exemple Caïn et Abel, dont l’un tua l’autre en dépit du fait qu’ils
étaient frères, de même que le prophète Joseph et ses frères, qui le jetèrent
au fond d’un puits. Ils étaient tous liés par le sang, mais leurs intérêts
personnels avaient pris le dessus sur ces liens. C’est d’ailleurs ce que nous
pouvons observer, de nos jours, un peu partout à travers le monde. Les liens
qui unissent les gens sont subordonnés à leurs désirs et à leurs objectifs, ici-bas.
Nombreux sont ceux qui sont prêts à vendre père, mère et enfants pour atteindre
leurs objectifs ou pour obtenir ce qu’ils désirent.
Tout cela démontre une chose :
lorsque les liens entre les gens sont basés sur des considérations liées à ce
monde, même s’il s’agit de liens du sang, ces liens sont abandonnés ou ignorés
dès que certaines circonstances se présentent. Ce ne sont donc pas les liens
les plus forts qui existent entre les gens. Les liens les plus forts qui
puissent être établis entre les gens sont les liens basés sur l’islam et la
foi, car ce sont des liens que les gens ont établi sur la seule base de leur
foi commune, parce qu’ils croient en Dieu et L’adorent. C’est ce dont Dieu
parle, dans le Coran, lorsqu’Il dit :
« C’est Lui qui t’a soutenu en
t’apportant Son aide, ainsi que (l’assistance) des croyants, dont Il a uni les
cœurs. Même si tu avais dépensé tous les biens de la terre, tu n’aurais pas
réussi à unir leurs cœurs; c’est Dieu qui les a unis, car Il est certes
Puissant et Sage. » (Coran 8:63)
Dieu dit également :
« Et agrippez-vous, tous ensemble, au « câble » de Dieu et ne soyez
pas divisés. Et rappelez-vous le bienfait de Dieu, sur vous, lorsque vous
étiez ennemis; c’est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, par Sa grâce, vous
êtes devenus frères. Et lorsque vous étiez au bord d’un abîme de Feu, c’est
Lui qui vous en sauva. Ainsi Dieu vous montre clairement Ses révélations, afin
que vous soyez bien guidés. » (Coran 3:103)
Le Coran et la sounnah nous apprennent
que les liens de la foi sont plus forts que tous les autres. Par ces liens,
des gens des quatre coins du monde s’unissent avec l’unique et même
objectif : adorer Dieu seul. Pour atteindre cet objectif, les musulmans
unissent leurs efforts et s’entraident avec compassion et amour.
Plusieurs textes du Coran et de la
sounnah affirment clairement que les musulmans sont censés former une
fraternité universelle.
Par souci de concision, seuls quelques extraits de ces textes seront présentés
ici :
Dieu dit :
« Et les croyants, hommes et femmes, sont les alliés (et protecteurs) les
uns des autres; ils enjoignent le bien et interdisent le blâmable, ils
accomplissent assidûment la prière, acquittent la zakat et obéissent à Dieu et
à Son messager. Voilà ceux à qui Dieu fera miséricorde, car Dieu est Puissant
et Sage. » (Coran 9:71)
Dans un autre verset, Il dit :
« Les croyants sont frères les uns des autres. » (Coran 49:10)
Dieu dit également :
« Mohammed est le messager de Dieu. Ceux qui sont avec lui sont durs
envers les mécréants, miséricordieux entre eux. » (Coran 48:29)
Le Prophète (que la paix et les
bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit :
« Le croyant forme comme un bâtiment
avec les autres croyants, chaque partie soutenant les autres. » (Sahih
al-Boukhari et Sahih Mouslim)
Dans un autre hadith, il dit :
« La parabole des croyants à
l’égard de l’amour, de la miséricorde et de la compassion qu’ils éprouvent les
uns envers les autres est celle du corps humain : si l’un de ses membres
souffre, c’est tout le corps qui est affecté par l’insomnie et la
fièvre. » (Sahih Mouslim)
Cette grande fraternité de l’islam ne
demeure pas que théorique. En effet, elle est clairement définie et mise en
pratique au jour le jour.
On y trouve des éléments de base, des droits et des obligations spécifiques,
mentionnés dans le Coran et la sounnah. Ces droits et obligations s’adressent
à chaque musulman, en tout temps et en tout lieu.
