Les physiciens contemporains et l’existence de Dieu (partie 1 de 3) : Le caractère éternel de la matière
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Description: Une évaluation critique islamique des concepts de certains physiciens contemporains. Partie 1 : le caractère éternel de l’univers, la décomposition de la matière et les implications du Big Bang.
par Dr Jaafar Sheikh Idris
Publié le 26 Jan 2009 - Dernière mise à jour le 30 Mar 2009
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> L'existence de Dieu
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L’existence ou la non-existence de Dieu
n’est pas, comme telle, le sujet des sciences appliquées, naturelles ou
sociales. Mais les faits, ou ce que l’on présume parfois être les faits, en
sciences naturelles, et plus particulièrement en physique et en biologie, sont
souvent interprétés en faveur de divers points de vue. Ce texte n’est donc pas
un article sur la physique, mais sur la relation entre la physique et la
question de l’existence de Dieu. En fait, il s’agit plus précisément d’une
critique rationnelle islamique sur les moyens utilisés par les athées modernes pour
expliquer certains éléments de la théorie du Big Bang. Ce texte ne traite pas
des preuves démontrant l’existence du Créateur; il cherche plutôt à prouver l’invalidité
des arguments utilisés pour soutenir l’athéisme.
Un des principaux arguments avancés
pour soutenir l’athéisme sous toutes ses formes a toujours été que le monde, ou
à tout le moins une partie du monde, est éternel et n’a donc pas eu besoin
d’être créé. C’est ainsi que certains penseurs grecs croyaient que les corps
célestes, et plus particulièrement le soleil, étaient éternels. Le principal
argument de l’un d’eux, Galien, était, selon al-Ghazali, que le soleil avait
toujours été de la même taille, ce qui démontrait qu’il était éternel, car s’il
ne l’avait pas été, il aurait montré des signes d’altération. Al-Ghazali
réfute ainsi cet argument :
« Premièrement, nous ne lui concédons pas qu’une chose ne
puisse périr qu’en passant par une phase de détérioration. La détérioration
graduelle n’est qu’une façon parmi d’autres de périr; il n’est pas impossible
qu’une chose périsse de manière soudaine sans que sa forme ou sa taille n’aient
été altérées. Deuxièmement, même si nous supposions qu’une chose ne puisse
périr qu’en passant par une phase de détérioration, d’où tient-il que le soleil
n’a subi aucune altération jusqu’ici? Sa référence aux postes d’observation ne
peut être retenue, car si le soleil, dont on évalue la taille à cent
soixante-dix fois celle de la terre ou plus,
diminuait chaque fois de la taille d’une montagne, cela ne pourrait être perçu
par les sens. Il est donc possible que sa taille ait légèrement diminué, un
tout petit peu à la fois, de la taille d’une montagne, ou même plus, à chaque
fois, sans que nous n’ayons pu le percevoir avec nos sens... »
(Al-Ghazali, 126)
La supposition d’Al-Ghazali selon
laquelle la taille du soleil diminue peut-être insensiblement, comme nous le
savons aujourd’hui, est une de ces rares intuitions plus tard confirmées par la
science. Les scientifiques nous apprennent maintenant que le soleil se
détériore bel et bien, mais plus que ne le croyait Al-Ghazali, et qu’il finira
par s’éteindre.
« La quantité d’énergie produite par le soleil est telle que
la masse du soleil diminue de 4,3 milliards de kilos à la seconde. Et
pourtant, cela représente une si petite partie de la masse totale du soleil que
le changement est à peine perceptible...
Nous estimons l’âge du soleil à 4,5 milliards d’années et prévoyons
qu’il maintiendra son activité encore 4,5 milliards d’années. » (Wheeler,
596)
Si les corps célestes ne sont pas
éternels, qu’y a-t-il d’éternel? Les substances dont sont constitués ces corps
célestes? Les physiciens ont découvert, un jour, qu’elles étaient faites de
molécules; est-ce que ce sont les molécules qui sont éternelles? Non, car
elles sont constituées d’atomes. Les atomes sont-ils éternels? À une certaine
époque, on les croyait indivisibles et constituant, donc, la matière immuable à
partir de laquelle toutes les formes transitoires du monde matériel étaient
créées. On crut que cette découverte constituait, enfin, une base solide sur
laquelle on pourrait ériger l’athéisme moderne.
