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Jerald F. Dirks, ex-pasteur de l’église méthodiste unie, USA (partie 1 de 4)
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Description: La vie aisée et l’éducation d’un diplômé de Harvard, et auteur du livre « The cross and the crescent » (la croix et le croissant), désillusionné par le christianisme après avoir étudié la théologie. Partie 1.
par Jerald F. Dirks
- Publié le 31 Mar 2008 - Dernière mise à jour le 07 May 2008
Lus: 1865 - Évaluation: 5 de 5 - Évalué par: 1 Imprimés: 75 - Envoyés: 3 - Commentés: 0
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> Histoires de musulmans convertis
> Prêtres et personnalités religieuses
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L’un de mes souvenirs d’enfance
le plus lointain est celui où j’entendais la cloche de l’église annonçant la
prière du dimanche matin dans la petite ville rurale dans laquelle j’ai
grandi. L’église méthodiste était une vieille structure de bois surmontée d’un
clocher; elle comprenait deux classes du dimanche pour les enfants, toutes
petites et cachées derrière des portes de bois pliantes qui les séparaient du
sanctuaire, et une galerie qui abritait les classes du dimanche pour les
enfants plus âgés. Elle était située à moins de deux pâtés de maisons de chez
moi. Lorsque la cloche se mettait à sonner, nous nous y rendions ensemble, en
famille; c’était notre pèlerinage hebdomadaire.
Dans ce cadre rural des années
50, les trois églises de cette petite ville d’environ 500 habitants étaient le
centre de la vie communautaire. L’église méthodiste locale, à laquelle
appartenait ma famille commanditait des événements sociaux où l’on servait de
la crème glacée maison, des pâtés au poulet et du maïs grillé. Ma famille et
moi nous impliquions toujours dans ces événements qui ne se déroulaient que
trois fois l’an. Par ailleurs, il y avait chaque mois de juin une école
biblique d’une durée de deux semaines à laquelle, enfant, j’assistai huit
années d’affilée. Mais la messe du dimanche matin et l’école du dimanche
étaient des événements hebdomadaires que je m’efforçais de ne jamais rater car
je tenais à agrandir ma collection d’épinglettes d’assiduité et de récompenses
pour avoir mémorisé des versets de la Bible.
L’église méthodiste locale ferma
ses portes lorsque j’étais adolescent; mes parents et moi nous sommes donc
tournés vers l’église méthodiste de la ville voisine, qui était à peine plus
grande que celle que j’habitais. C’est là que je commençai à considérer mon
avenir comme pasteur. Je devins actif dans la fraternité des jeunes
méthodistes et je devins même agent régional, conférencier et prêcheur régulier
durant l’office annuel du dimanche réservé aux jeunes. Mes prêches
commencèrent à retenir l’attention de la communauté et avant longtemps, on me demanda
de remplacer des pasteurs absents dans d’autres églises, dans une maison de
retraite et dans plusieurs groupes de jeunes et de femmes affiliés à l’église,
où il n’était plus rare que je batte des records d’assistance.
À l’âge de 17 ans, lorsque je
commençai ma première année à Harvard, ma décision d’entrer au séminaire
s’était affermie. Durant cette première année à l’université, je pris un cours
de deux semestres en religion comparée, donné par Wilfred Cantwell Smith, dont
le champ d’expertise était l’islam. Durant ce cours, j’accordai beaucoup moins
d’attention à l’islam qu’aux autres religions comme l’hindouisme et le
bouddhisme, car ces deux dernières m’apparaissaient tellement plus ésotériques
et étranges, tandis que l’islam m’apparaissait comme assez semblable au
christianisme. C’est pourquoi je ne me concentrai pas sur lui autant que
j’aurais dû, bien que je me souviens avoir rédigé un court mémoire sur le
concept de la révélation, dans le Coran. Néanmoins, comme le cours était basé
sur des normes académiques rigoureuses, je pris la peine de me monter une
petite bibliothèque personnelle qui contenait entre autres une demi-douzaine de
livres sur l’islam; bien qu’ils fussent tous rédigés par des non-musulmans, ils
allaient tout de même s’avérer utiles vingt-cinq ans plus tard. Ma petite
bibliothèque comprenait également deux traductions anglaises du Coran, que je
lus lors de mes études.
Ce printemps-là, Harvard me
nomma boursier Hollis, ce qui signifiait que j’étais l’un des meilleurs
étudiants de pré-théologie du collège. L’été suivant, je travaillai comme
pasteur auprès des jeunes dans une grande église méthodiste unie. Après avoir
obtenu mon diplôme de Harvard en 1971, je décidai de m’inscrire à la Harvard
Divinity School, où j’obtins une maîtrise en 1974, après avoir été ordonné au
diaconat de l’église méthodiste unie en 1972 et avoir reçu une bourse Stewart
de cette même église en plus de celle que j’avais reçue de la Harvard Divinity
School. Au cours de mon éducation, au séminaire, je complétai un programme de
deux années d’externat comme aumônier au Peter Bent Brigham Hospital de Boston. Après l’obtention de ma maîtrise, je passai l’été comme pasteur dans deux
églises méthodistes situées dans le Kansas rural où, encore une fois, je battis
des records d’assistance.