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La cohésion sociale en islam (partie 2 de 3) : La fraternité islamique
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Description: Les conditions essentielles à la fraternité et les divers moyens pratiques établis par l’islam pour parvenir à cette fraternité au sein de la société.
par Jamaal al-Din Zarabozo (© 2010 IslamReligion.com)
Publié le 13 Dec 2010 - Dernière mise à jour le 13 Dec 2010
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L’une des conditions essentielles à la
fraternité est l’amour. C’est une obligation, pour tous les musulmans, que d’aimer
leurs frères en islam. En fait, ils doivent les aimer autant qu’ils s’aiment
eux-mêmes. Le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur
lui) a dit :
« Nul d’entre vous ne croira
vraiment tant qu’il ne souhaitera pour son frère ce qu’il souhaite pour
lui-même. » (Sahih al-Boukhari, Sahih Mouslim)
Une autre condition essentielle à cette
fraternité est le soutien mutuel, l’aide et l’assistance. Lorsque le frère du
musulman est opprimé ou traité injustement, ce dernier vient à son secours,
s’il le peut, par tous les moyens qui sont à sa disposition. Dieu dit, dans le
Coran :
« Et pourquoi ne combattriez-vous pas pour la cause de Dieu et celle des
faibles parmi les hommes, les femmes et les enfants qui crient :
« Seigneur! Fais-nous sortir de cette cité dont les habitants sont des
oppresseurs! Assigne-nous, de ta part, un protecteur! Et assigne-nous, de Ta
part, quelqu’un qui viendra nous secourir! » (Coran 4:75)
Une troisième condition essentielle à
cette fraternité islamique est la miséricorde entre ses membres. Cela va
au-delà d’un simple amour entre eux; cela signifie que chaque musulman est
vraiment affecté, au fond de son cœur, lorsqu’il voit son frère souffrir. Le Prophète
(que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a ainsi décrit les
musulmans :
« Les croyants, relativement
à l’amour mutuel, à l’affection et la sympathie qu’ils ressentent les uns
envers les autres, sont à l’image du corps humain; lorsque l’un de ses membres
souffre, c’est tout le corps qui souffre et qui réagit par la fièvre et
l’insomnie. » (Sahih Mouslim)
Enfin, une dernière condition
essentielle à la fraternité sont les actes de courtoisie. La véritable
fraternité est celle qui est mise en pratique et qui ne se résume pas qu’à de
vaines paroles. Un des aspects remarquables de l’islam est qu’il ne laisse pas
les choses à un niveau hypothétique ou théorique, obligeant les individus à se
demander comment ils sont censés atteindre certains objectifs ou mettre en
pratique certains principes. Par exemple, le Prophète (que la paix et les
bénédictions de Dieu soient sur lui) nous a parlé des gestes auxquels un
musulman est en droit de s’attendre de la part de ses frères et de ses devoirs
envers eux. Ainsi, parmi les actes de courtoisie qui sont d’usage en société,
nous retrouvons ces six gestes mentionnés par le Prophète :
« Le musulman a six droits
sur les autres musulmans : lorsque vous le rencontrez, saluez-le; lorsqu’il
vous invite à manger, acceptez son invitation; lorsqu’il vous demande votre
avis sincère, donnez-le-lui; lorsqu’il éternue et dit « alhamdoulillah »,
répondez : « Que Dieu soit miséricordieux envers toi »;
lorsqu’il tombe malade, rendez-lui visite; et lorsqu’il meurt, suivez son cortège
funèbre. » (Sahih Mouslim)
Au-delà de ces six pratiques bien
connues, la loi islamique encourage les musulmans à poser de nombreux autres
gestes susceptibles de créer de l’amour et de la fraternité entre les croyants.
Le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) nous a dit
que lorsque nous aimons un autre musulman, il est bon de l’en informer. Il a
dit :
« Si l’un d’entre vous aime
son frère par amour pour Dieu, il devrait l’en informer, car cela renforcera le
lien qui les unit et raffermira le sentiment d’amour entre eux. »
Le Prophète a également dit :
« Par Celui qui tient mon
âme entre Ses mains, vous n’entrerez pas au Paradis si vous ne croyez pas. Et
vous ne croirez pas tant que vous ne vous aimerez pas les uns les autres. Et
laissez-moi vous informer de ce qui contribuera à établir l’amour entre
vous : que vous répandiez la paix parmi vous. » (Sahih Mouslim)
« Répandre la paix » peut
faire référence au fait de se saluer avec le « salam » ou au fait d’accomplir
des actes susceptibles de créer un sentiment de paix et de fraternité.
Le Prophète (que la paix et les
bénédictions de Dieu soient sur lui) a également parlé de l’importance
d’échanger des cadeaux. Il a dit :
« Échangez des cadeaux entre
vous et vous vous aimerez les uns les autres. » (As-Souyouti)
Il a aussi encouragé les musulmans à se
rendre mutuellement visite :
« Rendez-vous visite à
l’occasion et l’amour, entre vous, augmentera. » (at-Tabarani)
Tous ces actes positifs, conjugués au
fait d’éviter les actes interdits, ne peuvent qu’avoir des effets positifs sur
les relations entre les membres de la communauté musulmane. Autrement dit,
lorsqu’on évite la médisance, la calomnie, le mensonge, la tricherie, l’indiscrétion,
etc, tous ces actes que l’islam interdit clairement, il ne peut en découler que
du bien.