La science, cependant, continua
d’avancer et ses percées ne firent qu’embarrasser d’avantage les athées. On
découvrit que les atomes n’étaient pas les éléments solides éternels et
immuables de la matière comme on l’avait d’abord cru. Comme le reste, ils sont
également divisibles; ils sont constitués de particules subatomiques, qui sont à
leur tour divisibles. Ces divisions peuvent-elles prendre fin? Personne ne le
sait; mais même si c’était le cas, cela n’aiderait en rien les athées à
soutenir leur point de vue, car si la science a démontré que les atomes et
leurs constituants sont divisibles, elle a également effacé la division entre
la matière et l’énergie. Ainsi, toute matière, aussi petite soit-elle, est transformable
en énergie, et vice versa. Avec comme résultat qu’il n’existe plus aucun
constituant que l’on peut pointer du doigt et duquel on peut dire, avec
assurance : cela a toujours existé sous cette forme et continuera d’exister
éternellement, sous cette même forme.
Cette découverte aurait dû suffire à
anéantir tout espoir de fonder l’athéisme sur le caractère éternel de la matière.
Si elle ne l’a pas anéanti, la théorie du Big Bang l’a certainement fait. C’est
cette théorie qui porta le coup fatal au concept d’éternité de la matière.
Pourquoi?
« Les cosmologues croient que le Big Bang n’a pas amené que l’apparition
de la matière et de l’énergie venues combler un vide préexistant, mais la
création de l’espace et du temps également. L’univers n’a pas été créé dans l’espace
et le temps; l’espace et le temps font partie de l’univers créé. »
(Davies, 123)
« Le plus grand malentendu par rapport au Big Bang, c’est qu’il
aurait commencé par l’apparition d’un amas de matière dans le vide de
l’espace. Mais ce n’est pas que la matière qui a été créée par le Big Bang;
c’est l’espace et le temps également. Comme on dit que le temps a un commencement,
l’espace a aussi un commencement. » (Boslouh, 46)
« Au départ, il n’y avait rien, ni temps ni espace, ni étoiles
ni planètes, ni pierres ni plantes, ni animaux ni êtres humains. Tout est
apparu à partir du vide. » (Fritzch, 3)
Comme nous l’avons mentionné, au début,
la question de l’existence ou de la non-existence de Dieu n’est pas une
question que tentent d’élucider les sciences appliquées. Mais les
scientifiques sont des êtres humains et en tant que tel, ils ne peuvent s’empêcher
de penser aux implications non-scientifiques (mais vitales) de leurs sciences
et ils ne peuvent s’empêcher d’avoir certains sentiments par rapport à ces
implications.
Jasrow a dit, à propos d’Einstein:
« Il était troublé par l’idée d’un univers qui explose, car
cela impliquait que le monde avait eu un commencement. Dans une lettre à De
Sitter, Einstein écrit : « Cet univers en expansion m’agace... ».
Voilà un langage curieusement émotif au milieu d’une discussion portant sur des
formules mathématiques. Je présume que l’idée voulant que le temps ait connu
un commencement agaçait Einstein à cause de ses implications
théologiques. » (Jasrow, 29)
Gastro fait mention de réactions
similaires de la part d’autres scientifiques, comme Eddington, qui a dit que
« la notion d’un commencement me répugne » (122) et attribue cette
réaction émotive au fait qu’ils « ne supportent pas l’idée d’un phénomène
naturel non-explicable ».
Par ailleurs, il commente ces réactions des scientifiques en affirmant
qu’elles fournissent :
« ...une démonstration intéressante de la réponse d’un esprit
scientifique – que l’on suppose très objectif – lorsqu’une preuve découverte
par la science elle-même entre en conflit avec les articles de foi de notre
profession. Les scientifiques réagissent donc comme chacun d’entre nous
lorsque nos croyances entrent en conflit avec des preuves évidentes. Cela nous
irrite, nous essayons de nier cette contradiction, ou nous essayons de la
masquer en la recouvrant de phrases insignifiantes. » (Jasrow, 15-16)
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Les physiciens contemporains et l’existence de Dieu (partie 2 de 3) : Une série de causes
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Description: Une évaluation critique islamique des concepts de certains physiciens contemporains. Partie 2 : diverses hypothèses pouvant expliquer les causes de certains événements.