Vu de l’extérieur, j’étais un
jeune pasteur très prometteur, qui avait reçu une excellente éducation, qui
faisait salle comble chaque dimanche matin et qui, sur le chemin du ministère,
avait surmonté chaque étape avec succès. Mais tout au fond de moi, je me
livrais une guerre constante pour maintenir mon intégrité face à mes
responsabilités ministérielles. Cette guerre n’avait rien à voir avec celles
qu’ont vécues, plus tard, certains télévangélistes qui ont apparemment été incapables
de se conformer à une certaine moralité sexuelle… Et elle n’avait rien à voir
non plus avec celles des prêtres pédophiles qui ont fait les manchettes. Cette
guerre que je me livrais pour maintenir mon intégrité était probablement une
des plus communément rencontrées chez les membres du ministère qui avaient eu
la chance de recevoir une éducation supérieure.
Il y a une certaine ironie dans
le fait que ceux qui étaient prétendument les meilleurs, les plus intelligents
et les plus idéalistes pasteurs en devenir eussent été choisis pour avoir reçu
la meilleure éducation offerte à l’époque, celle de la Harvard Divinity School. L’ironie est qu’en recevant cette éducation, les séminaristes avaient eu
accès à tout ce qui est connu comme faits et vérités historiques au sujet
de :
1) la formation de la
première église de « courant dominant », et la façon dont la
situation géopolitique l’a modelée;
2) l’interprétation
« originale » de divers textes bibliques, dont plusieurs vont
totalement à l’encontre de ce que la plupart des chrétiens lisent lorsqu’ils
ouvrent la Bible, quoique petit à petit, certaines de ces informations sont
ajoutées aux nouvelles traductions, qui sont de meilleure qualité;
3) l’évolution de
concepts tels que la sainte trinité et celui de Jésus fils-de-Dieu;
4) des considérations
non-religieuses qui sont à la base de nombreux crédos et doctrines chrétiens;
5) l’existence de ces
premières églises et mouvements chrétiens qui n’ont jamais accepté le concept
de trinité ni celui de la prétendue divinité de Jésus (que la paix soit sur
lui); et
6) etc. (Ces souvenirs
de mon éducation au séminaire sont relatés plus en détail dans mon plus récent
ouvrage intitulé The Cross and the Crescent: An Interfaith Dialogue between
Christianity and Islam (La croix et le croissant : un dialogue interreligieux
entre le christianisme et l’islam), Amana Publications, 2001
Il n’est donc guère étonnant
qu’un grand nombre de séminaristes diplômés quittent le séminaire non pas pour
aller « occuper les chaires », où ils auraient à prêcher ce qu’ils
savent être faux, mais pour occuper des postes dans diverses professions
relatives à l’aide sociale ou psychologique. Ce fut le cas pour moi également;
j’allai compléter une maîtrise, puis un doctorat en psychologie clinique. Je
m’identifiais encore comme chrétien, car je ressentais le besoin de m’identifier
à quelque chose et que j’avais été, après tout, ordonné pasteur, même si mon
travail régulier était celui d’un professionnel de la santé mentale.
Cependant, mon éducation au
séminaire s’était chargée de toute croyance que je pouvais avoir en la trinité
ou en la divinité de Jésus (que la paix soit sur lui). (Les sondages révèlent
régulièrement que les pasteurs sont moins susceptibles d’y croire (en cela ou en
d’autres dogmes de l’église) que les fidèles qu’ils servent, et que les
pasteurs ont plus tendance à comprendre l’expression « fils de Dieu »
au sens figuré, tandis que les fidèles la comprennent de façon littérale.) Je
devins donc un chrétien « de Noël et de Pâques », n’allant plus à
l’église que de façon sporadique, et lorsque j’y allais, je grinçais des dents
et me mordais la langue en écoutant ces sermons dont je savais le contenu faux.
Ce que je viens de dire ne
signifie d’aucune façon que j’étais devenu moins religieux que je ne l’avais
été dans le passé ou que j’avais laissé tomber toute spiritualité. Je
continuais de prier régulièrement, car ma croyance en une divinité suprême
était demeurée intacte et solide, et je menais ma vie en conformité avec les
règles d’éthique qui m’avaient été inculquées à l’église et à l’école du
dimanche. Mais j’étais suffisamment éclairé pour ne pas adhérer à ces dogmes
et articles de foi inventés par les hommes, qui faisaient partie de l’église
organisée et qui étaient lourdement chargés d’influences païennes, de notions
polythéistes et de considérations géopolitiques d’une époque révolue.