On peut donc conclure de tout cela que
la cohésion sociale, parmi les musulmans, est certainement l’un des objectifs
les plus importants de l’islam, lequel a établi des gestes pratiques afin d’assurer
l’atteinte de cet objectif.
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La cohésion sociale en islam (partie 3 de 3) : Les musulmans et les non-musulmans
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Description: Les moyens permettant d’obtenir une certaine cohésion sociale dans une société pluraliste où les différences de foi mènent parfois à des frictions et à de l’hostilité.
par Jamaal al-Din Zarabozo (© 2010 IslamReligion.com)
Publié le 20 Dec 2010 - Dernière mise à jour le 20 Dec 2010
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Les musulmans vis-à-vis des non-musulmans
Il va de soi que la société n’est pas
composée uniquement de musulmans, tout comme il est évident que les musulmans
et les non-musulmans suivent des voies très différentes. La vie d’un musulman
est entièrement centrée sur sa croyance en Dieu. Donc, la perception du
musulman envers le non-musulman est largement déterminée par l’attitude du
non-musulman envers Dieu. Il est impossible, pour un musulman, d’avoir une
véritable affinité et de ressentir un amour sincère envers une personne qui a
tourné le dos à Dieu, qui refuse de se soumettre à Dieu ou, pire encore, qui
ridiculise la croyance en Dieu.
Il n’est tout simplement pas naturel de
trouver de l’amour véritable entre ces deux types de personnes. Mais malgré ces sentiments négatifs envers le non-musulman, le
musulman doit le traiter avec la plus scrupuleuse justice. Cela s’applique à
tous les non-musulmans; nombre d’entre eux ne sont pas du tout hostiles à
l’islam, tandis que d’autres manifestent une haine sans équivoque contre
l’islam et les musulmans.
L’un des principes de base, dans notre
façon de traiter avec les non-musulmans, se trouve dans ce verset du
Coran :
« Dieu ne vous interdit pas d’être bons et justes envers ceux qui ne vous
ont pas combattus à cause de votre religion et qui ne vous ont pas expulsés de
vos demeures. Car Dieu aime ceux qui traitent (les autres) de façon
équitable. » (Coran 60:8)
Le juste traitement est une obligation
du musulman envers les non-musulmans. Un érudit musulman bien connu, Ibn Baaz,
a dit :
« [le musulman] ne doit pas causer de tort à une autre personne
en ce qui a trait à sa vie, à ses bien et à son honneur, si le non-musulman est
citoyen d’un État islamique ou jouit d’un autre type de protection. Il doit en
tout temps respecter ses droits. Il n’a pas le droit de le voler ni de le
tromper. Il n’a pas le droit de porter atteinte à sa personne en le frappant
ou en le tuant. La protection de l’État lui garantit la sécurité en tout temps
et en tous lieux. »
Un musulman peut socialiser avec des
non-musulmans, acheter ou louer d’eux ou leur vendre des marchandises, par
exemple.