par Dr Jaafar Sheikh Idris
Publié le 26 Jan 2009 - Dernière mise à jour le 26 Jan 2009
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Si la matière, le temps et l’espace ont
tous eu un commencement, la question qui vient tout naturellement à l’esprit
est : comment ont-ils commencé à exister? Le Coran nous dit que si une
personne ne croit pas en Dieu, elle ne peut expliquer l’apparition de quoi que
ce soit, sauf par trois arguments indéfendables :
a. La chose n’a pas été créée,
i.e. elle est apparue d’elle-même.
b. La chose s’est elle-même
créée.
c. La chose a été créée par une
autre chose qui a elle-même été créée.
S’adressant aux athées, le Coran
demande :
« Ont-ils été créés à partir de rien? Ou sont-ils eux-mêmes les
créateurs? Ou ont-ils créé les cieux et la terre? En fait, ils ne sont sûrs
de rien! » (Coran 52:35-36)
Le Coran ne sous-entend pas que les
Arabes, à qui il s’adressait, croyaient vraiment que les choses avaient été
créées à partir de rien ou qu’elles s’étaient elles-mêmes créées. Les Arabes
n’ont certainement jamais prétendu être les créateurs des cieux et de la terre;
aucune personne saine d’esprit ne prétendrait une chose pareille. En fait, le
Coran cherche tout simplement à démontrer aux athées l’absurdité de leur
raisonnement.
Après une étude approfondie de certains
arguments avancés par plusieurs philosophes et scientifiques athées, j’ai
découvert qu’ils tombent tous dans l’une des trois catégories indéfendables. Pourquoi
indéfendables?
Y a-t-il création à partir de rien?
Imaginez dire à quelqu’un que dans une
certaine région, il n’y avait rien, absolument rien que le vide, et que tout à
coup, un canard est apparu, bien vivant et marchant dans tous les sens. Même
si vous jurez que cela s’est bel et bien passé ainsi, votre interlocuteur ne
vous croira pas. Pourquoi? Non seulement parce qu’il sait très bien que les
canards n’apparaissent pas ainsi d’eux-mêmes, mais aussi parce qu’y croire
irait à l’encontre de sa propre rationalité. Sa réaction serait donc la même si
vous lui racontiez l’apparition d’une chose qu’il n’a jamais vue et dont il n’a
jamais entendu parler auparavant. C’est parce que nous croyons et que nous
savons tous que rien n’apparaît à partir du néant que nous cherchons
automatiquement une cause par laquelle expliquer l’apparition de certaines
choses ou manifestations dans les domaines naturel, social et psychologique. C’est
grâce à l’existence de ce principe rationnel que la science a été rendue
possible. Sans ce principe, non seulement la science, mais notre rationalité
même serait menacée. De plus, le concept de causalité est essentiel à
l’identité même des choses, comme l’a fait observer le philosophe Averroès :
« Il est évident que les choses ont une identité et qu’elles
ont des caractéristiques en vertu desquelles elles ont chacune ses propres
actions et chacune une identité, un nom et une définition différentes. Si
chaque chose n’avait pas une action particulière, elle n’aurait pas une nature
qui lui est propre; et si elle n’avait pas une nature qui lui est propre, elle
n’aurait pas un nom et une définition propres. » (Tahafout Attahafout,
782-3)
Y a-t-il autocréation?
L’absurdité d’une chose se créant
elle-même est encore plus évidente. Pour qu’une chose crée, elle doit déjà
exister; mais pour commencer à exister (et donc être créée), elle doit d’abord avoir
été non-existante. L’idée d’une chose se créant elle-même se contredit donc
elle-même.
Y a-t-il création par une chose qui est
elle-même créée?