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Jerald F. Dirks, ex-pasteur de l’église méthodiste unie, USA (partie 2 de 4)
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Description: La vie aisée et l’éducation d’un diplômé de Harvard, et auteur du livre « The cross and the crescent » (la croix et le croissant), désillusionné par le christianisme après avoir étudié la théologie. Partie 2 : Un manque de religiosité; contact avec des musulmans; questionnement de soi et… la réponse.
par Jerald F. Dirks
- Publié le 31 Mar 2008 - Dernière mise à jour le 20 Apr 2008
Lus: 1416 - Évaluation: aucun - Évalué par: 0 Imprimés: 62 - Envoyés: 1 - Commentés: 0
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> Histoires de musulmans convertis
> Prêtres et personnalités religieuses
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Au fil des ans, je trouvai de
plus en plus inquiétante la baisse de religiosité dans la société américaine en
général. Je parle ici de religiosité en tant que moralité et spiritualité
vivante qui se trouve au fond des individus et non pas de cette religiosité qui
se préoccupe de rites, de rituels et de crédos formalisés au sein d’une entité
organisée comme une église. La culture américaine perdait de plus en plus son
cadre moral et religieux. Deux mariages sur trois se terminaient maintenant
par un divorce; chaque jour, la violence faisait un peu plus partie de nos
écoles et de nos villes; le sens des responsabilités disparaissait; l’autodiscipline
était remplacée par le principe de « si ça fait du bien, alors
fais-le »; diverses institutions et divers leaders chrétiens se trouvaient
au cœur de scandales financiers et sexuels; et les émotions justifiaient
maintenant toutes sortes de comportements, aussi odieux fussent-ils. La
culture américaine était devenue une institution en faillite morale et je me
sentais bien seul, moi dont la conscience religieuse demeurait intacte.
C’est à ce moment que j’entrai
pour la première fois en contact avec la communauté musulmane locale. Cela
faisait déjà quelques années que ma femme et moi faisions des recherches sur
l’histoire du cheval arabe. Et pour obtenir les traductions de divers
documents rédigés en langue arabe, nous prîmes contact avec des
arabo-américains qui étaient musulmans. C’est ainsi que nous rencontrâmes Jamal,
à l’été de 1991.
Après un premier contact par
téléphone, Jamal vint nous rendre visite. Il offrit de traduire certains
documents pour nous et nous proposa son aide pour nous guider à travers
l’histoire du cheval arabe au Moyen-Orient. Avant qu’il ne quitte notre demeure,
cet après-midi là, il demanda à utiliser la salle d’eau pour faire ses
ablutions avant d’accomplir l’une de ses cinq prières quotidiennes. Puis il
nous emprunta un journal, qu’il utilisa comme tapis de prière pour faire ses
dévotions. Nous acquiesçâmes bien sûr à sa demande, tout en songeant que nous
aurions pu lui offrir autre chose qu’un journal pour prier. Sans même le
réaliser, probablement, Jamal mettait en pratique une très belle forme de
da’wah (prêche, ou exhortation). Il ne fit aucun commentaire sur le fait que
nous n’étions pas musulmans et ne tenta pas de nous prêcher quoi que soit sur ses
croyances religieuses. Il pria tout simplement, ce qui en soi signifiait beaucoup
pour quiconque était réceptif au non-dit de ce geste.
Au cours des 16 mois suivants,
nos contacts avec Jamal se multiplièrent jusqu’à devenir hebdomadaires et
parfois, bi-hebdomadaires. Au cours de ces visites, Jamal ne tenta jamais de
me parler de sa religion, pas plus qu’il ne chercha à en savoir plus sur mes
propres croyances et convictions religieuses. Il ne suggéra jamais, non plus, que
je devienne moi-même musulman. Cependant, j’en apprenais un peu plus à chaque
fois. D’abord, par l’exemple de Jamal qui observait scrupuleusement ses
horaires de prières. Ensuite, par sa vie quotidienne, qu’il menait en accord
avec des valeurs morales et éthiques élevées, tant au niveau des affaires que
dans sa vie sociale. Et il y avait sa façon d’interagir avec ses deux
enfants. Pour ma femme, celle de Jamal apportait un exemple similaire.
Puis, toujours dans le cadre de
ma recherche sur l’histoire du cheval arabe au Moyen-Orient, Jamal commença à me
raconter ou à me rapporter 1) des histoires sur les Arabes et des informations
sur l’histoire de l’islam; 2) des paroles du prophète Mohammed (que la paix et
les bénédictions de Dieu soient sur lui); et 3) des versets du Coran et leur
signification relative au contexte. En fait, chacune de nos rencontres
incluait maintenant une conversation d’au moins 30 minutes portant sur certains
aspects de l’islam, mais toujours pour m’aider à comprendre le contexte
islamique de l’histoire du cheval arabe. Jamais il ne m’a dit :
« c’est ainsi que doivent être les choses »; tout au plus m’a-t-il
dit : « c’est ce que croient les musulmans ». Comme Jamal ne me
prêchait pas sa religion comme tel et ne m’interrogeait jamais sur mes propres
croyances, je ne me sentais pas tenu de les justifier. Nos échanges étaient
d’abord et avant tout intellectuels et n’étaient pas du tout teintés de
prosélytisme.
