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Abou Bakr, le véridique (partie 1 de 3) : Le premier
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Description: Un homme pieux embrasse l’islam et entre dans l’histoire.
par Aisha Stacey (© 2011 IslamReligion.com)
Publié le 02 Jan 2012 - Dernière mise à jour le 02 Jan 2012
Lus: 596 (moyenne quotidienne: 4) - Évaluation: aucun - Évalué par: 0 Imprimés: 26 - Envoyés: 0 - Commentés: 0
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« Si j’avais eu à choisir qui que
ce soit comme meilleur ami, j’aurais choisi Abou Bakr; mais c’est mon frère et
mon compagnon. »
Telles sont les paroles du prophète Mohammed (que la paix et les bénédictions
de Dieu soient sur lui) au sujet de celui qui fut son compagnon le plus proche.
On avait donné à Abou Bakr le surnom d’as-Siddiq (le
véridique). Le terme arabe siddiq implique plus que l’absence de
tromperie; il fait référence à une personne qui est dans un état constant de
sincérité, qui reconnaît la vérité et qui y adhère. Le terme implique
également la sincérité envers soi-même, envers ceux qui nous entourent et, le
plus important, envers Dieu. Tel était Abou Bakr.
Le prophète Mohammed a démontré son
amour et son respect profond pour Abou Bakr lorsqu’il a dit qu’il aurait aimé
l’avoir comme meilleur ami. Car en arabe, le terme utilisé pour meilleur ami, khalil,
implique plus que de la simple amitié. Il fait référence à une grande intimité
et à un lien solide comme le roc, que rien ne peut rompre. Le prophète Abraham
était connu comme le khalil de Dieu et le prophète Mohammed réservait
également ce terme pour décrire sa relation avec Dieu. Mais le lien qui
l’unissait à Abou Bakr était très spécial.
Son histoire
Des hadiths et de l’histoire de
l’islam, on apprend qu’Abou Bakr est né un peu plus de deux ans après le
prophète Mohammed et qu’il est né, comme lui, au sein de la tribu de Qouraysh (mais
d’un clan différent). Sa famille était financièrement à l’aise et, à l’âge
adulte, il devint un marchand prospère. C’était un homme aimable et d’abord
facile, qui jouissait d’un réseau social très étendu.
Il aimait beaucoup parler et discuter
avec les gens autour de lui et il connaissait très bien la généalogie arabe. Il
connaissait le nom et l’emplacement de chaque tribu arabe et connaissait ses
bons comme ses mauvais côtés. C’est cette connaissance approfondie des peuples
d’Arabie qui lui permit de créer des liens avec plusieurs d’entre eux et de
jouir d’une grande influence sur la société mecquoise.
Quand le prophète Mohammed épousa sa
première femme, Khadijah, lui et Abou Bakr devinrent voisins et se découvrirent
de nombreux points en commun. Tous deux étaient marchands et se faisaient un
point d’honneur de procéder à leurs transactions commerciales avec la plus
grande honnêteté et une intégrité irréprochable.
Ils se tenaient tous deux éloignés du
vice et de la corruption qui prévalaient dans la société arabe préislamique et
évitaient tous deux l’idolâtrie. C’étaient des âmes sœurs et, entre eux,
naquit une amitié qui allait durer jusqu’à leur mort.
Le premier
Abou Bakr as-Siddiq fut le premier
homme à porter attention au message du prophète Mohammed et à embrasser l’islam
(la toute première personne à embrasser l’islam fut Khadijah, l’épouse de
Mohammed). Lorsqu’il entendit Mohammed affirmer qu’il n’y a pas d’autre divinité
méritant d’être adorée à part Dieu et qu’il était (lui, Mohammed) le messager
de Dieu, Abou Bakr embrassa l’islam sans hésiter. La grande majorité des gens
qui découvrent l’islam ont un moment d’hésitation et de réflexion; mais pas
Abou Bakr. La douceur de la foi pénétra son cœur et, celui qui était connu
comme « le véridique », reconnut la vérité immédiatement.
Au début, lorsque le message venait
tout juste d’être révélé, c’est en secret que Mohammed invitait les gens,
autour de lui, à embrasser l’islam. Il savait que son message allait provoquer
de vives réactions et un grand désarroi chez les Mecquois, qui étaient enlisés
dans une profonde ignorance. Il souhaitait d’abord établir un petit groupe de
fidèles qui allaient, petit à petit, transmettre le message autour d’eux.
Lorsque les nouveaux musulmans furent au nombre de trente-huit, Abou Bakr
confia à Mohammed qu’il souhaitait proclamer le message publiquement.