La cause d’une chose temporelle
peut-elle elle-même être temporelle? Oui, si nous parlons de causes immédiates
comme l’eau et la germination, le feu et la brûlure, etc. Mais ces causes sont
incomplètes. D’abord parce qu’aucune n’est suffisante en elle-même pour
produire l’effet qu’on lui attribue; son effet dépend d’une série de conditions
positives et négatives. Ensuite parce qu’étant temporelle, elle a besoin
d’être provoquée et ne peut, par conséquent, être la cause ultime du début de l’existence
de quoi que ce soit. Supposons que ce qui suit est une série de causes et
d’effets temporels : C1, C2, C3, C4... Cn, de telle sorte que C1 est causé
par C2, C2 par C3, etc. Ces causes temporelles sont des causes véritables et
utiles, surtout pour les explications incomplètes. Mais si nous cherchons la
cause ultime du début de l’existence de C1, par exemple, alors C2 n’est
certainement pas cette cause, puisqu’elle est elle-même causée par C3. Alors
même si nous avons une série infinie de causes temporelles, cela ne nous
expliquera pas comment C1 a commencé à exister. Alors : à quel moment C1
commence-t-il à exister? Il ne peut commencer à exister qu’après que C2 ait
commencé à exister. Quand C2 commence-t-il à exister? Il ne peut commencer à
exister qu’après que C3 ait commencé à exister, etc, etc, jusqu’à Cn. Par
conséquent, C1 ne commencera pas à exister avant que Cn n’ait commencé à
exister. Nous aurons toujours le même problème, même si nous allons au-delà de
Cn, même si nous allons jusqu’à l’infini. Cela signifie que si le début de
l’existence de C1 dépendait de causes temporelles, il n’aurait jamais existé; il
n’y aurait pas une série de causes, mais seulement une série de choses non-existantes,
comme l’a expliqué Ibn Taymiyyah. La réalité, cependant, est qu’il y a bel et
bien des choses existantes autour de nous. Par conséquent, leur cause ultime
ne peut être temporelle; elle doit être éternelle et, logiquement, non-causée.
Quand une personne, scientifique ou
non, persiste dans ses croyances erronées même lorsqu’on lui présente toutes
les preuves, elle n’a aucun moyen de défendre ces croyances, sauf en avançant
des arguments douteux, car aucune croyance erronée ne peut être soutenue à l’aide
d’arguments valides. C’est le cas de tous les scientifiques et philosophes
athées qui croient à la théorie du Big Bang.
Certains ont affirmé, sans sourciller,
que la matière originelle de l’univers est apparue d’elle-même. Comme Fred
Hoyle – qui soutenait la théorie de la création continue, laquelle fut
considérée, durant quelque temps, comme une rivale crédible de la théorie du
Big Bang mais qui, comme cette dernière, nécessitait l’apparition de matière
nouvelle – a dit:
« La question évidente qui vient à l’esprit au sujet de la
création continue est : d’où vient la matière créée originelle? La
réponse est qu’elle ne vient de nulle part. Elle apparaît, tout simplement –
elle est créée. À un certain moment, les divers atomes constituant la matière
n’existent pas et puis tout à coup, ils existent, tout simplement. Cela peut
paraître étrange et je reconnais que ça l’est; mais dans le monde de la
science, il importe peu qu’un concept paraisse étrange en autant qu’il
fonctionne – c’est-à-dire qu’il puisse être exprimé de façon précise et que ses
implications soient en accord avec l’observation. » (Hoyle, 112)
À l’époque où Hoyle fit cette
affirmation, de nombreuses protestations s’élevèrent contre lui. On l’accusa
de violer un principe important en science à savoir que rien n’est produit à
partir de rien, et « d’ouvrir les vannes de la religion », comme
l’affirma un philosophe des sciences. Mario Bunge affirma, à ce sujet :
« Cette théorie comprend l’hypothèse de la création continue de la
matière ex nihilo. Et ce n’est pas exactement ce que l’on entend,
habituellement, lorsque l’on parle de respecter le déterminisme scientifique,
même dans son sens le plus large, car le concept d’émergence à partir de rien
est typiquement théologique, même lorsque mis sous forme mathématique. »
(Bunge)
S’il est vrai que l’hypothèse de la
création ex nihilo n’est pas une hypothèse scientifique, l’affirmation voulant
qu’elle soit typiquement théologique est loin d’être vraie. Les religions
théistes ne croient pas que la matière émerge à partir de rien, car cela va à
l’encontre du principe de base voulant qu’elle soit créée par Dieu. Ce
qu’affirment la majorité des gens religieux, c’est que Dieu crée les choses à
partir de rien et il y a un monde de différence entre ces deux notions.