Petit à petit, Jamal nous
présenta à d’autres familles arabes faisant partie de la communauté musulmane.
Il y avait Wa’il et sa famille, Khalid et la sienne, et quelques autres. J’observais
ces personnes et ces familles dont la vie était fondée sur un niveau de moralité
bien supérieur à celui de la société américaine dont nous faisions partie.
Peut-être y avait-il quelque chose, dans la pratique de l’islam, qui m’avait
échappé durant mes jours au séminaire.
Vers le mois de décembre 1992,
je commençai à me poser de sérieuses questions sur ce que je faisais et où j’en
étais, dans ma vie. Ce questionnement avait été provoqué par les
considérations suivantes :
1) Depuis 16 mois,
notre vie sociale était de plus en plus centrée sur la fréquentation des Arabes
de la communauté musulmane locale. Nous passions désormais près de 75% de
notre temps réservé à nos activités sociales en compagnie de musulmans arabes.
2) En raison de mon
éducation au séminaire, je savais pertinemment à quel point la Bible avait été
corrompue (et dans la majorité des cas, je savais aussi exactement quand, où et
pourquoi). Je ne croyais plus en la trinité et je ne croyais qu’à un
« fils de Dieu » métaphorique. Bref, tout en croyant en Dieu, j’étais
aussi strictement monothéiste que mes amis musulmans.
3) Mes valeurs
personnelles et mon sens de la moralité rejoignaient bien plus ceux de mes amis
musulmans que ceux de la société « chrétienne » qui m’entourait. Bref,
le genre de communauté dans laquelle j’avais grandi et que je recherchais
encore avec nostalgie, c’est chez les musulmans que je la retrouvais. La
société américaine était peut-être en faillite morale, mais cela ne semblait
pas être le cas de cette partie de la communauté musulmane que je fréquentais.
Les mariages étaient stables, les époux étaient dévoués l’un envers l’autre, et
une grande importance était accordée à l’honnêteté et à l’intégrité, au sens
des responsabilités et aux valeurs familiales. Ma femme et moi avions tenté de
vivre de la même façon, mais depuis plusieurs années, je sentais que nous le
faisions dans le contexte d’un vide moral. La communauté musulmane, elle, nous
apparaissait bien différente.
Les différents fils étaient
entrain d’être tissés en une seule corde. Les chevaux arabes, la façon dont
j’avais été élevé, mon incursion dans un ministère chrétien et mon éducation au
séminaire, mon désir nostalgique de vivre dans une communauté fondée sur des
valeurs morales puis, mes contacts avec la communauté musulmane, tout cela
devenait étroitement entrelacé. Mon questionnement atteignit son paroxysme
lorsque je me demandai qu’est-ce qui me séparait, exactement, des croyances de
mes amis musulmans. Je suppose que j’aurais pu soulever la question en présence
de Jamal ou de Khalid, mais je ne me sentais pas prêt à franchir ce pas. Je
n’avais jamais, jusque-là, discuté de mes convictions personnelles avec eux et
d’une certaine façon, je n’avais pas vraiment envie d’introduire ce sujet dans
notre amitié.
Je sortis donc de ma bibliothèque
tous les livres sur l’islam que j’avais achetés lorsque j’étais étudiant. Même
si mes croyances étaient très éloignées de la position traditionnelle de l’église
et même si j’assistais très rarement à la messe, je m’identifiais toujours
comme chrétien et c’est peut-être la raison pour laquelle je me tournai vers
des ouvrages écrits par des occidentaux non-musulmans. Ce mois de décembre-là,
je lus une demi-douzaine de livres sur l’islam, dont une biographie du prophète
Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui). Puis,
j’entamai la lecture de deux traductions différentes du Coran. Je ne parlai jamais
à mes amis de cette quête personnelle. Je ne mentionnai jamais les livres que
je lisais, pas plus que je ne discutai de leur contenu. Mais il m’arrivait, à
l’occasion, de poser une brève question à l’un d’eux.