Mohammed refusa, jugeant leur nombre
trop faible pour risquer une telle sortie publique. Mais Abou Bakr n’eut de
cesse d’insister, jusqu’au jour où Dieu ordonna à Mohammed de rendre public Son
message. C’est alors qu’Abou Bakr et lui se rendirent à la Ka’bah (la maison
de Dieu, au centre de la Mecque). Abou Bakr se leva, au milieu de la foule, et
proclama, à voix haute : « Il n’y a pas d’autre divinité méritant d’être
adorée à part Allah et Mohammed est Son serviteur et Son messager. » Il
fut ainsi le premier à parler d’islam ouvertement.
Lorsque le prophète Mohammed décéda,
les musulmans furent terriblement dévastés et certains d’entre eux refusèrent
même de reconnaître la vérité. Bien qu’il fût lui-même accablé de chagrin,
Abou Bakr sortit à l’extérieur et, après avoir loué Dieu, dit aux gens :
« Quiconque adorait Mohammed, sachez que Mohammed est mort; mais quiconque
adorait Dieu, sachez qu’Il est bien vivant et qu’Il ne meurt pas. » Puis il
récita ces versets du Coran :
« Certes, tu mourras (ô Mohammed) et ils mourront, eux aussi. » (Coran
39:30)
« Mohammed n’est qu’un messager. Avant sa venue, des messagers (comme lui)
sont passés. S’il mourait, donc, ou s’il était tué, feriez-vous marche
arrière? Celui qui se détourne (de l’islam) ne nuit point à Dieu. Et Dieu
récompensera ceux qui sont reconnaissants. » (Coran 3:144)
Lors de cette terrible épreuve, les
musulmans en deuil choisirent Abou Bakr pour leader. Il devint alors leur
premier calife.
Le neveu du prophète Mohammed, Ali ibn
Abou Talib, loua Abou Bakr pour avoir été le premier homme à embrasser l’islam
et à accomplir de bonnes actions en étant musulman. Car en
islam, la course aux bonnes actions est non seulement permise, mais
encouragée. Le prophète Mohammed a encouragé ses fidèles à se montrer
indulgents dans les affaires de ce monde, mais à se faire concurrence,
sainement, pour les bonnes actions menant au succès dans l’au-delà.
At-Tabarani, un historien musulman, a rapporté ainsi les paroles d’Ibn Abbas,
un des proches compagnons du Prophète : « Abou Bakr (…) dépassait
tous les compagnons du Prophète en piété et en vertu, en droiture et en
ascétisme, et dans la confiance absolue qu’il avait en Dieu. » Dans un
autre hadith du Prophète, on apprend qu’Abou Bakr sera le premier à entrer au
Paradis après les prophètes de Dieu.
Le premier!
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Abou Bakr, le véridique (partie 2 de 3) : Nous sommes deux et Dieu est notre troisième compagnon
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Description: Deux amis en danger placent leur confiance en Dieu.
par Aisha Stacey (© 2011 IslamReligion.com)
Publié le 02 Jan 2012 - Dernière mise à jour le 02 Jan 2012
Lus: 426 (moyenne quotidienne: 3) - Évaluation: aucun - Évalué par: 0 Imprimés: 23 - Envoyés: 0 - Commentés: 0
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Moins de trois ans séparaient le
prophète Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) de
son proche ami. Ils étaient tous deux nés au sein de la tribu de Qouraysh,
mais dans des clans différents. Mais tandis que Mohammed vivait dans une
pauvreté relative, Abou Bakr, lui, venait d’une famille aisée. Ils étaient
tous deux dignes et calmes et jamais ils ne s’étaient, comme leurs semblables,
livrés à l’idolâtrie. Quand le prophète Mohammed reçut la mission de
transmettre le message de Dieu à l’humanité, le premier homme vers qui il se
tourna fut son ami Abou Bakr. Sans aucune hésitation, celui-ci embrassa
l’islam sur-le-champ et entama ainsi un parcours d’amour et de dévouement qui
n’allait prendre fin qu’à sa mort.
Abou Bakr aimait profondément son ami
et lorsque ce dernier lui dit que Dieu était unique, il accepta naturellement
ce qu’il avait toujours cru au fond de lui. ‘Aisha, la fille d’Abou Bakr,
rapporta que de toute sa vie, son père ne s’était jamais prosterné devant une
idole. Abou Bakr lui-même relata qu’un jour, lorsqu’il était enfant, son père
l’avait emmené dans un temple et l’avait laissé se promener parmi les statues.