Si la création à partir de rien fut un
temps considérée comme un principe non scientifique et théologique par les
athées, certains lui attribuent maintenant un statut scientifique et l’utilisent
pour discréditer la religion.
« Pour la toute première fois, il se pourrait qu’une
description unifiée de la création soit à notre portée. Nul problème
scientifique n’est plus fondamental ni plus décourageant que celui de
l’émergence de l’univers. A-t-il pu apparaître sans aucune participation surnaturelle?
La mécanique quantique semble apporter une faille dans l’hypothèse séculaire
voulant qu’on « n’obtient rien pour rien ». Les physiciens parlent
maintenant d’un « univers créé par lui-même » : un univers qui
vient à exister de façon spontanée, comme une particule sous-nucléaire apparaît
de nulle part au cours de certains processus de haute énergie. La question à
savoir si les détails de cette théorie sont justes ou erronés n’est pas
importante. Ce qui compte, c’est qu’il est maintenant possible de concevoir
une explication scientifique de toute la création. » (Jastrow, viii)
Quel genre d’explication est-ce là?
Pouvons-nous réellement tenter d’expliquer une chose en affirmant qu’elle
apparaît de nulle part? Les scientifiques croient-ils vraiment que les
particules sous-nucléaires auxquelles ils font référence apparaissent de nulle
part, en ce sens qu’elles commencent à exister à partir de rien sans aucune
relation avec quoi que ce soit qui les ait précédées? Commentant ce sujet, un
scientifique dit : « De toute façon, il s’agit d’une manifestation
qui se produit dans l’espace et le temps, dans un domaine baignant dans un champ,
qui lui baigne dans la matière et la radiation. Dans cette situation, il n’y a
pas de place pour le « rien ». »
Cette même idée fallacieuse est
répétée, plus tard, dans l’ouvrage d’un autre scientifique athée nommé Taylor :
« Ainsi, la probabilité est non nulle qu’une particule comme un
électron, par exemple, apparaisse à partir du vide. En fait, le vide est
rempli de possibilités, dont l’une est l’apparition de l’univers lui-même. Il
a été, pour ainsi dire, créé à partir de rien. » (Taylor, 22)
De quel genre de vide Taylor
parle-t-il? S’il utilise le terme dans son sens scientifique et technique, il
a alors raison de dire qu’il est rempli de possibilités ou qu’un électron peut
y apparaître, car ce vide n’est pas réellement « vide », au sens où
on l’entend. Mais il ne s’agit certainement pas du « vide », ou du
« rien » auquel nous faisons référence dans la théorie du Big Bang. Il
n’y a donc point d’analogie à faire entre l’apparition d’une particule à partir
du vide et l’apparition de l’univers tout entier à partir du vide absolu.
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Les physiciens contemporains et l’existence de Dieu (partie 3 de 3) : Une place pour Dieu
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Description: Une évaluation critique islamique des concepts de certains physiciens contemporains. Partie 3 : la seule conclusion possible à la série de causes est la présence d’une cause ultime et externe ayant mené à toutes les autres.
par Dr Jaafar Sheikh Idris
Publié le 09 Feb 2009 - Dernière mise à jour le 09 Feb 2009
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L’idée d’une chose qui n’a été créée
par rien, qui est apparue de nulle part, est très différente de celle d’une
chose qui s’est créée d’elle-même. Il est donc étrange d’entendre des
scientifiques parler de ces deux notions comme si elles étaient identiques.
Davies n’est pas le seul à avoir confondu ces deux notions. Taylor affirme que
les électrons peuvent se créer eux-mêmes à partir de rien de la même façon que
Baron Munchausen a évité de s’enliser dans un marais en remontant à la surface
en tirant sur les courroies de ses bottes.