Bien que je ne parlai jamais de
mes lectures à mes amis musulmans, j’eus de nombreuses conversations à ce sujet
avec ma femme. Au cours de la dernière semaine de décembre, je me rendis à
l’évidence : il n’y avait pas de réelle différence entre mes convictions
personnelles et les principes généraux de l’islam. J’étais prêt à reconnaître
que Mohammed était un prophète (qui avait parlé sous l’inspiration de Dieu) et
je n’avais aucune difficulté à affirmer qu’il n’y a pas d’autre divinité à part
Dieu (louanges à Lui), mais j’hésitais encore à prendre une décision. Je
reconnaissais en moi-même que j’avais bien plus en commun avec les croyances
islamiques telles que je les comprenais qu’avec le christianisme traditionnel
de l’église organisée. Après mes études au séminaire, je savais trop bien à
quel point je pouvais aisément confirmer ce que le Coran affirmait au sujet du
christianisme, de la Bible et de Jésus (que la paix soit sur lui).
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Jerald F. Dirks, ex-pasteur de l’église méthodiste unie, USA (partie 3 de 4)
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Description: La vie aisée et l’éducation d’un diplômé de Harvard, et auteur du livre « The cross and the crescent » (la croix et le croissant), désillusionné par le christianisme après avoir étudié la théologie. Partie 3 : Jeux psychologiques et difficulté de s’abandonner.
par Jerald F. Dirks
- Publié le 31 Mar 2008 - Dernière mise à jour le 20 Apr 2008
Lus: 1303 - Évaluation: 5 de 5 - Évalué par: 2 Imprimés: 66 - Envoyés: 6 - Commentés: 0
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Néanmoins, j’hésitais. De
plus, je rationalisais mon hésitation en me disant que je ne connaissais pas
tous les aspects pratiques ni les petits détails importants et essentiels de
l’islam, et que mes convictions ne rejoignaient, en somme, que les grands
concepts de cette religion. C’est pourquoi je continuai à lire, et à lire encore.
L’identité d’une personne est
une puissante affirmation de la position qu’elle occupe dans l’univers. Dans
l’exercice de ma profession, j’avais à quelques reprises été appelé à traiter
certains désordres liés aux dépendances, allant de l’accoutumance à la
cigarette, en passant par l’alcoolisme et l’abus de drogues. En tant que
clinicien, je savais que la dépendance physique devait être surmontée pour susciter
l’abstinence initiale. C’était la partie facile du traitement. Comme l’a déjà
dit Mark Twain : « Cesser de fumer est facile; je l’ai fait des
centaines de fois. ». Je savais que la clef pour prolonger l’abstinence
sur une longue période était de surmonter la dépendance psychologique, qui est profondément
enracinée dans le sentiment identitaire d’une personne (dans ces cas précis, les
patients s’identifiaient eux-mêmes comme fumeurs, ou buveurs, etc.). Le
comportement de dépendance étant devenu une partie importance du sentiment
identitaire du patient, modifier ce sentiment est essentiel à la poursuite de la
thérapie. C’est là la partie difficile du traitement. Car modifier son sens
identitaire est une chose très difficile. Notre psyché a tendance à
s’accrocher à tout ce qui lui est familier, car c’est psychologiquement plus
confortable et sécurisant que d’avoir à affronter des choses nouvelles et non
familières.
D’un point de vue
professionnel, je possédais ces connaissances et elles me servaient chaque
jour. Mais ironiquement, je n’étais pas prêt à les appliquer à moi-même et à ma
propre hésitation à remettre en question mon identité religieuse. Durant 43
ans, mon identité religieuse avait été clairement étiquetée
« chrétien » et était demeurée telle en dépit des nombreux autres
qualificatifs qui étaient venus s’y ajouter au fil des ans. Laisser tomber
cette étiquette n’était pas facile, car elle était partie intégrante de la
façon dont je m’identifiais en tant qu’être humain. Avec du recul, il
m’apparaît évident que mon hésitation me servait à garder intact mon identité
religieuse; j’étais toujours un chrétien, même si j’étais un chrétien qui
pensait comme un musulman.
Nous étions à la fin du mois de
décembre et ma femme et moi devions remplir nos formulaires de demande de
passeports, car on nous avait proposé un voyage au Moyen-Orient. Une des
questions du formulaire avait trait à l’affiliation religieuse. Sans même y
réfléchir, je cochai tout de suite ce qui m’était le plus familier, c’est-à-dire
« chrétien ». C’était facile, familier, confortable.
Mais ce « confort »
fut momentanément interrompu lorsque ma femme me demanda ce que j’avais répondu
à la question portant sur l’affiliation religieuse. Je répondis immédiatement
« chrétien » et me mis à glousser distinctement. Une des
contributions de Freud à la compréhension de la psyché humaine est sa
réalisation que le rire sert souvent à relâcher une tension psychologique.
Bien qu’il ait eu tort sur plusieurs aspects de sa théorie du développement
psychosexuel, il a visé juste dans sa perception du rire. Je m’étais donc mis
à rire! Quelle était cette tension psychologique que j’avais besoin de
relâcher par le rire?