Il avait alors regardé les statues inanimées et leur avait demandé ce qu’elles
pouvaient bien faire pour lui. Quand il vit qu’aucune ne répondait, il décida
que jamais il n’adorerait quelque chose qui ne pouvait ni entendre ni voir. Il
avait compris que les statues et les idoles ne méritaient nullement l’adoration
que leur vouaient les hommes.
Parce qu’il aimait Dieu et qu’il
soutenait Son messager, Mohammed, Abou Bakr fut souvent persécuté et sévèrement
battu, dans les premiers jours de l’islam. La plupart des Mecquois ne
pouvaient supporter d’entendre le message de Mohammed, qui les invitait à se
réformer et qui les mettait en garde contre le Jour du Jugement. Ils se
considéraient comme les défenseurs de l’idolâtrie et les pèlerins qui venaient
rendre visite aux idoles de la Mecque et de ses environs leur rapportaient
beaucoup d’argent. Ils savaient que si Mohammed réussissait à unir les gens
dans l’adoration d’un Dieu unique, leur vie serait alors bouleversée et changée
de manière irréversible.
La migration
À cause du mauvais traitement, de la
torture et de la brutalité des Mecquois envers les nouveaux musulmans, Mohammed
envoya plusieurs d’entre eux à l’extérieur de la Mecque pour leur propre protection.
La deuxième vague de migration se fit en direction de Yathrib, qui allait plus
tard être renommée Médine. Bien qu’on l’ait souvent vue comme une fuite, il
s’agissait en réalité d’une migration soigneusement planifiée. En effet, deux
tribus de Yathrib avaient négocié un traité avec Mohammed et lui avaient offert
leur loyauté et leur protection; mais à ce moment-là, le Prophète n’avait pas
encore reçu la permission de Dieu de quitter la Mecque. Il envoya cependant
ses fidèles à Yathrib, mais par petits groupes, afin de ne pas éveiller les
soupçons des Mecquois.
Un jour, dans la chaleur accablante du
midi, le prophète Mohammed rendit visite à Abou Bakr. Les rues de la Mecque
étaient désertes et Abou Bakr comprit tout de suite que Mohammed avait quelque
chose d’important à lui dire, car c’était l’heure de la sieste pour tout le
monde. Mohammed demanda à Abou Bakr d’éloigner les autres personnes de la maisonnée,
car il souhaitait lui parler en privé. Abou Bakr répondit : « Ils
font partie de ta famille » et Mohammed lui révéla alors que Dieu venait
de lui donner la permission de quitter la Mecque. ‘Aisha relate que son père
se mit à pleurer lorsqu’il apprit qu’il allait être le compagnon du Prophète
durant tout le voyage. C’était une occasion, pour lui, de passer dix jours,
seul, avec son ami le plus cher, dix jours et dix nuits à apprendre de lui. Il
dit à Mohammed qu’il avait des chameaux déjà prêts à partir, car il avait lui
aussi attendu avec impatience que cette permission soit octroyée. Cette
nuit-là, les deux amis sortirent par la porte arrière et se mirent en route,
dans la nuit noire du désert.
Les recherches
Quand les Mecquois réalisèrent que
Mohammed avait quitté la Mecque, alors qu’ils complotaient pour le tuer, ils
devinrent fous de rage. Des équipes de recherche se mirent immédiatement en
route. Même s’ils étaient à peu près certains que Mohammed se dirigeait vers
Yathrib, ils envoyèrent des soldats dans toutes les directions. Le prophète
Mohammed et Abou Bakr passèrent trois jours cachés dans une grotte située au
sud de la Mecque.
À un certain moment, une équipe de
recherches passa si près de l’entrée de la grotte qu’Abou Bakr pouvait voir
leurs souliers, au-dessus de lui. La crainte l’envahit, non pas pour lui-même,
car c’était un homme courageux, mais pour son précieux compagnon. Il
murmura : « Ô Messager de Dieu! S’ils regardent vers le bas, ils vont
nous voir! » Mais Mohammed répondit: « Abou Bakr : que
penses-tu de deux personnes dont Dieu est le troisième compagnon? » C’est
suite à cela que Dieu révéla le verset coranique suivant :
« Si vous n’aidez pas (le Prophète), (alors sachez que) Dieu l’a déjà
secouru quand les mécréants l’ont expulsé [après avoir expulsé son
compagnon]. Quand ils se retrouvèrent dans la grotte, il dit à son
compagnon : « Ne t’afflige pas, car Dieu est avec nous. » Dieu
fit alors descendre sur lui Sa quiétude rassurante et l’assista de troupes
(d’anges) invisibles à vos yeux. Il rabaissa ainsi la parole des mécréants,
tandis que Sa parole eut le dessus. Et Dieu est Puissant et Sage. » (Coran
9:40)
Les Mecquois se tinrent à l’extérieur
de la grotte, mais n’y pénétrèrent pas. Une araignée avait tissé sa toile d’un
bout à l’autre de l’entrée de la grotte, ce qui fit croire que personne n’y
était entré depuis longtemps. Abou Bakr comprit que la puissance de Dieu peut
se manifester de manière tout à fait inattendue. En effet, une petite araignée
ayant tissé sa toile déjoua une puissante armée. C’est ainsi que se déroula la
migration de deux amis unis par leur affection pour la nation musulmane
montante et fortifiés par leur amour pour Dieu, l’unique.