Ils peuvent s’inviter mutuellement à manger et discuter ensemble. Mais de
telles interactions sont inévitablement destinées à être limitées et ce, à
cause des différences de croyance et de coutumes. On pourrait dire que
l’objectif ultime du musulman, en côtoyant le non-musulman, est de l’amener à
embrasser l’islam, ouvrant ainsi la porte à une relation plus sincère et à une
véritable fraternité entre eux. Mais même si le non-musulman se montre hostile
et impoli, le musulman sait qu’il doit répondre à son hostilité en déployant de
bonnes manières. Dieu dit, dans le Coran :
« La bonne action et la mauvaise ne sont pas égales. Repousse le mal par
ce qui est meilleur, et voilà que celui qui te traitait en ennemi (devient) un
ami intime. » (Coran 41:34)
Bref, tel que l’écrit Ibn Baaz :
« Il est obligatoire, pour le musulman, de traiter les
mécréants en usant des bonnes manières islamiques, tant que ces derniers ne
combattent pas les musulmans. Le musulman doit honorer la confiance qu’ils
placent en lui, ne doit jamais les tromper, les trahir ou leur mentir. Si un
débat a lieu entre eux, le musulman doit argumenter de la meilleure manière et
se montrer juste envers eux, même si la discussion s’anime. Cela, en
obéissance au commandement de Dieu qui dit, dans le Coran :
« Et ne discutez que de la meilleure façon avec les gens du Livre, sauf
avec ceux d’entre eux qui ont commis des injustices. » (Coran
29:46)
Il est obligatoire, pour le musulman, de les inviter à faire le
bien, de les conseiller de la meilleure manière et de se montrer patient avec
eux, tout en entretenant le bon voisinage et en se montrant poli. Cela parce
que Dieu a dit :
« Invite (les gens) à suivre le sentier de ton Seigneur en usant de
sagesse et de bonnes paroles. Et discute avec eux de la meilleure
façon. » (Coran 16:125)
Dieu a également dit :
« ... ayez de bonnes paroles pour les gens. » (Coran
2:83)
Le musulman face à la société
Lorsqu’un musulman accepte de vivre au
sein d’une certaine société, on peut dire, par définition, qu’il conclut avec
ce pays une entente dans laquelle il s’engage à respecter ses lois. Il n’a
nullement le droit de violer les lois de ce pays simplement parce qu’il est
musulman et que le pays ne l’est pas. Par conséquent, tous les principes et
bonnes manières qui ont été décrits dans cet article s’appliquent au musulman
peu importe où il vit. Dans la plupart des pays, de nos jours, beaucoup de
choses qui sont interdites par l’islam sont légales pour les habitants de ces
pays. Ces choses, le musulman doit simplement les éviter le plus possible. Il
doit également faire valoir ses droits afin de ne point être forcé à faire quoi
que ce soit d’interdit par l’islam. Mais d’une manière générale, il doit
respecter les lois du pays où il vit.
Par ailleurs, la présence du musulman,
dans n’importe quelle société où il vit, devrait constituer un avantage. En effet,
il devrait être un citoyen modèle à plusieurs égards. Tel que décrit
précédemment, il doit être un bon voisin. Il a l’obligation d’encourager le
bien et de prévenir le mal où qu’il habite. Et il doit, évidemment, éviter et
s’opposer à ce que la plupart des sociétés considèrent comme des crimes
majeurs, c’est-à-dire le meurtre, le vol, l’extorsion, etc. De plus, il doit
se tenir loin de l’alcool et des drogues, évitant ainsi de constituer un
fardeau pour la société avec ses faiblesses et ses dépendances personnelles.
Enfin, il doit toujours se montrer juste et équitable dans toutes ses
interactions avec les autres membres de la société.
L’islam reconnaît qu’il est naturel,
pour une personne, d’aimer le pays dans lequel elle a grandi. Lorsque les
musulmans furent forcés de quitter la Mecque, qui était alors aux mains des
polythéistes, plusieurs d’entre eux exprimèrent leur amour pour leur ville. Il
est donc naturel, pour les musulmans comme pour n’importe quelle personne, de
développer un attachement au pays où ils vivent, même si ce pays n’est pas
islamique. Il est également normal, pour les musulmans, de souhaiter le
meilleur pour leur pays. Mais là encore, l’idée qu’ils se font du
« meilleur » n’est pas toujours partagée par tous. Par exemple, les
musulmans peuvent souhaiter voir les jeux de hasard, la prostitution et la
pornographie abolis, car ils croient que ce serait meilleur pour tous, pour eux
comme pour les non-musulmans. Mais la réalité est que plusieurs non-musulmans
ne seraient probablement pas d’accord. Et c’est là que se trouve l’essentiel
du problème. En théorie, dans une société
contemporaine « libre », cela ne devrait pas constituer un problème.
Dans les pays non-musulmans, les musulmans devraient pouvoir vivre selon leurs
valeurs et coutumes – sans faire de tort à personne – tandis que les autres
suivent la culture dominante. Car si les pays « libres » ne laissent
pas les musulmans vivre leur foi, c’est qu’ils n’ont même pas la volonté de
vivre selon leurs propres idéaux. Les musulmans ne leur causent pas de tort :
ils essaient seulement de s’adapter tout en conservant leur mode de vie, qui
est certes différent de la culture dominante.
Conclusion
Même dans les sociétés pluralistes, les
enseignements islamiques peuvent contribuer à la cohésion sociale. D’abord, le
plus grand obstacle à cette cohésion, le racisme et les préjugés, n’ont pas
leur place en islam. Ensuite, il existe un lien très fort unissant les
musulmans. De plus, les musulmans ont reçu, par le Coran et par les paroles du
Prophète, des instructions claires quant au comportement qu’ils doivent adopter
envers les non-musulmans. Enfin, les musulmans sont censés connaître et
comprendre leurs responsabilités envers les gens qui les entourent, traiter
tout le monde avec justice et gentillesse, créant ainsi de bons sentiments
entre les gens, ce qui ne peut que renforcer la cohésion sociale.
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