Je me rattrapai vivement en
affirmant à ma femme que j’étais bel et bien chrétien et non musulman. En
réponse de quoi elle me fit remarquer qu’elle n’avait fait que poser une simple
question, car elle désirait savoir si j’avais coché « chrétien »,
« protestant », ou « méthodiste ». En tant que
psychologue, je savais qu’une personne ne se défend normalement pas contre une
accusation qui n’a pas même été portée. (Si, au cours d’une séance de
psychothérapie, un patient lâchait tout à coup un « je ne suis pas en
colère contre cela! » alors que je n’avais même pas abordé le sujet de la
colère, il m’apparaissait évident qu’il ressentait le besoin de se défendre
contre une attaque qui venait en fait de son propre subconscient. Il était en
colère, mais n’était encore prêt à l’admettre.) J’étais bien conscient de
tout cela, mais j’hésitais toujours. L’étiquette religieuse à laquelle je
m’identifiais depuis 43 ans n’allait pas se détacher facilement.
Nous étions maintenant à la fin
du mois de janvier 1993 et il y avait plus d’un mois que ma femme m’avait posé
cette question. J’avais lu attentivement tous les livres que je possédais sur
l’islam; j’avais remis sur l’étagère mes deux traductions anglaises du Coran et
j’étais maintenant entrain de lire une troisième traduction. Peut-être que
dans cette traduction, j’arriverais à trouver une justification pour…
Lorsque je travaillais, je dînais
parfois dans un petit restaurant arabe du quartier. Ce jour-là, j’entrai et
allai m’installer à une petite table, comme à mon habitude, puis j’ouvris cette
troisième traduction du Coran, songeant que je pouvais aussi bien poursuivre ma
lecture durant mon heure de dîner. Quelques instants plus tard, je me rendis
compte que Mahmoud se tenait debout près de mon épaule, attendant que je lui
passe ma commande. Il jeta un coup d’œil sur ce que j’étais entrain de lire,
mais ne dit rien. Une fois ma commande passée, je replongeai dans ma lecture.
Quelques minutes plus tard,
l’épouse de Mahmoud, Iman, une américaine convertie à l’islam portant hijab et
vêtements modestes, m’apporta mon plat. Elle remarqua que je lisais le Coran
et me demanda poliment si j’étais musulman. Le mot sortit de ma bouche avant
que je puisse l’accompagner d’une formule de politesse :
« non ! ». Je prononçai cet unique mot avec force et sur un ton
qui ne cachait pas mon irritation. Devant cette réponse, Iman se retira discrètement.
Que m’arrivait-il? Je venais
de me comporter de façon très impolie et même agressive. Qu’avait fait cette
femme pour mériter une réponse aussi brutale? Cela ne me ressemblait pas. Compte
tenu de l’éducation que j’avais reçue, enfant, j’utilisais toujours les termes
« monsieur » et « madame » en m’adressant aux commis ou
caissiers qui me servaient dans les magasins. J’avais pu faire semblant
d’ignorer mon propre rire qui était le signe d’un relâchement de tension, mais
je ne pouvais maintenant ignorer mon comportement inadmissible. Je mis de côté
ma lecture et tout en mangeant, je me mis à ruminer sur la tournure des
événements. Plus je ruminais, plus je me sentais coupable de mon
comportement. Je savais que lorsque Iman m’apporterait l’addition, à la fin du
repas, j’aurais à faire amende honorable, n’était-ce que parce que la politesse
la plus élémentaire l’exigeait. De plus, j’étais passablement ébranlé de la
résistance que j’avais opposée à sa question pourtant inoffensive. Que se
passait-il en moi pour que je réponde aussi farouchement à une question simple
et directe? Pourquoi cette question m’avait-elle amené à me comporter de façon
aussi atypique?
Quand Iman revint avec l’addition,
je tentai, de façon détournée, de lui présenter mes excuses en disant :
« Je crois avoir répondu à votre question de manière un peu brusque. Si
vous me demandiez si je crois en un seul Dieu, ma réponse est oui. Si vous me
demandiez si je crois que Mohammed était l’un des prophètes de ce même Dieu, ma
réponse est oui également. » Alors très gentiment, elle répondit :
« Je vous en prie. Pour certaines personnes, cela demande un peu plus de
temps que pour d’autres. »
Peut-être
que vous, lecteurs, avez déjà compris le jeu psychologique que je m’imposais à
moi-même et j’ose espérer que vous ne riez pas trop fort de ma gymnastique
mentale et de mon étrange comportement. Je savais parfaitement qu’à ma
manière, et dans mes propres mots, je venais de prononcer la shahadah,
c’est-à-dire la profession de foi islamique qui dit : « J’atteste
qu’il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah et que Mohammed est Son messager. »
Mais même après avoir dit cela et après avoir reconnu la portée de ce que je
venais de dire, je persistai à me raccrocher à l’étiquette religieuse qui
m’était familière. Après tout, je n’avais pas dit que j’étais musulman.