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Abou Bakr, le véridique (partie 3 de 3) : Le protecteur
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Description: Abou Bakr est connu pour avoir utilisé son bon jugement, sa fortune et sa force pour protéger ses compagnons.
par Aisha Stacey (© 2011 IslamReligion.com)
Publié le 09 Jan 2012 - Dernière mise à jour le 09 Jan 2012
Lus: 487 (moyenne quotidienne: 4) - Évaluation: 5 de 5 - Évalué par: 2 Imprimés: 30 - Envoyés: 0 - Commentés: 0
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Abou Bakr était un homme très avisé. Il
était capable de discerner la vérité et la réalité d’une situation là où les
autres n’y voyaient que confusion. C’est pourquoi il fut facile, pour lui, de
comprendre que l’islam était la vérité, mais il comprit aussi que les paroles
de Mohammed allaient causer un profond déchirement au sein de la société
mecquoise. Les notables de la Mecque ne toléraient rien qui put mettre en
péril leur situation économique ou leur mode de vie. Abou Bakr savait que des
temps difficiles les attendaient et considéra comme un devoir de protéger son
compagnon, le prophète Mohammed. Les deux amis se voyaient quotidiennement et
leur amitié se solidifia davantage au fur et à mesure qu’augmentaient leur foi
et leur compréhension de l’islam. Trois années durant, l’islam demeura
secret. Les nouveaux musulmans prêchaient le message de l’islam à leurs amis
et aux membres de leur famille en qui ils avaient confiance. Puis, un jour,
Dieu ordonna au Prophète de prêcher le message ouvertement.
Abou Bakr comprit que la situation
allait s’envenimer dès que les notables de la Mecque découvriraient que de
nombreuses personnes étaient devenues musulmanes. Il savait que Mohammed aurait
besoin de sa protection et, au fil des mois, il devint également le protecteur
de plusieurs autres musulmans. Devant le nombre grandissant de conversions à
l’islam, les leaders de la Mecque entamèrent une campagne de persécution et de
torture visant à tuer dans l’œuf ce phénomène naissant. La plupart des hommes,
des femmes et des enfants appartenant aux tribus de la Mecque jouissaient de la
protection de leurs familles, mais les esclaves et les indigents étaient
particulièrement vulnérables.
Ce sont les esclaves et les indigents
qui montrèrent d’abord le plus d’intérêt pour le message de l’islam. Lorsqu’ils
entendirent parler d’égalité, de liberté et de la miséricorde de Dieu l’Unique,
ils virent en ces paroles un espoir d’échapper à la brutalité de leur existence,
en plus de trouver réconfort dans le pardon et l’amour de Dieu. Ils apprirent,
avec l’islam, que tous les hommes sont des serviteurs de Dieu et que Dieu peut
guider et protéger tous les hommes et non seulement une élite. Abou Bakr était
un riche commerçant et fut en mesure d’apaiser les souffrances de plusieurs
esclaves en les rachetant de leur maître et en leur rendant leur liberté.
Parmi les esclaves libérés par Abou
Bakr, il y avait Bilal, destiné à devenir le premier muezzin de l’islam (celui
qui fait l’appel à la prière du haut du minaret). Lorsqu’il devint musulman,
ses maîtres le torturèrent en l’obligeant à s’étendre sur le sable brûlant du
désert et en plaçant d’énormes pierres sur sa poitrine. Malgré cela, il refusa
de renier sa nouvelle foi. Quand Abou Bakr entendit parler de la situation
dans laquelle se trouvait Bilal, il se précipita pour le racheter à ses
maîtres. En tout, Abou Bakr libéra huit esclaves, quatre hommes et quatre
femmes. Bien que le rachat des esclaves dans le but de les libérer ne fût pas
une pratique étrangère à la société mecquoise, c’était normalement fait pour
des raisons beaucoup moins altruistes. En effet, une fois un esclave libéré,
l’honneur l’obligeait à offrir sa protection à celui qui l’avait libéré et
c’est pourquoi les riches Mecquois libéraient habituellement des esclaves qui
étaient bien bâtis et en bonne santé. Abou Bakr, quant à lui, libéra des
esclaves par amour pour Dieu et non par intérêt personnel.