« C’est comme si ces particules spéciales arrivaient à remonter
à la surface en tirant sur les courroies de leurs propres bottes (dans leur
cas, les courroies de bottes sont remplacées par les forces entre elles) pour
se créer elles-mêmes à partir de rien, comme Baron Munchausen est arrivé à se
sortir du marais sans moyens visibles pour le soutenir... Cette histoire de
courroies de bottes a été proposée et jugée scientifiquement acceptable pour
expliquer la création d’un univers hautement complexe à partir de rien. »
(Taylor, 46)
Est-ce de science ou de science-fiction
dont nous discutons, ici? Taylor sait et affirme lui-même que l’exemple de
Munchausen n’est qu’une histoire sans fondement et que la façon dont il
prétend avoir réussi à remonter à la surface est physiquement impossible. Malgré
cela, Taylor tente d’expliquer par elle une chose qui est non seulement bien
réelle, mais aussi de la plus haute importance, et finit par dire une chose
encore plus absurde que l’histoire de Munchausen. Au moins, Munchausen fait
référence, dans son histoire, à des choses qui existent déjà, tandis que les
particules spéciales de Taylor agissent avant même d’avoir été créées! Elles
« arrivent à remonter à la surface en tirant sur les courroies de leurs
propres bottes... pour se créer elles-mêmes à partir de rien »!
Fausses divinités
La troisième façon qu’utilisent
certains scientifiques pour attribuer la création de la matière à autre que
Dieu consiste à l’attribuer à de fausses divinités. C’est ainsi que de
nombreux athées attribuent la création des choses temporelles à d’autres choses
qui sont elles-mêmes temporelles (comme nous l’avons fait remarquer
précédemment). Davies affirme :
« L’idée d’un système physique comprenant une explication de
lui-même peut sembler paradoxal au commun des mortels, mais c’est une idée qui
a certains précédents en physique. Bien que l’on puisse admettre (en ignorant
les effets quantiques) que chaque manifestation est conditionnelle et que son
explication dépend d’autres manifestations, il n’est pas nécessaire que la
série continue éternellement ou se termine avec Dieu. Elle peut aussi bien être
en boucle fermée. Par exemple, quatre manifestations, ou objets, ou systèmes,
E1, E2, E3, E4 peuvent dépendre les uns des autres de la façon suivante :
(Davies, 47)
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Voilà pourtant un parfait exemple de
cercle vicieux. Prenez n’importe lequel de ces objets, ou systèmes, ou
manifestations, E1, par exemple, et demandez-vous d’où il vient et à quel
moment il a commencé à exister. La réponse est : il vient de E4, qui vient
de E3, qui vient de E2, qui vient de E1. Donc la cause de E4 est E1, car il
est la cause de ses causes. Par conséquent, E4 est la cause de E1, comme E1
est la cause de E4, ce qui signifie que chacun précède ou est précédé de l’autre.
Cela est-il sensé? Si ces manifestations existent bel et bien, leur existence
ne peut avoir été causée de la façon dont le prétend Davies. Leur cause ultime
doit nécessairement se trouver à l’extérieur de ce cercle vicieux.
Et le philosophe Passmore nous suggère
ce qui suit :
Comparez les énoncés suivants :
(1) chaque manifestation a une
cause;
(2) pour savoir qu’une
manifestation s’est produite, on doit savoir comment et d’où elle est venue.