J’étais simplement un chrétien, bien qu’atypique, qui voulais bien reconnaître
qu’il n’y a pas d’autre divinité à part Dieu et que la trinité n’existe pas, et
que Mohammed avait été l’un des prophètes inspirés par ce Dieu unique. Si un
musulman voulait me considérer comme musulman, c’était son affaire, pas la
mienne. Je me leurrais moi-même en me disant que je venais de découvrir la
solution à ma crise identitaire religieuse. J’étais un chrétien et j’allais dorénavant
soigneusement expliquer aux gens que j’étais d’accord avec l’attestation de foi
islamique et que je la reconnaissais comme vraie. Puis, une fois que j’aurais fourni
mon explication alambiquée en disséquant la langue anglaise, les autres
pourraient me coller toutes les étiquettes qu’ils souhaitent; ce serait leur
étiquette, pas la mienne.
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Jerald F. Dirks, ex-pasteur de l’église méthodiste unie, USA (partie 4 de 4)
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Description: La vie aisée et l’éducation d’un diplômé de Harvard, et auteur du livre « The cross and the crescent » (la croix et le croissant), désillusionné par le christianisme après avoir étudié la théologie. Partie 4 : De la croix au croissant.
par Jerald F. Dirks
- Publié le 01 Sep 2008 - Dernière mise à jour le 02 Sep 2008
Lus: 503 - Évaluation: 5 de 5 - Évalué par: 2 Imprimés: 33 - Envoyés: 3 - Commentés: 0
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Nous étions maintenant au mois
de mars 1993 et ma femme et moi profitions de vacances de cinq semaines au
Moyen-Orient. C’était aussi le mois de Ramadan, moment où les musulmans
jeûnent de l’aube au coucher du soleil. Comme nous étions souvent en compagnie
de membres des familles de nos amis musulmans vivant aux États-Unis, ma femme
et moi prîmes la décision de jeûner aussi, ne fût-ce que par courtoisie.
Durant cette période, j’avais aussi commencé à accomplir les cinq prières
quotidiennes avec mes nouveaux amis musulmans dont je venais de faire
connaissance au Moyen-Orient. Après tout, rien, dans ces prières, ne recevait
ma désapprobation.
J’étais chrétien, ou du moins
c’est ce que j’affirmais. J’étais né dans une famille chrétienne, on m’avait
élevé dans le christianisme, j’avais assisté à la messe et à l’école du
dimanche, j’étais diplômé d’un prestigieux séminaire et j’avais été ordonné
pasteur d’une importante dénomination protestante. Mais j’étais aussi un
chrétien qui ne croyait ni en la trinité ni en la divinité de Jésus (que la
paix soit sur lui); qui savait que la Bible avait été corrompue; qui avait
prononcé la shahadah dans ses propres mots alambiqués; qui jeûnait le mois de
ramadan; qui priait, comme les musulmans, cinq fois par jour; qui était très
impressionné par les bonnes manières et le bon comportement de la plupart des
musulmans, tant au Moyen-Orient qu’aux États-Unis. (Le temps et l’espace ne me
permettent pas de détailler ici tous les exemples de bonne moralité et d’éthique
dont j’ai été témoin au Moyen-Orient.) Lorsqu’on me demandait si j’étais
musulman, je me lançais la plupart du temps dans un monologue de cinq minutes
dans lequel je reprenais les arguments énumérés ci-dessus; autrement dit, je ne
répondais pas vraiment à la question. Je m’adonnais à des jeux de mots
intellectuels auxquels j’excellais.
La fin de notre voyage
approchait. Un ami d’un certain âge (qui ne parlait pas un mot d’anglais) et
moi marchions sur une petite route tortueuse, quelque part dans un quartier
pauvre d’Amman, en Jordanie. Tout à coup, un autre homme d’un certain âge,
venant en sens inverse, s’approcha de nous et dit « assalam’alaikum »
(i.e. « que la paix soit sur vous ») et nous tendit la main. Il n’y
avait que nous trois, je ne parlais pas vraiment l’arabe et aucun des deux ne
parlait l’anglais. Me regardant, l’étranger demanda :
« mouslim? » (i.e. « musulman? »).
À cet instant précis, je me
sentis complètement, totalement piégé. Je ne pouvais jouer aucun jeu
intellectuel, car nous n’avions pas de langue de communication commune. Il n’y
avait aucun traducteur pour m’aider, et qui aurait pu me permettre de me
réfugier derrière mon monologue soigneusement préparé. Je ne pouvais non plus
faire semblant de ne pas avoir compris la question, car il n’était que trop
évident que je l’avais comprise. Cette situation soudaine, je ne l’avais pas
prévue; mes choix de réponses furent dès lors réduits à deux : je ne
pouvais que répondre « n’am », i.e. « oui », ou
« la », i.e. « non ». Je devais choisir entre ces deux
réponses, je n’avais pas d’autre choix. Je devais choisir, et je devais le
faire à l’instant même. Gloire à Dieu, je répondis « n’am ».