« Mais en sera très éloigné [du Feu de l’Enfer] le pieux qui donne de ses
biens pour se purifier de ses péchés et auprès de qui personne ne profite d’une
faveur intéressée si ce n’est le désir de plaire à son Seigneur, le Très-Haut.
Et certes, il sera bientôt satisfait. » (Coran 92:18-21)
Protéger son compagnon
Un jour, alors que le prophète Mohammed
se trouvait dans la Kaaba (la Maison de Dieu), des Mecquois l’entourèrent, se
mirent à le provoquer et à l’insulter, et ils en vinrent rapidement aux coups.
Quelqu’un vint dire à Abou Bakr que son ami avait besoin de son aide; alors il
se précipita vers la Kaaba et s’interposa entre le Prophète et ses
assaillants. Il cria : « Tuerez-vous un homme parce qu’il affirme
qu’Allah est son Seigneur? »
Les Mecquois furent momentanément abasourdis, mais quelques secondes plus
tard, ils fondirent sur Abou Bakr et le battirent si sévèrement que du sang se
mit à couler de sa tête pour ensuite se figer dans ses cheveux.
Une autre fois, alors que le Prophète
était en train de prier, un des membres de l’élite mecquoise lança un morceau
de tissu autour de son cou et tenta de l’étrangler. Même s’ils étaient entourés
de gens qui voyaient bien ce qui se passait, aucun ne fut suffisamment
courageux pour venir à la rescousse du Prophète. Quand Abou Bakr arriva sur
les lieux et vit la scène à laquelle tous assistaient sans broncher, il se
précipita sur l’assaillant et lui fit lâcher prise.
Une histoire rapportée par Ali ibn Abou
Talib démontre bien la réputation d’Abou Bakr en tant qu’homme discret qui ne
fit jamais passer ses propres besoins avant ceux des autres et qui fut
totalement dévoué à l’islam et à son messager, le prophète Mohammed. À
l’époque où Ali était le calife des musulmans, plusieurs années après la mort
du Prophète et d’Abou Bakr, il prononça un sermon au cours duquel il demanda à
ses auditeurs : « Qui est l’homme le plus courageux de
l’islam? ». Des gens, dans l’assemblée, répondirent : « Toi, ô
leader des croyants! ». Ali jouissait en effet d’une grande réputation de
guerrier et de vaillant combattant. Mais il regarda les hommes assis devant
lui et dit : « Il est vrai que je n’ai jamais perdu face à un
opposant, mais je ne suis pas le plus courageux. Cet honneur revient à Abou
Bakr. »
Ali poursuivit en racontant qu’au cours
de la bataille de Badr, la première bataille qu’eut à livrer la nation
musulmane, les musulmans refusèrent de laisser le prophète Mohammed se tenir
aux premiers rangs et lui érigèrent un abri, à l’arrière. On demanda alors des
volontaires pour garder l’abri, mais personne ne s’avança à part Abou Bakr. Le
Prophète demeura un temps dans l’abri, priant pour la victoire des siens,
tandis qu’Abou Bakr faisait les cent pas, son sabre dégainé, prêt à repousser
toute menace contre son meilleur ami.
Plus tard, au cours de la bataille, le
Prophète dirigea le bataillon central et Abou Bakr, le flanc droit. Ils
étaient les meilleurs amis, unis en toutes circonstances, en temps de paix et
en temps de guerre. Abou Bakr est l’exemple d’un homme courageux qui utilisa
sa fortune, ses habiletés et sa force au service de l’islam et qui fut prêt à donner
sa vie pour Dieu et pour protéger Son messager.
Paroles élogieuses
C’est Ali ibn Abou Talib qui prononça
l’oraison funèbre d’Abou Bakr. En voici des extraits :
« Tu l’as soutenu (i.e. Mohammed)
quand tout le monde l’avait abandonné et tu l’as soutenu, sans relâche, dans
toutes ses périodes difficiles, quand les autres lui avaient retiré leur
soutien. »
« Tu possédais la voix la plus
douce, mais la plus grande distinction. Ta conversation était exemplaire et
ton raisonnement, implacable. Tes silences étaient longs, mais ton discours
était fort éloquent. Tu étais le plus brave des hommes, le mieux informé et
chacun de tes gestes était empreint de dignité. »
Tel était Abou Bakr, le protecteur.
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