« Le premier énoncé nous dit simplement que si nous nous
intéressons à la cause d’une manifestation, il y en aura toujours une à
découvrir. Mais il nous laisse libres d’entamer ou de cesser notre recherche
de causes à n’importe quel moment; nous pouvons, si nous le souhaitons, aller à
la recherche de la cause de la cause... ad infinitum, mais nous n’avons pas
vraiment besoin de le faire, car si nous avons trouvé une cause, alors nous avons
trouvé une cause, quelle qu’elle soit. Le deuxième énoncé, cependant, ne nous
permettrait jamais d’affirmer que nous savons qu’une manifestation s’est
produite... Car si nous ne pouvons savoir qu’une manifestation s’est produite
à moins de connaître sa cause, nous ne pouvons non plus savoir que cette cause
a eu lieu à moins d’en connaître également sa cause, etc, ad infinitum. Bref,
si la théorie doit remplir sa promesse, la série doit prendre fin à un certain
point et pourtant, la théorie est telle que la série ne peut prendre fin à
aucun moment – à moins, évidemment, de reconnaître comme cause la création de
l’univers. » (Pasture, 29)
Au fond, il n’y a pas de réelle différence
entre ces deux séries; c’est ce qu’expliquait Ibn Taymiyyah, il y a très
longtemps (Ibn Taymiyyah, 436-83). La première série s’explique ainsi :
pour qu’une manifestation se produise, sa cause doit s’être produite. Maintenant,
si sa cause provient elle-même d’une autre cause, alors la manifestation ne
peut se produire à moins que sa cause ne se soit produite, etc, ad infinitum. Par
conséquent, nous n’obtenons pas une série de manifestations qui se sont
produites, mais une série de non-manifestations. Et parce que nous savons
qu’il existe des manifestations, nous en concluons que leur véritable cause
ultime ne peut être une chose temporelle ou une série de choses temporelles, finie
ou infinie. La cause ultime doit être d’une nature différente de celle des
choses temporelles; elle doit être éternelle. Pourquoi est-ce que j’utilise le
terme « ultime »? Parce que, comme je l’ai mentionné plus tôt, les
manifestations peuvent être vues comme les causes réelles d’autres
manifestations, tant que nous les reconnaissons comme les causes incomplètes et
dépendantes qu’elles sont, et non pas comme les causes qui expliquent l’apparition
d’une chose au sens absolu. Autrement dit, elles ne peuvent prendre la place
de Dieu.
Quelle est la pertinence de cette
discussion sur les séries, après tout? Les scientifiques avaient peut-être une
excuse avant l’apparition de la théorie du Big Bang, mais il devrait être clair,
pour Davies, qu’il n’y a pas de place pour une telle discussion dans la vision
du monde d’une personne qui croit que l’univers a connu un début absolu.
Depuis le début des temps, les êtres
humains savent que toute chose qui nous entoure est temporelle et que tout a
été créé par un Créateur éternel; et c’est encore, de nos jours, ce que croient
une grande majorité de gens à travers le monde. Ce serait donc une erreur de
croire que cet écrit cherche à faire dépendre l’existence de Dieu de la
véracité de la théorie du Big Bang. Ce n’est certainement pas ce que je crois
et ce n’était pas le but recherché par cet écrit. Ce que j’ai cherché à mettre
en évidence est que si un athée croit en la théorie du Big Bang, il ne peut
faire autrement que d’admettre que l’univers a été créé par Dieu. Certains
scientifiques l’ont admis ouvertement, tandis que d’autres l’ont laissé
entendre à demi-mots.
« Il n’y aucune raison de supposer que la matière et l’énergie
existaient auparavant et qu’elles se sont soudainement mises en action. Qu’est-ce
qui pourrait distinguer ce moment de tous les autres moments dans
l’éternité?... Il est bien plus simple de postuler la création ex nihilo, la
volonté divine constituant la nature à partir de rien. » (Jastro, 122)
« Quant à la première cause de l’univers dans un contexte
d’expansion, j’en laisse le choix au lecteur; mais le tableau demeure incomplet
sans Lui. » (Jasrow, 122)
« Cela signifie que l’état initial de l’univers doit avoir été
très soigneusement choisi si le modèle du Big Bang était exact au début des
temps. Il serait très difficile d’expliquer pourquoi l’univers a débuté
exactement de cette façon, si ce n’est par l’action d’un Dieu qui souhaitait
créer des êtres comme nous. » (Hawking, 127)
Bibliographie
Al Ghazali, Abu Hamid, Tahafut al
Falasifa, édité par Sulayman Dunya, Dar al Ma'arif, Cairo, 1374 (1955)
Berman, David, A History of Atheism
in Britain, London and New York, Routledge, 1990.
Boslough, John, Stephen Hawking's
Universe: an Introduction to the most remarkable Scientist of our Time,
Avon Books, New York, 1985.
Bunge, Mario, Causality: The Place
of the Causal Principle in Modern Science, The world publication Co. New York, 1963
Carter, Stephen L. The Culture of
Disbelief: How American Law and Politics Trivialize Religious Devotion.
Basic Books, Harper Collins, 1993.
Concise Science Dictionary, Oxford University Press, Oxford, 1984
Davies, Paul, (1) The Cosmic
Blueprint: New Discoveries in Nature's Creative Ability to Order the Universe,
Simon & Schuster Inc, London, 1989. (2) God & The New Physics,
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