En prononçant cette unique
parole, toutes mes acrobaties intellectuelles furent désormais derrière moi, de
même que les jeux psychologiques par lesquels je me faisais croire à moi-même
que j’étais encore chrétien. Je n’étais plus ce chrétien étrange, atypique.
J’étais musulman. Gloire à Dieu, ma femme, avec laquelle j’avais été jusque-là
marié 33 ans durant embrassa elle aussi l’islam à peu près à la même période.
Quelques mois après notre
retour aux États-Unis, un voisin nous invita chez lui afin, nous dit-il, de
nous entretenir au sujet de notre récente conversion à l’islam. C’était un
pasteur méthodiste à la retraite, avec lequel j’avais discuté à plusieurs
reprises dans le passé. Nous avions déjà abordé, bien que superficiellement,
le sujet de la composition artificielle de la Bible à partir de sources
premières et indépendantes, mais nous n’avions jamais eu de discussion en
profondeur sur la religion. Je ne savais pas grand’chose à son sujet, à part
le fait qu’il avait acquis une solide éducation au séminaire et qu’il chantait
chaque dimanche dans le chœur de l’église locale.
Ma première réaction fut « et
voilà… ». Néanmoins, comme il est du devoir du musulman d’être un bon
voisin et qu’il est également de son devoir de parler d’islam avec les autres,
j’acceptai l’invitation pour le soir suivant, et je passai presque toute la
journée à penser à la meilleure approche à utiliser lorsque viendrait le moment
d’aborder le cœur du sujet. Le soir, ma femme et moi nous rendîmes chez nos
voisins. Après avoir échangé quelques banalités, il finit par me demander
pourquoi j’avais décidé de devenir musulman. J’attendais la question et ma
réponse était soigneusement préparée : « Comme vous le savez, de par
l’éducation que vous avez reçue au séminaire, plusieurs considérations
non-religieuses ont mené aux décisions du concile de Nicée… » Il me coupa
immédiatement par une question directe : « Vous ne pouviez tout
simplement plus endurer le polythéisme, n’est-ce pas? » Il savait donc
parfaitement pourquoi j’étais devenu musulman et le plus incroyable est qu’il
était d’accord avec ma décision! Pour lui-même, à son âge et dans la position
qu’il occupait, il avait choisi d’être un « chrétien atypique ». J’espère
qu’il aura été de la volonté de Dieu qu’il ait maintenant fait la transition de
la croix au croissant.
Être musulman en Amérique
demande des sacrifices. En fait, être musulman tout court demande des
sacrifices, n’importe où dans le monde. Mais ces sacrifices sont peut-être ressentis
avec plus d’intensité en Amérique, surtout chez les Américains convertis.
Certains de ces sacrifices sont prévisibles, comme les modifications dans la
façon de s’habiller, le fait de ne pas consommer de porc ni d’alcool, ou encore
d’éviter de recevoir ou de payer des intérêts. Mais d’autres sacrifices sont
moins prévisibles. Par exemple, une famille chrétienne avec laquelle nous
étions étroitement liés nous laissa entendre qu’elle ne pouvait plus nous
fréquenter car elle ne voulait pas être associée à des gens « qui
n’acceptent pas Jésus comme sauveur personnel ». Par ailleurs, plus d’un
collègue de travail changea d’attitude envers moi. J’ignore si c’est une
coïncidence ou non, mais de moins en moins de patients furent orientés vers mon
cabinet, ce qui provoqua une chute de 30% de mes revenus professionnels. Donc
certains de ces sacrifices moins prévisibles furent difficile à accepter, mais
tout compte fait, un bien faible prix à payer pour ce que j’allais recevoir en
retour.
Ceux qui envisagent une
conversion à l’islam, i.e. la soumission à un Dieu unique, doivent savoir qu’il
y aura des sacrifices qui les attendront tout au long de cette voie. Certains
sont prévisibles, tandis que d’autres sont plutôt surprenants et inattendus. Je
tiens à vous présenter les choses sous leur vrai jour et c’est pourquoi je ne
nierai pas la réalité de ces sacrifices. Néanmoins, ne soyez pas troublés
outre mesure par ces sacrifices. En dernière analyse, ils sont moins
importants qu’ils peuvent paraître. Si Dieu le veut, vous trouverez que c’est
peu cher payé pour ce que vous recevrez en retour.
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Note : Le certificat
d’ordination, ci-dessus, était trop long pour être scanné au complet – il
manque la ligne du haut, qui dit : « Que tous les hommes sachent
que ».
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Page web :
www.muslimsweekly.com/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=92&Itemid=93
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